Nous allons visiter Ephèse et sa cité grecque ! Elle est très connue, car elle comporte des vestiges très bien conservés et très riche. Cette richesse était due dans l’Antiquité au fait qu’elle était un des ports les plus importants. A son âge d’or, elle avait 200000 habitants et était la plus grande et la plus influente métropole d’Asie Mineure. Cependant, la cité fut abandonnée lorsque des sédiments ont progressivement comblé le bassin du petit méandre dans lequel le port était construit.
Ephèse est célèbre pour être la cité d’Artemis. Son temple dont il ne reste aujourd’hui plus rien était une des sept merveilles antiques. Les surnoms attribuées à la déesse sont multiples : la fille de Zeus, la fondatrice, la libératrice, la déesse mère de la nature, la beauté. Elle possède donc plusieurs attributs dans cette ville, contrairement à la déesse Artémis de la mythologie grecque. Cela est dû à l’influence considérable des religions orientales dans cette région et Artémis peut être comparée à l’ancienne divinité mère vénérée en Anatolie.
Le temple d’Artemis aujourd’hui
Artémis est vraiment présente partout dans la ville. Une rue est par exemple consacrée à ses serviteurs, les curettes. La rue des curettes est la rue des processions en l’honneur d’Artemis. A l’origine, les curettes sont des demi dieux qui ont fait énormément de bruit avec leurs armes pour cacher Léto, mise enceinte par Zeus, portant en elle Artemis et son frère Apollon. La femme de Zeus, Héra, était effectivement en colère contre elle (bien que ce ne soit pas de sa faute). Personne ne remarqua donc la naissance des jumeaux Artemis et Apollon. Si vous n’avez rien compris à cette histoire, c’est normal, c’est de la mythologie grec. A Ephèse, à l’époque romaine, ce sont les prêtres d’Artémis qui prirent le nom de curettes. Ils étaient 9 (choisis par élection) à servir dans le pritanée ou hôtel de ville.
Un autre exemple flagrant de l’importance d’Artemis est le suivant : dans le pritanée (justement) brûle habituellement un feu sacré, surveillé par la statue de Héra, la déesse du foyer. Je vous laisse deviner par qui Héra a été remplacée à Ephèse… (Artemis si vous ne l’aviez pas compris).
Mais alors, comment la ville a-t-elle été fondée ? Sur le temple d’Hadrien, une frise raconte cette histoire. On y voit Androclès, le fondateur de la cité sur la trace d’un sanglier. C’était un chef colonisateur, parti en direction de la mer Egée. Il voulait fonder une ville mais pour cela il lui fallait l’autorisation des dieux. Il consulta l’oracle du temple d’Apollon pour savoir où il devait construire la ville. L’oracle lui répondit : un poisson vous montrera l’emplacement et un sanglier vous montrera le chemin. La scène de chasse de la frise représente cet événement.
Artémis et la scène de chasse
Selon nous, les deux monuments les plus emblématiques d’Éphèse sont le théâtre et la bibliothèque de Celsus.
Ce premier, le théâtre est gigantesque ! Il pouvait accueillir 25000 spectateurs ! Il remplit plusieurs fonctions selon la période. A ses débuts, il est associé au dieu Dyonisos et sert principalement pour les cérémonies religieuses. Il devient un lieu de divertissement pour la population avec des représentations théâtrales. Trois acteurs portaient des masques correspondant à leur rôle (pour pouvoir jouer plusieurs personnages). À l’époque romaine, le théâtre revêt une fonction de plus en plus politique. C’est le principal lieu public pour les discours politiques, où l’orateur peut prendre le pouls de la population. Il s’y déroule également des combats de gladiateurs et d’animaux.
Le théâtre et la route vers l’ancien port
Le théâtre antique d’Éphèse
Ensuite nous nous dirigeons vers la bibliothèque de Celsus.
Nous passons par l’Agora, un lieu important pour les rencontres, mais aussi une place de marché. Il était entouré de temples et de statue, et en son centre, il y avait une clepsydre et un cadran solaire, qui permettait de donner l’heure, un peu comme les horloges sur nos places publiques.
L’Agora d’Ephèse
Il y a une porte pour entrer (ou sortir) dans l’Agora. Elle a une histoire touchante qui nous est parvenue grâce à une épigraphe latine : des esclaves au service de l’empereur Auguste et sa famille ont fait ériger cette porte en remerciement de leur mise en liberté autorisée par l’empereur Auguste. Ils en ont fait don à l’empereur, sa femme Livia, sa fille Julia et son gendre Aggripa.
Porte de l’Agora
Nous arrivons alors devant la Bibliothèque de Celsus. Quelle splendeur ! Elle a été construite en l’an 110 par le fils du sénateur romain Celsus, comme monument commémoratif et fut construit au dessus de son caveau. C’était une des plus grandes bibliothèques de l’Antiquité, qui contenait des livres (rouleau de manuscrits) provenant de dons et d’héritage. Publique, elle avait quasiment le rôle d’université. Nous pouvons voir quatre statues dans les niches de la façade qui personnifient les qualités attribuées à Celsus : Sophia la sagesse, Epistémé la science, Inoia la fortune, et Arété la vertu.
Bibliothèque de Celsus, Éphèse
Une belle histoire tragique de l’Antiquité qui s’est passée à Ephèse nous est racontée lorsque nous passons devant l’Octogone, tombeau ressemblant à une miniature du phare d’Alexandrie (différent de ce qui se faisait à Ephèse à cette époque et symbole de l’Égypte à l’époque de Cléopâtre). Il serait le lieu de sépulture d’une des soeurs de la reine égyptienne Cléopâtre : peut être Arsinoé, la plus jeune soeur. Réfugiée à Ephèse, dans le temple d’Artemis, elle est assassinée. Il y aurait eu une divergence de point de vue entre Cléopâtre et Arsinoé dans la manière de gouverner l’Égypte . Cléopâtre était partisane d’un grand empire mondial avec Rome et Egypte main dans la main. Mais selon sa soeur, ce partenariat signifiait la capitulation de l’Égypte devant Rome. Alors, Cléopâtre aurait donné à Marc Antoine la mission d’assassiner sa soeur, qu’elle pressentait comme une menace.
Nous voyons ensuite un bas relief de Niké déesse de la victoire ! Je comprends enfin l’origine du nom de la marque de Nike. En regardant la photo, on pourrait même imaginer la virgule Nike.
Niké, déesse de la victoire
Pour finir, nous sommes éblouis par la maîtrise de l’eau dans cette ville. On voit de nombreuses fontaines, splendides, sur trois étages, des bains qui ont les quatre traditionnels bassins, et des latrines qui étaient à priori utilisés même par les hommes riches qui avaient des toilettes chez eux car c’était un lieu de rencontre !
C’est une visite extraordinaire, et c’est incroyable de s’imaginer le site tel qu’il devait être a son apogée !
Le lendemain de notre arrivée, c’est parti pour de l’administratif (et comme c’est toujours férié, c’est encore lent). Nous y allons à 11h et commençons par la TIMS qui est le papier qui nous autorise à faire des randonnées dans l’Himalaya (2000NPR par personne) et ensuite nous prenons le droit d’entrée pour le parc de l’Annapurna (3000NPR par personne). Nous faisons la queue pour le TIMS (une heure et demi) et nous donnons deux photos d’identité (une pour la carte que nous garderons sur nous et une pour le papier gardé à Katmandou). Si nous n’avions pas eu de photos d’identité sur nous, il y avait la possibilité de nous faire prendre en photo sur place avec impression directe.
Pour le droit d’entrée dans le parc de l’Annapurna, nous remplissons les papiers, donnons 2 photos d’identité à nouveau et attendons que nos noms soient appelés pour recevoir la carte de droit d’entrée dans le parc. D’autres personnes sont comme nous en attente et nous commençons un grand partage d’informations (d’autant plus utile que nous partons sans nous être trop organisés avec Hicham). Lorsque nous sortons, il est 15h : ici la patience est le maître mot.
Nous apprendrons par la suite que nous aurions pu faire le permis et la carte de droit d’entrée à Pokhara ou à Besisahar. Cela nous aurait peut être permis de gagner un peu de temps, mais finalement nous ne sommes pas pressés et ne savons pas ce que nous voulons faire, donc c’est aussi bien comme ça.
Le lendemain nous nous préparons pour acheter des billets de bus, une carte de randonnée de l’Annapurna et des barres de céréales à manger sur le trajet.
Il faut aussi que nous retirons pas mal d’argent car pendant le Trek, il n’y aura pas de retraits possibles (pas d’ATM disponible). C’est environ 15€ par jour de trek par personne, il nous faut donc au moins cela. Pour choisir la bonne banque, nous demandons des conseils au gérant de l’hôtel. Il nous dit qu’en choisissant Nabil Bank, nous pouvons retirer 35000NPR d’un coup (un plus grand montant que ce que les autres banques proposent), ce qui amortit les frais de la taxe de 500NPR que nous devons payer en plus à chaque retrait, peu importe la banque népalaise choisie.
Il nous aide aussi pour le trajet vers Pokhara : il peut réserver des tickets de bus pour nous. Il y a trois compagnies : une à 800NPR, une à 1200 NPR et une à 2500NPR (prix par personne). Nous voulons prendre le moyen de gamme, mais malheureusement il est déjà complet. Nous prenons les derniers sièges (ceux du fond) du bus bas de gamme. La bonne nouvelle, c’est que cela reste un bus de touriste, donc il y a la place pour mettre nos sacs. Ma sœur m’avait averti d’éviter les bus de locaux : ils n’avaient pas de place pour leurs jambes et leurs gros sacs de randonnées sur les genoux pendant 8h de bus.
Ensuite pour les barres de céréales et les fruits secs, j’avais lu qu’il fallait éviter d’en acheter pendant le Trek même s’il y en a car c’est limite 2€ la barre. Sur Internet, les conseils sont d’aller au magasin Shop Right Supermarket pour en acheter. Pour 465NPR nous avons une boîte de 8 barres de céréales.
Enfin pour la carte de Trek, il suffit d’aller dans un des nombreux bookshop qui sont dans le quartier de Thamel. Nous trouvons une carte pas mal, avec les estimations des temps. Ça nous satisfait plutôt bien. C’est incroyable dans ce quartier à quel point tout tourne autour du trek : il y a de la vente de matériel partout. Une des françaises que nous avions croisée lorsque nous faisions le permis de trek nous avait dit qu’avec son copain, c’est ici qu’ils ont acheté des sacs de couchage (contrefaçon Northface) à 40€ pour une température limite de -20°C. Donc elle estime que cela fait du -10°C en température réelle.
Le trek de l’Annapurna! Avant que ma soeur ne parte au Népal, nous n’en avions jamais entendu parler… Pourtant c’est un des treks les plus populaires du monde, rendu accessible grâce aux Népalais : après une journée de marche, on a l’assurance de trouver un repas chaud et un lit dans un des nombreux villages qui longent le chemin de trek.
Certains disent qu’il est moins beau qu’avant à cause de la route parcourue par les jeeps et bus locaux. Mais dans cette région, pour approvisionner les différents villages, cela semble quand même nécessaire aujourd’hui ! Et puis, la route n’est pas si fréquentée selon nous!
Les paysages sont en tout cas époustouflants, et incroyablement diversifiés ! Ce n’est pas spoiler que de dire que nous en avons pris pleins les yeux !
Nous adorons randonner, mais nous n’avions fait que deux treks ensemble auparavant dans notre vie: en France, l’un dans les Écrins et l’autre était la Croix de Belledonne. Ils étaient un peu différents car seulement sur trois jours, et nous avions la tente et la popote avec nous.
Là, vu la différence d’altitude entre le début et la fin, nous avons vêtements chauds et froids dans le sac : short et pantalons, t-shirt polaire doudoune et k-way, chaussettes plus ou moins chaudes, chaussures de randonnée et tong (je plaisante, les tongs sont pour le soir dans les guest house).
Alors, c’est parti pour l’aventure !
Jour 1 : Pokhara – Besi Sahar – Ngadi
Nous voilà parti pour le trek. Ce premier jour, bus jusque Besi Sahar. Dans nos prévisions, nous ne pensons pas marcher bien loin et commencer doucement après une grosse matinée de transport : nous nous imaginons le soir à Bulbuhle. Le bus est prévu à 7h et démarre une demi heure plus tard. La route passe mieux que celle de la veille, même s’il y a encore des nids de poules (la route est en réalité un continuum de trous).
À l’arrivée à Besi Sahar, tout le monde se dirige vers le check point : passage obligé pour que les autorités du parc puissent suivre notre avancée, et surtout savoir combien de personnes évacuer en cas d’urgence. On nous demande à cette occasion la carte du droit de passage dans l’Annapurna. Avant d’y aller, nous mangeons un morceau. Cela nous permet de laisser la foule avancer sans nous, nous ne sommes pas pressés.
Avant de quitter la ville, nous demandons notre chemin à un homme pour aller vers Bulbuhle, notre première étape. Nous ne voudrions pas commencer en prenant la mauvaise direction !
Il nous indique la route et en profite pour nous glisser sa carte : il tient une guest house à Ngadi. Nous l’acceptons même si ce n’est pas l’étape que nous envisageons : ça semble trop loin. D’après lui, on y serait en 3h, mais la carte n’indique pas cela (3h45 selon elle). Pour nous appâter, il nous dit quand même qu’il ramène avec lui tout un groupe de français à bord de sa voiture, qui seront donc là si nous venons chez lui pour passer la soirée.
Nous le remercions, et avançons sur le chemin qu’il nous a indiqué, à droite en sortant du village. Ça commence en descendant, puis après la rivière, ça monte enfin !
Les paysages sont verdoyants ici, formant une espèce de jungle épaisse. C’est vraiment un paysage différent de celui que nous avons l’habitude de voir dans nos montagnes en France. Le trek commence d’ailleurs par un bruit continu assourdissant, un acouphène très fort. Nous pensons que cela est du à des travaux ou à une quelconque activité humaine mais on nous apprendra que c’est un insecte type grillon qui fait ce vacarme. Mis à part cela, la route est déjà belle et le chemin nous conduit sur notre premier pont de singe, que nous nous empressons d’immortaliser avec une photo!
Premier pont de singe
Aprè ce pont, nous rencontrons un garçon népalais qui nous demande : « Where are you from? ». C’est la première question posée par les habitants ici. Nous ne tarderons pas à les imiter, c’est vrai qu’avec tous les étrangers ici, ça fait un bon début de conversation (et puis accessoirement cela évite de parler anglais pendant une minute avant de s’apercevoir que la personne en face est française, car des français il y en a beaucoup !). La conversation, ce garçon ne semble pas vouloir la poursuivre, avançant bien plus vite que nous malgré ses tongs !
Nous pensons mettre le temps indiqué sur la carte, mais finalement sommes beaucoup plus rapides ! Nous décidons donc de continuer, et en 3h nous arrivons à Ngadi, comme on nous l’avait dit. De plus il est plutôt difficile de se perdre complètement, en effet on nous donne un bon conseil : toujours suivre la rivière lorsque nous avons un doute sur le chemin !
Juste avant d’arriver dans le village, deux jeunes garcons, frères, nous abordent. Ils sont partis de Besi Sahar pour aller voir une cascade à Ngadi, comme ce sont les vacances pour eux.
Ils se montrent curieux et nous posent quelques questions. Une qui nous marque est celle qui suit l’information selon laquelle nous sommes mariés : « Is it a love mariage ? ». Au Népal, un mariage d’amour n’est pas forcément le plus courant, ce seraient le plus souvent des mariages arrangés. D’ailleurs, selon eux, ces derniers sont ceux qui finissent le moins souvent en divorce.
Nous continuons un peu la discussion avec eux, tout en profitant de la route, qui fait passer par un tunnel, avant d’atteindre la cascade que les deux frères venaient voir. C’est vraiment magnifique.
Et première cascade
Il y a une guest house à côté mais pour ne pas avoir trop de bruit la nuit, nous décidons de continuer. Nous disons au revoir à nos deux compagnons de route.
Comme nous avions rencontré l’homme qui nous avait guidé à Besi Sahar, autant aller chez lui. Sauf que… entre temps, nous rencontrons une femme népalaise qui nous pose quelques questions sur nous et nous demande si nous comptons nous arrêter à Ngadi. Nous répondons en montrant la carte de visite de la guest house que nous envisageons. Elle nous dit alors quelle habite en face et nous propose de venir plutôt chez elle. Arrivés devant sa maison, elle insiste énormément. Nous sommes pris en étau entre elle et l’autre homme de la guest house qui sort de chez lui lorsqu’il nous reconnaît. Il finit par abandonner, et nous par suivre cette femme qui nous a supplié pour que nous venions chez elle. C’est vrai qu’ici, beaucoup de touristes ne s’arrêtent pas, préférant prendre une jeep ou un bus local pour s’avancer au moins jusque Bhulbhule et commencer à marcher à partir de là.
Nous l’entendons chanter pendant qu’elle prépare nos petits plats. Pendant le repas, nous en profitons pour discuter un peu avec elle : elle a 25 ans et déjà un fils de 10ans. « Stupid boy ! » , dit elle en parlant de lui. Repas: notre premier Dal Bhat ! et sûrement pas notre dernier (en réalité c’est notre deuxième, le midi nous avions mangé un Dal Bhat sans le savoir).
Le Dal Bhat (merci Damien pour ta photo)
Le Dal Bhat, c’est LE plat népalais. Mais vraiment le plat incontournable, il est probablement mangé une fois par jour par chaque népalais. Pour ceux qui connaissent un peu la nourriture indienne, c’est un Thali mais un peu moins complet. Il y a un Dal, la soupe de lentille, un « Veg curry » qui est un plat épicé en sauce à base de légume, et surtout, du riz. Mais la particularité du Dal Bhat, et ce qui fait le plaisir des trekkeurs, c’est le REFILL ! la plupart du temps (nous ne sommes pas contents quand cela ne se passe pas). Le refill c’est le deuxième passage du serveur avec les marmites pour nous resservir en riz, légume ou Dal. De bonheur pour les affamés que nous sommes.
Après un mois, nous n’avions toujours pas le niveau des népalais pour manger le Dal Bhat : il est mélangé, malaxé et mangé avec la main droite, même Hicham n’y arrivait pas (level boulettes de couscous marocain).
Le lendemain matin, un homme népalais est dans la cuisine quand nous allons prendre notre petit déjeuner. Il nous raconte qu’il a déjà eu deux femmes dans sa vie. La première est partie avec un autre quand il est parti travailler loin. Il rêve d’épouser une européenne pour pouvoir partir en Europe. Nous ne saurons jamais si cet homme était le mari de notre hôte…
Jour 2 : Ngadi-Syange
Nous partons à 8h et la direction d’aujourd’hui c’est Jagat pour les sources d’eau chaude. L’expérience de marche de la veille nous laisse espérer que nous serons plus rapide que sur la carte qui indique 4h25 de marche. Les premiers pas sont difficiles à cause du sac lourd de bon matin mais la vue derrière nous du Manaslu (normalement) avec ses crêtes enneigées nous donne toute l’énergie dont nous avons besoin. Et puis le beau temps est avec nous.
Notre premier massif enneigé, peut être le Manaslu
Lorsque nous traversons tout le village de Ngadi avec ses guest houses (à priori nous nous étions arrêtés au début du village), nous apercevons notre premier mammifère sauvage : une hermine dans un poulailler.
Une hermine, trop rapide pour l’autofocus
Nous rencontrons les premiers occidentaux sur ce chemin de trek : une bande de polonais que nous suivons vers un temple avec un point de vue sur toute une vallée composée de jungle et de rizières en terrasse.
Nous prenons successivement des chemins de randonnées qui ne cessent de monter et descendre, puis la route par laquelle passe les jeeps. A cette occasion, nous sommes témoins de l’état de cette route : une voiture coincée dans la boue et un attroupement d’européens et de népalais se demandant comment la dégager.
Le paysage est paradisiaque. Nous apprécions particulièrement la vue depuis le village juste avant Syange, sur la cascade de 110m de haut.
Cette journée est difficile. Contrairement à nos attentes, nous mettons plus de temps que prévu pour faire le trajet jusque Syange : 6h ! Nous arrivons dans ce village à 14h, en ayant fait de toutes petites pauses. C’est d’ailleurs le rythme que nous aurons tout le long du trek : nous prenons un bon petit déjeuner le matin, esquivons le repas du midi (sinon perte de temps alors que nous n’avons pas trop faim) et finissons la journée tôt dans l’après midi.
Pour cette deuxième journée, ça nous fait un peu peur pour continuer plus loin que Syange, surtout que l’étape suivante est indiquée être à deux heures de marche !
Nous posons les affaires dans la chambre, et montons à la cascade, qui est d’une puissance inouïe. C’est impressionnant et revigorant d’en être si proche !
La cascade de Syange en puissance
Jour 3 : Syange – Karte
Nous prenons la route et nous apercevons que le chemin pour aller jusque Jagat n’était pas si long : 45 minutes. Cela nous aurait tenu à l’écart du bruit de la rivière et et il y avait les sources chaudes donc cela aurait valu le coup de pousser.
Après nos premiers occidentaux de la veille, nous rencontrons premier français aussi : Damien, tourdumondiste comme nous, ingénieur comme nous, qui commence par le Népal. Il prévoit de s’arrêter à Tal qui devrait être notre étape du jour : 5h30 de marche annoncé sur le plan. Vu notre expérience de la veille, ce sera peut être plus long !
Il marche plus vite que nous et passe par le chemin et nous par la route. La situation est cocasse car nous n’arrêtons pas de nous croiser et recroiser (la route est plus rapide). Nous passons par la route, car il y a peu de circulation, c’est bien tracé, et cela nous évite de descendre et remonter et de prendre des marches d’escaliers sur le chemin.
Nous passons par toutes les émotions sur cette route : émerveillement lorsque nous passons proche d’une cascade de 200m de hauteur ! Les gouttelettes depuis le bas de la cascade forment un arc-en-ciel ! Frayeur lorsque nous voyons au loin deux voitures qui se croisent par exemple (vu la largeur de la route).
Une femme nous adresse la parole sur la route : « where are you from ? » Elle porte un immense panier d’osier sur son dos, qui est maintenu par une bande de tissu posée sur son front. Elle continue la discussion, bien que selon elle, elle ne parle pas bien anglais, nous racontant qu’elle a deux fils et une fille, qu’ils sont chrétiens.
Elle nous pointe du doigt une montagne couverte de neige au loin : Annapurna 2. Elle nous offre des pommes que nous mangeons et nous dit que sa famille vend des pommes et des bananes.
Annapurna 2
Nous lui disons alors au revoir, pensant aller plus vite qu’elle et là, c’est le moment gênant où nous restons tous au même rythme. Tient-elle tant que ça à ce que nous lui achetons des bananes ? Toujours est il que nous arrivons ensemble à sa maison et rencontrons ses enfants.
Son grand fils est guide et en train de prendre sa douche dans une bassine à l’extérieur. Son jeune fils fait des études de médecine. Ils sont tous là pendant les vacances. Nous achetons des bananes (apparemment, ce sont les dernières que nous aurons avant longtemps) , nous prenons une photo et c’est reparti.
Nous arrivons à Tal, très joli village. C’est sensé être notre étape du jour, mais il est 13h et nous sommes prêts à marcher plus longtemps. Nous faisons quand même une pause avec un petit thé. Des indiens à la table d’à côté nous encouragent à prendre un taxi jusqu’au moins Pisang car le chemin n’en vaut pas la peine selon eux. Nous ne suivons pas leurs conseils, nous avons le temps !
Nous poussons jusque Karte, que nous atteignons en traversant un pont de singe. Peu de backpackers doivent s’arrêter, le village semble un peu abandonné. Trois tchèques s’arrêtent au même endroit que nous.
Petite anecdote sur ce pont de singe. Nous avions remarqué un jeune garçon tirant avec difficulté ce qui semblait être un sac de riz au loin. Il le porte sur le pont, puis le traîne, puis le porte une fois de plus, puis enfin… vide son contenu au milieu du pont au dessus de la rivière! Le sac contenait plein d’ordures, plastiques et autres qui virevoltent avant d’être emporté par le torrent.
Nous comprenons maintenant pourquoi on nous demande de transporter avec nous les déchet jusque la fin du trek.
Jour 4 : Karte – Chame
Nous continuons de prendre la route aujourd’hui. Damien nous dépasse à nouveau, alors que nous prenons des photos d’un pont suspendu situé à plus de 400m de hauteur et long de 130m. Si nous avions voulu le traverser, il aurait fallu faire un détour de 400m de dénivelés et nous n’en avions pas envie, mais c’est impressionnant !
Nous rencontrons notre deuxième française : Coralie, aussi tourdumondiste et ingénieure (décidément!) : nous faisons une pause ensemble, à proximité des porteurs, qui deviennent notre sujet principal de conversation. Ils portent sur leur front entre 3 et 5 gros sacs de trek chacun qu’ils maintiennent ensemble à l’aide de cordes. Ce qui nous perturbe, c’est qu’une route existe, alors pourquoi ne pas mettre les sacs directement dans les voitures / jeep qui montent plutôt que de continuer ce métier? Est-ce que le métier de porteurs est un travail inhumain qu’il faut combattre et qui est amené à disparaître, ou au contraire est-ce qu’il permet de faire vivre des gens décemment ?
Les porteurs Lakpa et Suzan (merci à Jean et Stéphanie pour les noms)
Nous faisons la suite du chemin avec Coralie jusqu’à Chame.
Là, avec Hicham, nous nous arrêtons à la première guest house qui nous interpelle, mais Coralie décide de continuer et de voir d’autres options!
Lorsque nous sommes en train de dîner le soir (des momos et du dal bhat, comme d’habitude), un couple de français (Max et Laure) se joint à nous. Ils ont fait le trajet en jeep jusqu’ici, pour pouvoir attaquer le trek et le Thorong La Pass rapidement. Le début de voyage a été compliqué pour eux : avion retardé, avec moins de jours passés au Népal que ce qu’ils avaient initialement prévu, longue attente à l’aéroport, et ensuite 7h de jeep jusque Chame !
Jour 5 : Chame – Lower Pisang
On part à 8h de notre guest house, après avoir croisé brièvement Max et Laure au petit déjeuner, qui partent bien avant nous !
C’est l’étape depuis laquelle les trekkers (et notamment les groupes), semblent s’être donné le mot pour commencer à marcher. En tout cas, nous avons le sentiment qu’il y a beaucoup plus de monde ici qu’avant. Lorsque le chemin nous emmène dans des petites forêts de conifères, nous voyons de véritables aires de repos, avec des petites cabanes en bois, des bancs et des vendeurs, à la fois de rafraîchissements, mais aussi de bjoux, et notamment un espèces de chapelet : le mala (qui contient 108 perles, 108 étant un chiffre très important dans la religion hindoue : les hindouistes récitent un même mantra 108 fois et le mala leur permet de savoir où ils en sont).
Le paysage ne cesse de changer pour nous tout au long de ce trek. Les sommets enneigés commencent à poindre au loin, et les rizières en terrasse laisse place aux forêts de conifères, mais aussi… aux vergers ! On passe devant une exploitation agricole de pommes. C’est bizarre de voir autant de pommiers à cette altitude, j’en suis assez surprise.
Nous continuons de suivre la rivière, plus ou moins de loin, et la route que nous suivons est parfois creusée dans la falaise, si bien que la roche est au dessus de nos têtes !
Arrivés à Pisang, nous avons le choix entre prendre une guest house à Lower Pisang ou à Upper Pisang ! Ça implique un choix également sur la route que nous allons prendre le lendemain : souhaitons nous passer par le chemin qui passe par Ghyaru, Ngawal, Braka avant d’arriver à Manang OU préférons-nous prendre la route qui passe par Humde ?
Nous choisissons la route, plus rapide et avec moins de dénivelés car Manang est une étape importante : c’est la ville d’acclimatation dans laquelle nous allons rester deux nuits. Nous voulons donc arriver dans les premiers et pouvoir choisir soigneusement la guest house dans laquelle nous resterons.
C’est décidé, nous passerons donc la nuit à Lower Pisang. Une maison rose nous capte le regard dans ce village : Moonlight hotel. Nous y déposons nos affaires et comme il est encore tôt, nous allons voir le complexe temple monastère qui nous fait de l’œil depuis Upper Pisang.
Nous croisons Coralie et Damien, nos deux premiers français, ensemble, à Upper Pisang. Nous apprenons à cette occasion qu’ils se sont rencontrés à l’aéroport à Paris, alors qu’ils commençaient tous les deux leur voyage. Comme ils avaient prévu de faire le tour des Annapurnas tous les deux, ils font le trek plus ou moins ensemble : ils ont chacun leur rythme de marche, donc ne sont pas côte à côte pendant la journée. En revanche, le soir, ils se retrouvent souvent dans la même guest house.
Ils reviennent justement du temple où nous allons. Nous poursuivons notre route jusqu’à l’atteindre. C’est splendide là haut, que ce soit d’un point de vue paysage avec l’Annapurna 2 qui nous nargue et semble être si proche et le temple construit qui est magnifique.
Vue de l’Annapurna 2 depuis le temple
Nous ne voyons pas beaucoup de moines, juste deux jeunes qui sont sur leurs téléphones. Il y a comme un décalage, entre leurs tenues qui rappellent leur côté spirituel, et cet objet technologique.Nous restons un peu profiter du temple et du coucher de soleil avant de redescendre.
Le soir, nous ne sommes pas nombreux dans l’auberge : 3 trekkers en plus de nous et nous sympathisons avec eux : Shaw, américain, et Alisha, irlandaise, font le tour ensemble avec guide et porteur, et Ron, américain fait le tour en vélo !
Jour 6 : Lower Pisang – Humde – Manang
Comme prévu, nous passons par la route, même s’il paraît que l’autre côté est super joli (ce qui n’est sans doute pas étonnant puisqu’il est un peu plus en hauteur, et a une vue tout le long sur les sommets enneigés! (mais bon, il demande 8 bonnes heures de marche ! )
De notre côté, nous passons dans des forêts qui mêlent feuillus et conifères, avec des couleurs orangées et dorées sublimes ! Nous passons à proximité de l’aéroport de Humde, mais pas d’avions à l’horizon. Ce doit être à la fois fascinant et effrayant de voler à proximité des montagnes gigantesques qui nous entourent.
D’autres personnes que nous ont également fait de choix de passer par cette route, et c’est très amusant de voir comme la beauté peut être universelle : lorsque nous voyons un extraordinaire cirque avec ses montagnes faites de verdure ou de neige s’ouvrir devant nous, tout le monde commence à prendre des photos à ce même endroit, et une fille se met en mode instagrammeuse : elle change de vêtements pour se mettre en valeur et pose devant le paysage qui est divin. Lorsque la rivière réapparaît avec ce paysage grandiose en arrière plan, c’est encore plus enchanteur.
Sur la fin, nous atteignons le village juste avant Manang et c’est là que nous recroisons Max et Laure. la veille, ils ont poussé jusqu’à Ngawal, ce que que nous n’aurions pas osé faire à cause de l’altitude ! C’est au dessus de Manang ! Et effectivement, ils nous confirment qu’ils n’ont pas passé une très bonne nuit mais ont bien mangé et sont contents d’avoir bien avancé la veille, car sinon l’étape par le haut est vraiment très intense et longue.
Le trajet, tous les quatre ensemble, passe très vite jusque Manang : à 13h nous sommes arrivés ! A l’entrée, on voit le parking pour les jeeps qui déposent les touristes directement dans cette ville. Ils proposent aussi leurs services pour redescendre.
Ce qui nous frappe dans le village, c’est tous ces restaurants qui proposent de la viande de Yak ou des burgers. Après ce que nous avons mangé jusque là : du dal bhat et des momos tous les jours, ça change complètement !
Puisqu’il est assez tôt, nous avons le choix pour la chambre et nous allons pouvoir nous poser a un bel endroit. Nous choisissons le Gangapurna hotel, qui a une vue incroyable sur le Gangapurna justement et l’Annapurna 2 à sa gauche. La chambre a un lit double (ça nous avait manqué), et semble bien mieux que ce que nous avons eu jusque là ! Par contre, pas de ristournes possibles et nous devons payer plein pot : 500 NPR !
L’Annapurna 3 à gauche, le Gangapurna à droite
Max et Laure ont continué un peu pour voir d’autres guest houses, alors nous n’imaginons pas les voir, sauf que finalement… Ils ont fait demi tour et ont choisi le même hôtel que nous! Quelle coïncidence.
Comme il est tôt, nous sortons un peu avec la volonté de découvrir la ville… Cette sortie nous aura mener bien loin… à 5m de la guest house, il y a une boulangerie, avec un croissant qui capte notre attention. Nous en prenons un avec deux chocolats chauds. Mamamia, ça fait du bien. Comme nous sommes seuls dans la petite boutique, nous en profitons pour discuter avec le gérant de la boutique.
Craquage
Il nous explique sa vie de népalais. A priori, à Manang, les seules personnes autorisées a avoir leur commerce dans cette ville sont les habitants de cette ville. Les habitants des autres villages peuvent venir à Manang en support. Il y a donc notamment pleins de porteurs, guides qui ne sont pas originaires de cette ville.
Leur vie est rythmée par les saisons. Avril-mai et octobre-novembre, c’est la période pendant laquelle ils sont dans leur village pour le tourisme (et avril mai pour l’agriculture également). A la mousson, c’est le moment des réparations pour préparer les logements pour la saison. L’hiver, ils descendent à Katmandou. Une personne de la maison doit quand même rester pour enlever la neige des toits notamment et éviter ainsi qu’elle ne dévaste la maison. Sinon si personne ne reste à la maison, ils doivent confier la responsabilité à quelqu’un d’extérieur qu’ils payent 7000NPR qu’il y ait de la neige ou non.
A part ça, il est assez critique de l’action gouvernementale : selon lui, il n’y a pas assez d’industrie au Népal et des gens éduqués, formés pour un métier ne peuvent pas exercer dans la branche qu’ils ont choisi.
Nous posons la question sur les barrages, que nous avons vu, qui devraient embaucher des népalais qualifiés. Ce sont des barrages construits par des Chinois qui ont passé un accord avec le gouvernement népalais pour l’exploitation pendant 30 ans encore. Sauf qu’au moment où les népalais voudraient reprendre le contrôle sur ces barrages, tout est écrit en chinois donc la transmission va être compliquée…
Après qu’il nous ait expliqué tout cela, nous nous préparons pour aller à la réunion d’information sur le mal des montagnes. On nous réexplique ce que l’on savait déjà : pallier de 500m par 500m (altitude à laquelle on dort). L’idéal pour habituer son corps est de grimper un maximum chaque jour (plus de 1000m) et de redescendre pour dormir 500 m plus haut que la nuit d’avant. Si ça ne va pas, on s’arrête, on laisse passer en prenant éventuellement un Doliprane. Si ça ne passe pas, on redescend. Les risques sinon c’est l’oedème pulmonaire ou cérébral ! Il y a un médicament aussi contre le mal des montagnes, le DIAMOX, qui fluidifie le sang (les effets notoires, c’est que ça donne envie d’uriner fréquemment). Il peut se prendre en préventif à raison d’un demi comprimé par jour ou en curatif : deux comprimés par jour. Beaucoup de français nous ont dit toutefois que leur médecin ne voulait pas leur prescrire.
Après ces précieux conseils, nous décidons de monter un peu plus haut, vers la pagode que nous apercevons au dessus de Manang et peut être aussi le temple qui est un peu plus loin à sa droite. A côté du temple, il y a une pagode, et nous voyons des fidèles tourner autour et faite tourner les moulins à prières. Les femmes assez âgées sont contentes et surprises de nous voir là, comme s’il n’y avait pas beaucoup de monde qui osait monter. Elles nous adressent des sourires. En redescendant, le temple que nous pensions aller visiter apparaît être en construction.
L’Annapurna 2 à gauche, l’Annapurna 4 à droite, le temple en dessous
Nous redescendons à la guest house et pour le repas du soir, je craque en prenant un veg cheese burger. La nourriture n’aura rien eu de népalais aujourd’hui. Max et Laure arrivent un peu plus tard, ils ont rencontré une nouvelle personne qu’ils nous présentent : Ludo, en vacances pour trois semaines et qui a prévu de faire deux treks autour de l’Annapurna : le circuit et l’Annapurna sanctuary.
Jour 7 : Jour de « repos » à Manang
Pour nous habituer à l’altitude, nous décidons de faire un petit 1100 m de dénivelé en allant voir l’ice lake, qui est réputé pour être plutôt beau. Ça nous emmènera à 4600m d’altitude tout de même, nous ne sommes jamais allés aussi haut dans notre vie.
Max et Laure le font aussi, ils ont pris un peu d’avance sur nous et nous les voyons au loin en train de monter. Le temps n’est pas idéal, il fait couvert. Nous nous élevons mais c’est dur, la pente est raide. Nous avons une petite fierté quand nous doublons un groupe de népalais de Katmandou qui nous demande comment nous, français, arrivons à avoir un rythme assez soutenu (ou en tout cas plus rapide qu’eux). Sur cette route, je remarque une fleur qui ressemble à une Edelweiss ! Hicham me dit que pas du tout elle est trop moche. Nous vérifions à la Guest house et c’est bien une Edelweiss de l’Himalaya. Prend ça !
Edelweiss de l’Himalaya (je m’en fiche, elle n’est pas jolie)
Au cours de l’ascension, nous croisons un gars qui nous dit que c’est encore très loin et qu’il a fait demi tour car il y a de la neige (?!?) Quand nous montons, nous ne comprenons pas ce qu’il a voulu dire, il n’y a pas la moindre trace de neige ! Nous arrivons au lac dans les temps, comme ce que nous avions prévu : à 12h30.
L’Ice lake
C’est quand même une randonnée assez difficile. Et la vue que nous attendions en récompense… Eh bien était un peu décevante pour nous… Avec les nuages, nous ne voyons pas les sommets aux alentours et le ice lake n’a rien de gelé. L’ambiance est presque un peu lugubre. Alors pour l’acclimatation, nous sommes contents d’avoir fait l’ascension, mais nous ne nous attardons pas plus que cela en haut.
Lorsque nous redescendons, nous nous perdons.. (quand même il faut bien, cela faisait longtemps ?), et sommes obligés de remonter une grande pente raide pendant 5 minutes. Heureusement à cet instant de malchance succède un moment de chance et nous voyons nos premiers « chamois » des Annapurnas ! Il s’agit en réalité de bharals ou blue sheeps (moutons bleus et pas blue ships, bateaux bleus comme je l’avais écrit avant). Hicham est quand même déçu parce qu’il n’a pas pris son appareil photo. Il se jure de le prendre dans toutes les situations pour les prochaines fois. Mais nous voilà obligés de regarder le spectacle uniquement avec nos yeux. Nous suivons en même temps le sentier mais sans faire trop attention et manquons une intersection, nécessitant de notre part un peu d’inventivité pour rejoindre le chemin que nous voyons en contrebas.
On rejoint enfin Manang pour un repos bien mérité pour le reste de la soirée !
Jour 8 : Manang- Letdar
De Manang, nous avons deux options : soit grimper jusque Yak Kharka, qui est à 4050m d’altitude et respecte strictement les 500m maximum de dénivelés préconisés à cette altitude, soit pousser jusque Ledar, à 4200m d’altitude et 700m de dénivelés plus haut. C’est un grand débat, mais nous finissons par choisir Ledar pour être plus proche du camp de base du col de Thorong Phedi.
A la sortie de Manang, la réalité de la montagne et de ses dangers nous rattrapent en plein élan ! Un groupe entoure un homme et les guides n’ont pas l’air très sereins : ils sont en train d’appeler les secours. Plus tôt dans la montée, nous avions vu une femme courir, sans doute pour ramener de l’aide. Lorsque nous passons à côté, j’ai la vision de l’homme bouche et yeux ouverts, inconscient. Sa fille lui tient les jambes en l’air. C’est bref et nous ne nous attardons pas, il y a déjà bien assez de monde, mais je garderai tout le long de l’ascension cette image en tête. Un guide nous apprendra plus tard que l’homme en question est mort. Autant dire que cela nous a un peu traumatisé, et plus que jamais nous sommes attentifs aux signaux envoyés par notre corps.
Nous atteignons assez rapidement Yak Kharka, et revoyons Damien, qui a finalement choisi de s’arrêter à cet endroit.
Nous poursuivons notre route et rencontrons un groupe de quatre français (deux couples, dont un en lune de miel ! : Stéphane et Amanda ; Jean et Stéphanie) et leur guide népalais qui parle français. Ils ont fait appel à une association : »Partages Népal Treks » pour trouver leur guide et porteurs. C’est avec eux que nous voyons à nouveau des bharals, et certains sont même proches ! A force d’observations, nous n’avançons plus beaucoup. Ludo, qui était derrière nous, nous rejoint. C’est à cet instant que le guide népalais nous conseille d’aller rapidement prendre notre chambre à Ledar, car c’est premier arrivé, premier servi. A Ledar, nous allons dans la deuxième guest house que nous croisons, et tout se passe bien : nous avons une chambre individuelle pour nous, Ludo également, et c’est la guest house réservée pour le groupe de quatre français également !
Le grand bharal
Nous sommes arrivés tôt, alors nous allons faire un petit tour de reconnaissance pour voir comment est le chemin plus loin. Il y a une autre guest house, que Max et Laure ont choisi. Ils sont en train de manger des momos au yak cheese et ça a l’air délicieux.
Dans leur guest house, nous croisons également Rachel, que nous avions croisé avec son père à Katmandou lorsque nous avions fait le permis de trek. Ils ont fait le détour par le lac Tilicho, un des lacs les plus haut du monde (à plus de 5100m) mais malheureusement, avec le temps couvert, ils n’ont rien vu des montagnes alentours !
Après ces rencontres, comme il fait tout de même un peu froid, ça finit dans le sac de couchage à la guest house, pour être au chaud. C’est difficile de sortir de là pour aller manger le soir ! Et puis au dodo ! Pour moi, c’est là la première nuit un peu compliquée : la psychologie fait son oeuvre et Hicham me dit que dans mon sommeil, je prends soudainement de grandes inspirations.
Jour 9 : Letdar – Thorong Phedi
Nous ne faisons que 300m de dénivelé de plus aujourd’hui, pour monter à 4500m d’altitude : nous nous arrêtons à Thorong Phedi (base camp), et non au High Camp, situé à 4900m d’altitude (peut être à cause de la psychologie qui ne veut pas que nous dormions plus haut que le Mont Blanc). Nous espérons aussi que le respect en moyenne des 500m de dénivelés par jour nous permettra la nuit prochaine, de bien dormir !
A l’arrivée à Thorong Phedi, il y a encore de la disponibilité (en même temps, il est 10h du matin), et nous avons une chambre pour nous! Après ce que nous avions lu, nous trouvons que c’est une bonne surprise ! Nous n’allons pas dormir dans le réfectoire ! Nous croisons Damien et Coralie, qui se sont arrêtés dans la même guest house que nous ! Ça aussi c’est une bonne nouvelle ! Ils se sont arrêtés ici, car le gérant est le frère de l’homme qui tenait leur guest house à Manang.
Après nous être tous installer, nous nous mettons en route pour le High Camp, histoire de s’acclimater (comme d’habitude) et de rejoindre les copains qui sont plus haut : Max et Laure, Ludo, Stéphane, Amanda, Stéphanie et Jean ! Nous sommes plutôt contents car en 50 minutes nous y sommes. (Et ça y est, nous avons dépassé le Mont Blanc puisque nous sommes à 4900m ! ?)
La France
Juste avant d’atteindre le restaurant de la guest house, nous voyons des espèces de pintades, qui ont l’air d’être protégées ici.
La volaille
Enfin, nous retrouvons et on rassemblons tout le monde autour d’une table. Être en groupe, ça fait du bien, et ça rassure ! Nous prenons un déjeuner tous ensemble et puis nous redescendons avec Coralie et Damien. Comme il est en train de neiger (ce qui me terrifie d’ailleurs), nous trouvons plus sage de ne pas trop attendre.
Nous passons le reste de l’après midi à jouer aux petits chevaux tous les quatre (à priori, c’est un jeu auquel les népalais ont l’habitude de jouer, et qu’ils aiment bien ; on peut même le retrouver imprimer sur des tables de restaurants).
A 17h, nous commandons le repas du soir pour 18h. Objectif dodo à 19h pour un réveil sympa à 3h15 du matin. Nous craquons complètement sur le repas : pizza, burgers, et roasti… Pourtant, nous nous étions promis de ne pas relâcher notre vigilance avant le col, mais voilà, tant pis. Vu comme c’était bon a Manang, nous avons plutôt confiance. Et puis ça fait un peu le dernier repas du condamné ?.
Nous commandons le set breakfast pour le lendemain aussi : à 3h30 !
Il est 19h et nous allons nous coucher. Pour faciliter le réveil, j’ai sur moi les vêtements de base de la journée du lendemain déjà : les sous vêtements techniques, legging en laine mérinos, t-shirt à manche longue en laine mérinos, et ma polaire. La nuit reste agitée mais meilleure pour moi que celle a Ledar. A priori Hicham me dira le lendemain qu’il y a quand même encore des moments où je prends des grandes inspirations. Clairement, mon corps cherche un peu l’air.
Jour 10 : Thorong Phedi- Thorong La Pass – Muktinath
Lorsque le réveil sonne, c’est le moment où mon corps a le plus envie de dormir.. c’est dommage, il faut se lever. Sur la couche de vêtement que je porte déjà, je rajoute un de mes pantalons de trek, ma doudoune, mon k-way, les deux paires de gants (ils sont fins). Nous prenons nos sacs et nous allons petit déjeuner. Il y a déjà du monde et le temps d’être servi et de manger, nous commençons à monter alors qu’il est 4h10.
La veille, pour aller jusqu’au High Camp, nous avons mis 50 minutes. Il nous en faudra 80. La faute aux groupes, devant nous, qui ont un rythme moins rapide. Mais ça va tout aussi bien à Hicham, qui a mal au ventre et des nausées dès la montée. Pour lui, c’est la faute du réveil matinal et du repas (de la veille et du matin) qui ne passe pas. Ou serait-ce le mal des montagnes ?
C’est encore la nuit et voir toutes les lumières des frontales les unes à la suite des autres, donne une ambiance très particulière et chaleureuse (un peu comme lorsqu’on est au ski et qu’on voit la descente aux flambeaux des moniteurs). C’est rassurant d’une certaine manière de voir tout ce monde, surtout qu’il a neigeotait toute la nuit et la neige sur le chemin s’est un peu transformé en glace. Heureusement la couche de neige n’atteint même pas 2cm.
Lorsque nous arrivons au High Camp, nous avons le bonheur de voir que Max et Laure, Rachel et son père ne sont pas encore partis. Nous nous accordons mutuellement sur l’idée de faire le chemin ensemble.
Après l’arrivée au High Camp, l’aube commence à pointer le bout de son nez. Le paysage devient un peu gris d’abord : c’est lunaire, puis les couleurs du matin prennent le dessus. C’est magnifique ! Et heureusement, car c’est long aussi. Hicham ne va pas mieux et pendant toute le montée, nous serons encouragés par nos quatre copains.
Un petit pas pour l’homme…
Le père de Rachel ira jusqu’à prendre de l’avance et aller jusqu’au sommet, déposer son sac pour proposer de porter celui d’Hicham, qui refuse.
Lulu en pleine forme, Hicham en PLS
Nous faisons des pauses assez régulières et nous arrivons finalement au sommet alors qu’il est 8h30. On est tous pris d’une grande émotion, qui s’exprime de manière différente pour chacun! On fait une multitude de photos devant le panneau et les drapeaux népalais. C’est que du bonheur !
We did it !
Et puis il faut redescendre : 1700m de dénivelé pour arriver jusque Muktinath ! C’est raide et long. Nous nous retournons sans arrêt pour voir le paysage près du col ! On l’a fait!
Sur la descente, nouveaux paysages. Un désert enneigé au début prés du col, puis un paysage aride se dégage devant, où se dessine au loin les pics enneigés du Mustang. Nous venons de quitter l’Annapurna.
Avant Muktinath, nous arrivons à des restaurants où nous en profitons pour nous requinquer, avec un coca pour Hicham et puis quelques plats et boissons (ce sera apple pie pour ma part). Les jambes ne sont pas habituées à la descente et le font clairement ressentir. Eh oui, après avoir atteint le point culminant, il faut tout redescendre !
Près de Muktinath enfin! Il y a des immeubles dans cette ville, c’est ce qui me frappe d’abord de loin. Et puis, il y a un temple, qui semble extrêmement important vu le nombre de drapeaux qui l’entourent.
Nous arrivons près des hôtels et guest house et on reconnaît Alisha et Shaw dans l’un : alors nous les rejoignons, avec Rachel, son père, et Ludo. On dit au revoir à Max et Laure qui veulent continuer un peu pour pouvoir prendre un bus le lendemain à Jomson.
Ce soir, on se fait plaisir, ça y est, on l’a mérité notre steak de Yak ! C’est la dernière soirée de trek avec Rachel et son père : ils prennent le bus de Muktinath à Pokhara ; avec Ludo aussi : il va enchaîner avec le trek de l’Annapurna Sanctuary et va donc se diriger en bus ou en taxi vers Jomson.
Et puis Alisha et Shaw vont eux direction en bus vers Tatopani directement.
Après avoir tous eu le même objectif, la vie reprend le dessus, nous avons tous différents plans et nous nous séparons à nouveau.
Jour 11 : Muktinath – Jomson
Muktinath et son temple notamment nous intrigue suffisamment pour que nous prenons la demi journée pour y monter et essayer de comprendre les coutumes religieuses.
C’est un grand lieu de pèlerinage, à la fois pour les bouddhistes (il y a un Bouddha géant) et pour les hindouistes (le temple et la purification sous 108 fontaines d’eau). Pour ces derniers, nous les voyons courir tout en dessous des fontaines, avant de plonger dans un bassin. Ils se purifient ainsi de leurs pêchés.
A 11h, nous quittons ce lieu chargé de foi, nous retournons à l’hôtel faire nos affaires.
Pour l’itinéraire, nous décidons de passer par le col de Lubra Pass et la ville de Lupra. Ça nous fait monter de 200m de dénivelé et redescendre de 1200m, mais nous permet d’éviter la route. Nous sommes contents de la vue au col, c’était vraiment bien, avec toutes les montagnes enneigées. Le chemin sur lequel nous marchons est entouré par des buissons rouges et toutes ces couleurs chaudes rendent un effet sublime, c’est comme un grand feu au niveau des couleurs. Nous observons un grand troupeau de yaks, plus loin dans la montagne.
Nous traversons un village (Lupra) et puis nous suivons une route au bord de la rivière plutôt que le chemin de trek qui monte et descend. Nous arrivons alors sur la route principale qui mène à Jomson. Là, c’est l’enfer, du vent, du vent, du vent! Nous sommes contents d’avoir les cache-cou que nous pouvons mettre sur notre bouche et les lunettes de soleil. Chaque passage de véhicule soulève énormément de poussière et ce n’est vraiment pas agréable.
A Jomson, nous avons du mal à trouver les guest house. Nous faisons demi tour après avoir traversé un pont suspendu qui ne menait à rien (ou alors le quartier administratif, mais rien pour nous). C’est lorsque nous nous dirigeons vers l’aéroport que nous voyons les premières guest house. La première que nous approchons nous demande 2500NPR! QUOI! Ici, les prix proposés nous ont toujours permis de trouver à moins de 1000NPR. La guest house suivante nous propose 1000NPR : hotel sunrise. C’est un peu mieux. Pas moyen de négocier un discount. Heureusement, sur la carte, la nourriture n’est pas chère. Mais là encore, sentiment de se faire avoir : pour une commande de momos, on nous donne 8 pièces au lieu des 10 de d’habitude… Donc ce n’est pas terrible. Mais bon, c’est très bon et puis, nous avons la douche chaude dans la chambre.
Pour le programme du lendemain, nous décidons de prendre le bus, pour ne pas avoir à refaire la même route que la veille à pied et pour aller directement à Tatopani où nous pourrons nous relaxer puisqu’à priori il y aurait des sources chaudes là bas.
Jour 12 : Jomson – Tatopani (bus)
Nous ne faisons rien de spécial en ce jour. Le propriétaire nous emmène acheter nos tickets de bus et nous avons RDV à 12h pour le prendre (il va s’arrêter devant l’hôtel)
A 12h, comme prévu, nous descendons. Pour sortir de la ville, le bus fait deux arrêts très long, si bien que nous ne démarrons vraiment qu’à 14h. Comme c’est une période de fête et que beaucoup de monde va jusqu’à Muktinath et en revient en passant par Jomson, le bus est bondé et nous nous retrouvons dans la cabine du chauffeur, sur une banquette à 4, assez serrés. La route est… impressionnante et je ne sais pas comment le chauffeur fait pour éviter les accidents (Que ce soit lorsqu’on croise d’autres véhicules ou à cause de la route tellement étroite et bossue). C’est un peu dur. Le bus fait des arrêts brefs dans les villages, le temps de balancer des sacs de nourriture commandés (pommes, farine, riz).
A un arrêt, une mère et sa fille monte dans la cabine avec nous, et pour les accueillir, le chauffeur rajoute une banquette. On ne peut quasiment plus poser le pied par terre alors la mère est assise en tailleur ou accepte d’avoir la porte de la cabine qui se ferme sur ses jambes, et la petite fille s’allonge sur le gros pouf /banquette qui entoure le levier de vitesse.
Après quelques temps, le chauffeur met de la musique. Les népalais connaissent les chansons par coeur et les chantent. Je garderai toujours en souvenir cette chanson que toute la cabine a entonné ! Ça transforme le trajet de bus en une superbe après midi passée.
Nous arrivons à Tatopani la nuit ? Nous voyons au loin un hôtel qui nous capte le regard et décidons d’y aller: Old Kamala Hotel. La chambre est très au calme, assez spacieuse, alors c’est bon, nous posons nos affaires. Nous allons rester deux nuits ici, car le lendemain, notre destination, ce sont les hot springs!
Nous mangeons bien ici aussi, c’est un peu épicé quand même !
Jour 13 : Tatopani
Aujourd’hui, c’est pause, alors nous prenons notre temps. Nous faisons notre lessive le matin, traînons un peu.
Lorsqu’il est midi, nous allons aux hot springs. Là, nous revoyons Ron, notre américain sexagénaire cycliste préféré. Il a aussi pris un bus pour Tatopani et profite des hot springs. C’est un lieu privilégié pour les népalais et ça défile ! Au début, comme il y a deux bassins, une vieille dame dit à Hicham qu’il y a séparation des hommes et des femmes. Nous sommes donc séparés et je suis toute seule, pendant que Hicham discute bien avec Ron. L’eau chaude fait quand même du bien et c’est drôle, parce que si c’est facile pour moi de rentrer dans l’eau, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Les népalaises poussent des petits cris en rentrant dans l’eau (comme pour nous quand l’eau est trop froide), et rentre orteil par orteil. Puis, elles jouent dans l’eau en s’éclaboussant. Je sors de l’eau parce que ça y est, elle est trop chaude, et le soleil tape lui aussi ! Hicham me rejoint sur un banc avec Ron. Ce dernier part bricoler un peu son vélo et pour notre part, nous restons dans l’endroit, manger des fried noodles et un lassi.
Puis nous retournons à l’eau, ça y est, plus personne pour nous dire que les hommes et les femmes sont séparés alors je rejoins Hicham dans son bassin.(Je le fais surtout parce que je vois qu’une femme népalaise est dans le bassin des hommes et cela ne semble pas gêner outre mesure)
Nous faisons la rencontre d’un canadien, Patrick Falconer. Nous l’interpellons alors qu’il a le courage de prendre un livre dans l’eau. Il fait un petit trek avec sa femme Valérie un guide et un porteur (qui est le portrait craché de Rami Malek).
Sa philosophie est intéressante : fais des changements déjà chez toi avant de vouloir faire des changements chez les autres. Elle est appliquée au centuple de leur part puisque sa femme était prof d’anglais appliqué pour les femmes réfugiées au Canada et lui même était consultant pour apporter un support aux associations et au gouvernement. De plus c’est un héro en Espagne pour ces antécédents de hockey sur glace.
Nous les retrouvons le soir pour manger et passons un très agréable moment.
Jour 14 : Tatopani – Gorepani
Ce matin, nous avons une bonne surprise, Coralie est devant notre hôtel. Elle a fait tout le chemin en marchant jusque là. Et maintenant, c’est bien, nous allons pouvoir faire la suite de la route ensemble!
Et quelle route : on remonte de 2000m de dénivelé aujourd’hui, ça va être dur! Tout ça pour voir un lever de soleil à Poon Hill… Mais il paraît qu’il est grandiose
Nous rencontrons quelques difficultés pour trouver le chemin pour prendre la bonne direction vers Gorepani à la sortie de Tatopani. Nous nous faisons arrêter à plusieurs check points : un pour montrer le permis de trek et ensuite un quart d’heure plus tard, c’est un autre pour la carte de permission de l’Annapurna.
Là encore, comme au début, nous voyons la jungle laisser place aux conifères. C’est super mais 2000m de dénivelé c’est long ! 8h de montée !
vue du Dhaulagiri
Sur la fin, nous croisons des femmes et enfants népalais. Ils cherchent à ce que nous venons chez eux alors nous prenons un peu nos distances pour avoir de la liberté de choisir notre guest house.
Nous prenons une des premières guest houses que l’on croise : la Mountain View Lodge. Et là, lorsque nous allons commander, qui est-ce que nous revoyons ? La femme qui nous proposait que nous venions chez elle. Quelle coïncidence! Pas de discount possible de sa part, mais elle nous offre quand même un thé chacun. Tout le monde se met autour du poêle et c’est très agréable.
Nous n’allons pas nous coucher très tard, demain c’est réveil à 4h pour voir le lever de soleil ☀️
Jour 15 : Gorepani – Birethanti
4h30 du matin : nous nous levons (un peu en retard). Heureusement que Coralie était là pour nous motiver à aller voir le lever de soleil, sinon nous nous serions peut être recouchés ! Nous prenons la route vers Poon Hill directement, et le petit déjeuner sera sur le retour, comme nous sommes obligés de passer par là de toute façon.
Sur le chemin, nous ne sommes pas tout seuls, il y a pleins de monde. Nous marchons dans le noir, à la frontale.
Nous payons des droits d’entrée de 100NPR par personne.
Nous sommes dans les premiers à atteindre le sommet, si bien que nous pouvons choisir une place de choix pour admirer le spectacle. Il y a une plateforme qui permet de s’élever un peu, mais nous n’y allons pas, préférant nous asseoir au bord de la « falaise » et prendre quelques risques avec nos téléphones. Il fait un peu froid, nous sommes contents d’avoir les gants, les bonnets et la doudoune.
En haut, il est inscrit que c’est interdit de prendre sa thermos, mais il y a un vendeur de thé et café pour ceux qui rêvent d’une boisson chaude.
Il y a quelques nuages en contrebas, du côté où le soleil se lève. Ils rosissent avant que l’on voit le soleil à proprement parler. Le Dhaulagiri est à notre gauche, majestueux, et en face de nous, il y a l’Annapurna 1, qui malgré sa taille, semble petit à côté de l’Annapurna south plus en avant par rapport à nous. Le Machapuchare tout à droite reste dans notre imaginaire, montagne en forme de queue de poisson, interdite d’ascension. Les couleurs sont… magiques et finalement nous avons une assez bonne lumière pour avoir le beau spectacle attendu.
Dhaulagiri
Centre Annapurnas South, à sa gauche Annapurna 1, à sa droite le Machapuchare
Rassasié des yeux, nous descendons petit déjeuner avant d’entamer notre vraie journée de marche : 2000m de dénivelé mais dans l’autre sens que la veille. Ce qui nous marque clairement par rapport aux autres journées de trek, ce sont les marches ! Du début à la fin, sans interruption! C’est à nouveau dur pour les jambes, mais cette fois ce sont les genoux qui prennent !
Sur le chemin, nous voyons un serpent avec une grenouille dans sa gueule, précisément au moment où Coralie nous racontait une anecdote à propos de ces reptiles.
Nous croisons aussi un groupe d’étudiants népalais qui viennent de Katmandou et profitent des vacances pour aller voir le lever de soleil à Poon Hill comme nous.
Nous nous arrêtons finalement à Birethanti et dès la minute où nous nous posons, c’est compliqué de se relever ! C’est Coralie, plus courageuse qui arrive à se relever pour initier la douche.
A chaque fois que nous nous levons, nous avons l’impression d’être des vieux pépés et mémés qui perdent leur capacité de marcher : chaque pas est une souffrance! Décidément, maudites marches ! Heureusement, la nuit fera passer tout cela!
Le lendemain, nous finissons à Nayapul, pour prendre un bus. Sur place, une floppée de taxis nous aborde pour nous emmener à Pokhara ! Mais nous voulons vraiment avoir l’expérience du bus! Jusqu’à… Jusqu’à ce qu’un taxi nous propose 900NPR : 300 par personne alors que le bus en coûte 150… Tout bien considéré, après concertation, nous acceptons. Nous avons sans doute bien bien fait : en une heure et demi, et avec du confort, nous sommes à Pokhara.
Bye bye Machapuchare, bye bye Annapurna
Nous retrouvons chacun notre guest house et nos affaires ont été bien gardées !
Nous rentrons à Istanbul le 6 octobre au soir, pour prendre l’avion le lendemain à 21h45 et commencer un très long vol qui finira le surlendemain à 18h à Katmandou.
Dernier jour à Istanbul, nous disons au revoir à la ville en passant par la mosquée de Solimane le Magnifique, notre coup de cœur pour sa beauté et sa tranquillité. Nous rencontrons lors de notre ballade un belge d’origine turc très sympathique qui nous décrit un peu les beautés de son pays. Parmi les expériences que nous avions manquées, il nous conseille fortement d’aller manger du poisson frit en sandwich, une spécialité que l’on trouve le long de la Corne d’or. Ne ne partirons pas sans y avoir goûter !
Quand nous lui parlons de la mosquée Solimane le magnifique, il nous annonce que justement, son père l’avais nommé Siman en hommage à l’architecte de ce monument. Il nous fait part de nombreuses anecdotes sur cet homme comme par exemple dans les mosquées, il y aurait des coquilles d’œufs d’émeu dont les araignées auraient peur, ce qui éviterait qu’elles construisent leurs toiles en ces lieux religieux. Nous n’avons pas trouvé de confirmation de cette anecdote.
Après avoir pris notre sandwich au poisson, c’est déjà l’heure d’aller chercher nos affaires gardées dans le Airbnb que nous avons loué, et nous nous dirigeons vers l’aéroport en prenant le même Havabus qu’à l’aller, au même endroit : en bas de la place Taksim.
Franchement, c’est bon
A l’aéroport, on passe le check in, on dépose les bagages et c’est parti pour Katmandou. 4h25 pour le premier avion jusque Dubaï, on arrive là bas à 3h du matin heure locale. On installe nos sacs de couchage dans la salle d’attente de l’aéroport et on s’endort jusque 7h du matin. Ensuite on patiente jusque 11h20, heure de l’embarquement. Encore 4h15 de vol et nous arrivons à 18h (heure locale) à l’aéroport de Katmandou.
C’était beau au dessus de l’Iran
Et là, nous pensons voir la fin du voyage…mais non, c’est sans compter que nous arrivons au moment de la fête de Dashain et donc en période de jours fériés… tout cela en combinaison avec l’arrivée massive de touristes qui viennent comme nous profiter de cette période privilégiée pour faire du trek.
Nous n’avions pas rempli le formulaire pour le visa sur Internet, nous commençons donc par cela. Il y a déjà de l’attente. Nous patientons, trouvons des français dans la file et discutons de nos différents plans de voyage au Népal. Ensuite, il faut payer. Les espèces de nombreux pays sont acceptées, nous ne sommes donc pas obligés de payer en roupies népalaises et pouvons payer directement en euros : 80€ et on nous rend 4$.
Après avoir payé, il faut maintenant attendre pour passer la frontière. Et là c’est le drame, il y a 4 guichets ouverts, et c’est lent, très lent ! A la fin, nous sortirons 4h après notre arrivée, soit à 22h !
Fatigués, nous prenons le taxi au guichet de l’aéroport : prepayed taxi car les prix sont affichés, et pour le quartier de Thamel, c’est 700 NPR. Nous paierons finalement 900 NPR car apparemment nous ne sommes pas tout à fait dans le quartier de Thamel. Mais en réalité, depuis l’aéroport, nous en avons pour 10 minutes de taxi jusqu’à la Guest House : Elbrus home. Tout est fermé car c’est férié et nous n’avons pas mangé. La personne qui nous accueille à l’hôtel nous promet pour le lendemain un bon petit déjeuner qui nous remettra sur pied.
C’est un arrêt éclair que nous faisons dans cette ville : malheureusement nous n’avons pas eu un très bon feeling.
Ça commence mal, à l’arrivée on nous dit que les « bus » pour le quartier dans lequel nous avons réservé sont des espèces de taxis dans lequel il y a de la place pour 4 personnes et ça coûte 10TL par personne. Nous nous sentons un peu arnaqués, d’autant plus que lorsque nous irons à Éphèse en bus, cela nous coûtera 15TL, pour une distance parcourue bien plus importante ! A deux, la moitié de la voiture est déjà remplie, nous attendons donc 2 autres personnes. Une autre personne arrive rapidement et nous patientons pour la quatrième. Au bout de 10 minutes, notre chauffeur nous propose de payer 15TL par personne pour partir immédiatement… On ne réfléchie plus on y va, c’est pas grave.
On arrive le soir, moment de grand trafic et ça bouchonne pas mal. Notre conducteur zigzague entre les autres voitures. Son anglais est limité mais nous parlons d’un sujet qui rassemble (et divise !) : le foot avec la victoire du PSG sur Galatasaray le club d’Istanbul.
Lorsque nous sortons manger, nous remarquons la différence de cette ville avec les autres dans lesquelles nous étions jusque là : dans une zone pas si touristique, il y a quand même quelques femmes dans la rue, la vente d’alcool est plus visible. Nous sommes proches du port mais loin de la plage et donc ça ne nous plaît pas tant que ça : il y a trop de villes et pas assez de nature pour nous ! Nous n’avons pas de coup de cœur, nous décidons donc d’aller passer les derniers jours en Turquie à Éphèse (culturellement riche et pas trop loin de la mer).
A Izmir, nous faisons un tour pour voir : les ruines d’une partie de la cité grecque antique, une petite mosquée bleue, la Clock Tower.
Et nous nous arrêtons fascinés devant tous les pêcheurs qui longent la côte. Des jeunes et des moins jeunes sont tous rassemblés là, armés de patience, espérant qu’un poisson morde. A l’exception d’un pêcheur assez doué, l’après midi n’a pas semblé très fructueuse pour la plupart.
Nous arrivons à Antalya après avoir passé la nuit dans le bus. Nous allons à l’hôtel que nous avions vu sur Internet : le life hotel. Le gérant a encore de la place heureusement pour les deux nuits que nous demandons. Nous en rajouterons une troisième. Il nous aide beaucoup et nous donne une carte avec le nom des endroits à voir et nous dit ce qui lui semble inutile et ce qu’il trouve au contraire intéressants et beau à voir. Malheureusement, ce qu’il trouve le plus intéressant est à 3h de route en bus, nous n’irons donc pas si loin surtout que nous ne restons pas très longtemps finalement : seulement 3 jours.
C’est vrai qu’à Antalya et ses alentours il y a de nombreux points d’intérêt, d’un point de vue historique et à la fois pour la beauté des paysages avec la montagne qui se jette dans la mer.
Après cette présentation, il nous conseille de prendre notre petit déjeuner en attendant que notre chambre soit prête. Nous lui faisons confiance sur le restaurant qu’il nous conseille. En regardant la carte pourtant, nous sommes un peu méfiants au début car les plats sont un peu chers (15TL la soupe !) Lorsqu’ils arrivent, nous ne sommes pas déçus : la soupe est servie dans une boule de pain et est bien conséquente, l’omelette est très bien servie aussi, garnie avec de la charcuterie turque.
Nous revenons à notre chambre et faisons une sieste bien méritée pour nous remettre du voyage en bus. En milieu d’après midi, quand nous émergeons, nous décidons d’aller voir les chutes de Düden, réputées impressionnantes. Il faut prendre un bus qui met quand même une demi heure avant d’arriver. Nous entrons dans un joli parc, bien aménagé, avec les chutes d’eau. Cependant, il faut sans doute mieux voir les chutes de la mer et pas dans le parc. C’est là où elles sont plus impressionnantes, mais pour cela il faut prendre le bateau, ce que nous n’avons pas fait.
La chimère
Après cette première journée plutôt tranquille, nous décidons de partir vers Olympos le lendemain. Lorsque nous étions en Cappadoce, notre gérant nous avait conseillé d’y aller car il y a un feu qui brûle éternellement en haut de la montagne de la chimère . Voilà qui semble plutôt enthousiasmant !
Nous allons à la gare routière le lendemain, et partons pour une heure et demie de bus. Nous comptions à la base aller jusque Cirali, car il y a la mer puis remonter vers Olympos. Lorsque le bus nous dépose à l’arrêt d’Olympos, nous regardons la carte et voyons qu’en suivant un peu la route nous pouvons rapidement récupérer un bout de la voie Lycienne et arriver jusqu’à la montagne de la chimère. En plus, ce n’est quasiment que de la descente ! Après quelques hésitations, c’est ce que nous choisissons de faire.
La route que nous suivons au début est assez dangereuse (un peu comme si nous suivions une route nationale en France). Heureusement, dès que nous tournons à droite pour prendre la voie Lycienne, nous quittons les voitures et nous retrouvons sur une route qui fait comme un chemin de randonnée. Il y a même des marques blanches et rouges comme les GR en France. Le chemin est bien balisé et nous descendons en suivant la route. A un moment, il nous faut prendre à gauche et ça commence a monter. Nous sommes entourés par la forêt et nous nous demandons si nous sommes au bon endroit. Comment du feu peut-il sortir de la roche en haut de cette montagne alors que le coin est une forêt ? Nous atteignons le sommet et la vue est splendide : la montagne nous entoure et nous voyons la mer en contrebas. Mais pas de feu… Nous nous arrêtons pour goûter, et c’est a ce moment que nous sommes plus attentifs : de petites flammes sortent de petites fissures dans la roche juste à côté de nous. Le phénomène est fascinant.
Une anglaise arrive par le même chemin que nous. Elle est partie de chez elle avec son vélo seulement pour un mois au début, mais cela fait aujourd’hui 5 mois qu’elle voyage. Elle a une tente avec elle et mange du pain et des cornichons tous les jours comme repas. (Elle vit donc avec 5 euros par jour !). Elle nous dit que le chemin touristique n’est pas celui que nous avons emprunté mais un qui descend vers la mer et qu’elle ne l’a pas pris car il est payant (20TL).
Comme nous souhaitons nous diriger vers Cirali et la mer, nous allons tout de même dans cette direction pour finir cette petite randonnée. Lorsque nous descendons, nous voyons qu’à d’autres endroits, du feu sort de la roche, et c’est très impressionnant.
Nous nous sommes un peu intéressés à ce phénomène et il semblerait que ce soit le fruit d’émission de gaz combustible (méthane et dihydrogène).
Dans l’antiquité, ce phénomène inexpliqué à donné naissance à la légende selon laquelle la chimère, ce monstre mythologique à moité lion à moitié chèvre, avec la queue d’un serpent et capable de cracher du feu, serait enfermée en cet endroit.
Après une bonne descente, nous finissons au bord de la plage. Il y aurait pleins d’autres choses à voir dans cette région : les ruines d’Olympia par exemple, mais il est 16h passé alors nous préférons profiter des derniers instants à nous prélasser et nous baigner.
Il y a de grands bateaux de touristes avec des décorations atypiques (Pirates des Caraïbes par exemple) qui ramènent directement à cette plage.
Visite d’Antalya
La dernière journée que nous passons à Antalya est plutôt tranquille : farniente à la plage et à la découverte des lieux d’intérêt. Nous passons devant la porte d’Hadrien ; la mosquée d’Yivliminare datant du 13eme siècle avec un minaret canelé ; la tour Hidirlik.
C’est la fin déjà du séjour à Antalya et nous partons maintenant en direction d’Izmir !
Une journée qui nous a particulièrement marqué en Cappadoce est lorsque nous avons décidé de monter en haut de la « Montagne Rose » que nous apercevions depuis Göreme. Nous l’appelons « Montagne Rose » car personne ne connait son nom: c’est une montagne pas très haute avec un plateau au dessus, montagne que nous voyons depuis le premier jour de notre arrivée. Pour ce faire, nous prenons un bus en direction d’Urgüp et nous demandons à nous arrêter en chemin. Pas trop loin de notre arrêt (et après avoir tout de même dû faire demi tour une fois, comme d’habitude, car le chemin que nous commencions à emprunter n’était pas le bon), nous sommes arrivés à l’endroit où débutait la Red Valley. A cet endroit, un gardien nous informe que nous devons payer : 4TL par personne. Cette entrée payante donne sur une parking avec des cafés où les gens arrivent en voiture, payent, prennent quelques photos et s’en vont. Une fois sur place, les chemins dans la montagne se dessinent et finalement l’ascension est très facile. La vue d’en haut est magnifique, surtout sur la Red Valley et la Rose Valley au loin. Nous marchons le long du sommet, parcourant la montagne sur toute sa longueur.
De gauche à droite : la Montagne rose vue de l’hôtel, lors de l’ascension puis lors de la descente sur la Red Valley
Nous rencontrons alors un couple polonais, qui ont un peu la même vision du voyage que nous, avec la volonté de voir de belles choses, en prenant leur temps et en randonnant. Ils sont partis de l’autre versant de la montagne pour finir dans la Red Valley. Après avoir fait un bout de chemin ensemble, nous les quittons car ils doivent prendre un bus le soir pour aller à Pamukkale.
Anna et Maciej
Nous poursuivons notre route dans la Red Valley, en nous amusant bien à descendre, sur des chemins assez bien tracé (lorsqu’il n’y a plus d’empreintes de chaussures, c’est que nous nous sommes éloignés du chemin sans nous en rendre compte). Avec l’érosion, le sol est « sableux » et nous glissons très facilement, il faut donc être un peu prudent.
Comme dans toute la Cappadoce, Hicham ne résiste pas à l’envie de voir une grotte qui parait assez grande. Je le laisse grimper, et il m’appelle en me disant que c’est assez facile d’y accéder, et que ça vaut le détour. C’est là que nous croisons deux français, qui nous demandent si nous avons vu aussi l’église qui est là, juste à 10m, la Haçli Kilise : église à la Croix, du fait de la grande croix sculptée au plafond.
Croix au plafond de l’église
C’est une magnifique église, avec des peintures en meilleur état que ce que nous avons vu jusque-là. Un guide est en train de donner des explications. Nous voyant intéressés, il se tourne vers nous et répète ce qu’il était en train de dire. Il nous donne d’abord l’estimation de la date de construction de l’église : le IXème siècle. Il peut l’affirmer grâce à la taille d’une arcade au fond de l’église : plus l’arcade est grande, plus l’église est ancienne. Lorsque l’on se tourne vers elle et que l’on parle, le son s’en trouve amplifié. Cela permettait donc au prêtre d’avoir une voix plus profonde lorsqu’il lisait la bible en s’adressant au fidèles
Arcade et peintures
Si les peintures sont extrêmement bien conservées, cela serait dû au fait que cette église n’ait été découverte que récemment (une vingtaine d’années), la laissant en très bon état.
Peintures
Jésus au milieu est représenté entouré des quatre
évangélistes.
Jésus et les 4 évangélistes
Ce que le guide voit et nous explique, c’est que la main de Jésus est représentée de manière un peu disproportionnée. Il fait le signe des orthodoxes, mais il semble que cela ait été fait à postériori. On peut y voir aussi un endroit où la peinture a été « grattée » et où il y avait la première main peinte, certainement avec le signe catholique. La tunique même de Jésus est recouverte de traits noirs pour faire les plis, mais qui cachent également les précédentes signes et symboles qui n’étaient pas orthodoxes. Cette information est une découverte très récente de notre guide allemand, historien à la base, passionné et vivant dans la Cappadoce depuis 17 ans.
De plus, il y a une fresque en dessous avec les apôtres représentés (on peut encore lire leurs noms en grec). Les apôtres évangélistes sont représentés avec un livre dans la main, et c’est assez drôle car c’est le cas de Marc : à cette époque, on croyait que Marc l’évangéliste et Marc l’apôtre était une seule et même personne (note: dans le christianisme il y avait un Marc apôtre et un Marc évangéliste).
Sur la voûte qui sépare le chœur de l’église de la salle, on
peut voir David et Salomon représenté. Dans la religion catholique, David est
connu pour ses exploits lorsqu’il était jeune (son combat contre Goliath) et
est donc souvent représenté jeune ; alors que Salomon est reconnu pour sa
sagesse lorsqu’il était déjà un roi assez âgé : il est donc représenté
plutôt vieux. Pour les chrétiens orthodoxes, c’est la généalogie qui prime, et
David étant le père de Salomon, c’est lui qui est représenté comme un vieillard
et Salomon qui est représenté jeune.
Nous remercions le guide pour toutes ses explications. Il
demande alors à celui qui a payé pour ce tour (un américain), si ce serait bon
pour lui que nous les accompagnions un peu. Il accepte et nous passons alors l’après
midi en leur présence.
Le savoir du guide est impressionnant (plus grand que celui
qui nous a fait faire le green tour).
Il nous explique ainsi que de nombreux pèlerins venaient dans ces lieux. Pour eux, ils croyaient que si une personne avait été enterrée ici (tombe symbolisée par une croix), alors ce devait être un saint, et à côté de la « grande » croix tracée sur la falaise, ils traçaient une plus petite croix pour ne pas être oubliés à leur mort. Une sorte de graffiti religieux.
Le guide nous décrit les nombreux monastères qui étaient installés dans la région, et en face de l’un d’entre eux, nous parle d’un mystérieux ermite qui vivait un peu plus au-dessus. Nous allons voir sa petite chambre. L’ermite savait qu’il allait mourir ici, et il a vraisemblablement creusé une croix au dessus de son lit pour être enterré directement là à sa mort. De nombreux pèlerins venaient le voir, et dans sa petite pièce, il y avait un banc fait de pierre où l’ermite se mettait à droite pour écouter les gens venir lui parler, pour donner des conseils peut être ? Si ce lieu était spirituel pour bien des gens, c’est aussi parce qu’une relique précieuse, protégée par trois coffres aurait été présente. On voit encore dans l’ermitage la place que prenait les trois coffres.
Nous finissons le tour avec le guide et l’américain, par une dernière église, mais quelle église ! Le guide la nomme la « White Church », et elle daterait du Xième siècle. L’entrée est toute petite et est cachée pour qui n’est pas averti ! Un groupe de touristes à cheval passe près de l’église, mais sans y rentrer. Le secret est bien gardé.
A l’entrée, une pierre roulante permettait de fermer l’accès
aux ennemis et de trous à travers la roche permettait de faire passer des
lances et de tuer tout adversaire qui chercherait à s’introduire de force. De
cette petite porte, un escalier monte, et là… c’est à couper le souffle, l’église
est immense, sans aucun doute, la plus grande que nous ayons vu dans la
Cappadoce.
Une des rares photos prises de la White Church
Le guide nous explique que l’église a certainement été
creusée depuis l’arrière de l’église jusqu’au chœur et de haut en bas, de
manière coordonnée et avec plusieurs endroits creusés en même temps. Ainsi, on
peut voir que la base carrée d’un des piliers qu’ils ont creusé n’est pas
orienté dans la même direction que les autres, car c’était le premier pilier à
être creusé et lorsqu’ils ont continué tout droit, ils se sont aperçus qu’ils
finiraient par tomber sur l’extérieur. Ils ont donc modifié légèrement la
direction des piliers suivants.
Derrière l’entrée de l’église, il y a des arches près de fenêtres qui symbolisent que quelqu’un était enterré là.
Vu l’architecture de l’église, qui est plutôt de style
gothique (on retrouve des arcs boutants), on peut se demander si ce n’est pas
un groupe de croisés qui a décidé de s’y installer. Derrière l’escalier de l’entrée,
il y a aussi une salle de stockage et à gauche du chœur, un puits qui a été
bouché pour puiser de l’eau. C’est comme si les fidèles de ce lieu savaient qu’ils
allaient être attaqués.
Ils n’ont d’ailleurs peut être pas pu finir la construction
de leur lieu de culte : le sol n’est pas droit dans toute l’église, avec
un gros monticule à un endroit par exemple. Au niveau des piliers, on peut
également voir qu’ils voulaient les lier en haut par des poutres en bois. Ils ont
eu le temps de creuser à deux endroits l’insert de la poutre en bois, mais pas
sur les autres piliers.
Dans la salle à droite du chœur, il y avait peut être une
relique précieuse, qui expliquerait également pourquoi l’entrée de l’église
était si petite : les personnes autorisée à rentrer dans l’église étaient triées
sur le volet et devait attendre avant de pouvoir toucher la relique.
Au fond du chœur, on pouvait voir un siège un peu surélevé
par rapport aux autres, comme si le chef de culte était adoré (à la manière d’une
secte peut être), et comme s’il avait tout pouvoir sur les fidèles.
Un habitant aurait dit au guide que c’était son grand père qui aurait découvert l’endroit. Il était pleins d’os : y aurait-il eu une fin tragique ? Le guide soupçonne qu’en tout cas, le grand-père aurait jeté les os dans le puits et aurait comblé ensuite de pierres venant des murs de l’église, par peur des fantômes qui pourraient hanter ce lieu. Une hypothèse.
Néanmoins, cette visite était incroyable en tout point et nous ne remercierons jamais assezBernd Junghans de nous l’avoir offerte. Avec lui nous étions comme Indiana Jones à élaborer des hypothèses sur ce qui est arrivé, ce que les endroits cachaient… son savoir est une mine d’or et il n’hésite pas à le partager. Notre ami américain nous a donné une manière de le contacter pour réserver une visite guidée de la Cappadoce pour un prochain séjour en Turquie, n’hésitez à le contacter via Facebook :
Après une nuit passée dans un bus faisant le trajet Istanbul- Göreme, le paysage change soudainement et nous sentons l’effervescence monter : nous arrivons dans la Cappadoce. Nous voyons au loin deux-trois montgolfières qui sont encore présentes dans le ciel. C’est une des attractions majeures de ce lieu enchanteur. Première impression : La ville de Göreme s’est directement incorporée dans un décor fait de cheminées de fée, de cônes, en creusant ces étranges pics. La ville est clairement tournée vers le tourisme, mais conserve un vrai charme.
Nous n’avons pas réservé d’hôtel en arrivant d’Istanbul, donc c’est la première chose à laquelle nous nous attelons. Ce ne sera pas très dur, et pour 175 TL, nous trouverons une chambre dans un endroit plutôt privilégié dans Göreme : Ufuk Pensiyon (prononcé « Oufour »). Nous y resterons 7 nuits (soit huit jours), ce qui fait de nous des personnes un peu atypiques puisque la durée normale de séjour est de deux jours : le temps de voir les montgolfières au lever du jour (6h du matin) et de repartir (je trouve ça très triste).
Uchisar, ville voisine de Göreme
La région a beaucoup à offrir et beaucoup de réponses à
apporter : comment ce sont formées les cheminées de fées, les cônes par
exemple ? Ce serait la faute de deux volcans Hasan Dagi et Erciyes Dagi,
qui après être entrés en éruption, ont laissé l’eau faire son travail. Elle a formé
les étranges cônes, creusé des vallons, qui encore plus surprenant, se sont
drapés de différentes couleurs, si bien que lorsque l’on change de vallées, un
paysage complétement différent apparaît.
Hasan Dagi
On nomme ces vallées d’après leurs caractéristiques
principales :
Love Valley
White Valley
Red Valley
Rose Valley
Pigeon Valley
White valley
Dans chacune d’entre elles, il y a de nombreux arbres
fruitiers. C’est un peu difficile de faire la différence entre ceux qui
appartiennent à des fermiers locaux et ceux qui sont laissés à l’abandon. On s’est
donc servi en raisin et en pommes.
Le propriétaire de l’hôtel nous avait dit de ne pas hésiter,
que ces fruits seraient gâchés sinon.
Dans toutes les vallées (dans toute la Turquie en réalité), à intervalles réguliers, il y a des cafés qui vendent des jus de fruits frais pressés (oranges et grenades pour la plupart) et du thé.
Lors de notre première balade, dans la Red Valley, nous nous sommes arrêtés dans un tel café et avons pris deux jus à un homme. Nous avons rejoint une néo-zélandaise qui apprenait le turc et était à Gorëme depuis un an déjà et communiquait avec deux femmes. Nous nous sommes joints à la conversation et une des femmes a tenu à me mettre un foulard sur la tête. Je l’ai laissé faire, mais il s’est rapidement enlevé comme il n’était pas très serré. La femme néozélandaise m’a alors demandé si j’aimais bien le foulard car je l’avais enlevé bien vite et traduisit ensuite que la femme turque voulait savoir si je comptais lui acheter le foulard. Après cela, je n’étais plus très à l’aise, me sentant plus dans une relation vendeur-acheteur.
Néanmoins, grâce à la femme néo-zélandaise, la femme turque
et son mari nous invitèrent à visiter leur jardin, dans lequel ils faisaient
pousser des tomates, des piments (Hicham a été le seul à tenter l’expérience).
Ils récoltent aussi des noix, des pommes, des coings.
Ces arbres-là, on les retrouve dans toute la Cappadoce, avec
des vignes aussi car ils font du vin !
Les gens sont très généreux. Par exemple, on a reçu deux
fois des noix qui étaient en train d’être cueillies.
Les délicieuses noix de la Cappadoce
J’ai un autre exemple de générosité, complètement différent.
Il faut savoir que parmi les activités touristiques à Gorëme, à part les
chevaux et les montgolfières (tôt le matin, c’est magnifique), il y a… les
quads. Une fois, nous sommes rentrés tard de la vallée blanche : la nuit
allait tomber et nous en avions encore pour une heure de marche. L’heure du
coucher de soleil est précisément une des heures phares des activités
touristiques puisque les paysages sont magnifiques à cette heure là. Arrive
alors un groupe de quads (montés par des turcs qui devaient ramener les engins
à leur lieu de stationnement). Parmi le groupe, les deux premiers s’arrêtent et
disent « Gorëme ? ». Nous nous exclamons : « Yes ! »
Et ça y est, ils nous proposent de monter et c’est une ballade qui commence (un
peu violente avec la poussière dans le nez et les yeux). Vous vous imaginez
bien que ce n’était pas la promenade traditionnellement proposée aux touristes
qui suivent lentement et gentiment leurs guides ! Ici, nous avions affaire
à des habitués qui n’avaient pas peur de la vitesse, ni des bosses, ni de faire
la course ! Pas besoin de vous dire à quel point se fut une expérience
forte en émotion et inoubliable ! Meilleur quad stop du monde !
Typiques de Turquie, nous ne pouvons pas ne pas aller voir les bazars. On nous conseille d’aller voir le bazar égyptien qui est très beau. C’est le cas, tout est lumineux, clair et ordonné dans ce bazar (est-ce qu’il porterait bien mal son nom alors ?). De petites échoppes se succèdent qui vendent toutes la même chose : des sucreries turques (turkish delights), des tapis, des foulards, des bijoux dorés, des épices.
Le bazar égyptien
Nous ferons le Grand Bazar le soir, alors que les rues aux alentours se vident, ce lieu restent rempli par les touristes. On trouve un peu la même chose qu’au bazar égyptien mais avec beaucoup plus de choix car beaucoup plus de boutiques. Nous voyons également le quartier cuir dans ce bazar. Les vendeurs nous abordent de toute part en espérant nous convaincre de ramener des souvenirs. S’ils savaient que nous ne revenions pas chez nous avant un an et demi et que nous ne pouvons pas nous permettre de nous rajouter des kilos sur le dos, ils n’insisteraient pas autant.
J’ai promis à ma mère que je goûterai des loukoums en pensant à elle, alors c’est la seule chose que j’ai envie d’acheter au bazar. Finalement nous ne les trouverons plus tard dans la rue adjacente à notre hôtel: nous n’en voulons que deux par personne et c’est ce que nous demandons. Le vendeur paraît décontenancé mais finit par nous donner un prix : 15TRY a l’aide de sa calculatrice. Lorsque nous voulons lui donner 3 billets de 5, il coche négativement la tête et nous demande des pièces. Nous n’en avons pas. Devant notre désarroi, il nous montre alors une pièce de 1 et avec sa main, fait le signe de la couper en deux. Devant notre incompréhension, il fait le signe que nous pouvons partir, il nous les offre gratuitement. Entre alors un monsieur. Il demande une grande boîte de loukoums et paie pour cela 25 TRY. Nous comprenons alors notre erreur, pour 4 loukoums, il nous demandait 1,5 TRY et non 15! Nous finirons par lui en prendre pour 5 TRY et aurons un bon gros sachet.
Nous sommes allés visiter le palais de Topkapi, lieu où les sultans ont vécu du 15ème au 19ème siècle. Nous visitons le Palais grâce au pass que nous avons pris . Les jardins sont très beaux.
Entrée du palais de TopkapiDécor des murs Topkapi (on a pris beaucoup de photos a l’intérieur après coup)Lulu à Topkapi
A un endroit, une file de personnes attend devant une des pièces du palais. C’est la chambre des reliques. De nombreuses reliques ont été rassemblées par les sultans turcs dont, notamment à ce qu’il semblerait, le bâton de Moïse, de nombreuses fioles contenant des poils de la barbe du prophète Mohammed, mais aussi la tunique de sa première femme. Dans cette salle, toutes les photos sont interdites. Si autant de reliques du prophète existent, il semblerait que ce soit parce qu’il était déjà vénéré de son vivant.
Les citernes.
Nous suivons la direction d’une citerne que nous pensons être la citerne la plus connue. Nous arrivons à un endroit où il est écrit que l’empereur Theodosius a créé cette citerne donc nous pensons être au bon endroit. Nous sommes surpris car il n’y a pas grand monde et l’entrée n’est pas payante. La salle est très joliment éclairée et les colonnes ressortent bien.
Citerne de Theodosius
Nous nous rendrons compte plus tard que ce n’est pas la citerne de la basilique en lisant que cette dernière possède 136 colonnes et clairement ce n’est pas le nombre que nous avons vu !
Nous finirons par trouver l’entrée de la citerne la plus célèbre qui est à 20 TRY par personne. L’intérieur est plus sombre que la citerne précédente et nous ne verrons pas toutes les colonnes dans leur ensemble car la citerne est elle aussi en rénovation.
Citerne Basilique
Dans les anecdotes intéressantes que nous avons pu avoir sur la citerne, une d’entre elles concerne les deux têtes de Médusa situées en bas de deux colonnes. Medusa est une des trois gorgonnes (femmes à tête de serpents dans la mythologie grecque). Elle a le pouvoir de pétrifier tous ceux qui la regardent. A priori, les peintures et sculptures de la Garonne étaient utilisées pour protéger les grandes structures et mettre deux têtes de Gorgonnes dans la citerne pourrait avoir cet objectif.
Les têtes de Medusa
La tour Galata
Elle existe depuis le 6ème siècle et elle a pris de nombreuses fonctions selon ceux qui régnaient sur Istanbul. Elle servit tour à tour de phare; d’observatoire astronomique; de forçat où les chrétiens prisonniers de guerre étaient enfermés ; ou encore de point de surveillance des départs de feu dans la ville.
Elle fut même témoin de la prouesse d’un des premiers aviateurs du 17ème siècle qui déploya des ailes artificielles depuis la tour, jusqu’au Bosphore, volant sur presque 6 kilomètres.
Galata tower
Nous avons essayé d’y aller le soir, au moment du coucher de soleil et c’était bondé.
Nous y sommes retournés le lendemain matin et il y avait beaucoup moins de monde. Nous avons eu le billet d’entrée pour 35TRY par personne. La vue d’en haut sur tout la Corne d’or et la vieille ville était vraiment incroyable. De ce monument, on voit vraiment la partie avec le quartier historique et ses très nombreuses mosquées et bâtiment historiques ; et lorsque l’on tourne à 180°, les immeubles font plutôt penser au quartier de la Défense à Paris.