Le lac du Tonlé Sap, le plus grand lac d’Asie du Sud Est! Nous ne pouvions pas passer à côté alors que nous étions si près en venant de Siem Reap (la ville proche d’Angkor). Mais comment y aller? Et qu’y faire ? Après quelques recherches, nous nous sommes décidés à faire une escale d’une nuit près du lac.
Nous avions vu plusieurs options. Il y a deux villages, dits villages flottants, qui sont proches de Siem Reap : Chong Kneas et Kampong Phluk. Malheureusement, pour le premier du moins, nous avons lu pas mal d’histoires sur des arnaques qui ciblaient les touristes (par exemple l’achat de fournitures scolaires à un prix exorbitant pour ensuite les remettre en main propre aux enfants).
Alors pour nous, une bonne solution consistait à s’éloigner un peu de Siem Reap, et pour cela, nous préférions trouver un hébergement directement dans le village que nous allions visiter. En cherchant très brièvement sur Google Maps, nous avons trouvé un seul endroit correspondant à cette envie et c’était dans le village de Kampong Khleang.
L’hôte ne pouvait être contacté que par Facebook et nous nous sommes empressés de lui envoyer notre demande et de lui demander de nous aider pour le transport. Il a été super réactif. Il nous a réservé un taxi depuis notre logement à Siem Reap (35$ pour une bonne heure de voiture), nous a communiqué tous les détails nécessaires: 10$ par personne pour l’hébergement, les repas midi et soir à 5$ et le petit déjeuner à 2$. Vu que le lieu est un peu reculé, cela nous semble raisonnable. Et au niveau réactivité et service, chapeau bas ! Allons y, let’s go! (Nous apprendrons par la suite que la Guest House était sur Booking)
Le lendemain matin, le chauffeur de taxi nous attend en bas de notre résidence, en avance! Les Cambodgiens sont décidément très forts! Nous quittons Siem Reap, et nous nous dirigeons vers le village de Kampong Khlean. La route goudronnée laisse la place aux chemins en terre et nous voyons nos premières maisons sur HAUTS pilotis.
Notre Guest House
Mauvaise surprise, il nous faut payer une écotaxe (pas bien sûre que le terme éco réfère à l’écologie, vous vous en rendrez compte en voyant les photos), pour pouvoir entrer dans le village. 5$ par personne qui partent sans prévenir !
Nous arrivons dans un décor comme je n’en ai jamais vu ! La vie s’organise autour d’une rivière qui se jette dans le Tonlé Sap. Notre hébergement est tout simplement une grande salle commune avec des lits disposés les uns à côté des autres et un voile pour toute cloison. On nous propose à boire et nous prenons notre thé sur la terrasse avec vue sur les autres maisons sur pilotis. Un petit chat vient nous saluer. Il est encore tout jeune et vient d’adopter mon sac et ses lanières comme nouveau jouet.
Nous faisons la rencontre avec la famille et leur petit garçon joue un peu avec nous. Puis pour lui c’est l’heure de la sieste alors il est placé dans un hamac pour être bercé. Il finit par s’endormir.
Deux autres invités sont également présents. Ils se présentent: ce sont deux photographes professionnels, un suisse, Zalmai, et un cambodgien, Rounry . Ils ont pris leurs premières photos en arrivant ce matin et en prendront encore cette après midi. Pour le suisse, il y a deux tranches horaires acceptables pour les photos : de 6h à 9h du matin et de 15h à 18h. C’est noté! En attendant, même si nous ne sommes pas dans la bonne tranche horaire et qu’il fait chaud, nous allons faire un tour dans le village, voir un peu ce qu’il s’y passe.
Lucile et Zalmai
De l’autre côté du pont, nous trouvons un petit embarcadère d’où nous pouvons prendre un bateau, rien que pour nous, pour 15$ par personne. Il nous emmènera voir la partie du village avec les maisons flottantes ! Ce sera une bonne petite ballade digestive après le déjeuner. Contents d’avoir mis au point notre plan pour le reste de la journée, nous déambulons dans le village.
Là, ce sont des enfants qui nous sourient et nous disent « Hi! », là ce sont des personnes plus âgées qui nous invitent à nous asseoir à côté d’elles pour quelques instants, là les chiots et les enfants jouent ensemble, et les mamans s’amusent devant notre attendrissement. Nous gardons un souvenir plein de joie de ce bref moment.
Pas besoin de voiture pour transporter six personnes
Comme un jouet
Les enfants jouent au milieu des filets de pêche
Nous rejoignons le logement, l’appel du ventre se faisant sentir. Nous nous attendons à manger du poisson, puisqu’on nous a demandé si nous aimions cela, et là, lorsque les plats arrivent, c’est le drame! (pas tant pour moi, plutôt pour Hicham) On nous sert bien du poisson, mais il est dans une soupe, et le plat principal, par contre, c’est du porc. Hicham n’en mange pas. Heureusement, après en avoir parlé, on nous propose quelques légumes pour remplacer cela. C’est gentil!
Après le repas, direction le lac et le village flottant par bateau. Comme d’habitude, c’est bruyant, mais qu’est ce que c’est dépaysant ! Nous entrons réellement dans un autre monde ! Les pêcheurs placent leurs filets dans la rivière, des embarcations filent comme des flèches vers le lac, les familles dans leurs maisons se savonnent et se jettent dans le lac pour se rincer.
Le village dans le Tonlé Sap
Toute la vie tourne autour du lac et c’est réellement captivant. Il y a même une école flottante !
L’école
Séchage de crevette (au milieu, des poussins)
Séchage de poisson
Toutefois la beauté des lieux et le dépaysement mis de côté, nous nous rendons compte que métier de pécheur est très difficile, nous les voyons plonger et installer des filets toute la journée. Physiquement éreintant mais surtout à quelle prix, la pêche n’est pas l’activité la plus lucrative et cela se voit dans l’état dans lequel est la ville et dans quelle condition vivent les habitants. La vie y est dure malgré les sourires permanents des villageois. Notre petite taxe pour touriste que nous avions payé à l’entrée semble d’un seul coup dérisoire.
Après être ressorti dans le village et avoir pris quelques photos supplémentaires au moment où le soleil descend dans le ciel, nous rentrons en tout cas heureux de cette excursion.
Le soir, nous mangeons un bon repas et partons nous coucher. Demain, direction Phnom Penh en bus (tuk tuk à 8$ pour rejoindre la route principale, puis 10$ par personne en bus). Que l’aventure continue !
Vous avez peut-être entendu parler de l’histoire, assez récente tout de même, et dramatique du Cambodge. Il y a de cela une trentaine d’année, le pays était sous la coupe du régime des khmers rouges et de son terrible dictateur Pol Pot. Alors, le voyage, c’est aussi cela : se plonger dans l’histoire, même si elle est terrifiante. Et ici, nous parlons bien de cela : un régime mené par un dictateur paranoïaque, qui a mené à la mort un quart des habitants du pays qu’il dirige, tout cela en moins de quatre ans.
Un témoignage édifiant de cette partie de l’histoire, se trouve dans le sein même de Phnom Penh, et il s’agit du centre de détention S-21 (musée du génocide de Tuol Sleng). C’est un bâtiment qui était autrefois une école, et lors de la visite, on peut encore s’imaginer les salles de classes. Il a ensuite été transformé en prison. Entre 12000 et 20000 personnes y furent emprisonnées, et seulement 12 en sont ressorties vivantes.
Le bâtiment A, interrogatoire.
En 1974, lorsque les khmers rouges ont atteint Phnom Penh, la foule était en liesse, persuadée que cela signait la fin de la guerre civile dans le pays. Après avoir été accueilli en héro, le premier ordre donné par les khmers rouges aux habitants a été de quitter la ville. La raison donnée, qui pouvait pousser tous les habitants à partir : l’arrivée imminente de bombardements américains. Alors, tous les habitants, même les malades, ont été évacués vers la campagne. Ce qu’ils pensaient être une escapade de quelques jours durera en réalité plusieurs années. Le but : rééduquer les citadins au travail de la terre, qui apporte de vraies valeurs selon le régime. Le programme est charmant : obligation de travailler, de trois heures du matin à dix heures du soir, avec une seule pause d’une demi-heure. La nourriture est servie en quantité très faible. Même cueillir une mangue peut s’avérer être perçu comme une trahison et vous valoir… la prison. Et des prisons, il y en a : pas moins de 200 centres ont été répertoriés, pour enfermer les opposants au régime, à l’Angkar : « l’organisation », et les intellectuels ! Ah ça, les khmers rouges détestent les intellectuels ! Ingénieurs, médecins, personnes qui portent des lunettes !!! Ils étaient systématiquement exécutés.
Depuis la fenêtre, deux petites cellules
Le centre de détention S-21 à Phnom Penh emprisonne donc ces personnes, qui souvent, ne savent même pas quelle faute elles avaient commise, et sont donc dans l’incompréhension la plus totale ! Les rares habitants dans les environs de la prison la surnomme « Le lieu où l’on rentre, mais d’où l’on ne sort pas ». Elle est dirigée par le Camarade Duch, qui sera jugé en 2009 (2012), et condamné à perpétuité.
Sa visite aujourd’hui permet de s’imaginer la vie des prisonniers (ou devrais-je dire, condamnés à mort ?) dans la prison. Lorsqu’ils arrivent, ils sont dépouillés de leurs affaires et obligés de rester en sous vêtements. On leur donne un matricule associé à leur date d’entrée dans la prison. Ils sont enfermés dans des cellules : soit individuelles (une surface de même pas 2m²), soit collectives et alors ils sont enchaînés aux autres prisonniers et tenus de former une ligne droite à l’aide d’une barre en fer qui est insérée dans les chaînes. Faire leurs besoins ? Ce sera dans une bouteille, et pas question d’en mettre à côté, sinon il faudra lécher le sol. Prendre une douche ? Un grand jet d’eau à travers les barreaux de la cellule suffira ! Il y a ainsi des prisonniers qui sont trempés jusqu’à leur caleçon et d’autres qui n’ont pas reçu une goutte d’eau. Et puis le sol est trempé, mais c’est pourtant bien là qu’il faut essayer de dormir, alors on éponge avec les caleçons qu’on a sous la main. Vous imaginez bien qu’alors, beaucoup de prisonniers ont des infections de la peau et commencent à tomber malades.
Et après tout ce descriptif, nous n’avons toujours pas répondu à la question : mais pourquoi sont-ils enfermés ? Eh bien pour être torturés. Et pourquoi cela ? Eh bien pour écrire des aveux sur leur opposition au régime et donner des noms d’éventuels complices. Est-ce le cas ou non ? La recherche de la vérité n’est pas le plus important. C’est ainsi que des prisonniers confessent… n’importe quoi : oui, bien sûr qu’ils travaillent pour la CIA, pour l’ennemi, pour qui ils veulent. Ils espèrent simplement être relâchés.
Les techniques de tortures sont variées. Comme nous sommes dans une ancienne école, certains équipements scolaires sont convertis en instruments de tortures : par exemple un portique qui servait au sport est maintenant renommer « la potence » : le prisonnier a les mains liées dans le dos avec une corde qui le hisse et le descend le long du portique. Lorsque, sous la douleur, le prisonnier s’évanouit, on le fait reprendre ses esprits en lui plongeant la tête dans une jarre remplie d’eau putride et d’excréments.
D’autres tortures, comme l’arrachage des ongles, la « fausse » noyade, le fouet sont aussi pratiqués.
Mais attention, il ne faut pas que le prisonnier meurt sans avoir confessé. Alors des « infirmiers » sont chargés d’intervenir lorsque le prisonnier est à bout. Et comme tous les vrais médecins ont été faits prisonniers, torturés puis tués, et bien ce n’est pas à coup de médicaments que l’on cherche à guérir, mais plutôt en aspergeant l’individu d’eau salée qui coulent le long des plaies. Je vous laisse imaginer la douleur.
De tous ces prisonniers, il y en a certains dont l’histoire nous est parvenue.
Par exemple celle de Kerry Hamill, un néo-zélandais qui a eu le malheur, alors qu’il était en voyage de pénétrer les eaux territoriales du Cambodge avec son bateau. Emprisonné à S-21, ses confessions sont un témoignage poignant : il a par exemple indiqué à ses tortionnaires que son supérieur était le Colonel Sanders, de Kentucky Fried Chicken Fame (kFC), une chaîne populaire de restaurants. Il a aussi utilisé son numéro de téléphone fixe comme numéro d’opération de la CIA, et a mentionné plusieurs amis de la famille comme membres supposés de la CIA.
Un autre témoignage est celui d’une femme, dont la photo est restée célèbre, et un emblème des victimes des khmers rouges. Il s’agit de Bophana. C’était une jeune femme, finalement très malchanceuse. Elle était belle, avait la peau assez blanche et était un peu éduquée. Alors qu’elle était assignée au travail forcé, elle croisa le chemin d’un jeune cadre khmer rouge. Ce fut le coup de foudre, et peu de temps après, le mariage fut célébré. Mais l’officier devait rejoindre l’endroit où il avait été assigné. Alors, le jeune couple dût se séparer. L’erreur fut l’écriture de lettres d’amour entre les deux jeunes mariés. Leur communication fut interceptée par un coup de malchance, et alors que Bophana devait rejoindre son bien-aimé, elle fut arrêtée, en même temps que lui, et emprisonnée à S-21. (l’envoi de lettres personnelles était interdit, les gens ne devant plus avoir de personnalité propre, puisqu’ils faisaient tous partie d’un dessein plus grand, l’angkar et la révolution)
Bophana
Il y a de nombreux autres témoignages bouleversants : la mère qui pose avec son bébé pour être prise en photo juste avant que celui-ci ne lui soit arraché, l’enfant rescapé qui voit sa mère déshumanisée à son entrée en prison. Et finalement… Finalement, ils seront tous exécutés dans des champs d’exécution. Mais une balle coûte bien trop chère pour un prisonnier, alors l’exécution se fera à coup de pioches, de pelles ou de rondins de bois sur le crâne.
Lorsque les Vietnamiens viendront libérer le pays, si on peut dire, les khmers rouges exécuteront directement dans des cellule les quatorze derniers prisonniers. Ceux ci ne pourront être identifiés et seront incinérés. Leurs cendres sont déposées dans quatorze tombes que nous pouvons voir à l’entrée. Un monument dédié aux victimes des khmers rouges est également présent à l’extérieur. Au-delà d’un simple mémorial, c’est aussi un avertissement à toutes les générations futures, pour qu’un tel drame ne se reproduise pas.
Pour le passage d’un pays à un autre, nous nous imposons un peu de challenge : nous ne prendrons pas l’avion mais passerons par une des frontières terrestres !
Alors un peu de challenge, pourquoi ? C’est une question raisonnable, puisque prendre l’avion n’est pas non plus forcément facile : il faut arriver deux heures à l’avance, faire l’enregistrement des bagages, le passage de l’immigration, et patienter en attendant que l’avion arrive, embarquer, décoller, atterrir, et faire les procédures pour entrer dans le nouveau pays. Oui, mais… Quand le pays dans lequel on arrive demande un visa, l’avion a cela de bien qu’il permet la plupart du temps de faire les procédures en lignes, sous la forme d’un e-visa. Et dans le cas d’une frontière terrestre, un e-visa n’est pas toujours accepté.
En l’occurrence, pour celle que nous avons décidé de passer, ce n’est pas le cas ! Il s’agit de la frontière au nord du Cambodge : Chong Chom-O’Smach, à un peu plus d’une centaine de kilomètres de Siem Reap, ville voisine des temples d’Angkor.
Alors c’est stressant, et ça l’est pour plusieurs raisons : la première est que nous espérons que le fonctionnaire qui va nous accueillir n’essaiera pas de nous coincer et de nous demander plus de sous qu’il n’en faut. Nous avons vérifié, normalement c’est 35$ (et même en vérifiant il y a confusion : France Diplomatie l’affiche à 30$, mais ce dernier nous redirige vers le site de l’ambassade qui le donne à 35$).
La seconde, c’est l’autre côté ! Eh oui, si la frontière est bien desservie côté thaïlandais, c’est une autre paire de manches du côté cambodgien. Certain forum indique qu’il n’y a pas de bus, d’autre parle de taxi, d’autre de stop… Alors, clairement, on croise les doigts pour que quelqu’un soit là pour nous transporter jusque Siem Reap !
Le jour choisi, nous partons tôt de Surin en minibus (ce n’était pas cher : 90 bahts pour nous deux), pour aller jusqu’au poste frontière de Chong Chom. Là, nous passons à pied et la sortie de Thaïlande est très facile. On nous tamponne nos passeport, et tout est bon. Ensuite, il faut trouver le bureau d’entrée au Cambodge. On nous fait signe, et nous montre la route, c’est facile aussi. On remplit nos formulaires d’entrée avec nos informations personnelles, et vient le moment de payer. Nous nous attendons au pire… Mais non, nous nous sommes montés la tête pour rien et le prix demandé correspond à celui attendu.
Nous sortons, soulagés, et nous dirigeons vers la route extérieure. Mais là, une personne (en habits militaires) nous crie dessus : « Vous ne m’entendez pas quand je vous dis de venir par là ? » « Euh… Non désolés. » Je ne suis pas sûre que les excuses aient été acceptées, mais bon… Nous ne comprenons pas, mais il nous faut à nouveau remplir un formulaire. On m’avait donné un stylo rouge pour cela, mais non, la personne en question décidément très énervée, n’est pas d’accord avec cette couleur et me fait recommencer. Tout va bien, ça va aller !
Enfin, nous sortons, nous voilà au Cambodge !
Nous n’avons pas fait trois pas dehors qu’un gérant de taxis s’avance à notre rencontre. Il a déjà trois personnes et il lui en faut encore 2 pour compléter son taxi. Si nous montons avec lui, ce sera 15$ chacun, nous partons immédiatement, . C’est trop beau pour être vrai. Et effectivement, ça l’ait. Des trois personnes qui devaient monter avec nous, deux sont coincer car leur passeport n’est plus valide ! Alors qu’elles sont cambodgiennes ! Alors, on attend, longtemps. Elles ne nous rejoindront jamais, une quatrième personne s’étant présentée. Nous prenons enfin la route, direction Siem Reap !
Sur les trois arguments du gérant de taxi : partance immédiate, prix bon marché, et dépôt devant notre hébergement, seul le prix sera resté fixe. Nous devrons prendre un tuk tuk pour nous emmener jusqu’à notre logement !
Il n’empêche qu’on est drôlement fiers, on a passé la frontière !
Après Koh Jum, et avant de rejoindre Bangkok, l’idée nous est venue (grandement inspirée par le Routard) de nous arrêter à Khao Sok ! Qu’est ce qui nous a attiré ici? La perspective de pouvoir randonner dans la jungle, de, peut-être, voir la rafflesia, la plus grande fleur du monde, mais aussi la proximité d’un lac : le lac de Cheow Chan.
Alors nous voilà, à destination ! Les randonnées se font dans le parc national, donc chaque jour où nous souhaitons y aller, il faut payer l’entrée, qui n’est pas non plus donnée ! 300 bahts (soit presque 10€ !) Ça refroidit quand même ! Pareil, l’expédition sur deux jours au lac de Cheow Chan nous coûtera 2400 bahts par personne. Impossible de faire jouer la concurrence, tous les prix sont les mêmes ! Seuls les partenaires sur le lac et les guides changent, alors après avoir fait le tour des agences et y avoir accordé une intense réflexion, nous avons choisi de faire confiance à notre hébergement pour ce tour : Khao Sok Bamboo Huts Resort… Maintenant le plan détaillé, voilà le récit de notre aventure.
Notre maison
Randonnée / ballade dans le parc de Khao Sok
Au sein du parc de Khao Sok, plusieurs cascades sont des points de repère, et nous décidons d’en prendre une pour objectif. Cela nous fait suivre un cours d’eau tout au long de la randonnée de plus ou moins de loin. Au début, le chemin est large et nous avons de la chance : un guide devant nous est très attentif et repère pleins de bêtes : des singes, des araignées, et même un petit serpent ! Lui est bon, mais quelques instants plus tôt, nous avions vu un guide montrer à son groupe les quelques poules qui picorraient ! Autant vous dire que ces touristes avaient l’air un peu blasés ! Après les avoir dépassés, nous croisons un autre guide qui nous demande carrément si nous avons eu la chance de voir des animaux…
Des petits serpents…
…et des grands arbres.
Après leur avoir mentionné le serpent et les singes, nous poursuivons notre route. Là, un vélo est en panne juste devant nous et l’homme se révèle bien incapable de le réparer… Alors Hicham propose son aide et parvient à arranger le vélo ! Je suis tellement fière ! L’homme nous remercie et nous repartons, chacun à notre rythme.
Nous arrivons dans une grande clairière et un panneau mentionne que pour la suite, il nous faut être accompagné d’un guide ! Est-ce une blague !? On va dire que c’est le téléphone qui nous guide, avec les chemins tracés de Maps.me, et en plus il y a des panneaux indicateurs ! Donc tant pis, nous continuons, tant que personne ne nous dit rien. Nous demandons tout de même à un gardien quelle est la cascade qu’il préfère et il nous indique celle de Tang Nam, alors nous suivons son conseil.
Nous transpirons à grosses gouttes, il fait vraiment très chaud et humide. Le chemin est assez bien dégagé, et heureusement car la végétation qui nous entoure semble venir d’une autre planète ! Les bambous sont absolument géants, toute la forêt est vivante avec le cri des singes et des insectes. Nous arrivons enfin au niveau de la cascade et il y a un bassin dans lequel nous voyons des personnes se baigner alors c’est ce que nous faisons aussi après avoir manger nos sandwichs! C’est vraiment beau, et il n’y a quasiment personne ! Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de marcher et de se baigner dans une forêt tropicale !
Tour organisé au lac Cheow Chan
Cet immense lac constitue l’attraction principale à proximité du parc de Khao Sok, et de nombreux organismes y proposent un tour sur un ou deux jours. Nous partons sur deux jours, au moment de Noël car il paraît que c’est super beau, c’est de la nature donc ça risque de nous plaire ! Comme nous avons pris le tour avec notre auberge, nous pouvons laisser quasiment toutes nos affaires sur place, à part ce dont nous avons besoin, et c’est bien car nous avons lu sur internet l’histoire d’une personne qui était allée au lac et s’était fait voler ses affaires.
On vient nous chercher en minibus là où on réside et nous partons en direction du lac. On nous arrête à un espèce de marché (c’est assez énervant cette pratique d’essayer toujours de nous vendre quelque chose) avant de continuer vers l’embarcadère.
Nous retrouvons les bateaux à longue queue que nous avions déjà eu à Koh Jum, les bons souvenirs! Mais nous savons aussi que le moteur fait du bruit, beaucoup de bruit, alors nous laissons tranquillement tout le monde nous passer devant si bien que lorsque nous montons dans le bateau, nous sommes naturellement placés devant !
Et quelle chance, car le paysage est juste splendide ! Le lac a beau être artificiel, les falaises qui plongent dedans sont elles bien naturelles ! J’entends la musique d’Avatar dans ma tête pendant toute la traversée.
Des arbres morts sont encore visibles au milieu du lac et en face, nos bungalows flottants nous attendent. Le cadre est exceptionnel et nous allons pouvoir en profiter avant le repas du midi : kayaks à disposition ou baignade dans le lac, c’est au choix et c’est parfait !
Mais c’est court, il faut vite manger car cette après midi, nous allons entrer dans une grotte : la Nam Ta Loo Cave. Nous étions un peu sceptique au premier abord, mais cela s’est révélé être une sacrée aventure ! Pour arriver jusqu’à la grotte, nous avons pris le bateau jusqu’à un petit chemin de randonnée. Notre guide était très attentif et n’a pas hésité à nous montrer tout ce que ses yeux pouvaient observer : finalement à l’aller nous ne voyons qu’un seul animal, mais c’est une tortue terrestre, juste à côté du chemin.
Nous arrivons un peu avant la grotte et on nous prévient, il va falloir nager! Quoi? Nous ne prenons pas de risque et laissons tout matériel électronique sous la garde d’un accompagnateur. Pas tout le monde n’a envie d’aller marcher dans la grotte, ça fait un peu peur donc certains restent en arrière ! Nous, c’est au contraire ce qui nous avait attiré ! Allez, c’est parti ! La grotte est grande, et nous passons de part et d’autre du ruisseau ! Il y a des araignées gigantesques, quelques poissons dans le ruisseau, et un nombre incalculable de chauves-souris ! La grotte est haute, assez glissante avec l’eau et nous suivons notre guide précautionneusement. C’est un aller sans retour, nous allons traverser toute la grotte ! Et nous voilà, d’un seul coup à devoir « nager » (à la manière d’un petit chien) entre deux falaises, pour passer de l’autre côté. Des stalactites et stalagmites ornent toute la grotte et c’est absolument magnifique, je crois n’avoir jamais vu cela de ma vie ! Nous marchons bien une heure avant d’atteindre la sortie. Nous en ressortons, émerveillés. Et sur le chemin du retour, cela se poursuit en émerveillement. Le soleil se couche et les animaux en profitent pour se dévoiler. Là, Hicham repère un magnifique toucan ; plus tard dans le bateau, c’est notre guide qui voit des loutres sur la berge. Alors, le moteur coupé, nous observons à distance ces animaux. Ça nous donne déjà un bon aperçu de ce à quoi nous pouvons nous attendre pour le « safari » matinal qui est prévu le lendemain matin.
Le soir, un bon repas (buffet) nous attend : pour une veille de Noël, nous mangeons bien et en quantité ! Noël paraît si loin : la température, le paysage, la nourriture : rien ne nous y rapporte, si ce n’est les quelques bonnets de père noël portés par ci par là. Après avoir bien discuté avec une famille Gréco française, un pakistanais et un couple de suédois, nous nous dirigeons vers notre bungalow. Demain, nous nous levons tôt pour les animaux !
Le lendemain, opération observation ! Nous avons les yeux grands ouverts, mais le vainqueur de l’observation reste notre guide. Attentif à tout, il coupe parfois le moteur pour appeler les animaux à sa rencontre. Et il est doué ! Nous voyons entre les arbres, des gibbons (les singes araignées ou singes sans queue, qui se déplacent de manière très agile dans les arbres) et d’autre singes à leurs côtés ! Il y a aussi quelques oiseaux et encore d’autres singes ! Contents de cette matinée qui commence bien, nous retournons aux bungalows ranger nos affaires et prendre un bon petit déjeuner.
Ensuite nous retournons sur le bateau, voir une autre grotte : la Pra Kay Petch Cave qui est aussi très impressionnante avec ses stalactites et stalagmites. En nous enfonçant un peu dans la grotte, nous trouvons aussi des chauves-souris ici. C’est une étape assez brève et nous ne nous attardons pas.
La suite, c’est les trois rochers au milieu de l’eau, et qui sont un peu l’emblème du lac. À priori, on nous dit que ça ressemble à la baie d’Halong, mais nous ne savons pas vraiment à quel point c’est vrai. Ce qui est sûr, c’est que c’est trois cailloux qui sortent de l’eau, et en comparaison avec les falaises qui les entourent, ce n’est pas si impressionnants. Enfin, le bateau est quand même arrêté a cet endroit, et chacun notre tour, nous prenons quelques photos à l’avant du bateau.
C’était la dernière étape de cette excursion de deux jours. Après cela, nous rentrons à notre hébergement.
Trouvons la rafflesia !
C’est la dernière chose que nous avions envie de faire ici. Il pousse ici, paraît il, la plus grande fleur du monde. Nous ne pouvons pas repartir sans l’avoir vu ! D’après Maps.me, c’est plutôt simple, il suffit de suivre le chemin qui démarre au bord d’une route et de monter. Mais lorsque nous y arrivons, un groupe avec un guide en descend justement, et le guide clame qu’il faut être guidé pour suivre ce chemin et se met à nous faire peur. Son groupe en ajoute une couche : « Vous êtes obligés de payer pour ce tour, mais ça vaut vraiment le coup ». Ça nous met un peu en rogne, pour deux raisons. Déjà, il faut toujours payer dans ce pays, dès qu’il s’agit d’aller voir la nature. Et ensuite, si nous ne les avions pas croisé, nous aurions fait notre randonnée tranquillement sans nous prendre la tête.
Donc là, nous attendons tranquillement qu’ils partent, nous gardons notre scooter un peu plus loin, et nous montons, avec la peur de croiser un autre groupe qui nous dise la même chose. Heureusement, nous avons de la chance, ou l’horaire est le bon, nous ne croisons personne.
La montée de fait dans la sueur (c’est la forêt tropicale) et enfin ! Tadam! Les voilà ! Étonnamment, il n’y a que des bulbes fermés, à part une, grande ouverte, qui attire les mouches. Il paraît que la fleur sent mauvais, au point que l’odeur peut faire s’évanouir une personne. Il paraît… Car nous ne sentons rien de spécial autour de la fleur.
Nous sommes très contents de ne pas être passé à côté et d’être montés. La fleur valait le prix de l’effort.
En conclusion, nous garderons de bons souvenirs de Khao Sok. Le seul bémol, c’est le prix d’entrée du parc, qui décourage un peu et nous empêche de circuler librement où nous voulons, quand nous voulons. Et les tours organisés sont chers aussi. C’est vraiment ce qui est dommage. C’est pour cela que nous ne sommes pas restés très longtemps, nous sentant un peu coincés par les prix. Sinon, ça reste un site exceptionnel que nous sommes ravis d’avoir découvert.
Besoin d’une pause ? La Thaïlande est clairement le pays pour cela, et l’ensemble du sud du pays est particulièrement reconnu pour le tout farniente ! Nous, nous ne voulions pas rester sur le continent, nous voulions une île ! Mais attention, pas n’importe quelle île ! Une île éloignée du tourisme de masse, où peu de touristes viennent s’y réfugier! Mais toutes semblent répondre à ce critère, dès lors que l’on s’éloigne un peu des sentiers battus !
Alors; il a bien fallu prendre une décision, et un peu par hasard, nous avons pointé Koh Jum du doigt.
Depuis Bangkok, nous avons demandé à notre guesthouse de nous arranger le transport jusque Krabi, et de là, nous avons trouvé une agence qui nous a arrangé le minibus jusque Klong Jilad Pier, pour ensuite prendre le bateau pendant une heure.
Un employé de l’hôtel nous avait dit : « Arrêtez vous au premier stop, nous viendrons vous chercher ! » Quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous nous sommes arrêtés en pleine mer ! C’est là qu’on descend ? Ah non, heureusement, deux longtails boats prennent le relais, et nous passons donc d’un bateau à l’autre ! Ils nous conduisent jusque l’hôtel : des petits bungalows un peu au dessus de la plage.
J’avais entendu que la Thaïlande était le pays du sourire, mais c’est vraiment sur cette île que j’ai compris ce qu’était le sourire thaïlandais. C’est vraiment très agréable, si agréable que notre séjour d’une semaine sera prolongée par une autre.
Mais que faire sur une petite île comme celle-là ! Eh bien à la fois rien, et pleins de choses ! Déjà, la plage est en bas de la colline où se tiennent nos bungalows : des transats, des kayaks et des massages sont mis à disposition pour les hôtes, et rien que cela, ça fait du bien. Il y a des rochers qui abrite de nombreux poissons à quelques mètres de la plage. Masque et tuba rentabilisés, Hicham s’est même mis dans la tête de pêcher notre repas mais en vain.
L’île n’est pas très loin des îles Koh Phi Phi, réputée pour le snorkeling, alors nous arrangeons une sortie en bateau avec notre hôtel. Au programme : une petite nage au milieu de falaises plongeant directement dans l’océan ; deux spots de plongée magnifiques où on a pu voir des coraux et des poissons sublimes ; une île avec des singes qui savent nager ; un passage proche (car il est interdit désormais d’y accoster, merci le tourisme de masse) de Maya Bay, l’endroit où s’est tourné le film La Plage avec Leonardo DiCaprio (je n’ai toujours pas vu le film…). Bref, une belle journée, bien complète et dont nous garderons de vrais bons souvenirs.
De retour sur l’île de Koh Jum, les activités ont tourné entre de la location de scooter pour partir à la découverte des autres plages et du port de l’île, randonnée pour arriver à ce sommet qui nous nargue depuis que nous sommes arrivés (merci Maps.me pour nous avoir indiqué le bon chemin, pour la première fois), balade au milieu des plantations de caoutchouc, cours de cuisine pour repartir avec quelques recettes thaïlandaises.
Nous repartirons de l’île avec une boule dans la gorge tant nous avons aimé notre séjour.
Après le trek, nous programmons de nous poser à Pokhara pour quelques temps. Il y a de nombreux restaurants au bord du lac, qui nous donnent une bonne connexion wifi et de quoi nous rassasier. Nous profitons de l’ambiance en ces temps de festival.
Le festival de Diwali
Diwali (ou Tihar) est la deuxième fête la plus importante après Dashain (qui se déroulait d’ailleurs lors de notre arrivée au Népal). C’est une fête hindoue qui dure cinq jours et célèbrela victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal et de la connaissance sur l’ignorance. Plusieurs légendes sont associées à cet événement. Une qui nous a particulièrement marquée est celle qui concerne Yama le dieu de la mort et sa sœur Yakuma, car elle explique bien le déroulement des cinq jours de Diwali au Népal.
Lord Yama, dieu de la mort et juge des âmes, et Yakuma sa soeur avait rendez-vous. Mais Yama le manqua, trop occupé par son travail.
Sa soeur lui envoya alors des messages pour l’inviter à la rencontrer :
Le premier jour, elle lui envoya un corbeau. C’est à cet oiseau qu’est consacré la première journée de Diwali. Les gens leur offrent des graines.
Le deuxième jour, elle lui envoya un chien. On peut voir à cette occasion des chiens porter autour de leur cou un collier de fleurs oranges, les fleurs de soucis ou des œillets d’Inde, et arborer un point rouge (tika) sur le front.
Le troisième jour elle lui envoya une vache comme messagère. Au Népal, elles ont à priori leurs cornes décorées et des colliers de fleurs, mais malheureusement nous n’en avons pas vu en ville.
Lord Yama ne vient toujours pas à la rencontre de sa sœur, alors celle ci décide d’y aller elle même. Elle le retrouve et le bénit. C’est le jour des frères et sœurs. Les sœurs donnent à leurs frères un collier de fleurs qu’ils portent ce jour et elles prient pour eux.
Diwali, c’est aussi la fête des lumières : les habitants tracent devant leur maison une espèce de grand mandala avec des craies de couleurs et placent des lumières et des fleurs dessus . C’est une invitation pour que la déesse Laxmi entre et bénisse leur maison.
Toute les maisons sont éclairées. Avant, étaient utilisées des lampes à huile faites en argiles (diyas) mais celles ci sont devenus trop chères (le coût de l’argile a augmenté) donc on voit aujourd’hui des guirlandes à LED sur les façades. (Ça fait un peu ambiance Noël)
Pendant ces cinq jours, c’est la fête dans les rues : les enfants viennent chanter dans les commerces pour récupérer des sous afin de s’acheter des pétards notamment. La première fois que nous en avons été témoins, c’était sur le chemin du trek : une ribambelle d’enfants se tenant la main ont chanté devant nous puis nous ont demandé de l’argent. Nous n’étions pas prévenus et pensions avoir affaire à une sorte de mendicité que nous ne voulions pas encourager, alors nous avons fortement refusé. Nous nous sommes rendus compte par la suite de notre bévue.
Lorsque d’autres enfants sont venus, nous étions prévenus et avions gardé de la petite monnaie pour leur donner à la fin de leur spectacle ! Après avoir dansé devant nous chacun leur tour, ils nous ont invité à les rejoindre en mettant une musique occidentale (Taki Taki) et c’était bien plus chouette !
C’est une fête qui rassemble tout le monde et ce dès la tombée de la nuit (voir avant). Des enceintes oscillent entre musiques plus classiques et plus modernes et des attroupements se forment, autour d’un à quatre danseurs. Ils dansent très très bien, entre danse orientale avec des tenues traditionnelles et break danse! sur de la musique, souvent tirée de films indiens qui sont donc des duos entre femmes et hommes !
L’ambiance est très bonne! On nous invite parfois à danser, mais franchement, face à eux, nous n’avons pas le niveau !
Tour en barque sur la lac Phewar et montée au temple de la Paix (Peace pagoda)
Depuis notre place privilégiée au bord du lac, nous voyons un temple un peu en hauteur qui nous attire : c’est la Peace Pagoda. C’est un temple bouddhiste, construit à l’initiative de Japonais après la deuxième guerre mondiale et le lancement des bombes atomiques. Il en existe une centaine dans plusieurs pays du monde.
Nos deux barques sur le lac de Pokhara
Ron, l’américain sexagénaire qui avait fait le tour des Annapurnas en vélo, nous propose de traverser le lac en barque et de monter à la Peace pagoda. Nous invitons Coralie, Rachel et Adam, un canadien qui est dans la même guest house que Rachel pour le week end. Nous sommes à deux barques (comptez 1800 pour une barque par 4 personnes max), en autonomie sur le lac que nous traversons. Nous montons à la Pagode par un escalier (après le trek, ce n’était pas un plaisir de retrouver les marches ?). Arrivés en haut, le temple et son Buddha sont impressionnants! Nous devons rester silencieux à proximité et tourner autour dans le sens des aiguilles d’une montre.
La vue d’ici doit être magnifique lorsque c’est dégagé, avec toutes les montagnes aux alentours ! Malheureusement ce n’était pas visible pour nous !
Rafting sur la rivière à proximité de Pokhara (Sedi)
Le rafting est une des belles activités que l’on peut faire à proximité de Pokhara. Toutes sortes de forfaits sont proposés : de la demi journée à 15 jours de rafting ! Nous nous contentons de la demi journée (prix 40 $) mais qui a l’avantage d’être assez proche en bus et qui est de niveau 3 à 4 sur 5 !
Nous le faisons tous les quatre avec Coralie et Rachel. Damien, qui vient de rentrer du trek n’est pas prêt à se joindre à nous.
Avant d’entrer dans l’eau, beaucoup de temps est consacré à la sécurité, et des kayaks nous accompagnent, au cas où l’un d’entre nous tomberait à l’eau, afin de pouvoir nous récupérer et nous ramener à notre raft !
Petite anecdote toutefois. Lors du début de la descente, nous étions dans une zone calme de la rivière et nous observons un attroupement au bord de la rivière. Les personnes nous regardent, nous sommes excités à l’idée de faire du rafting et hésitons à faire un signe de la main. Ils sont tous très calme, l’un d’eux apporte du bois et forme un bûcher. Nous comprenons alors qu’il y a un corps sous ce drap recouvert de fleur et qu’il va y a avoir une crémation sur le bord de cette rivière. Étrange scène entre les touristes occidentaux en train de jouer sur la rivière qui va accueillir un défunt…
Ensuite, les rapides de la rivière sont de plus en plus impressionnants, et nous nous retrouvons même à devoir marcher sur une certaine distance où c’est trop dangereux ! C’est l’occasion pour nous d’arriver en haut d’une falaise et de faire un saut dans l’eau pour rejoindre le bateau.
C’était une bonne activité, surtout après avoir suivi la rivière durant tout le trek. On a enfin pu la parcourir !
A la fin, on nous offre même des sandwichs, avant de reprendre le bus pour rentrer.
On s’est bien reposé à Pokhara, avant de repartir vers Katmandou puis l’Inde, qui promet d’être pleine de sensations !
Nous passons de l’Inde vers la Thaïlande en prenant l’avion entre les deux capitales. Nous passons de la bourdonnante Delhi à Bangkok, et le changement nous fait du bien. A la sortie de l’aéroport, c’est facile, il y a un métro. A la station de métro proche de notre hébergement, c’est encore facile, le taxi a un compteur, et nous ne sommes pas obligés de marchander avec l’impression finale de se faire avoir !
Oui, vraiment, venant d’Inde, tout nous paraît plus simple !
Tout nous paraît aussi plus cher ! Lorsque nous préparons nos trajets dans le sud du pays, les prix, même des bus, nous semblent plus proches des prix occidentaux que des prix des transports que nous prenions en Inde ! Est-ce le prix de la tranquillité d’esprit ? Ou plus vraisemblablement, est-ce dû à la période à laquelle nous sommes venus : la période de Noël ?
En tout cas, après la découverte effrénée de l’Inde, nous attendons de la Thaïlande de pouvoir souffler un peu et découvrir ses paysages magnifiques ! Le pays est grand, avec pleins de paysages différents, mais notre programme, c’est de rester au sud, près des plages, de la jungle et des falaises, pour prendre un grand bol d’air pur après les villes du Rajasthan !
Quitte à voyager en Inde, autant vivre l’expérience à fond et quel meilleur endroit que le Rajasthan pour cela ! Cela promet de découvrir l’Inde historique, une autre Inde que celle devenue indépendante de la couronne britannique, après la protestation pacifique menée par Gandhi. Et effectivement, c’est une Inde complètement différente que nous découvrons : celle des rois (Rajasthan signifie « Pays des Rois ! »)
Udaipur est, peut-être, la plus fière d’entre elles, mais avant d’en expliquer la raison, laissez-nous faire un petit résumé de l’histoire de la région (que nous ne connaissions pas d’ailleurs, avant d’y venir, à part la partie sur la colonisation).
Le Rajasthan a depuis toujours été une région disputée, par différents peuples. Cependant, de ce que nous avons compris, ce furent les Rajpoutes qui conquièrent durablement la région du Rajasthan et y installèrent leurs palais et leurs royaumes. Toutefois, à partir du VIIIème siècle, des peuples en provenance de l’Afghanistan arrivèrent par le Nord Ouest de l’Inde (donc le Rajasthan) et de nombreuses batailles éclatèrent ! Les disputes entre Maharrajas leur permirent de s’imposer, et les premières dynasties musulmanes prirent le pouvoir… malheureusement pas toujours de manière éclairée… Elles cherchèrent à imposer leur culture et à convertir les hindous à l’islam. De nombreux temples hindous furent détruits à cette époque.
Heureusement, peut-on dire, les Moghols, un peuple de religion musulmane également, prirent le pouvoir en Inde à partir du XVIème siècle, et eurent une vision plus tolérante des choses. Akbar, le petit fils de Babur, fondateur du grand royaume Moghol, prôna cette tolérance et les hindous purent reprendre la main sur leur culture, leur religion et leurs rites.
C’est donc dans le contexte de ces incessantes conquêtes et affrontements que nous allons découvrir l’histoire du Rajasthan !
Je surnomme la première ville que nous visitons, Udaipur, la fière. Pourquoi ? Car tous ses habitants sont fiers de dire que la ville n’a JAMAIS été conquise, que ce soit par les Moghols, ou encore par les britanniques ! C’est un royaume qui s’est battu sans relâche pour conserver son indépendance.
Pour apprécier un peu l’histoire de la ville d’Udaipur, nous nous sommes rendus au City Palace, un palais plein d’histoire, dont la construction a été entamée par le fondateur de la ville Udai Singh II. (« Udai » + « Pur » = la ville d’Udai, cela fait sens, n’est-ce pas ?). Ce roi a choisi le soleil comme emblème et est donc appelé le roi soleil… un peu avant qu’un autre roi que nous connaissons mieux ne possède le même surnom, à quelques milliers de kilomètres de là. Le soleil est le symbole du dieu Râma, un avatar du dieu Vishnou, dont le Mâhârana d’Udaipur serait le descendant.
Aujourd’hui, le City Palace se visite partiellement pour ce qui est de la partie musée, le reste du palais étant la résidence principale du roi actuel du Mewar, mais aussi un hôtel qui constitue une partie des revenus du roi, complétée par ses chevaux et son club de polo.
Nous prenons un guide, qui nous décrira à sa manière, ce qu’il y a à connaître du château d’Udaipur, mais aussi de la vie et de la culture indienne en général !
Udaipur est située dans la région du Mewar, et n’est pas sa capitale d’origine ! Historiquement, elle est la troisième capitale, après Nagda (à 21km d’Udaipur) et Chittorgarh (à 120km). Le royaume du Mewar fut un royaume puissant, dominant des terres allant jusqu’à Kandahar en Afghanistan, au VIIIème siècle ! Ce royaume a été gouverné par la même famille depuis le VIème siècle (566 A.D.)!
Udaipur devient la capitale du Mewar en 1559, lorsque le royaume perdit la forteresse de Chittorgarh face aux Moghols. Le choix de la nouvelle capitale a sa propre légende : le roi du Mewar était allé prier le dieu Shiva, à une vingtaine de kilomètres d’Udaipur, dans un lieu saint tenu par des sādhus, des saints hommes, qui vivent dans le dénuement le plus total, afin de se consacrer à l’objectif le plus important de l’hindouisme : l’arrêt des cycles de réincarnation. Une fois les rites faits, le roi décida de rester deux jours de plus. Un matin, alors qu’il était parti à la chasse sur son destrier, il tua un lapin. Il descendit de son cheval pour le ramasser et lorsqu’il se releva et leva la tête, il vit une fumée qui montait dans le ciel. Il sut alors qu’il avait tué un être vivant dans une enceinte sacrée, et qu’il avait donc commis un impair. Il se rendit alors auprès des sādhus pour recevoir la sentence liée à sa faute. Il leur dit : « Je ne savais pas que votre territoire s’étendait jusqu’ici, et j’y ai tué un animal ». Le sādhu lui ordonna alors : « Ta punition est de déménager ta capitale actuelle à Udaipur, et d’y construire un palais ».
De façon moins légendaire, il semble qu’après avoir perdu Chittorgarh face aux Moghols, le roi décida de trouver un nouveau lieu pour sa capitale, un lieu protégé par des collines, et facile à fortifier. L’emplacement d’Udaipur correspond à cette volonté. La construction du palais débuta le 6 mars 1558. Les mahârânas qui se succédèrent (en tout 28), ajoutèrent tous quelque chose au palais, si bien qu’aujourd’hui, il est le plus grand de tout le Rajasthan !
Lake Palace à gauche (Hôtel), City Palace à droite
Passons maintenant à la visite proprement dite du palais !
Nous sommes dans une grande cour, du haut de laquelle nous pouvons voir les écuries, à la fois pour les chevaux, mais aussi pour les éléphants ! Pour faciliter la montée sur ces deux montures, nous voyons des sortes d’escaliers qui forment des plateformes à hauteur de cheval ou d’éléphants : il n’y plus qu’à grimper !
Écurie
Place de parking pour éléphant
Le City Palace et sa longue plateforme pour monter sur les éléphants
La cour était principalement utilisée pour célébrer les fêtes avec le peuple. C’est aussi le lieu où se passaient les combats d’éléphants ! Enfin, combats d’éléphants, ne vous imaginez pas un débordement de violence ! Ici il s’agissait plutôt de voir lequel des deux éléphants était le plus puissant au jeu de tir à la corde : un mur sépare deux éléphants qui doivent chacun tirer sur une corde le plus fort possible. Le premier qui entraîne l’autre jusqu’à ce qu’il touche le mur a gagné. Le dernier « combat d’éléphants » de ce genre a eu lieu en 1951.
Nous entrons ensuite dans la structure du palais et passons en premier lieu devant deux petits temples consacrés à Ganesh et à Laxmi, pour la chance et la bénédiction des dieux. Dans l’étroit escalier où se trouve les deux autels, c’est amusant de voir que de la céramique japonaise est incorporée aux murs, ce qui montrent l’influence et la richesse du royaume mewari.
Nous débouchons ensuite sur la cour royale, qui servait notamment aux audiences privées, par exemple pour rendre des décisions, mais aussi pour recevoir les invités venus célébrer un mariage ou la naissance d’un enfant, ou encore un couronnement.
C’est l’occasion pour notre guide de partir sur une petite digression à propos de la culture indienne et de l’importance attribuée à la consultation des astres : lorsqu’un enfant naît, son prénom n’est pas choisi au hasard, mais en consultant l’horoscope et les lettres qui ressortent en fonction de la position des planètes. De la même manière, pour les mariages (qui sont arrangés), l’horoscope est également consulté afin de s’assurer que les futurs mariés ont assez des points communs (astrologiques). Le futur marié doit avoir au moins 36 points communs avec sa future épouse, et la future mariée doit avoir au moins 28 points communs avec son futur époux, la femme ayant, d’après le guide, une meilleure adaptabilité aux besoins de son mari.
L’horoscope est lié au dieu Shiva, dieu de l’amour et de la mort, qui est prié à travers son Ingham (symbole) pour le mariage, pour la fécondité, pour la longévité. Le guide nous explique que ce sont surtout les femmes qui prient, et notamment pour la longévité de leur mari, car à son décès, la tradition du deuil veut que les femmes ne portent plus de bijoux, de saris rouges, ou tout cadeau offert à leur mariage. Autrement dit, quitte à partir, autant avant lui pour partir avec classe !
Les événements de la vie (mariage, décès, naissance) ont donc chacun leurs rituels qui s’accomplissent selon les croyances hindoues ! Dans la cour royale, à l’occasion des naissances ou des décès de rois, un emplacement dédié (un grand bassin) était rempli de 100000 pièces qui étaient partagées entre les temples de la ville pour leur entretien, et les pauvres du royaume. Le guide plaisante en disant que ces deux occasions sont une « taxe » que le roi paie à son peuple, alors que c’est usuellement l’inverse. Certes, mais il ne le paie que deux fois dans sa vie : à la naissance du futur roi et à la mort de l’ancien ! La dernière fois que cela s’est passé, c’était en 1930 !
Sur ces bonnes paroles, nous nous approchons d’une salle dans laquelle le guide attire notre attention sur un cheval qui porte un long morceau de tissu sur le museau : c’est une fausse trompe d’éléphant ! Dans les guerres contre les Moghols, c’était un leurre afin de décontenancer les éléphants des ennemis. Les musulmans étaient souvent à dos d’éléphants pendant la guerre, animaux qui étaient légèrement plus forts et violents que des chevaux. Le port de la trompe permettait de leurrer les éléphants, qui pensaient avoir affaire à un de leurs petits, et n’osaient ainsi pas les attaquer !
Ce genre d’astuce montre à quelle point la guerre était omniprésente à Udaipur. Et cela ce voit jusque dans l’architecture.
Ainsi, le palais est fait de petites portes et de couloirs, ce qui empêchait une armée de prendre facilement possession du palais. Si un soldat ennemi voulait passer une porte, il était obligé de se courber. Alors il était aisé de lui trancher la tête avec un sabre.
Les guerres tournaient autour de la protection du territoire, mais également de la protection des femmes. Nous est ainsi racontée l’histoire de 13000 femmes courageuses de Chittorghar menée par Rani Karnavati , qui se sont données la mort, la préférant plutôt que de tomber dans les mains des envahisseurs : c’est ce qui est nommé le Jauhar. De manière plus générale, les princesse du Mewar ont toujours préféré donner leur vie, plutôt que d’épouser un roi musulman, l’honneur voulant que le pays reste indépendant. Ce serait, toujours, pour protéger les femmes que le sari avec voile aurait été adopté.
Après ces quelques anecdotes, nous arrivons au sommet du palais. Là, notre guide nous pose une colle : ce que nous voyons ici, c’est un jardin, dans lequel des arbres poussent ! Mais pourtant, nous n’avons fait que monter, et sommes quasiment au point le plus haut du palais, alors comment est-ce possible ? Nous émettons plusieurs hypothèses : de la terre a été amenée jusqu’au dernier étage peut-être ? Eh bien non ! C’est simplement que le palais a été construit tout autour d’une colline, et le sommet de la butte se trouve ici. La terre n’a pas été importée, elle était déjà présente, ce qui permet l’existence d’un vrai petit jardin !
Cette partie du palais est particulièrement exploitée deux fois par an :
La première fête célébrée ici se déroule en janvier-février : ce sont les nuits de Shiva qui rappellent l’origine du premier mariage dans la religion hindoue : celui de Shiva et Shati, qui fusionne à nouveau. Shiva est très important au Mewar : les rois du Mewar sont les gardiens du trône de Shiva. Ils ne s’asseyent donc pas sur ce trône, mais à ses côtés.
La seconde fête célébrée est la fête des couleurs : Holi
C’est dans une salle adjacente qu’est exposé un siège dont Udaipur tire une fierté toute particulière : en 1911, le roi George V était venu en Inde et avait convié tous les souverains à Delhi (Darbar). Un siège spécial était attribué à chaque souverain, en fonction de son statut. Le Mâhârana d’Udaipur, Fateh Singh, défia l’invitation, et ne participa pas à la réunion ! Mais ils ont quand même récupéré un siège, symbole de leur résistance !
Après ce surprenant jardin en hauteur, nous découvrons maintenant des salles où de nombreuses miniatures sont exposées. C’est la représentation très fine de scènes réelles ou mythologiques sur des toiles de coton. Le guide nous montre à quel point le tracé est fin : jusqu’aux poils de barbes ! Plusieurs scènes sont représentées : du roi attentif à la lecture des livres sacrées faites par un sage, à la scène de chasse à propos de laquelle la question du guide est : « combien y a-t-il d’ours sur cette miniature ? » Nous cherchons le piège, mais n’en voyons pas, alors répondons le plus sereinement du monde : « Cinq ! » Eh bien non, il s’agissait d’un même ours, représenté dans différentes situations, un peu à la manière d’une BD.
Une autre miniature sur laquelle est attirée notre attention raconte l’histoire d’une princesse prise en étau entre deux propositions de mariage : celle du prince de Jaipur et celle du prince de Jodhpur. La situation est terrible, car les deux processions avec le prince de chacun des deux royaumes arrivent en même temps. Or, l’alliance choisie décide de l’ennemi que l’on se fait (par exemple, si c’est un mariage avec le prince de Jodhpur, alors le royaume de Jaipur devient ennemi). Confrontée à ce choix terrible, et ne voulant pas être à l’origine d’une guerre (qui n’aurait manqué de survenir), la princesse se serait donnée la mort. (Selon la légende, car en réalité, l’histoire serait bien plus sordide, et c’est son père le roi qui aurait commis le meurtre, pour rester en bons termes avec ses voisins… La princesse aurait jeté alors une malédiction empêchant les futurs souverains d’avoir un fils en héritier direct…Charmant !)
La suite de la visite nous permet de comprendre comment le royaume du Mewar a finalement été intégré à l’Inde. C’est vrai que ce peuple était tellement fier de son indépendance, il est légitime de se demander comment ils ont pu accepter de faire partie d’un pays… Alors que s’est-il passé ? Après la fin de la colonisation britannique, Nehru a proposé à tous les souverains de l’Inde de se joindre à la démocratie indienne. Cela impliquait que tous perdent leurs titres et les avantages liés à ce titre (s’ils acceptaient, ils allaient donc devoir se trouver des sources de revenus, et ne pourraient plus compter sur les impôts de leur peuple). Personne ne s’attendait à ce que le royaume d’Udaipur acceptent la proposition. Et pourtant… Le dernier vrai roi était malade des reins, et donc paralysé. Il était donc incapable d’avoir une descendance et ne pouvait compter que sur un héritier adopté. Mais comment être sûr que l’enfant adopté serait digne de la gouvernance du Mewar ? Alors la proposition de rejoindre l’Inde tomba à point nommé. Il prit tout de même deux jours pour réfléchir puis signa le contrat avec l’Inde en 1948 pour faire partie de ce pays. Il fut ainsi, un des premiers souverains à accepter la proposition. Il n’imposa qu’une condition : attendre que le dernier roi du Mewar (lui-même donc) meurt pour que la région fasse partie de l’Inde. En 1955, le Mewar est intégré à l’Inde, dans la grande région du Rajasthan.
La décision rapide du roi lui permet de négocier de nombreux aspects, et notamment le taux de change des roupies du Mewar vers les roupies indiennes : une roupie du Mewar valait ainsi cinq roupies indiennes, ce qui permit à la région de garder une certaine richesse.
La chambre du dernier roi du Mewar
C’est sur cette histoire récente de la famille royale du Mewar que je termine cet article.
Nous avons vu d’autres pièces magnifiques, témoins de la richesse de ce palais, et je vous laisse en découvrir quelques photos !
L’idée de base était de traverser la frontière terrestre du Népal vers l’Inde. Le problème, c’est qu’à Pokhara, nous nous sommes rendus compte que le seul endroit où nous pouvions faire notre visa (pour frontière terrestre) pour l’Inde était à Katmandou et il y a un délai d’une semaine avant de le recevoir ! En comparaison, faire une demande de visa pour arriver par voie aérienne prend entre 2 et 3 jours et se fait en plus… directement sur internet. A l’idée de perdre une semaine dans une ville qui ne nous plait pas forcément, quitte à revenir à Katmandou, nous avons préféré l’option d’y prendre un avion vers Delhi, ce qui nous permet de faire la demande en ligne pour un e-visa. Décidément, l’administratif n’a jamais été notre fort.
Et faire la demande de visa en ligne n’est pas de tout repos non plus. Nous passons par le site du gouvernement indien, car c’est la manière la plus fiable et la plus économique d’avoir son visa : https://indianvisaonline.gov.in/ (différent site sont en tête sur la recherche Google mais ce sont des souvent sous-traitants qui prennent une commission). Le compléter est assez simple mais attention d’une page à l’autre le site plante et il faut ré-ouvrir une page. Heureusement que nous avions copié la référence de nos demande dès le début. Il faut être patient et nous prenons environ une heure à une heure trente… chacun ! pour compléter le formulaire (plantage, scan du passeport trop lourd, photos à scanner…). Mais les demandes sont envoyés ! Sans attendre les deux-trois jours pour voir si elles sont acceptées, nous attaquons la recherche de billet d’avion.
Google Flight est notre ami, nous en trouvons à 116€ pour nos deux billets pour le 6, jour d’expiration de notre visa.
Nous annonçons la nouvelle à nos copains du trek et ni une ni deux, Rachel et Coralie prennent le même avion. Comme Rachel nous avait fait part du festival de Pushkar et sa vente de chameaux, nous allons même commencer le voyage ensemble.
Le 6 novembre nous partons pour l’Inde. Départ à 6h30 de l’hôtel Sweet Dreams de Katmandou (bien à première vue mais les couvertures dégagent un nuage de poussière à chaque mouvement, de quoi relancer mes allergies) pour rejoindre Coralie et Rachel. Les chauffeurs de taxi nous sautent dessus, nous en profitons pour faire baisser les prix. Nous avions pris beaucoup d’avance par peur des bouchons mais bon nous arrivons finalement à l’aéroport de Katmandou, qui est plutôt petit, vers 7h15, soit 3 heures avant, le temps est moins long à quatre.
Inde
Grosse appréhension. Deux jours avant notre départ pour Delhi, chaque membre de nos familles respectives nous envoie des articles de presse sur la pollution de cette mégalopole qui est sans précédent. On ne verrait rien dans le brouillard à quelques mètres et les avions ne peuvent même plus atterrir.
L’Inde, toujours plus. Nous nous étions beaucoup renseignés par rapport à ce pays, pas temps sur sa géographie mais plus sur les sentiments, les réactions, les avis des voyageurs, occidentaux clairement, sur ce pays. Les phrases qui ressortent le plus c’est : « tu vas adorer ou détester » ou encore « tu vas adorer et détester » ou bien « tu vas voir le magnifique et l’horrible à la fois ».
A cela s’ajoute la pollution maintenant. Une chose est claire l’Inde nous faisait un peu peur, c’est d’ailleurs pour cela que nous avions commencé notre tour du monde en Turquie et non en Inde avant le Népal. En tour du monde, nous sommes libres et flexible (d’où l’absence de billets « tour du monde »). Décision : nous iront en Inde, pour voir, si cela nous plaît nous restons, sinon hop nous nous envolerons vers la Thaïlande.
Arrivée à Dehli, nous voyons la piste! C’est moins pire que prévu ! Atterrissage avec un Airbus qui ne fait étonnamment pas de bruit en vol. L’aéroport est très très grand en comparaison du précédent. Nous sortons vite de l’avion pour aller chercher un train rapidement et fuir Dehli pour Pushkar où nous avions déjà réservé l’hôtel. Manque de bol, nous avions préparé visa et passeport, nous sommes les premiers à la douane mais… Nous n’avions pas rempli les cartes de l’immigration. Nous nous retrouvons donc derniers mais ce n’est pas grave nous voyageons et c’est ce qui compte. Bagages récupérés, argent liquide aussi (Indusbank de l’aéroport qui taxe 2,36% sans prévenir) un guichet se présente a nous pour orienter les touristes. Parfait ! Le guichetier nous donne une carte de la ville avec le métro et la gare dans laquelle se trouve un bureau spécial pour réservation de train pour touriste étranger ! Quelle drôle d’idée.
Malgré la carte, le lieu nous est plutôt difficile à trouver. Cachée dans un étage perdu au fond de la nouvelle gare de Dehli, une grande salle « International tourist bureau » apparaît. Prise de ticket attente, quelques minutes après une grosse moustache se décide enfin à nous appeler pour prendre des billets. C’est peu être méchant de l’appeler ainsi mais nous sommes tombé sur le pire. A la douane ils étaient mille fois plus sympathique. Je m’explique.
Pas un sourire, pas un bonjour d’accueil nous demandons de partir aujourd’hui il nous dit que ce n’est pas possible. Voilà. Il ne fait rien de plus. Nous lui demandons alors s’il a de la place pour le lendemain. Il lance une recherche avec une lourde, mais lourde flemme. Il trouve 4 places pour un départ à 15h. Deal! Pour 1200 INR (15€) pour nous quatre c’est super ! Mais avec Moustache c’est lent, mais lent ! Nous voyons les touristes à notre droite en train de réserver leurs billets rapidement avec une dame tout sourire. Il refuse de nous prendre les billets tant que nous n’avons pas compléter à nouveau avec milles informations un papier que nous avions préparé au préalable. Nous terminons de le compléter. Il le récupère, le lit, puis retourne à son ordinateur, tape lentement, et nous annonce que… Il ne reste que 2 billets disponibles et non 4, 2 ont été achetés pendant que l’on complétait la feuille. Sans blague ! Je boue, Rachel aussi à ma droite, on reste calme, nous n’avons pas le choix et nous voulons partir. Les autres touristes à notre droite s’en vont gaiement avec leur billets. Notre Moustache ne fait rien et nous regarde, en fronçant bien les sourcils bien sûr. Gros blanc de quelques secondes ou lui et moi se regardons dans les yeux, ou j’attend qu’il dise ou fasse quelque chose.
Y t’il d’autre train dans la journée avec des places de disponible ? Sans cette question il ne se serait peut être jamais remis à chercher. A partir de ce moment nous décidons de ne plus jamais se plaindre de l’administration en France.
Non, pas d’autre train mais il reste deux places en 1ere classe dans le train initial. C’est bien de nous le dire ! Go go go on prend, on prend. Non! Il faut changer les informations de la feuille avant. Sérieux !!! Nous demandons de prendre et de payer les billets avant il dit non. Ça monte.
En nous voyant galérer à nouveau sur la feuille, une idée lui vient alors : payer les billets avant de compléter le feuille. En voilà une bonne idée! Nous avons les billet. Deux d’entre nous payent 3 fois le prix mais bon, en comparaison à la France …
Voilà notre premier contact, échange, avec l’Inde. Nous verrons plus tard que réserver dans une des nombreuses agence de voyage ne coûte pas beaucoup plus cher et est 100 fois plus rapide. Plus jamais un bureau officiel pour les billets de train. Quant à Moustache, je ne lui dirait jamais rien, je déchaînerai plus tard ma colère (lâchement) sur cet article WordPress. Nous cherchons alors un hôtel pour la nuit. Celle réservé à Pushkar ne sera jamais remboursé. Nous en réservons une sur Booking, et nous perdons dans les ruelles de Dehli pour la trouver. Nous arrivons sur place. Le manager après nous avoir regardé, puis regardé la réservation, puis regardé à nouveau nous annonce qu’il n’accepte pas les non indiens dans son hôtel. Merci monsieur pour avoir confirmé la réservation au préalable. Nous en cherchons un autre. Nous en trouvons un pas très loin avec un bon lit, un peu isolé du bruit en plus. Dommage qu’il soit infesté de cafards. Ne ferons avec, les auberges de jeunesse Australiennes m’avaient bien formé.
Premières impressions
« En Inde, tous tes sens en prennent un coup, dans le bon comme dans le mauvais » ou encore » la vie est fade après l’Inde ». Je peux comprendre ces phrases. La vue, ça va, un petit vaccin au Népal nous y avait préparé, je trouve. Beaucoup d’ordures, des crottes de divers animaux (et autres quelques fois), partout. La misère aussi est dure à voir. Dans le beau par contre, les couleurs sont amplifiées, décuplées, tout autour de nous, et les monuments et édifices religieux sont époustouflants.
L’ouïe par contre, c’est violent. Les klaxons étaient omniprésents au Népal, certes mais tellement atténués, normaux. En Inde la moindre mobylette a un klaxon de camion ! Et c’est en continue ! Il se servent du klaxons plus que du guidon ou du volant. Et c’est n’est pas une blague. C’est irritant au début mais nous nous y habituons assez vite.
Le toucher. Tout le monde se bouscule, pas besoin de s’excuser c’est normal il y a du monde. Ça va.
L’odorat. La nourriture est parfumé, pour le meilleur. Mais les rues sentent mauvais en général, une forte odeur d’urine et autres. Ce n’est pas toujours évident.
Le meilleur pour la fin, le goût. Verdict : 10/10. La nourriture est délicieuse. Un peu épicé souvent mais idem, nous nous y habituons. C’est vraiment trop bon et tellement diversifié après notre trek au Népal. Pour Lucile est moi il n’en faut pas plus nous sommes réconcilié avec l’Inde. Et il ne faut pas toujours rester sur les premières impressions, nous finirons par énormément aimer l’Inde au fur et à mesure du voyage. Le lendemain, direction Pushkar avec son train couchette. A nous la Pushkar Fair !
Du tremblement de terre de 2015 qui a atteint toute la vallée de Katmandou, Bhaktapur ne garde que quelques cicatrices. Quelques ouvriers travaillent encore de manière acharnée pour lui faire retrouver sa splendeur d’antan. Pour restaurer cet impressionnant site, l’entrée est la plus chère que nous ayons eu à payer au Népal pour une visite : 1500 NPR (12,50€), pour tout ressortissant non népalais ou des pays membres de la SAARC. Cela fait sens, puisque nous avons les moyens de payer.
A l’entrée, Raju, 30 ans d’ancienneté dans le métier de guide, offre de nous présenter sa chère ville pour la modique somme de 900 NPR (7,50€) à diviser en trois (car nous sommes trois à l’écouter, Coralie, Hicham et moi). Un grand sourire aux lèvres, il propose de nous raconter tout ce qu’il connaît. Il nous fait rire avec l’origine du mot Népal qui selon lui est NEPAL : Never Ending Peace And Love. Bel acronyme n’est-ce pas ?
Les premières fondations de la ville remontent au IXème siècle. A cette époque et jusqu’au XVème siècle, la vallée de Katmandou était divisée en trois royaumes, ce qui serait dû, originairement, à la rivalité entre trois frères. Les trois royaumes sont : Katmandou, Patan, et Bhaktapur. Dans chacune des trois capitales, la place principale est nommée Durbar square, Durbar signifiant palais royal. La vallée de Katmandou restera divisée jusqu’à l’arrivée au XVIIIème siècle des Gorkhas dont le roi unifiera tout le Népal.
Durbar Square
L’étymologie du nom Bhaktapur provient de : Bhakta : qui signifie « prêtre » et pur : « ville » ou « lieu »
Bhaktapur compte plus de 80000 habitants, et même si l’architecture est très marquée par la religion hindouiste avec ses nombreux temples et festivals, tous ses habitants ne sont pas hindous : 70% d’entre eux le sont et le reste pratique d’autres religions. Le guide est très fier de dire qu’il n’y a pas de problèmes de religions dans cette ville et de manière générale au Népal.
Pour lui, si les hindous et les bouddhistes arrivent à vivre ensemble par exemple, c’est notamment parce que Bouddha est né au Népal, à Lumbini. Ses parents sont hindouistes, donc il y a une acceptation mutuelle des deux religions. Pour ma part, j’avais également entendu dire que Bouddha était considéré par les hindouistes comme la neuvième réincarnation du dieu Vishnou, un de leur dieux principaux.
Pour que nous comprenions un peu mieux d’ailleurs les principes de l’hindouisme, Raju nous fait un bref récapitulatif : cette religion comporte trois dieux principaux : Brahma, Vishnou et Shiva. Brahma est connu comme le créateur, Vishnou le protecteur, Shiva le destructeur. La philosophie principale est que rien n’est permanent dans ce monde, et tout est basé sur des cycles. Par exemple, les dieux reviennent plusieurs fois sous la forme d’avatars différents.
Après cette introduction, Raju nous présente enfin Durbar Square, la place où nous nous trouvons. Elle comprend plusieurs des monuments principaux de la ville.
Le premier est le célèbre Palais aux 55 fenêtres, construit par un roi au XVIème siècle. 55 aurait été choisi ici car le palais aurait été construit à l’occasion du 55ème anniversaire du roi. A sa gauche, se tient la Golden Gate datant du XVIIIème siècle.
Le Palais au 55 fenêtres et sa Golden Gate
Nous passons cette porte, pour atteindre le Taleju Chowk qui est un peu plus loin derrière. Nous voyons deux énormes tambours près de la porte, qui servent aux cérémonies.
Taleju Chowk est un impressionnant complexe ! Il est interdit de faire des photos de son intérieur. La raison serait qu’après sa construction par un architecte reconnu, il aurait été béni par le roi qui aurait ainsi souligné l’unicité de cet endroit et l’interdiction d’en voir un reproduit ailleurs (sur n’importe quel support, que ce soit de la sculpture, de la photographie, ou autres). D’ailleurs, comme pour le Taj Mahal, le roi aurait fait couper la main de tous ceux qui ont travaillé à la construction, une fois celle ci achevée. Nous nous contentons donc de l’observer, mais en restant sur le seuil ! Le deuxième interdit est qu’on ne peut pas y entrer si l’on ne pratique pas l’hindouisme (car alors, nous avons déjà consommé du bœuf, ce qui est un interdit dans cette religion).
Les portes du complexe sont incroyablement belles et bien conservées. Faites en bois de Sal, elles ont gardé leur finesse et leur robustesse. Elles représentent différents dieux et déesses.
Au centre du complexe, nous voyons deux piliers faits en pierre destinés au sacrifice des animaux. Lors des grandes fêtes, par exemple à l’occasion du Dashain festival, 108 bêtes (parmi buffalows, poulets, moutons, canards, chèvres) sont tués et leur sang est offert aux dieux pour être béni. L’offrande du sang est puissante car il a la couleur rouge, couleur de la chance. La chair des animaux est quant à elle répartie parmi les familles de Bhaktapur.
Le guide nous explique que le complexe était auparavant un endroit privé pour le roi. Avant le XVIème siècle, le roi effectuait tout un rituel à son réveil : il prenait d’abord un bain pour se purifier, et venait ensuite dans le Taleju Chowk pendant quatre heures. Là, il sonnait la cloche pour appeler les dieux et qu’ils soient attentifs à ses prières, avant de s’asseoir pour prier, entouré par 108 statues de dieux et de déesses. Ensuite il allait voir les brahmanes (la haute caste) qui apportaient des graines pour les offrir aux animaux sauvages (pigeons, corbeaux, etc.). Enfin il allait sur le balcon pour voir de là haut toutes les maisons. Si elles émettaient de la fumée, il savait que les locaux avaient déjà préparé à manger. Alors il pouvait prendre son déjeuner.
Le guide nous emmène justement voir l’endroit où le monarque prenait son bain lors du rituel matinal : Sundli Chowk. Il faut imaginer l’endroit comme un jardin avec un bassin, alimenté par les sources chaudes qui venaient de Nagarkot. Les conduits d’eau ont été malheureusement cassés par le tremblement de terre de 1934. Si le bassin ne contient plus d’eau, nous pouvons tout de même admirer les quelques statues qui l’ornent. Il y a un cobra, symbole protecteur lié à Vishnu, mais aussi symbole de la pluie et de l’eau pure. Une autre statue est celle d’un shifa, qui serait un animal imaginaire similaire au crocodile.
Le bain du Roi
Entre le palais et le bassin, le guide nous pose une colle : il y a de petits trous régulièrement dans le mur, mais à quoi pouvaient ils donc bien servir ? La réponse : des petites lanternes étaient placées à ces endroits, afin d’éclairer le chemin du roi qui allait prendre son bain alors qu’il faisait encore nuit noire.
Nous revenons à Durbar Square, pour voir les autres monuments de cette impressionnante place.
Le guide nous montre rapidement une Pagoda dédiée au dieu Vishnu et sa « monture » : le « Garuda » , une créature moitié dieu, moitié animal (oiseau légendaire). C’est étrange de parler de monture, car il est représenté moitié oiseau, moitié humain.
Il nous présente ensuite une cloche qui lorsqu’elle sonnait, faisaient aboyer les chiens du quartier. Elle est désolidarisée du temple dont elle faisait partie, qui a été détruit avec le tremblement de terre.
Nous rejoignons ensuite le temple de Pashputinath, connu comme étant le temple érotique. On nous explique que le temple est à visée éducative : les enfants des campagnes venaient visiter ce temple et voir ses statues avant leur mariage, afin d’avoir une présentation de la vie sexuelle, à travers les statues présentant diverses positions ou encore un accouchement.
La visite se poursuit avec l’explication des différences entre stuppas, pagodas et sikkhara. Les stuppas sont destinées aux bouddhistes, les pagodas aux hindous , et les sikkharas sont d’architecture sud indienne. Nous voyons deux temples avec cette architecture : un dédié à Siddi Laxmi, et un autre dédié au dieu Shiva. Ces deux temples ont été rebâtis après le tremblement de terre de 2015.
Sur ce dernier temple, nous pouvons voir plusieurs statues d’animaux qui « gardent » l’escalier. Les voici évoqués du bas vers le haut de ce bâtiment : deux éléphants, comme monture du dieu de la pluie Indra (l’éléphant pourrait faire penser à Ganesh, mais ici ce n’est pas le cas) ; deux lions, véhicule de Sarasvati, déesse de l’éducation ; et enfin, deux taureaux, véhicules de Shiva.
Après avoir parcouru tout Durbar Square, notre guide nous emmène dans des petites ruelles, en direction d’un vieux temple bouddhiste du 15ème siècle : comme un petit monastère. Pendant la révolution au Tibet, des moines venaient méditer ici. Dedans, c’est très joli avec une petite stuppa qui a un arbre à jasmin au dessus. Ce temple bouddhiste montre comment bouddhisme et hindouisme se sont entremêlée au Népal : trois dieux hindous : la déesse de la paix Tara , Brahma le dieu de la création et la déesse de la compassion sont représentés ici. Il y a aussi une cloche, d’habitude présente dans les temples hindous pour appeler les dieux, et un moulin à prières, plus spécifique du bouddhisme.
Dans les temples au Népal, le guide nous fait remarquer que les portes sont petites et nous devons nous courber pour entrer. Il y a aussi une petite marche qui réduit encore l’ouverture. Ce n’est pas parce que les gens sont petits au Népal, et non ! Cela a plutôt une valeur symbolique : en nous inclinant, le mal ne peut pas entrer et nous laissons notre ego de côté.
Après cela, nous déambulons dans les rues en direction d’une échoppe de bols chantants. Sur le chemin, nous voyons un petit temple (c’est juste un petit encadrement avec la statue d’un dieu). Ici, il est dédié à Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. Raju nous apprend que sa monture est une souris, ce que nous trouvons très amusant. A la sortie du temple, il y a un miroir qui permet, après la prière au dieu, de se placer correctement le point rouge (tikka), sur le front.
Le temple de Ganesh et les souris
Nous entrons alors dans la boutique de bols chantants. Nous sommes assez curieux de voir la démonstration. Le bol est fait de 7 métaux différents, afin que leurs combinaisons puissent à priori atteindre les sept différents chakkras de notre corps. Auparavant, un des métaux utilisés était le mercure, mais il a aujourd’hui était remplacé par du zinc. Le bol chantant est utilisé pour soulager les douleurs de dos, de genoux, etc, grâce aux vibrations : le bol est placé à proximité de la zone qui fait mal dans le corps, et en le faisant sonner à raison de 5 à 10 minutes par jour, la douleur finit par partir. Pour nous expliquer le concept, le vendeur utilise un bol rempli à moitié d’eau, et fait tourner un bâton tout autour. Les frottements provoquent des vibrations et le bol entre en résonance. Nous voyons alors l’eau s’agiter dans le bol ! C’est très impressionnant. Il nous explique donc que comme notre corps est composé à 65% d’eau, les vibrations induites par le bol ont également un effet sur notre corps. Pourquoi pas ? Nous tentons l’expérience, Hicham et Coralie essaie sur le dos, et moi sur la tête ! C’est une impression bizarre !
Après cette expérience des plus intrigantes, nous continuons sur notre lancée de découverte culturelle, et allons voir comment sont fabriqués les mandalas dans une école, et leur signification. C’est à priori un outil de méditation, et on peut s’abîmer dans la contemplation de l’oeuvre.
Le mandala est travaillé sur canevas : le support d’une toile de coton est utilisé, sur laquelle ont été ajoutées plusieurs couches d’argile, à la fois pour avoir une surface lisse, mais aussi pour fixer les pigments plus longtemps.
Au niveau de sa signification, un mandala, c’est un peu comme une stuppa vue du dessus (ou vue du ciel) : un grand cercle entoure un plus petit carré, qui lui même entoure un plus petit cercle. Le mot mandala signifie « cercle », il contient beaucoup de symboles, qui ne sont pas faciles à comprendre mais dans l’idée, les différents étages (alternance de rond et carrée) depuis l’exterieur vers le centre seraient des sortes de « portes » à passer pour atteindre le Nirvana.
Après nous avoir montré quelques exemples de mandalas, le vendeur nous présente un livre où l’on peut voir le dalaï lama et d’autres moines en train de construire un mandala géant avec du sable de 7 couleurs différentes sur le sol. C’est un symbole pour la paix dans le monde, et l’appel à la méditation. Après trois mois de construction et de méditation autour de ce mandala, le dalaï lama disperse dans l’eau le sable qui a servi à le composer. Trois mois de travail minutieux qui tombe à l’eau pour certains, mais qui se propage par la même occasion dans le monde entier et rappelle que rien n’est éternel.
Après la présentation du mandala, on nous présente un autre support de méditation, qui est la Roue de la Vie. C’est un cercle découpé en 6, représentant les 6 parties du monde : être tourmenté, fantôme, humain, dieu, demi dieu et animaux. Le cercle est tenu par Yama, dieu de la justice et de la mort, qui choisit comment la créature va se réincarner, ou si le cycle de réincarnation s’arrête (c’est ce qui est recherché).
Les différentes pierres donnant les pigments
Les 6 parties du monde
Nous revenons à la visite du site et allons voir les autres monuments importants de Bhaktapur. Au passage, nous tombons sur des ouvriers qui préparent le riz, pour faire le papier de riz, reconnu ici ; et sur des maîtres de la poteries, qui fabriquent des pots à la chaîne (sur la place de la poterie).
Nous arrivons sur la place Taumadhi, et sommes sans voix devant des magnifiques temples rectangulaires à toits multiples que nous pouvons observer ! Ils montent très haut dans le ciel et nous pouvons monter leurs marches jusqu’en haut !
La visite aura duré très longtemps finalement, et nous remercions notre guide d’avoir pris le temps de nous montrer sa ville !
NB : Nous sommes allés à Bhaktapur depuis Katmandou en une journée, et à l’aller nous avons pris un taxi : 700NPR pour trois personnes. Au retour, nous avons trouvé le bus près du lac de Guhya Pokhari et l’avons pris (15NPR par personne !)