Ephèse ou la cité grecque ancienne

Turquie

Ephèse ou la cité grecque ancienne

Nous allons visiter Ephèse et sa cité grecque ! Elle est très connue, car elle comporte des vestiges très bien conservés et très riche. Cette richesse était due dans l’Antiquité au fait qu’elle était un des ports les plus importants. A son âge d’or, elle avait 200000 habitants et était la plus grande et la plus influente métropole d’Asie Mineure. Cependant, la cité fut abandonnée lorsque des sédiments ont progressivement comblé le bassin du petit méandre dans lequel le port était construit.

Ephèse est célèbre pour être la cité d’Artemis. Son temple dont il ne reste aujourd’hui plus rien était une des sept merveilles antiques. Les surnoms attribuées à la déesse sont multiples : la fille de Zeus, la fondatrice, la libératrice, la déesse mère de la nature, la beauté. Elle possède donc plusieurs attributs dans cette ville, contrairement à la déesse Artémis de la mythologie grecque. Cela est dû à l’influence considérable des religions orientales dans cette région et Artémis peut être comparée à l’ancienne divinité mère vénérée en Anatolie.

Artémis est vraiment présente partout dans la ville. Une rue est par exemple consacrée à ses serviteurs, les curettes. La rue des curettes est la rue des processions en l’honneur d’Artemis. A l’origine, les curettes sont des demi dieux qui ont fait énormément de bruit avec leurs armes pour cacher Léto, mise enceinte par Zeus, portant en elle Artemis et son frère Apollon. La femme de Zeus, Héra, était effectivement en colère contre elle (bien que ce ne soit pas de sa faute). Personne ne remarqua donc la naissance des jumeaux Artemis et Apollon. Si vous n’avez rien compris à cette histoire, c’est normal, c’est de la mythologie grec. A Ephèse, à l’époque romaine, ce sont les prêtres d’Artémis qui prirent le nom de curettes. Ils étaient 9 (choisis par élection) à servir dans le pritanée ou hôtel de ville.

Un autre exemple flagrant de l’importance d’Artemis est le suivant : dans le pritanée (justement) brûle habituellement un feu sacré, surveillé par la statue de Héra, la déesse du foyer. Je vous laisse deviner par qui Héra a été remplacée à Ephèse… (Artemis si vous ne l’aviez pas compris).

Mais alors, comment la ville a-t-elle été fondée ? Sur le temple d’Hadrien, une frise raconte cette histoire. On y voit Androclès, le fondateur de la cité sur la trace d’un sanglier. C’était un chef colonisateur, parti en direction de la mer Egée. Il voulait fonder une ville mais pour cela il lui fallait l’autorisation des dieux. Il consulta l’oracle du temple d’Apollon pour savoir où il devait construire la ville. L’oracle lui répondit : un poisson vous montrera l’emplacement et un sanglier vous montrera le chemin. La scène de chasse de la frise représente cet événement.

Selon nous, les deux monuments les plus emblématiques d’Éphèse sont le théâtre et la bibliothèque de Celsus.

Ce premier, le théâtre est gigantesque ! Il pouvait accueillir 25000 spectateurs ! Il remplit plusieurs fonctions selon la période. A ses débuts, il est associé au dieu Dyonisos et sert principalement pour les cérémonies religieuses. Il devient un lieu de divertissement pour la population avec des représentations théâtrales. Trois acteurs portaient des masques correspondant à leur rôle (pour pouvoir jouer plusieurs personnages). À l’époque romaine, le théâtre revêt une fonction de plus en plus politique. C’est le principal lieu public pour les discours politiques, où l’orateur peut prendre le pouls de la population. Il s’y déroule également des combats de gladiateurs et d’animaux.

Ensuite nous nous dirigeons vers la bibliothèque de Celsus.

Nous passons par l’Agora, un lieu important pour les rencontres, mais aussi une place de marché. Il était entouré de temples et de statue, et en son centre, il y avait une clepsydre et un cadran solaire, qui permettait de donner l’heure, un peu comme les horloges sur nos places publiques.

Il y a une porte pour entrer (ou sortir) dans l’Agora. Elle a une histoire touchante qui nous est parvenue grâce à une épigraphe latine : des esclaves au service de l’empereur Auguste et sa famille ont fait ériger cette porte en remerciement de leur mise en liberté autorisée par l’empereur Auguste. Ils en ont fait don à l’empereur, sa femme Livia, sa fille Julia et son gendre Aggripa.

Nous arrivons alors devant la Bibliothèque de Celsus. Quelle splendeur ! Elle a été construite en l’an 110 par le fils du sénateur romain Celsus, comme monument commémoratif et fut construit au dessus de son caveau. C’était une des plus grandes bibliothèques de l’Antiquité, qui contenait des livres (rouleau de manuscrits) provenant de dons et d’héritage. Publique, elle avait quasiment le rôle d’université. Nous pouvons voir quatre statues dans les niches de la façade qui personnifient les qualités attribuées à Celsus : Sophia la sagesse, Epistémé la science, Inoia la fortune, et Arété la vertu.

Une belle histoire tragique de l’Antiquité qui s’est passée à Ephèse nous est racontée lorsque nous passons devant l’Octogone, tombeau ressemblant à une miniature du phare d’Alexandrie (différent de ce qui se faisait à Ephèse à cette époque et symbole de l’Égypte à l’époque de Cléopâtre). Il serait le lieu de sépulture d’une des soeurs de la reine égyptienne Cléopâtre : peut être Arsinoé, la plus jeune soeur. Réfugiée à Ephèse, dans le temple d’Artemis, elle est assassinée. Il y aurait eu une divergence de point de vue entre Cléopâtre et Arsinoé dans la manière de gouverner l’Égypte . Cléopâtre était partisane d’un grand empire mondial avec Rome et Egypte main dans la main. Mais selon sa soeur, ce partenariat signifiait la capitulation de l’Égypte devant Rome. Alors, Cléopâtre aurait donné à Marc Antoine la mission d’assassiner sa soeur, qu’elle pressentait comme une menace.

Nous voyons ensuite un bas relief de Niké déesse de la victoire ! Je comprends enfin l’origine du nom de la marque de Nike. En regardant la photo, on pourrait même imaginer la virgule Nike.

Pour finir, nous sommes éblouis par la maîtrise de l’eau dans cette ville. On voit de nombreuses fontaines, splendides, sur trois étages, des bains qui ont les quatre traditionnels bassins, et des latrines qui étaient à priori utilisés même par les hommes riches qui avaient des toilettes chez eux car c’était un lieu de rencontre !

C’est une visite extraordinaire, et c’est incroyable de s’imaginer le site tel qu’il devait être a son apogée !

lucilemarrot