Ephèse ou la cité grecque ancienne

Nous allons visiter Ephèse et sa cité grecque ! Elle est très connue, car elle comporte des vestiges très bien conservés et très riche. Cette richesse était due dans l’Antiquité au fait qu’elle était un des ports les plus importants. A son âge d’or, elle avait 200000 habitants et était la plus grande et la plus influente métropole d’Asie Mineure. Cependant, la cité fut abandonnée lorsque des sédiments ont progressivement comblé le bassin du petit méandre dans lequel le port était construit.

Ephèse est célèbre pour être la cité d’Artemis. Son temple dont il ne reste aujourd’hui plus rien était une des sept merveilles antiques. Les surnoms attribuées à la déesse sont multiples : la fille de Zeus, la fondatrice, la libératrice, la déesse mère de la nature, la beauté. Elle possède donc plusieurs attributs dans cette ville, contrairement à la déesse Artémis de la mythologie grecque. Cela est dû à l’influence considérable des religions orientales dans cette région et Artémis peut être comparée à l’ancienne divinité mère vénérée en Anatolie.

Artémis est vraiment présente partout dans la ville. Une rue est par exemple consacrée à ses serviteurs, les curettes. La rue des curettes est la rue des processions en l’honneur d’Artemis. A l’origine, les curettes sont des demi dieux qui ont fait énormément de bruit avec leurs armes pour cacher Léto, mise enceinte par Zeus, portant en elle Artemis et son frère Apollon. La femme de Zeus, Héra, était effectivement en colère contre elle (bien que ce ne soit pas de sa faute). Personne ne remarqua donc la naissance des jumeaux Artemis et Apollon. Si vous n’avez rien compris à cette histoire, c’est normal, c’est de la mythologie grec. A Ephèse, à l’époque romaine, ce sont les prêtres d’Artémis qui prirent le nom de curettes. Ils étaient 9 (choisis par élection) à servir dans le pritanée ou hôtel de ville.

Un autre exemple flagrant de l’importance d’Artemis est le suivant : dans le pritanée (justement) brûle habituellement un feu sacré, surveillé par la statue de Héra, la déesse du foyer. Je vous laisse deviner par qui Héra a été remplacée à Ephèse… (Artemis si vous ne l’aviez pas compris).

Mais alors, comment la ville a-t-elle été fondée ? Sur le temple d’Hadrien, une frise raconte cette histoire. On y voit Androclès, le fondateur de la cité sur la trace d’un sanglier. C’était un chef colonisateur, parti en direction de la mer Egée. Il voulait fonder une ville mais pour cela il lui fallait l’autorisation des dieux. Il consulta l’oracle du temple d’Apollon pour savoir où il devait construire la ville. L’oracle lui répondit : un poisson vous montrera l’emplacement et un sanglier vous montrera le chemin. La scène de chasse de la frise représente cet événement.

Selon nous, les deux monuments les plus emblématiques d’Éphèse sont le théâtre et la bibliothèque de Celsus.

Ce premier, le théâtre est gigantesque ! Il pouvait accueillir 25000 spectateurs ! Il remplit plusieurs fonctions selon la période. A ses débuts, il est associé au dieu Dyonisos et sert principalement pour les cérémonies religieuses. Il devient un lieu de divertissement pour la population avec des représentations théâtrales. Trois acteurs portaient des masques correspondant à leur rôle (pour pouvoir jouer plusieurs personnages). À l’époque romaine, le théâtre revêt une fonction de plus en plus politique. C’est le principal lieu public pour les discours politiques, où l’orateur peut prendre le pouls de la population. Il s’y déroule également des combats de gladiateurs et d’animaux.

Ensuite nous nous dirigeons vers la bibliothèque de Celsus.

Nous passons par l’Agora, un lieu important pour les rencontres, mais aussi une place de marché. Il était entouré de temples et de statue, et en son centre, il y avait une clepsydre et un cadran solaire, qui permettait de donner l’heure, un peu comme les horloges sur nos places publiques.

Il y a une porte pour entrer (ou sortir) dans l’Agora. Elle a une histoire touchante qui nous est parvenue grâce à une épigraphe latine : des esclaves au service de l’empereur Auguste et sa famille ont fait ériger cette porte en remerciement de leur mise en liberté autorisée par l’empereur Auguste. Ils en ont fait don à l’empereur, sa femme Livia, sa fille Julia et son gendre Aggripa.

Nous arrivons alors devant la Bibliothèque de Celsus. Quelle splendeur ! Elle a été construite en l’an 110 par le fils du sénateur romain Celsus, comme monument commémoratif et fut construit au dessus de son caveau. C’était une des plus grandes bibliothèques de l’Antiquité, qui contenait des livres (rouleau de manuscrits) provenant de dons et d’héritage. Publique, elle avait quasiment le rôle d’université. Nous pouvons voir quatre statues dans les niches de la façade qui personnifient les qualités attribuées à Celsus : Sophia la sagesse, Epistémé la science, Inoia la fortune, et Arété la vertu.

Une belle histoire tragique de l’Antiquité qui s’est passée à Ephèse nous est racontée lorsque nous passons devant l’Octogone, tombeau ressemblant à une miniature du phare d’Alexandrie (différent de ce qui se faisait à Ephèse à cette époque et symbole de l’Égypte à l’époque de Cléopâtre). Il serait le lieu de sépulture d’une des soeurs de la reine égyptienne Cléopâtre : peut être Arsinoé, la plus jeune soeur. Réfugiée à Ephèse, dans le temple d’Artemis, elle est assassinée. Il y aurait eu une divergence de point de vue entre Cléopâtre et Arsinoé dans la manière de gouverner l’Égypte . Cléopâtre était partisane d’un grand empire mondial avec Rome et Egypte main dans la main. Mais selon sa soeur, ce partenariat signifiait la capitulation de l’Égypte devant Rome. Alors, Cléopâtre aurait donné à Marc Antoine la mission d’assassiner sa soeur, qu’elle pressentait comme une menace.

Nous voyons ensuite un bas relief de Niké déesse de la victoire ! Je comprends enfin l’origine du nom de la marque de Nike. En regardant la photo, on pourrait même imaginer la virgule Nike.

Pour finir, nous sommes éblouis par la maîtrise de l’eau dans cette ville. On voit de nombreuses fontaines, splendides, sur trois étages, des bains qui ont les quatre traditionnels bassins, et des latrines qui étaient à priori utilisés même par les hommes riches qui avaient des toilettes chez eux car c’était un lieu de rencontre !

C’est une visite extraordinaire, et c’est incroyable de s’imaginer le site tel qu’il devait être a son apogée !

De la Turquie vers le Népal

Nous rentrons à Istanbul le 6 octobre au soir, pour prendre l’avion le lendemain à 21h45 et commencer un très long vol qui finira le surlendemain à 18h à Katmandou.

Dernier jour à Istanbul, nous disons au revoir à la ville en passant par la mosquée de Solimane le Magnifique, notre coup de cœur pour sa beauté et sa tranquillité. Nous rencontrons lors de notre ballade un belge d’origine turc très sympathique qui nous décrit un peu les beautés de son pays. Parmi les expériences que nous avions manquées, il nous conseille fortement d’aller manger du poisson frit en sandwich, une spécialité que l’on trouve le long de la Corne d’or. Ne ne partirons pas sans y avoir goûter !

Quand nous lui parlons de la mosquée Solimane le magnifique, il nous annonce que justement, son père l’avais nommé Siman en hommage à l’architecte de ce monument. Il nous fait part de nombreuses anecdotes sur cet homme comme par exemple dans les mosquées, il y aurait des coquilles d’œufs d’émeu dont les araignées auraient peur, ce qui éviterait qu’elles construisent leurs toiles en ces lieux religieux. Nous n’avons pas trouvé de confirmation de cette anecdote.

Après avoir pris notre sandwich au poisson, c’est déjà l’heure d’aller chercher nos affaires gardées dans le Airbnb que nous avons loué, et nous nous dirigeons vers l’aéroport en prenant le même Havabus qu’à l’aller, au même endroit : en bas de la place Taksim.

Franchement, c’est bon

A l’aéroport, on passe le check in, on dépose les bagages et c’est parti pour Katmandou. 4h25 pour le premier avion jusque Dubaï, on arrive là bas à 3h du matin heure locale. On installe nos sacs de couchage dans la salle d’attente de l’aéroport et on s’endort jusque 7h du matin. Ensuite on patiente jusque 11h20, heure de l’embarquement. Encore 4h15 de vol et nous arrivons à 18h (heure locale) à l’aéroport de Katmandou.

C’était beau au dessus de l’Iran

Et là, nous pensons voir la fin du voyage…mais non, c’est sans compter que nous arrivons au moment de la fête de Dashain et donc en période de jours fériés… tout cela en combinaison avec l’arrivée massive de touristes qui viennent comme nous profiter de cette période privilégiée pour faire du trek.

Nous n’avions pas rempli le formulaire pour le visa sur Internet, nous commençons donc par cela. Il y a déjà de l’attente. Nous patientons, trouvons des français dans la file et discutons de nos différents plans de voyage au Népal. Ensuite, il faut payer. Les espèces de nombreux pays sont acceptées, nous ne sommes donc pas obligés de payer en roupies népalaises et pouvons payer directement en euros : 80€ et on nous rend 4$.

Après avoir payé, il faut maintenant attendre pour passer la frontière. Et là c’est le drame, il y a 4 guichets ouverts, et c’est lent, très lent ! A la fin, nous sortirons 4h après notre arrivée, soit à 22h !

Fatigués, nous prenons le taxi au guichet de l’aéroport : prepayed taxi car les prix sont affichés, et pour le quartier de Thamel, c’est 700 NPR. Nous paierons finalement 900 NPR car apparemment nous ne sommes pas tout à fait dans le quartier de Thamel. Mais en réalité, depuis l’aéroport, nous en avons pour 10 minutes de taxi jusqu’à la Guest House : Elbrus home. Tout est fermé car c’est férié et nous n’avons pas mangé. La personne qui nous accueille à l’hôtel nous promet pour le lendemain un bon petit déjeuner qui nous remettra sur pied.

Voilà pour notre arrivée au Népal!

Izmir

C’est un arrêt éclair que nous faisons dans cette ville : malheureusement nous n’avons pas eu un très bon feeling.

Ça commence mal, à l’arrivée on nous dit que les « bus » pour le quartier dans lequel nous avons réservé sont des espèces de taxis dans lequel il y a de la place pour 4 personnes et ça coûte 10TL par personne. Nous nous sentons un peu arnaqués, d’autant plus que lorsque nous irons à Éphèse en bus, cela nous coûtera 15TL, pour une distance parcourue bien plus importante ! A deux, la moitié de la voiture est déjà remplie, nous attendons donc 2 autres personnes. Une autre personne arrive rapidement et nous patientons pour la quatrième. Au bout de 10 minutes, notre chauffeur nous propose de payer 15TL par personne pour partir immédiatement… On ne réfléchie plus on y va, c’est pas grave.

On arrive le soir, moment de grand trafic et ça bouchonne pas mal. Notre conducteur zigzague entre les autres voitures. Son anglais est limité mais nous parlons d’un sujet qui rassemble (et divise !) : le foot avec la victoire du PSG sur Galatasaray le club d’Istanbul.

Lorsque nous sortons manger, nous remarquons la différence de cette ville avec les autres dans lesquelles nous étions jusque là : dans une zone pas si touristique, il y a quand même quelques femmes dans la rue, la vente d’alcool est plus visible. Nous sommes proches du port mais loin de la plage et donc ça ne nous plaît pas tant que ça : il y a trop de villes et pas assez de nature pour nous ! Nous n’avons pas de coup de cœur, nous décidons donc d’aller passer les derniers jours en Turquie à Éphèse (culturellement riche et pas trop loin de la mer).

A Izmir, nous faisons un tour pour voir : les ruines d’une partie de la cité grecque antique, une petite mosquée bleue, la Clock Tower.

Et nous nous arrêtons fascinés devant tous les pêcheurs qui longent la côte. Des jeunes et des moins jeunes sont tous rassemblés là, armés de patience, espérant qu’un poisson morde. A l’exception d’un pêcheur assez doué, l’après midi n’a pas semblé très fructueuse pour la plupart.

Le lendemain, nous prenons le bus pour Éphèse.

Antalya et le mont Chimère

Arrivée à Antalya

Nous arrivons à Antalya après avoir passé la nuit dans le bus. Nous allons à l’hôtel que nous avions vu sur Internet : le life hotel. Le gérant a encore de la place heureusement pour les deux nuits que nous demandons. Nous en rajouterons une troisième. Il nous aide beaucoup et nous donne une carte avec le nom des endroits à voir et nous dit ce qui lui semble inutile et ce qu’il trouve au contraire intéressants et beau à voir. Malheureusement, ce qu’il trouve le plus intéressant est à 3h de route en bus, nous n’irons donc pas si loin surtout que nous ne restons pas très longtemps finalement : seulement 3 jours. 

C’est vrai qu’à Antalya et ses alentours il y a de nombreux points d’intérêt, d’un point de vue historique et à la fois pour la beauté des paysages avec la montagne qui se jette dans la mer.

Après cette présentation, il nous conseille de prendre notre petit déjeuner en attendant que notre chambre soit prête. Nous lui faisons confiance sur le restaurant qu’il nous conseille. En regardant la carte pourtant, nous sommes un peu méfiants au début car les plats sont un peu chers (15TL la soupe !) Lorsqu’ils arrivent, nous ne sommes pas  déçus : la soupe est servie dans une boule de pain et est bien conséquente, l’omelette est très bien servie aussi, garnie avec de la charcuterie turque.

Nous revenons à notre chambre et faisons une sieste bien méritée pour nous remettre du voyage en bus. En milieu d’après midi, quand nous émergeons, nous décidons d’aller voir les chutes de Düden, réputées impressionnantes. Il faut prendre un bus qui met quand même une demi heure avant d’arriver. Nous entrons dans un joli parc, bien aménagé, avec les chutes d’eau. Cependant, il faut sans doute mieux voir les chutes de la mer et pas dans le parc. C’est là où elles sont plus impressionnantes, mais pour cela il faut prendre le bateau, ce que nous n’avons pas fait.

La chimère

Après cette première journée plutôt tranquille, nous décidons de partir vers Olympos le lendemain. Lorsque nous étions en Cappadoce, notre gérant nous avait conseillé d’y aller car il y a un feu qui brûle éternellement en haut de la montagne de la chimère . Voilà qui semble plutôt enthousiasmant ! 

Nous allons à la gare routière le lendemain, et partons pour une heure et demie de bus. Nous comptions à la base aller jusque Cirali, car il y a la mer puis remonter vers Olympos. Lorsque le bus nous dépose à l’arrêt d’Olympos, nous regardons la carte et voyons qu’en suivant un peu la route nous pouvons rapidement récupérer un bout de la voie Lycienne et arriver jusqu’à la montagne de la chimère. En plus, ce n’est quasiment que de la descente ! Après quelques hésitations, c’est ce que nous choisissons de faire.

La route que nous suivons au début est assez dangereuse (un peu comme si nous suivions une route nationale en France). Heureusement, dès que nous tournons à droite pour prendre la voie Lycienne, nous quittons les voitures et nous retrouvons sur une route qui fait comme un chemin de randonnée. Il y a même des marques blanches et rouges comme les GR en France. Le chemin est bien balisé et nous descendons en suivant la route. A un moment, il nous faut prendre à gauche et ça commence a monter. Nous sommes entourés par la forêt et nous nous demandons si nous sommes au bon endroit. Comment du feu peut-il sortir de la roche en haut de cette montagne alors que le coin est une forêt ? Nous atteignons le sommet et la vue est splendide : la montagne nous entoure et nous voyons la mer en contrebas. Mais pas de feu… Nous nous arrêtons pour goûter, et c’est a ce moment que nous sommes plus attentifs : de petites flammes sortent de petites fissures dans la roche juste à côté de nous. Le phénomène est fascinant.

Une anglaise arrive par le même chemin que nous. Elle est partie de chez elle avec son vélo seulement pour un mois au début, mais cela fait aujourd’hui 5 mois qu’elle voyage. Elle a une tente avec elle et mange du pain et des cornichons tous les jours comme repas. (Elle vit donc avec 5 euros par jour !). Elle nous dit que le chemin touristique n’est pas celui que nous avons emprunté mais un qui descend vers la mer et qu’elle ne l’a pas pris car il est payant (20TL). 

Comme nous souhaitons nous diriger vers Cirali et la mer, nous allons tout de même dans cette direction pour finir cette petite randonnée. Lorsque nous descendons, nous voyons qu’à d’autres endroits, du feu sort de la roche, et c’est très impressionnant.

Nous nous sommes un peu intéressés à ce phénomène et il semblerait que ce soit le fruit d’émission de gaz combustible (méthane et dihydrogène).

Dans l’antiquité, ce phénomène inexpliqué à donné naissance à la légende selon laquelle la chimère, ce monstre mythologique à moité lion à moitié chèvre, avec la queue d’un serpent et capable de cracher du feu, serait enfermée en cet endroit.

Après une bonne descente, nous finissons au bord de la plage. Il y aurait pleins d’autres choses à voir dans cette région : les ruines d’Olympia par exemple, mais il est 16h passé alors nous préférons profiter des derniers instants à nous prélasser et nous baigner.

Il y a de grands bateaux de touristes avec des décorations atypiques (Pirates des Caraïbes par exemple) qui ramènent directement à cette plage.

Visite d’Antalya

La dernière journée que nous passons à Antalya est plutôt tranquille : farniente à la plage et à la découverte des lieux d’intérêt. Nous passons devant la porte d’Hadrien ; la mosquée d’Yivliminare datant du 13eme siècle avec un minaret canelé ; la tour Hidirlik.

C’est la fin déjà du séjour à Antalya et nous partons maintenant en direction d’Izmir !

Le mystère des églises de la Red Valley ou…

Une journée qui nous a particulièrement marqué en Cappadoce est lorsque nous avons décidé de monter en haut de la « Montagne Rose » que nous apercevions depuis Göreme. Nous l’appelons « Montagne Rose » car personne ne connait son nom: c’est une montagne pas très haute avec un plateau au dessus, montagne que nous voyons depuis le premier jour de notre arrivée. Pour ce faire, nous prenons un bus en direction d’Urgüp et nous demandons à nous arrêter en chemin. Pas trop loin de notre arrêt (et après avoir tout de même dû faire demi tour une fois, comme d’habitude, car le chemin que nous commencions à emprunter n’était pas le bon), nous sommes arrivés à l’endroit où débutait la Red Valley. A cet endroit, un gardien nous informe que nous devons payer : 4TL par personne. Cette entrée payante donne sur une parking avec des cafés où les gens arrivent en voiture, payent, prennent quelques photos et s’en vont. Une fois sur place, les chemins dans la montagne se dessinent et finalement l’ascension est très facile. La vue d’en haut est magnifique, surtout sur la Red Valley et la Rose Valley au loin. Nous marchons le long du sommet, parcourant la montagne sur toute sa longueur.

Nous rencontrons alors un couple polonais, qui ont un peu la même vision du voyage que nous, avec la volonté de voir de belles choses, en prenant leur temps et en randonnant. Ils sont partis de l’autre versant de la montagne pour finir dans la Red Valley. Après avoir fait un bout de chemin ensemble, nous les quittons car ils doivent prendre un bus le soir pour aller à Pamukkale.

Nous poursuivons notre route dans la Red Valley, en nous amusant bien à descendre, sur des chemins assez bien tracé (lorsqu’il n’y a plus d’empreintes de chaussures, c’est que nous nous sommes éloignés du chemin sans nous en rendre compte). Avec l’érosion, le sol est « sableux » et nous glissons très facilement, il faut donc être un peu prudent.

Comme dans toute la Cappadoce, Hicham ne résiste pas à l’envie de voir une grotte qui parait assez grande. Je le laisse grimper, et il m’appelle en me disant que c’est assez facile d’y accéder, et que ça vaut le détour. C’est là que nous croisons deux français, qui nous demandent si nous avons vu aussi l’église qui est là, juste à 10m, la Haçli Kilise : église à la Croix, du fait de la grande croix sculptée au plafond.

Croix au plafond de l’église

C’est une magnifique église, avec des peintures en meilleur état que ce que nous avons vu jusque-là. Un guide est en train de donner des explications. Nous voyant intéressés, il se tourne vers nous et répète ce qu’il était en train de dire. Il nous donne d’abord l’estimation de la date de construction de l’église : le IXème siècle. Il peut l’affirmer grâce à la taille d’une arcade au fond de l’église : plus l’arcade est grande, plus l’église est ancienne. Lorsque l’on se tourne vers elle et que l’on parle, le son s’en trouve amplifié. Cela permettait donc au prêtre d’avoir une voix plus profonde lorsqu’il lisait la bible en s’adressant au fidèles

Arcade et peintures

Si les peintures sont extrêmement bien conservées, cela serait dû au fait que cette église n’ait été découverte que récemment (une vingtaine d’années), la laissant en très bon état.

Peintures

Jésus au milieu est représenté entouré des quatre évangélistes.

Jésus et les 4 évangélistes

Ce que le guide voit et nous explique, c’est que la main de Jésus est représentée de manière un peu disproportionnée. Il fait le signe des orthodoxes, mais il semble que cela ait été fait à postériori. On peut y voir aussi un endroit où la peinture a été « grattée » et où il y avait la première main peinte, certainement avec le signe catholique. La tunique même de Jésus est recouverte de traits noirs pour faire les plis, mais qui cachent également les précédentes signes et symboles qui n’étaient pas orthodoxes. Cette information est une découverte très récente de notre guide allemand, historien à la base, passionné et vivant dans la Cappadoce depuis 17 ans.

De plus, il y a une fresque en dessous avec les apôtres représentés (on peut encore lire leurs noms en grec). Les apôtres évangélistes sont représentés avec un livre dans la main, et c’est assez drôle car c’est le cas de Marc : à cette époque, on croyait que Marc l’évangéliste et Marc l’apôtre était une seule et même personne (note: dans le christianisme il y avait un Marc apôtre et un Marc évangéliste).

Sur la voûte qui sépare le chœur de l’église de la salle, on peut voir David et Salomon représenté. Dans la religion catholique, David est connu pour ses exploits lorsqu’il était jeune (son combat contre Goliath) et est donc souvent représenté jeune ; alors que Salomon est reconnu pour sa sagesse lorsqu’il était déjà un roi assez âgé : il est donc représenté plutôt vieux. Pour les chrétiens orthodoxes, c’est la généalogie qui prime, et David étant le père de Salomon, c’est lui qui est représenté comme un vieillard et Salomon qui est représenté jeune.

Nous remercions le guide pour toutes ses explications. Il demande alors à celui qui a payé pour ce tour (un américain), si ce serait bon pour lui que nous les accompagnions un peu. Il accepte et nous passons alors l’après midi en leur présence.

Le savoir du guide est impressionnant (plus grand que celui qui nous a fait faire le green tour).

Il nous explique ainsi que de nombreux pèlerins venaient dans ces lieux. Pour eux, ils croyaient que si une personne avait été enterrée ici (tombe symbolisée par une croix), alors ce devait être un saint, et à côté de la « grande » croix tracée sur la falaise, ils traçaient une plus petite croix pour ne pas être oubliés à leur mort. Une sorte de graffiti religieux.

Le guide nous décrit les nombreux monastères qui étaient installés dans la région, et en face de l’un d’entre eux, nous parle d’un mystérieux ermite qui vivait un peu plus au-dessus. Nous allons voir sa petite chambre. L’ermite savait qu’il allait mourir ici, et il a vraisemblablement creusé une croix au dessus de son lit pour être enterré directement là à sa mort. De nombreux pèlerins venaient le voir, et dans sa petite pièce, il y avait un banc fait de pierre où l’ermite se mettait à droite pour écouter les gens venir lui parler, pour donner des conseils peut être ? Si ce lieu était spirituel pour bien des gens, c’est aussi parce qu’une relique précieuse, protégée par trois coffres aurait été présente. On voit encore dans l’ermitage la place que prenait les trois coffres.

Nous finissons le tour avec le guide et l’américain, par une dernière église, mais quelle église ! Le guide la nomme la « White Church », et elle daterait du Xième siècle. L’entrée est toute petite et est cachée pour qui n’est pas averti ! Un groupe de touristes à cheval passe près de l’église, mais sans y rentrer. Le secret est bien gardé.

A l’entrée, une pierre roulante permettait de fermer l’accès aux ennemis et de trous à travers la roche permettait de faire passer des lances et de tuer tout adversaire qui chercherait à s’introduire de force. De cette petite porte, un escalier monte, et là… c’est à couper le souffle, l’église est immense, sans aucun doute, la plus grande que nous ayons vu dans la Cappadoce.

Une des rares photos prises de la White Church

Le guide nous explique que l’église a certainement été creusée depuis l’arrière de l’église jusqu’au chœur et de haut en bas, de manière coordonnée et avec plusieurs endroits creusés en même temps. Ainsi, on peut voir que la base carrée d’un des piliers qu’ils ont creusé n’est pas orienté dans la même direction que les autres, car c’était le premier pilier à être creusé et lorsqu’ils ont continué tout droit, ils se sont aperçus qu’ils finiraient par tomber sur l’extérieur. Ils ont donc modifié légèrement la direction des piliers suivants.

Derrière l’entrée de l’église, il y a des arches près de fenêtres qui symbolisent que quelqu’un était enterré là.

Vu l’architecture de l’église, qui est plutôt de style gothique (on retrouve des arcs boutants), on peut se demander si ce n’est pas un groupe de croisés qui a décidé de s’y installer. Derrière l’escalier de l’entrée, il y a aussi une salle de stockage et à gauche du chœur, un puits qui a été bouché pour puiser de l’eau. C’est comme si les fidèles de ce lieu savaient qu’ils allaient être attaqués.

Ils n’ont d’ailleurs peut être pas pu finir la construction de leur lieu de culte : le sol n’est pas droit dans toute l’église, avec un gros monticule à un endroit par exemple. Au niveau des piliers, on peut également voir qu’ils voulaient les lier en haut par des poutres en bois. Ils ont eu le temps de creuser à deux endroits l’insert de la poutre en bois, mais pas sur les autres piliers.

Dans la salle à droite du chœur, il y avait peut être une relique précieuse, qui expliquerait également pourquoi l’entrée de l’église était si petite : les personnes autorisée à rentrer dans l’église étaient triées sur le volet et devait attendre avant de pouvoir toucher la relique.

Au fond du chœur, on pouvait voir un siège un peu surélevé par rapport aux autres, comme si le chef de culte était adoré (à la manière d’une secte peut être), et comme s’il avait tout pouvoir sur les fidèles.

Un habitant aurait dit au guide que c’était son grand père qui aurait découvert l’endroit. Il était pleins d’os : y aurait-il eu une fin tragique ? Le guide soupçonne qu’en tout cas, le grand-père aurait jeté les os dans le puits et aurait comblé ensuite de pierres venant des murs de l’église, par peur des fantômes qui pourraient hanter ce lieu. Une hypothèse.

Néanmoins, cette visite était incroyable en tout point et nous ne remercierons jamais assez Bernd Junghans de nous l’avoir offerte. Avec lui nous étions comme Indiana Jones à élaborer des hypothèses sur ce qui est arrivé, ce que les endroits cachaient… son savoir est une mine d’or et il n’hésite pas à le partager. Notre ami américain nous a donné une manière de le contacter pour réserver une visite guidée de la Cappadoce pour un prochain séjour en Turquie, n’hésitez à le contacter via Facebook :

https://www.facebook.com/bernd.junghans

Moments féeriques en Cappadoce

Après une nuit passée dans un bus faisant le trajet Istanbul- Göreme, le paysage change soudainement et nous sentons l’effervescence monter : nous arrivons dans la Cappadoce. Nous voyons au loin deux-trois montgolfières qui sont encore présentes dans le ciel. C’est une des attractions majeures de ce lieu enchanteur. Première impression : La ville de Göreme s’est directement incorporée dans un décor fait de cheminées de fée, de cônes, en creusant ces étranges pics. La ville est clairement tournée vers le tourisme, mais conserve un vrai charme.

Nous n’avons pas réservé d’hôtel en arrivant d’Istanbul, donc c’est la première chose à laquelle nous nous attelons. Ce ne sera pas très dur, et pour 175 TL, nous trouverons une chambre dans un endroit plutôt privilégié dans Göreme : Ufuk Pensiyon (prononcé « Oufour »). Nous y resterons 7 nuits (soit huit jours), ce qui fait de nous des personnes un peu atypiques puisque la durée normale de séjour est de deux jours : le temps de voir les montgolfières au lever du jour (6h du matin) et de repartir (je trouve ça très triste).

Uchisar, ville voisine de Göreme

La région a beaucoup à offrir et beaucoup de réponses à apporter : comment ce sont formées les cheminées de fées, les cônes par exemple ? Ce serait la faute de deux volcans Hasan Dagi et Erciyes Dagi, qui après être entrés en éruption, ont laissé l’eau faire son travail. Elle a formé les étranges cônes, creusé des vallons, qui encore plus surprenant, se sont drapés de différentes couleurs, si bien que lorsque l’on change de vallées, un paysage complétement différent apparaît.

On nomme ces vallées d’après leurs caractéristiques principales :

  • Love Valley
  • White Valley
  • Red Valley
  • Rose Valley
  • Pigeon Valley

Dans chacune d’entre elles, il y a de nombreux arbres fruitiers. C’est un peu difficile de faire la différence entre ceux qui appartiennent à des fermiers locaux et ceux qui sont laissés à l’abandon. On s’est donc servi en raisin et en pommes.

Le propriétaire de l’hôtel nous avait dit de ne pas hésiter, que ces fruits seraient gâchés sinon.

Dans toutes les vallées (dans toute la Turquie en réalité), à intervalles réguliers, il y a des cafés qui vendent des jus de fruits frais pressés (oranges et grenades pour la plupart) et du thé.

Lors de notre première balade, dans la Red Valley, nous nous sommes arrêtés dans un tel café et avons pris deux jus à un homme. Nous avons rejoint une néo-zélandaise qui apprenait le turc et était à Gorëme depuis un an déjà et communiquait avec deux femmes. Nous nous sommes joints à la conversation et une des femmes a tenu à me mettre un foulard sur la tête. Je l’ai laissé faire, mais il s’est rapidement enlevé comme il n’était pas très serré. La femme néozélandaise m’a alors demandé si j’aimais bien le foulard car je l’avais enlevé bien vite et traduisit ensuite que la femme turque voulait savoir si je comptais lui acheter le foulard. Après cela, je n’étais plus très à l’aise, me sentant plus dans une relation vendeur-acheteur.

Néanmoins, grâce à la femme néo-zélandaise, la femme turque et son mari nous invitèrent à visiter leur jardin, dans lequel ils faisaient pousser des tomates, des piments (Hicham a été le seul à tenter l’expérience). Ils récoltent aussi des noix, des pommes, des coings.

Ces arbres-là, on les retrouve dans toute la Cappadoce, avec des vignes aussi car ils font du vin !

Les gens sont très généreux. Par exemple, on a reçu deux fois des noix qui étaient en train d’être cueillies.

J’ai un autre exemple de générosité, complètement différent. Il faut savoir que parmi les activités touristiques à Gorëme, à part les chevaux et les montgolfières (tôt le matin, c’est magnifique), il y a… les quads. Une fois, nous sommes rentrés tard de la vallée blanche : la nuit allait tomber et nous en avions encore pour une heure de marche. L’heure du coucher de soleil est précisément une des heures phares des activités touristiques puisque les paysages sont magnifiques à cette heure là. Arrive alors un groupe de quads (montés par des turcs qui devaient ramener les engins à leur lieu de stationnement). Parmi le groupe, les deux premiers s’arrêtent et disent « Gorëme ? ». Nous nous exclamons : « Yes ! » Et ça y est, ils nous proposent de monter et c’est une ballade qui commence (un peu violente avec la poussière dans le nez et les yeux). Vous vous imaginez bien que ce n’était pas la promenade traditionnellement proposée aux touristes qui suivent lentement et gentiment leurs guides ! Ici, nous avions affaire à des habitués qui n’avaient pas peur de la vitesse, ni des bosses, ni de faire la course ! Pas besoin de vous dire à quel point se fut une expérience forte en émotion et inoubliable ! Meilleur quad stop du monde !

Le Green Tour : le monastère de Selime, le…

Le gérant de l’hôtel nous avait prévenu, les français n’aiment pas ce tour. Ils le trouvent trop rapide. Il n’a pas tort mais nous l’avons quand même apprécié.

Il commence à Göreme, ils viennent nous prendre à l’hôtel (la classe !) puis le guide Mustapha nous raconte la journée qui va passer. Le green tour. Qu’est ce que c’est ? Quand on arrive a Göreme on nous donne une carte.

Carte touristique de la Cappadoce

Ce n’est pas une carte IGN bien sûr elle sert à indiquer les principales villes avec les principaux lieux touristiques à visiter. Neshehir avec Göreme pas loin est au centre et quatre  » tours « autour se dessinent comme un trèfle à 4 feuilles. Il y a un rouge « red », un bleu « blue » , un jaune « yellow » et un vert « green ». Le tour est conseillé car la carte n’est pas du tout à l’échelle: le tour prend la journée et pour aller à chaque point c’est entre une heure et une heure trente de route en voiture, alors que le red tour ce faisait à pied. Pas très facile d’accès sans véhicule donc. Du coup pour 35 euros on voit beaucoup de choses avec un guide. Top!

La première chose que le guide nous demande, c’est : « Savons-nous d’où vient le mot Cappadocia? ». 6 siècles avant J.C, la Cappadoce a été conquise par le peuple perse. Les perses collectaient des taxes dans tout le royaume, taxes que les habitants de Cappadoce payaient avec les chevaux qu’ils élevaient pour la guerre. Le royaume persan était impressionné par la qualité des chevaux qu’ils recevaient : ils ont alors donné pour nom à ce pays « Katpa Tuka » « Pays des magnifiques chevaux ». Ensuite, le mot s’est transformé jusqu’à devenir « Cappadocia »

Première étape , le monastère de SelimeLe guide nous raconte que les chrétiens cherchaient à fuir les persécutions des romains qui étaient païens et n’acceptaient pas les religions monothéistes. Ils ont donc cherché un endroit où ils pouvaient vivre leur religion librement. Ils ont migré vers la Syrie, puis ils sont arrivés en Turquie et ont trouvé la Cappadoce où il était facile de se cacher. Au début, ils ont construit de petites chapelles. Puis Constantin, l’empereur romain, est arrivé sur le trône et a décrété que chacun pouvait choisir de vivre leur religion librement.

Les chrétiens de Cappadoce se sont alors posés la question de répandre leur foi dans le monde. La Cappadoce est alors devenu un centre pour la formation des nouveaux prêtres et des figures importantes de la chrétienté. C’est également le rôle du monastère de Selime. Malheureusement, les fresques de la cathédrale de Selime ont été endommagées par les mongols lorsqu’ils ont envahi la région au XIIIème siècle.

La deuxième destination est la vallée d’Ihlara. le guide est très fier de nous dire que ce canyon est plus beau que le grand canyon aux Etats Unis et que nous allons marcher pendant trois kilomètres. Les raisons de son affirmation sont: il est plus vert, une belle rivière coule dedans, et il en Turquie bien sûr! Il nous demande de ne pas nous arrêter dans les églises et d’avancer directement jusqu’au restaurant où nous mangerons le midi. C’était magnifique, mais nous nous doutons bien que cela n’a rien à voir avec le Grand Canyon aux US.

Après manger, nous arrivons dans la cité souterraine de Derinkuyu. Un grand conduit permet d’amener de l’air pur jusqu’au fond des souterrains. Nous voyons les premiers étages avec des étables, des chambres de réserves, puis des cuisines et des pièces d’habitation. Il y a des pierres roulantes, qui nécessitent quatre hommes pour être poussées et qui permettent de bloquer les ennemis à certains endroits. On voit aussi une église en ces lieux.

Plus bas, où l’oxygène peut venir à manquer, notre guide nous propose d’aller voir par nous même une pièce dans laquelle ils enterraient certainement leurs morts, mais nous demande de ne pas nous éterniser.

Nous visiterons par nos propres moyens, une autre fois, la cité souterraine de Kaymakli, un peu moins profonde. Un guide que nous rencontrerons par la suite (voir article guide allemand) nous dira que selon lui, les cités souterraines attirent du monde, mais historiquement elles ne sont pas très intéressantes : selon lui, elles serviraient surtout à l’armée, qui s’en serviraient comme point de relais. Cela m’étonne un peu, je ne sais pas trop quoi en penser.

Le tour continue ensuite par l’admiration du point de vue de la Pigeon Valley. (Sans être blasés, nous l’avions déjà vue et cela nous a paru être une étape inutile dans ce tour car elle est très accessible depuis Göreme).

La fin du tour était à but plus commercial, mais finalement cela s’est montré plus intéressant que ce que nous avions anticipé. La première chose était l’arrêt dans une boutique de « Turquish Delights » : donc toutes les confiseries turques. L’avantage, c’est que nous avons pu goûter à toutes les sortes (c’était différents types de loukoums), c’était bien bon.

La deuxième chose était l’arrêt dans une bijouterie. là, une personne nous a expliqué que les pierres étaient locales, et il y avait notamment deux types intéressants dans la région : la pierre turquoise. D’ailleurs, le mot turquoise aurait pour origine : « turk quartz », soit le quartz turc. Une autre pierre est la Zultanite : la pierre des Sultans. Nous avons été ébahis car lorsque l’on change la lumière d’exposition la couleur de la pierre change complètement : orange, violet, bleu, rose : nous avons vu toutes les couleurs passer !

En conclusion, ce tour nous a permis de voir des choses que nous ne serions peut être pas aller voir par nous-même car trop loin de notre hôtel et les explications du guide étaient suffisantes pour nous faire voir la magie des endroits visités. Après, forcément, les lieux étaient assez loin les uns des autres, donc les visites étaient assez rapides.

Les Bazars d’Istanbul

Typiques de Turquie, nous ne pouvons pas ne pas aller voir les bazars. On nous conseille d’aller voir le bazar égyptien qui est très beau. C’est le cas, tout est lumineux, clair et ordonné dans ce bazar (est-ce qu’il porterait bien mal son nom alors ?). De petites échoppes se succèdent qui vendent toutes la même chose : des sucreries turques (turkish delights), des tapis, des foulards, des bijoux dorés, des épices.

Le bazar égyptien

Nous ferons le Grand Bazar le soir, alors que les rues aux alentours se vident, ce lieu restent rempli par les touristes. On trouve un peu la même chose qu’au bazar égyptien mais avec beaucoup plus de choix car beaucoup plus de boutiques. Nous voyons également le quartier cuir dans ce bazar. Les vendeurs nous abordent de toute part en espérant nous convaincre de ramener des souvenirs. S’ils savaient que nous ne revenions pas chez nous avant un an et demi et que nous ne pouvons pas nous permettre de nous rajouter des kilos sur le dos, ils n’insisteraient pas autant.

J’ai promis à ma mère que je goûterai des loukoums en pensant à elle, alors c’est la seule chose que j’ai envie d’acheter au bazar. Finalement nous ne les trouverons plus tard dans la rue adjacente à notre hôtel: nous n’en voulons que deux par personne et c’est ce que nous demandons. Le vendeur paraît décontenancé mais finit par nous donner un prix : 15TRY a l’aide de sa calculatrice. Lorsque nous voulons lui donner 3 billets de 5, il coche négativement la tête et nous demande des pièces. Nous n’en avons pas. Devant notre désarroi, il nous montre alors une pièce de 1 et avec sa main, fait le signe de la couper en deux. Devant notre incompréhension, il fait le signe que nous pouvons partir, il nous les offre gratuitement. Entre alors un monsieur. Il demande une grande boîte de loukoums et paie pour cela 25 TRY. Nous comprenons alors notre erreur, pour 4 loukoums, il nous demandait 1,5 TRY et non 15! Nous finirons par lui en prendre pour 5 TRY et aurons un bon gros sachet.

Le bazar égyptien
Le grand bazar

Autres lieux vus à Istanbul

Le Palais de Topkapi

Nous sommes allés visiter le palais de Topkapi, lieu où les sultans ont vécu du 15ème au 19ème siècle. Nous visitons le Palais grâce au pass que nous avons pris . Les jardins sont très beaux.

Entrée du palais de Topkapi
Décor des murs Topkapi (on a pris beaucoup de photos a l’intérieur après coup)
Lulu à Topkapi

A un endroit, une file de personnes attend devant une des pièces du palais. C’est la chambre des reliques. De nombreuses reliques ont été rassemblées par les sultans turcs dont, notamment à ce qu’il semblerait, le bâton de Moïse, de nombreuses fioles contenant des poils de la barbe du prophète Mohammed, mais aussi la tunique de sa première femme. Dans cette salle, toutes les photos sont interdites. Si autant de reliques du prophète existent, il semblerait que ce soit parce qu’il était déjà vénéré de son vivant. 

Les citernes. 

Nous suivons la direction d’une citerne que nous pensons être la citerne la plus connue. Nous arrivons à un endroit où il est écrit que l’empereur Theodosius a créé cette citerne donc nous pensons être au bon endroit. Nous sommes surpris car il n’y a pas grand monde et l’entrée n’est pas payante. La salle est très joliment éclairée et les colonnes ressortent bien. 

Citerne de Theodosius

Nous nous rendrons compte plus tard que ce n’est pas la citerne de la basilique en lisant que cette dernière possède 136 colonnes et clairement ce n’est pas le nombre que nous avons vu ! 

Nous finirons par trouver l’entrée de la citerne la plus célèbre qui est à 20 TRY par personne. L’intérieur est plus sombre que la citerne précédente et nous ne verrons pas toutes les colonnes dans leur ensemble car la citerne est elle aussi en rénovation. 

Citerne Basilique

Dans les anecdotes intéressantes que nous avons pu avoir sur la citerne, une d’entre elles concerne les deux têtes de Médusa situées en bas de deux colonnes. Medusa est une des trois gorgonnes (femmes à tête de serpents dans la mythologie grecque). Elle a le pouvoir de pétrifier tous ceux qui la regardent. A priori, les peintures et sculptures de la Garonne étaient utilisées pour protéger les grandes structures et mettre deux têtes de Gorgonnes dans la citerne pourrait avoir cet objectif. 

Les têtes de Medusa

La tour Galata

Elle existe depuis le 6ème siècle et elle a pris de nombreuses fonctions selon ceux qui régnaient sur Istanbul. Elle servit tour à tour de phare; d’observatoire astronomique; de forçat où les chrétiens prisonniers de guerre étaient enfermés ; ou encore de point de surveillance des départs de feu dans la ville.

Elle fut même témoin de la prouesse d’un des premiers aviateurs du 17ème siècle qui déploya des ailes artificielles depuis la tour, jusqu’au Bosphore, volant sur presque 6 kilomètres.

Galata tower

Nous avons essayé d’y aller le soir, au moment du coucher de soleil et c’était bondé.

Nous y sommes retournés le lendemain matin et il y avait beaucoup moins de monde. Nous avons eu le billet d’entrée pour 35TRY par personne. La vue d’en haut sur tout la Corne d’or et la vieille ville était vraiment incroyable. De ce monument, on voit vraiment la partie avec le quartier historique et ses très nombreuses mosquées et bâtiment historiques ; et lorsque l’on tourne à 180°, les immeubles font plutôt penser au quartier de la Défense à Paris.

La Mosquée Bleue

Séparée seulement par une place (l’hippodrome), la Mosquée Bleue et la Basilique Sainte Sophie, ces deux monuments chargés d’histoire se font face.

La première est en entrée libre. Nous arrivons au moment de la prière et nous entendons alors le minaret de la Mosquée et celui de la Basilique se répondre en chantant. Hicham dit qu’il n’a jamais entendu un appel à la prière qui soit si long. Il a le temps de prendre la décision d’y aller, c’est tout de même un moment unique à vivre à Istanbul.

Lorsque la prière se termine, nous pouvons ensemble entrer dans la Mosquée Bleue. Elle a été nommée ainsi en réalité par les visiteurs étrangers, alors que le peuple turc la connaît sous le nom de Mosquée de Sultan Ahmed. Cela est dû à ses nombreux carreaux bleus d’Iznik du carrelage qui la couvrent (plus de 21 000). Elle a été construite entre 1609 et 1617 par ordre du Sultan Ahmed I, alors qu’il n’avait que 19 ans, pour Sedelfkâr Mehmet Aga. Il montra sa ferveur à la construction en travaillant personnellement comme ouvrier.

Malheureusement, nous ne pourrons pas l’admirer dans toute sa splendeur car elle était en travaux, et notamment son dôme.

A la sortie, nous voyons quelques panneaux, qui expliquent aux non musulmans les bases de leur foi : qui est Allah, la filiation musulmane, quels sont les cinq piliers de l’Islam, la place de Jésus et Marie dans la religion, les trois mosquées les plus saintes de l’Islam.