Après le trek, nous programmons de nous poser à Pokhara pour quelques temps. Il y a de nombreux restaurants au bord du lac, qui nous donnent une bonne connexion wifi et de quoi nous rassasier. Nous profitons de l’ambiance en ces temps de festival.
Le festival de Diwali
Diwali (ou Tihar) est la deuxième fête la plus importante après Dashain (qui se déroulait d’ailleurs lors de notre arrivée au Népal). C’est une fête hindoue qui dure cinq jours et célèbrela victoire de la lumière sur les ténèbres, du bien sur le mal et de la connaissance sur l’ignorance. Plusieurs légendes sont associées à cet événement. Une qui nous a particulièrement marquée est celle qui concerne Yama le dieu de la mort et sa sœur Yakuma, car elle explique bien le déroulement des cinq jours de Diwali au Népal.
Lord Yama, dieu de la mort et juge des âmes, et Yakuma sa soeur avait rendez-vous. Mais Yama le manqua, trop occupé par son travail.
Sa soeur lui envoya alors des messages pour l’inviter à la rencontrer :
Le premier jour, elle lui envoya un corbeau. C’est à cet oiseau qu’est consacré la première journée de Diwali. Les gens leur offrent des graines.
Le deuxième jour, elle lui envoya un chien. On peut voir à cette occasion des chiens porter autour de leur cou un collier de fleurs oranges, les fleurs de soucis ou des œillets d’Inde, et arborer un point rouge (tika) sur le front.
Le troisième jour elle lui envoya une vache comme messagère. Au Népal, elles ont à priori leurs cornes décorées et des colliers de fleurs, mais malheureusement nous n’en avons pas vu en ville.
Lord Yama ne vient toujours pas à la rencontre de sa sœur, alors celle ci décide d’y aller elle même. Elle le retrouve et le bénit. C’est le jour des frères et sœurs. Les sœurs donnent à leurs frères un collier de fleurs qu’ils portent ce jour et elles prient pour eux.
Diwali, c’est aussi la fête des lumières : les habitants tracent devant leur maison une espèce de grand mandala avec des craies de couleurs et placent des lumières et des fleurs dessus . C’est une invitation pour que la déesse Laxmi entre et bénisse leur maison.
Toute les maisons sont éclairées. Avant, étaient utilisées des lampes à huile faites en argiles (diyas) mais celles ci sont devenus trop chères (le coût de l’argile a augmenté) donc on voit aujourd’hui des guirlandes à LED sur les façades. (Ça fait un peu ambiance Noël)
Pendant ces cinq jours, c’est la fête dans les rues : les enfants viennent chanter dans les commerces pour récupérer des sous afin de s’acheter des pétards notamment. La première fois que nous en avons été témoins, c’était sur le chemin du trek : une ribambelle d’enfants se tenant la main ont chanté devant nous puis nous ont demandé de l’argent. Nous n’étions pas prévenus et pensions avoir affaire à une sorte de mendicité que nous ne voulions pas encourager, alors nous avons fortement refusé. Nous nous sommes rendus compte par la suite de notre bévue.
Lorsque d’autres enfants sont venus, nous étions prévenus et avions gardé de la petite monnaie pour leur donner à la fin de leur spectacle ! Après avoir dansé devant nous chacun leur tour, ils nous ont invité à les rejoindre en mettant une musique occidentale (Taki Taki) et c’était bien plus chouette !
C’est une fête qui rassemble tout le monde et ce dès la tombée de la nuit (voir avant). Des enceintes oscillent entre musiques plus classiques et plus modernes et des attroupements se forment, autour d’un à quatre danseurs. Ils dansent très très bien, entre danse orientale avec des tenues traditionnelles et break danse! sur de la musique, souvent tirée de films indiens qui sont donc des duos entre femmes et hommes !
L’ambiance est très bonne! On nous invite parfois à danser, mais franchement, face à eux, nous n’avons pas le niveau !
Tour en barque sur la lac Phewar et montée au temple de la Paix (Peace pagoda)
Depuis notre place privilégiée au bord du lac, nous voyons un temple un peu en hauteur qui nous attire : c’est la Peace Pagoda. C’est un temple bouddhiste, construit à l’initiative de Japonais après la deuxième guerre mondiale et le lancement des bombes atomiques. Il en existe une centaine dans plusieurs pays du monde.
Nos deux barques sur le lac de Pokhara
Ron, l’américain sexagénaire qui avait fait le tour des Annapurnas en vélo, nous propose de traverser le lac en barque et de monter à la Peace pagoda. Nous invitons Coralie, Rachel et Adam, un canadien qui est dans la même guest house que Rachel pour le week end. Nous sommes à deux barques (comptez 1800 pour une barque par 4 personnes max), en autonomie sur le lac que nous traversons. Nous montons à la Pagode par un escalier (après le trek, ce n’était pas un plaisir de retrouver les marches ?). Arrivés en haut, le temple et son Buddha sont impressionnants! Nous devons rester silencieux à proximité et tourner autour dans le sens des aiguilles d’une montre.
La vue d’ici doit être magnifique lorsque c’est dégagé, avec toutes les montagnes aux alentours ! Malheureusement ce n’était pas visible pour nous !
Rafting sur la rivière à proximité de Pokhara (Sedi)
Le rafting est une des belles activités que l’on peut faire à proximité de Pokhara. Toutes sortes de forfaits sont proposés : de la demi journée à 15 jours de rafting ! Nous nous contentons de la demi journée (prix 40 $) mais qui a l’avantage d’être assez proche en bus et qui est de niveau 3 à 4 sur 5 !
Nous le faisons tous les quatre avec Coralie et Rachel. Damien, qui vient de rentrer du trek n’est pas prêt à se joindre à nous.
Avant d’entrer dans l’eau, beaucoup de temps est consacré à la sécurité, et des kayaks nous accompagnent, au cas où l’un d’entre nous tomberait à l’eau, afin de pouvoir nous récupérer et nous ramener à notre raft !
Petite anecdote toutefois. Lors du début de la descente, nous étions dans une zone calme de la rivière et nous observons un attroupement au bord de la rivière. Les personnes nous regardent, nous sommes excités à l’idée de faire du rafting et hésitons à faire un signe de la main. Ils sont tous très calme, l’un d’eux apporte du bois et forme un bûcher. Nous comprenons alors qu’il y a un corps sous ce drap recouvert de fleur et qu’il va y a avoir une crémation sur le bord de cette rivière. Étrange scène entre les touristes occidentaux en train de jouer sur la rivière qui va accueillir un défunt…
Ensuite, les rapides de la rivière sont de plus en plus impressionnants, et nous nous retrouvons même à devoir marcher sur une certaine distance où c’est trop dangereux ! C’est l’occasion pour nous d’arriver en haut d’une falaise et de faire un saut dans l’eau pour rejoindre le bateau.
C’était une bonne activité, surtout après avoir suivi la rivière durant tout le trek. On a enfin pu la parcourir !
A la fin, on nous offre même des sandwichs, avant de reprendre le bus pour rentrer.
On s’est bien reposé à Pokhara, avant de repartir vers Katmandou puis l’Inde, qui promet d’être pleine de sensations !
Du tremblement de terre de 2015 qui a atteint toute la vallée de Katmandou, Bhaktapur ne garde que quelques cicatrices. Quelques ouvriers travaillent encore de manière acharnée pour lui faire retrouver sa splendeur d’antan. Pour restaurer cet impressionnant site, l’entrée est la plus chère que nous ayons eu à payer au Népal pour une visite : 1500 NPR (12,50€), pour tout ressortissant non népalais ou des pays membres de la SAARC. Cela fait sens, puisque nous avons les moyens de payer.
A l’entrée, Raju, 30 ans d’ancienneté dans le métier de guide, offre de nous présenter sa chère ville pour la modique somme de 900 NPR (7,50€) à diviser en trois (car nous sommes trois à l’écouter, Coralie, Hicham et moi). Un grand sourire aux lèvres, il propose de nous raconter tout ce qu’il connaît. Il nous fait rire avec l’origine du mot Népal qui selon lui est NEPAL : Never Ending Peace And Love. Bel acronyme n’est-ce pas ?
Les premières fondations de la ville remontent au IXème siècle. A cette époque et jusqu’au XVème siècle, la vallée de Katmandou était divisée en trois royaumes, ce qui serait dû, originairement, à la rivalité entre trois frères. Les trois royaumes sont : Katmandou, Patan, et Bhaktapur. Dans chacune des trois capitales, la place principale est nommée Durbar square, Durbar signifiant palais royal. La vallée de Katmandou restera divisée jusqu’à l’arrivée au XVIIIème siècle des Gorkhas dont le roi unifiera tout le Népal.
Durbar Square
L’étymologie du nom Bhaktapur provient de : Bhakta : qui signifie « prêtre » et pur : « ville » ou « lieu »
Bhaktapur compte plus de 80000 habitants, et même si l’architecture est très marquée par la religion hindouiste avec ses nombreux temples et festivals, tous ses habitants ne sont pas hindous : 70% d’entre eux le sont et le reste pratique d’autres religions. Le guide est très fier de dire qu’il n’y a pas de problèmes de religions dans cette ville et de manière générale au Népal.
Pour lui, si les hindous et les bouddhistes arrivent à vivre ensemble par exemple, c’est notamment parce que Bouddha est né au Népal, à Lumbini. Ses parents sont hindouistes, donc il y a une acceptation mutuelle des deux religions. Pour ma part, j’avais également entendu dire que Bouddha était considéré par les hindouistes comme la neuvième réincarnation du dieu Vishnou, un de leur dieux principaux.
Pour que nous comprenions un peu mieux d’ailleurs les principes de l’hindouisme, Raju nous fait un bref récapitulatif : cette religion comporte trois dieux principaux : Brahma, Vishnou et Shiva. Brahma est connu comme le créateur, Vishnou le protecteur, Shiva le destructeur. La philosophie principale est que rien n’est permanent dans ce monde, et tout est basé sur des cycles. Par exemple, les dieux reviennent plusieurs fois sous la forme d’avatars différents.
Après cette introduction, Raju nous présente enfin Durbar Square, la place où nous nous trouvons. Elle comprend plusieurs des monuments principaux de la ville.
Le premier est le célèbre Palais aux 55 fenêtres, construit par un roi au XVIème siècle. 55 aurait été choisi ici car le palais aurait été construit à l’occasion du 55ème anniversaire du roi. A sa gauche, se tient la Golden Gate datant du XVIIIème siècle.
Le Palais au 55 fenêtres et sa Golden Gate
Nous passons cette porte, pour atteindre le Taleju Chowk qui est un peu plus loin derrière. Nous voyons deux énormes tambours près de la porte, qui servent aux cérémonies.
Taleju Chowk est un impressionnant complexe ! Il est interdit de faire des photos de son intérieur. La raison serait qu’après sa construction par un architecte reconnu, il aurait été béni par le roi qui aurait ainsi souligné l’unicité de cet endroit et l’interdiction d’en voir un reproduit ailleurs (sur n’importe quel support, que ce soit de la sculpture, de la photographie, ou autres). D’ailleurs, comme pour le Taj Mahal, le roi aurait fait couper la main de tous ceux qui ont travaillé à la construction, une fois celle ci achevée. Nous nous contentons donc de l’observer, mais en restant sur le seuil ! Le deuxième interdit est qu’on ne peut pas y entrer si l’on ne pratique pas l’hindouisme (car alors, nous avons déjà consommé du bœuf, ce qui est un interdit dans cette religion).
Les portes du complexe sont incroyablement belles et bien conservées. Faites en bois de Sal, elles ont gardé leur finesse et leur robustesse. Elles représentent différents dieux et déesses.
Au centre du complexe, nous voyons deux piliers faits en pierre destinés au sacrifice des animaux. Lors des grandes fêtes, par exemple à l’occasion du Dashain festival, 108 bêtes (parmi buffalows, poulets, moutons, canards, chèvres) sont tués et leur sang est offert aux dieux pour être béni. L’offrande du sang est puissante car il a la couleur rouge, couleur de la chance. La chair des animaux est quant à elle répartie parmi les familles de Bhaktapur.
Le guide nous explique que le complexe était auparavant un endroit privé pour le roi. Avant le XVIème siècle, le roi effectuait tout un rituel à son réveil : il prenait d’abord un bain pour se purifier, et venait ensuite dans le Taleju Chowk pendant quatre heures. Là, il sonnait la cloche pour appeler les dieux et qu’ils soient attentifs à ses prières, avant de s’asseoir pour prier, entouré par 108 statues de dieux et de déesses. Ensuite il allait voir les brahmanes (la haute caste) qui apportaient des graines pour les offrir aux animaux sauvages (pigeons, corbeaux, etc.). Enfin il allait sur le balcon pour voir de là haut toutes les maisons. Si elles émettaient de la fumée, il savait que les locaux avaient déjà préparé à manger. Alors il pouvait prendre son déjeuner.
Le guide nous emmène justement voir l’endroit où le monarque prenait son bain lors du rituel matinal : Sundli Chowk. Il faut imaginer l’endroit comme un jardin avec un bassin, alimenté par les sources chaudes qui venaient de Nagarkot. Les conduits d’eau ont été malheureusement cassés par le tremblement de terre de 1934. Si le bassin ne contient plus d’eau, nous pouvons tout de même admirer les quelques statues qui l’ornent. Il y a un cobra, symbole protecteur lié à Vishnu, mais aussi symbole de la pluie et de l’eau pure. Une autre statue est celle d’un shifa, qui serait un animal imaginaire similaire au crocodile.
Le bain du Roi
Entre le palais et le bassin, le guide nous pose une colle : il y a de petits trous régulièrement dans le mur, mais à quoi pouvaient ils donc bien servir ? La réponse : des petites lanternes étaient placées à ces endroits, afin d’éclairer le chemin du roi qui allait prendre son bain alors qu’il faisait encore nuit noire.
Nous revenons à Durbar Square, pour voir les autres monuments de cette impressionnante place.
Le guide nous montre rapidement une Pagoda dédiée au dieu Vishnu et sa « monture » : le « Garuda » , une créature moitié dieu, moitié animal (oiseau légendaire). C’est étrange de parler de monture, car il est représenté moitié oiseau, moitié humain.
Il nous présente ensuite une cloche qui lorsqu’elle sonnait, faisaient aboyer les chiens du quartier. Elle est désolidarisée du temple dont elle faisait partie, qui a été détruit avec le tremblement de terre.
Nous rejoignons ensuite le temple de Pashputinath, connu comme étant le temple érotique. On nous explique que le temple est à visée éducative : les enfants des campagnes venaient visiter ce temple et voir ses statues avant leur mariage, afin d’avoir une présentation de la vie sexuelle, à travers les statues présentant diverses positions ou encore un accouchement.
La visite se poursuit avec l’explication des différences entre stuppas, pagodas et sikkhara. Les stuppas sont destinées aux bouddhistes, les pagodas aux hindous , et les sikkharas sont d’architecture sud indienne. Nous voyons deux temples avec cette architecture : un dédié à Siddi Laxmi, et un autre dédié au dieu Shiva. Ces deux temples ont été rebâtis après le tremblement de terre de 2015.
Sur ce dernier temple, nous pouvons voir plusieurs statues d’animaux qui « gardent » l’escalier. Les voici évoqués du bas vers le haut de ce bâtiment : deux éléphants, comme monture du dieu de la pluie Indra (l’éléphant pourrait faire penser à Ganesh, mais ici ce n’est pas le cas) ; deux lions, véhicule de Sarasvati, déesse de l’éducation ; et enfin, deux taureaux, véhicules de Shiva.
Après avoir parcouru tout Durbar Square, notre guide nous emmène dans des petites ruelles, en direction d’un vieux temple bouddhiste du 15ème siècle : comme un petit monastère. Pendant la révolution au Tibet, des moines venaient méditer ici. Dedans, c’est très joli avec une petite stuppa qui a un arbre à jasmin au dessus. Ce temple bouddhiste montre comment bouddhisme et hindouisme se sont entremêlée au Népal : trois dieux hindous : la déesse de la paix Tara , Brahma le dieu de la création et la déesse de la compassion sont représentés ici. Il y a aussi une cloche, d’habitude présente dans les temples hindous pour appeler les dieux, et un moulin à prières, plus spécifique du bouddhisme.
Dans les temples au Népal, le guide nous fait remarquer que les portes sont petites et nous devons nous courber pour entrer. Il y a aussi une petite marche qui réduit encore l’ouverture. Ce n’est pas parce que les gens sont petits au Népal, et non ! Cela a plutôt une valeur symbolique : en nous inclinant, le mal ne peut pas entrer et nous laissons notre ego de côté.
Après cela, nous déambulons dans les rues en direction d’une échoppe de bols chantants. Sur le chemin, nous voyons un petit temple (c’est juste un petit encadrement avec la statue d’un dieu). Ici, il est dédié à Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. Raju nous apprend que sa monture est une souris, ce que nous trouvons très amusant. A la sortie du temple, il y a un miroir qui permet, après la prière au dieu, de se placer correctement le point rouge (tikka), sur le front.
Le temple de Ganesh et les souris
Nous entrons alors dans la boutique de bols chantants. Nous sommes assez curieux de voir la démonstration. Le bol est fait de 7 métaux différents, afin que leurs combinaisons puissent à priori atteindre les sept différents chakkras de notre corps. Auparavant, un des métaux utilisés était le mercure, mais il a aujourd’hui était remplacé par du zinc. Le bol chantant est utilisé pour soulager les douleurs de dos, de genoux, etc, grâce aux vibrations : le bol est placé à proximité de la zone qui fait mal dans le corps, et en le faisant sonner à raison de 5 à 10 minutes par jour, la douleur finit par partir. Pour nous expliquer le concept, le vendeur utilise un bol rempli à moitié d’eau, et fait tourner un bâton tout autour. Les frottements provoquent des vibrations et le bol entre en résonance. Nous voyons alors l’eau s’agiter dans le bol ! C’est très impressionnant. Il nous explique donc que comme notre corps est composé à 65% d’eau, les vibrations induites par le bol ont également un effet sur notre corps. Pourquoi pas ? Nous tentons l’expérience, Hicham et Coralie essaie sur le dos, et moi sur la tête ! C’est une impression bizarre !
Après cette expérience des plus intrigantes, nous continuons sur notre lancée de découverte culturelle, et allons voir comment sont fabriqués les mandalas dans une école, et leur signification. C’est à priori un outil de méditation, et on peut s’abîmer dans la contemplation de l’oeuvre.
Le mandala est travaillé sur canevas : le support d’une toile de coton est utilisé, sur laquelle ont été ajoutées plusieurs couches d’argile, à la fois pour avoir une surface lisse, mais aussi pour fixer les pigments plus longtemps.
Au niveau de sa signification, un mandala, c’est un peu comme une stuppa vue du dessus (ou vue du ciel) : un grand cercle entoure un plus petit carré, qui lui même entoure un plus petit cercle. Le mot mandala signifie « cercle », il contient beaucoup de symboles, qui ne sont pas faciles à comprendre mais dans l’idée, les différents étages (alternance de rond et carrée) depuis l’exterieur vers le centre seraient des sortes de « portes » à passer pour atteindre le Nirvana.
Après nous avoir montré quelques exemples de mandalas, le vendeur nous présente un livre où l’on peut voir le dalaï lama et d’autres moines en train de construire un mandala géant avec du sable de 7 couleurs différentes sur le sol. C’est un symbole pour la paix dans le monde, et l’appel à la méditation. Après trois mois de construction et de méditation autour de ce mandala, le dalaï lama disperse dans l’eau le sable qui a servi à le composer. Trois mois de travail minutieux qui tombe à l’eau pour certains, mais qui se propage par la même occasion dans le monde entier et rappelle que rien n’est éternel.
Après la présentation du mandala, on nous présente un autre support de méditation, qui est la Roue de la Vie. C’est un cercle découpé en 6, représentant les 6 parties du monde : être tourmenté, fantôme, humain, dieu, demi dieu et animaux. Le cercle est tenu par Yama, dieu de la justice et de la mort, qui choisit comment la créature va se réincarner, ou si le cycle de réincarnation s’arrête (c’est ce qui est recherché).
Les différentes pierres donnant les pigments
Les 6 parties du monde
Nous revenons à la visite du site et allons voir les autres monuments importants de Bhaktapur. Au passage, nous tombons sur des ouvriers qui préparent le riz, pour faire le papier de riz, reconnu ici ; et sur des maîtres de la poteries, qui fabriquent des pots à la chaîne (sur la place de la poterie).
Nous arrivons sur la place Taumadhi, et sommes sans voix devant des magnifiques temples rectangulaires à toits multiples que nous pouvons observer ! Ils montent très haut dans le ciel et nous pouvons monter leurs marches jusqu’en haut !
La visite aura duré très longtemps finalement, et nous remercions notre guide d’avoir pris le temps de nous montrer sa ville !
NB : Nous sommes allés à Bhaktapur depuis Katmandou en une journée, et à l’aller nous avons pris un taxi : 700NPR pour trois personnes. Au retour, nous avons trouvé le bus près du lac de Guhya Pokhari et l’avons pris (15NPR par personne !)
Le lendemain de notre arrivée, c’est parti pour de l’administratif (et comme c’est toujours férié, c’est encore lent). Nous y allons à 11h et commençons par la TIMS qui est le papier qui nous autorise à faire des randonnées dans l’Himalaya (2000NPR par personne) et ensuite nous prenons le droit d’entrée pour le parc de l’Annapurna (3000NPR par personne). Nous faisons la queue pour le TIMS (une heure et demi) et nous donnons deux photos d’identité (une pour la carte que nous garderons sur nous et une pour le papier gardé à Katmandou). Si nous n’avions pas eu de photos d’identité sur nous, il y avait la possibilité de nous faire prendre en photo sur place avec impression directe.
Pour le droit d’entrée dans le parc de l’Annapurna, nous remplissons les papiers, donnons 2 photos d’identité à nouveau et attendons que nos noms soient appelés pour recevoir la carte de droit d’entrée dans le parc. D’autres personnes sont comme nous en attente et nous commençons un grand partage d’informations (d’autant plus utile que nous partons sans nous être trop organisés avec Hicham). Lorsque nous sortons, il est 15h : ici la patience est le maître mot.
Nous apprendrons par la suite que nous aurions pu faire le permis et la carte de droit d’entrée à Pokhara ou à Besisahar. Cela nous aurait peut être permis de gagner un peu de temps, mais finalement nous ne sommes pas pressés et ne savons pas ce que nous voulons faire, donc c’est aussi bien comme ça.
Le lendemain nous nous préparons pour acheter des billets de bus, une carte de randonnée de l’Annapurna et des barres de céréales à manger sur le trajet.
Il faut aussi que nous retirons pas mal d’argent car pendant le Trek, il n’y aura pas de retraits possibles (pas d’ATM disponible). C’est environ 15€ par jour de trek par personne, il nous faut donc au moins cela. Pour choisir la bonne banque, nous demandons des conseils au gérant de l’hôtel. Il nous dit qu’en choisissant Nabil Bank, nous pouvons retirer 35000NPR d’un coup (un plus grand montant que ce que les autres banques proposent), ce qui amortit les frais de la taxe de 500NPR que nous devons payer en plus à chaque retrait, peu importe la banque népalaise choisie.
Il nous aide aussi pour le trajet vers Pokhara : il peut réserver des tickets de bus pour nous. Il y a trois compagnies : une à 800NPR, une à 1200 NPR et une à 2500NPR (prix par personne). Nous voulons prendre le moyen de gamme, mais malheureusement il est déjà complet. Nous prenons les derniers sièges (ceux du fond) du bus bas de gamme. La bonne nouvelle, c’est que cela reste un bus de touriste, donc il y a la place pour mettre nos sacs. Ma sœur m’avait averti d’éviter les bus de locaux : ils n’avaient pas de place pour leurs jambes et leurs gros sacs de randonnées sur les genoux pendant 8h de bus.
Ensuite pour les barres de céréales et les fruits secs, j’avais lu qu’il fallait éviter d’en acheter pendant le Trek même s’il y en a car c’est limite 2€ la barre. Sur Internet, les conseils sont d’aller au magasin Shop Right Supermarket pour en acheter. Pour 465NPR nous avons une boîte de 8 barres de céréales.
Enfin pour la carte de Trek, il suffit d’aller dans un des nombreux bookshop qui sont dans le quartier de Thamel. Nous trouvons une carte pas mal, avec les estimations des temps. Ça nous satisfait plutôt bien. C’est incroyable dans ce quartier à quel point tout tourne autour du trek : il y a de la vente de matériel partout. Une des françaises que nous avions croisée lorsque nous faisions le permis de trek nous avait dit qu’avec son copain, c’est ici qu’ils ont acheté des sacs de couchage (contrefaçon Northface) à 40€ pour une température limite de -20°C. Donc elle estime que cela fait du -10°C en température réelle.
Le trek de l’Annapurna! Avant que ma soeur ne parte au Népal, nous n’en avions jamais entendu parler… Pourtant c’est un des treks les plus populaires du monde, rendu accessible grâce aux Népalais : après une journée de marche, on a l’assurance de trouver un repas chaud et un lit dans un des nombreux villages qui longent le chemin de trek.
Certains disent qu’il est moins beau qu’avant à cause de la route parcourue par les jeeps et bus locaux. Mais dans cette région, pour approvisionner les différents villages, cela semble quand même nécessaire aujourd’hui ! Et puis, la route n’est pas si fréquentée selon nous!
Les paysages sont en tout cas époustouflants, et incroyablement diversifiés ! Ce n’est pas spoiler que de dire que nous en avons pris pleins les yeux !
Nous adorons randonner, mais nous n’avions fait que deux treks ensemble auparavant dans notre vie: en France, l’un dans les Écrins et l’autre était la Croix de Belledonne. Ils étaient un peu différents car seulement sur trois jours, et nous avions la tente et la popote avec nous.
Là, vu la différence d’altitude entre le début et la fin, nous avons vêtements chauds et froids dans le sac : short et pantalons, t-shirt polaire doudoune et k-way, chaussettes plus ou moins chaudes, chaussures de randonnée et tong (je plaisante, les tongs sont pour le soir dans les guest house).
Alors, c’est parti pour l’aventure !
Jour 1 : Pokhara – Besi Sahar – Ngadi
Nous voilà parti pour le trek. Ce premier jour, bus jusque Besi Sahar. Dans nos prévisions, nous ne pensons pas marcher bien loin et commencer doucement après une grosse matinée de transport : nous nous imaginons le soir à Bulbuhle. Le bus est prévu à 7h et démarre une demi heure plus tard. La route passe mieux que celle de la veille, même s’il y a encore des nids de poules (la route est en réalité un continuum de trous).
À l’arrivée à Besi Sahar, tout le monde se dirige vers le check point : passage obligé pour que les autorités du parc puissent suivre notre avancée, et surtout savoir combien de personnes évacuer en cas d’urgence. On nous demande à cette occasion la carte du droit de passage dans l’Annapurna. Avant d’y aller, nous mangeons un morceau. Cela nous permet de laisser la foule avancer sans nous, nous ne sommes pas pressés.
Avant de quitter la ville, nous demandons notre chemin à un homme pour aller vers Bulbuhle, notre première étape. Nous ne voudrions pas commencer en prenant la mauvaise direction !
Il nous indique la route et en profite pour nous glisser sa carte : il tient une guest house à Ngadi. Nous l’acceptons même si ce n’est pas l’étape que nous envisageons : ça semble trop loin. D’après lui, on y serait en 3h, mais la carte n’indique pas cela (3h45 selon elle). Pour nous appâter, il nous dit quand même qu’il ramène avec lui tout un groupe de français à bord de sa voiture, qui seront donc là si nous venons chez lui pour passer la soirée.
Nous le remercions, et avançons sur le chemin qu’il nous a indiqué, à droite en sortant du village. Ça commence en descendant, puis après la rivière, ça monte enfin !
Les paysages sont verdoyants ici, formant une espèce de jungle épaisse. C’est vraiment un paysage différent de celui que nous avons l’habitude de voir dans nos montagnes en France. Le trek commence d’ailleurs par un bruit continu assourdissant, un acouphène très fort. Nous pensons que cela est du à des travaux ou à une quelconque activité humaine mais on nous apprendra que c’est un insecte type grillon qui fait ce vacarme. Mis à part cela, la route est déjà belle et le chemin nous conduit sur notre premier pont de singe, que nous nous empressons d’immortaliser avec une photo!
Premier pont de singe
Aprè ce pont, nous rencontrons un garçon népalais qui nous demande : « Where are you from? ». C’est la première question posée par les habitants ici. Nous ne tarderons pas à les imiter, c’est vrai qu’avec tous les étrangers ici, ça fait un bon début de conversation (et puis accessoirement cela évite de parler anglais pendant une minute avant de s’apercevoir que la personne en face est française, car des français il y en a beaucoup !). La conversation, ce garçon ne semble pas vouloir la poursuivre, avançant bien plus vite que nous malgré ses tongs !
Nous pensons mettre le temps indiqué sur la carte, mais finalement sommes beaucoup plus rapides ! Nous décidons donc de continuer, et en 3h nous arrivons à Ngadi, comme on nous l’avait dit. De plus il est plutôt difficile de se perdre complètement, en effet on nous donne un bon conseil : toujours suivre la rivière lorsque nous avons un doute sur le chemin !
Juste avant d’arriver dans le village, deux jeunes garcons, frères, nous abordent. Ils sont partis de Besi Sahar pour aller voir une cascade à Ngadi, comme ce sont les vacances pour eux.
Ils se montrent curieux et nous posent quelques questions. Une qui nous marque est celle qui suit l’information selon laquelle nous sommes mariés : « Is it a love mariage ? ». Au Népal, un mariage d’amour n’est pas forcément le plus courant, ce seraient le plus souvent des mariages arrangés. D’ailleurs, selon eux, ces derniers sont ceux qui finissent le moins souvent en divorce.
Nous continuons un peu la discussion avec eux, tout en profitant de la route, qui fait passer par un tunnel, avant d’atteindre la cascade que les deux frères venaient voir. C’est vraiment magnifique.
Et première cascade
Il y a une guest house à côté mais pour ne pas avoir trop de bruit la nuit, nous décidons de continuer. Nous disons au revoir à nos deux compagnons de route.
Comme nous avions rencontré l’homme qui nous avait guidé à Besi Sahar, autant aller chez lui. Sauf que… entre temps, nous rencontrons une femme népalaise qui nous pose quelques questions sur nous et nous demande si nous comptons nous arrêter à Ngadi. Nous répondons en montrant la carte de visite de la guest house que nous envisageons. Elle nous dit alors quelle habite en face et nous propose de venir plutôt chez elle. Arrivés devant sa maison, elle insiste énormément. Nous sommes pris en étau entre elle et l’autre homme de la guest house qui sort de chez lui lorsqu’il nous reconnaît. Il finit par abandonner, et nous par suivre cette femme qui nous a supplié pour que nous venions chez elle. C’est vrai qu’ici, beaucoup de touristes ne s’arrêtent pas, préférant prendre une jeep ou un bus local pour s’avancer au moins jusque Bhulbhule et commencer à marcher à partir de là.
Nous l’entendons chanter pendant qu’elle prépare nos petits plats. Pendant le repas, nous en profitons pour discuter un peu avec elle : elle a 25 ans et déjà un fils de 10ans. « Stupid boy ! » , dit elle en parlant de lui. Repas: notre premier Dal Bhat ! et sûrement pas notre dernier (en réalité c’est notre deuxième, le midi nous avions mangé un Dal Bhat sans le savoir).
Le Dal Bhat (merci Damien pour ta photo)
Le Dal Bhat, c’est LE plat népalais. Mais vraiment le plat incontournable, il est probablement mangé une fois par jour par chaque népalais. Pour ceux qui connaissent un peu la nourriture indienne, c’est un Thali mais un peu moins complet. Il y a un Dal, la soupe de lentille, un « Veg curry » qui est un plat épicé en sauce à base de légume, et surtout, du riz. Mais la particularité du Dal Bhat, et ce qui fait le plaisir des trekkeurs, c’est le REFILL ! la plupart du temps (nous ne sommes pas contents quand cela ne se passe pas). Le refill c’est le deuxième passage du serveur avec les marmites pour nous resservir en riz, légume ou Dal. De bonheur pour les affamés que nous sommes.
Après un mois, nous n’avions toujours pas le niveau des népalais pour manger le Dal Bhat : il est mélangé, malaxé et mangé avec la main droite, même Hicham n’y arrivait pas (level boulettes de couscous marocain).
Le lendemain matin, un homme népalais est dans la cuisine quand nous allons prendre notre petit déjeuner. Il nous raconte qu’il a déjà eu deux femmes dans sa vie. La première est partie avec un autre quand il est parti travailler loin. Il rêve d’épouser une européenne pour pouvoir partir en Europe. Nous ne saurons jamais si cet homme était le mari de notre hôte…
Jour 2 : Ngadi-Syange
Nous partons à 8h et la direction d’aujourd’hui c’est Jagat pour les sources d’eau chaude. L’expérience de marche de la veille nous laisse espérer que nous serons plus rapide que sur la carte qui indique 4h25 de marche. Les premiers pas sont difficiles à cause du sac lourd de bon matin mais la vue derrière nous du Manaslu (normalement) avec ses crêtes enneigées nous donne toute l’énergie dont nous avons besoin. Et puis le beau temps est avec nous.
Notre premier massif enneigé, peut être le Manaslu
Lorsque nous traversons tout le village de Ngadi avec ses guest houses (à priori nous nous étions arrêtés au début du village), nous apercevons notre premier mammifère sauvage : une hermine dans un poulailler.
Une hermine, trop rapide pour l’autofocus
Nous rencontrons les premiers occidentaux sur ce chemin de trek : une bande de polonais que nous suivons vers un temple avec un point de vue sur toute une vallée composée de jungle et de rizières en terrasse.
Nous prenons successivement des chemins de randonnées qui ne cessent de monter et descendre, puis la route par laquelle passe les jeeps. A cette occasion, nous sommes témoins de l’état de cette route : une voiture coincée dans la boue et un attroupement d’européens et de népalais se demandant comment la dégager.
Le paysage est paradisiaque. Nous apprécions particulièrement la vue depuis le village juste avant Syange, sur la cascade de 110m de haut.
Cette journée est difficile. Contrairement à nos attentes, nous mettons plus de temps que prévu pour faire le trajet jusque Syange : 6h ! Nous arrivons dans ce village à 14h, en ayant fait de toutes petites pauses. C’est d’ailleurs le rythme que nous aurons tout le long du trek : nous prenons un bon petit déjeuner le matin, esquivons le repas du midi (sinon perte de temps alors que nous n’avons pas trop faim) et finissons la journée tôt dans l’après midi.
Pour cette deuxième journée, ça nous fait un peu peur pour continuer plus loin que Syange, surtout que l’étape suivante est indiquée être à deux heures de marche !
Nous posons les affaires dans la chambre, et montons à la cascade, qui est d’une puissance inouïe. C’est impressionnant et revigorant d’en être si proche !
La cascade de Syange en puissance
Jour 3 : Syange – Karte
Nous prenons la route et nous apercevons que le chemin pour aller jusque Jagat n’était pas si long : 45 minutes. Cela nous aurait tenu à l’écart du bruit de la rivière et et il y avait les sources chaudes donc cela aurait valu le coup de pousser.
Après nos premiers occidentaux de la veille, nous rencontrons premier français aussi : Damien, tourdumondiste comme nous, ingénieur comme nous, qui commence par le Népal. Il prévoit de s’arrêter à Tal qui devrait être notre étape du jour : 5h30 de marche annoncé sur le plan. Vu notre expérience de la veille, ce sera peut être plus long !
Il marche plus vite que nous et passe par le chemin et nous par la route. La situation est cocasse car nous n’arrêtons pas de nous croiser et recroiser (la route est plus rapide). Nous passons par la route, car il y a peu de circulation, c’est bien tracé, et cela nous évite de descendre et remonter et de prendre des marches d’escaliers sur le chemin.
Nous passons par toutes les émotions sur cette route : émerveillement lorsque nous passons proche d’une cascade de 200m de hauteur ! Les gouttelettes depuis le bas de la cascade forment un arc-en-ciel ! Frayeur lorsque nous voyons au loin deux voitures qui se croisent par exemple (vu la largeur de la route).
Une femme nous adresse la parole sur la route : « where are you from ? » Elle porte un immense panier d’osier sur son dos, qui est maintenu par une bande de tissu posée sur son front. Elle continue la discussion, bien que selon elle, elle ne parle pas bien anglais, nous racontant qu’elle a deux fils et une fille, qu’ils sont chrétiens.
Elle nous pointe du doigt une montagne couverte de neige au loin : Annapurna 2. Elle nous offre des pommes que nous mangeons et nous dit que sa famille vend des pommes et des bananes.
Annapurna 2
Nous lui disons alors au revoir, pensant aller plus vite qu’elle et là, c’est le moment gênant où nous restons tous au même rythme. Tient-elle tant que ça à ce que nous lui achetons des bananes ? Toujours est il que nous arrivons ensemble à sa maison et rencontrons ses enfants.
Son grand fils est guide et en train de prendre sa douche dans une bassine à l’extérieur. Son jeune fils fait des études de médecine. Ils sont tous là pendant les vacances. Nous achetons des bananes (apparemment, ce sont les dernières que nous aurons avant longtemps) , nous prenons une photo et c’est reparti.
Nous arrivons à Tal, très joli village. C’est sensé être notre étape du jour, mais il est 13h et nous sommes prêts à marcher plus longtemps. Nous faisons quand même une pause avec un petit thé. Des indiens à la table d’à côté nous encouragent à prendre un taxi jusqu’au moins Pisang car le chemin n’en vaut pas la peine selon eux. Nous ne suivons pas leurs conseils, nous avons le temps !
Nous poussons jusque Karte, que nous atteignons en traversant un pont de singe. Peu de backpackers doivent s’arrêter, le village semble un peu abandonné. Trois tchèques s’arrêtent au même endroit que nous.
Petite anecdote sur ce pont de singe. Nous avions remarqué un jeune garçon tirant avec difficulté ce qui semblait être un sac de riz au loin. Il le porte sur le pont, puis le traîne, puis le porte une fois de plus, puis enfin… vide son contenu au milieu du pont au dessus de la rivière! Le sac contenait plein d’ordures, plastiques et autres qui virevoltent avant d’être emporté par le torrent.
Nous comprenons maintenant pourquoi on nous demande de transporter avec nous les déchet jusque la fin du trek.
Jour 4 : Karte – Chame
Nous continuons de prendre la route aujourd’hui. Damien nous dépasse à nouveau, alors que nous prenons des photos d’un pont suspendu situé à plus de 400m de hauteur et long de 130m. Si nous avions voulu le traverser, il aurait fallu faire un détour de 400m de dénivelés et nous n’en avions pas envie, mais c’est impressionnant !
Nous rencontrons notre deuxième française : Coralie, aussi tourdumondiste et ingénieure (décidément!) : nous faisons une pause ensemble, à proximité des porteurs, qui deviennent notre sujet principal de conversation. Ils portent sur leur front entre 3 et 5 gros sacs de trek chacun qu’ils maintiennent ensemble à l’aide de cordes. Ce qui nous perturbe, c’est qu’une route existe, alors pourquoi ne pas mettre les sacs directement dans les voitures / jeep qui montent plutôt que de continuer ce métier? Est-ce que le métier de porteurs est un travail inhumain qu’il faut combattre et qui est amené à disparaître, ou au contraire est-ce qu’il permet de faire vivre des gens décemment ?
Les porteurs Lakpa et Suzan (merci à Jean et Stéphanie pour les noms)
Nous faisons la suite du chemin avec Coralie jusqu’à Chame.
Là, avec Hicham, nous nous arrêtons à la première guest house qui nous interpelle, mais Coralie décide de continuer et de voir d’autres options!
Lorsque nous sommes en train de dîner le soir (des momos et du dal bhat, comme d’habitude), un couple de français (Max et Laure) se joint à nous. Ils ont fait le trajet en jeep jusqu’ici, pour pouvoir attaquer le trek et le Thorong La Pass rapidement. Le début de voyage a été compliqué pour eux : avion retardé, avec moins de jours passés au Népal que ce qu’ils avaient initialement prévu, longue attente à l’aéroport, et ensuite 7h de jeep jusque Chame !
Jour 5 : Chame – Lower Pisang
On part à 8h de notre guest house, après avoir croisé brièvement Max et Laure au petit déjeuner, qui partent bien avant nous !
C’est l’étape depuis laquelle les trekkers (et notamment les groupes), semblent s’être donné le mot pour commencer à marcher. En tout cas, nous avons le sentiment qu’il y a beaucoup plus de monde ici qu’avant. Lorsque le chemin nous emmène dans des petites forêts de conifères, nous voyons de véritables aires de repos, avec des petites cabanes en bois, des bancs et des vendeurs, à la fois de rafraîchissements, mais aussi de bjoux, et notamment un espèces de chapelet : le mala (qui contient 108 perles, 108 étant un chiffre très important dans la religion hindoue : les hindouistes récitent un même mantra 108 fois et le mala leur permet de savoir où ils en sont).
Le paysage ne cesse de changer pour nous tout au long de ce trek. Les sommets enneigés commencent à poindre au loin, et les rizières en terrasse laisse place aux forêts de conifères, mais aussi… aux vergers ! On passe devant une exploitation agricole de pommes. C’est bizarre de voir autant de pommiers à cette altitude, j’en suis assez surprise.
Nous continuons de suivre la rivière, plus ou moins de loin, et la route que nous suivons est parfois creusée dans la falaise, si bien que la roche est au dessus de nos têtes !
Arrivés à Pisang, nous avons le choix entre prendre une guest house à Lower Pisang ou à Upper Pisang ! Ça implique un choix également sur la route que nous allons prendre le lendemain : souhaitons nous passer par le chemin qui passe par Ghyaru, Ngawal, Braka avant d’arriver à Manang OU préférons-nous prendre la route qui passe par Humde ?
Nous choisissons la route, plus rapide et avec moins de dénivelés car Manang est une étape importante : c’est la ville d’acclimatation dans laquelle nous allons rester deux nuits. Nous voulons donc arriver dans les premiers et pouvoir choisir soigneusement la guest house dans laquelle nous resterons.
C’est décidé, nous passerons donc la nuit à Lower Pisang. Une maison rose nous capte le regard dans ce village : Moonlight hotel. Nous y déposons nos affaires et comme il est encore tôt, nous allons voir le complexe temple monastère qui nous fait de l’œil depuis Upper Pisang.
Nous croisons Coralie et Damien, nos deux premiers français, ensemble, à Upper Pisang. Nous apprenons à cette occasion qu’ils se sont rencontrés à l’aéroport à Paris, alors qu’ils commençaient tous les deux leur voyage. Comme ils avaient prévu de faire le tour des Annapurnas tous les deux, ils font le trek plus ou moins ensemble : ils ont chacun leur rythme de marche, donc ne sont pas côte à côte pendant la journée. En revanche, le soir, ils se retrouvent souvent dans la même guest house.
Ils reviennent justement du temple où nous allons. Nous poursuivons notre route jusqu’à l’atteindre. C’est splendide là haut, que ce soit d’un point de vue paysage avec l’Annapurna 2 qui nous nargue et semble être si proche et le temple construit qui est magnifique.
Vue de l’Annapurna 2 depuis le temple
Nous ne voyons pas beaucoup de moines, juste deux jeunes qui sont sur leurs téléphones. Il y a comme un décalage, entre leurs tenues qui rappellent leur côté spirituel, et cet objet technologique.Nous restons un peu profiter du temple et du coucher de soleil avant de redescendre.
Le soir, nous ne sommes pas nombreux dans l’auberge : 3 trekkers en plus de nous et nous sympathisons avec eux : Shaw, américain, et Alisha, irlandaise, font le tour ensemble avec guide et porteur, et Ron, américain fait le tour en vélo !
Jour 6 : Lower Pisang – Humde – Manang
Comme prévu, nous passons par la route, même s’il paraît que l’autre côté est super joli (ce qui n’est sans doute pas étonnant puisqu’il est un peu plus en hauteur, et a une vue tout le long sur les sommets enneigés! (mais bon, il demande 8 bonnes heures de marche ! )
De notre côté, nous passons dans des forêts qui mêlent feuillus et conifères, avec des couleurs orangées et dorées sublimes ! Nous passons à proximité de l’aéroport de Humde, mais pas d’avions à l’horizon. Ce doit être à la fois fascinant et effrayant de voler à proximité des montagnes gigantesques qui nous entourent.
D’autres personnes que nous ont également fait de choix de passer par cette route, et c’est très amusant de voir comme la beauté peut être universelle : lorsque nous voyons un extraordinaire cirque avec ses montagnes faites de verdure ou de neige s’ouvrir devant nous, tout le monde commence à prendre des photos à ce même endroit, et une fille se met en mode instagrammeuse : elle change de vêtements pour se mettre en valeur et pose devant le paysage qui est divin. Lorsque la rivière réapparaît avec ce paysage grandiose en arrière plan, c’est encore plus enchanteur.
Sur la fin, nous atteignons le village juste avant Manang et c’est là que nous recroisons Max et Laure. la veille, ils ont poussé jusqu’à Ngawal, ce que que nous n’aurions pas osé faire à cause de l’altitude ! C’est au dessus de Manang ! Et effectivement, ils nous confirment qu’ils n’ont pas passé une très bonne nuit mais ont bien mangé et sont contents d’avoir bien avancé la veille, car sinon l’étape par le haut est vraiment très intense et longue.
Le trajet, tous les quatre ensemble, passe très vite jusque Manang : à 13h nous sommes arrivés ! A l’entrée, on voit le parking pour les jeeps qui déposent les touristes directement dans cette ville. Ils proposent aussi leurs services pour redescendre.
Ce qui nous frappe dans le village, c’est tous ces restaurants qui proposent de la viande de Yak ou des burgers. Après ce que nous avons mangé jusque là : du dal bhat et des momos tous les jours, ça change complètement !
Puisqu’il est assez tôt, nous avons le choix pour la chambre et nous allons pouvoir nous poser a un bel endroit. Nous choisissons le Gangapurna hotel, qui a une vue incroyable sur le Gangapurna justement et l’Annapurna 2 à sa gauche. La chambre a un lit double (ça nous avait manqué), et semble bien mieux que ce que nous avons eu jusque là ! Par contre, pas de ristournes possibles et nous devons payer plein pot : 500 NPR !
L’Annapurna 3 à gauche, le Gangapurna à droite
Max et Laure ont continué un peu pour voir d’autres guest houses, alors nous n’imaginons pas les voir, sauf que finalement… Ils ont fait demi tour et ont choisi le même hôtel que nous! Quelle coïncidence.
Comme il est tôt, nous sortons un peu avec la volonté de découvrir la ville… Cette sortie nous aura mener bien loin… à 5m de la guest house, il y a une boulangerie, avec un croissant qui capte notre attention. Nous en prenons un avec deux chocolats chauds. Mamamia, ça fait du bien. Comme nous sommes seuls dans la petite boutique, nous en profitons pour discuter avec le gérant de la boutique.
Craquage
Il nous explique sa vie de népalais. A priori, à Manang, les seules personnes autorisées a avoir leur commerce dans cette ville sont les habitants de cette ville. Les habitants des autres villages peuvent venir à Manang en support. Il y a donc notamment pleins de porteurs, guides qui ne sont pas originaires de cette ville.
Leur vie est rythmée par les saisons. Avril-mai et octobre-novembre, c’est la période pendant laquelle ils sont dans leur village pour le tourisme (et avril mai pour l’agriculture également). A la mousson, c’est le moment des réparations pour préparer les logements pour la saison. L’hiver, ils descendent à Katmandou. Une personne de la maison doit quand même rester pour enlever la neige des toits notamment et éviter ainsi qu’elle ne dévaste la maison. Sinon si personne ne reste à la maison, ils doivent confier la responsabilité à quelqu’un d’extérieur qu’ils payent 7000NPR qu’il y ait de la neige ou non.
A part ça, il est assez critique de l’action gouvernementale : selon lui, il n’y a pas assez d’industrie au Népal et des gens éduqués, formés pour un métier ne peuvent pas exercer dans la branche qu’ils ont choisi.
Nous posons la question sur les barrages, que nous avons vu, qui devraient embaucher des népalais qualifiés. Ce sont des barrages construits par des Chinois qui ont passé un accord avec le gouvernement népalais pour l’exploitation pendant 30 ans encore. Sauf qu’au moment où les népalais voudraient reprendre le contrôle sur ces barrages, tout est écrit en chinois donc la transmission va être compliquée…
Après qu’il nous ait expliqué tout cela, nous nous préparons pour aller à la réunion d’information sur le mal des montagnes. On nous réexplique ce que l’on savait déjà : pallier de 500m par 500m (altitude à laquelle on dort). L’idéal pour habituer son corps est de grimper un maximum chaque jour (plus de 1000m) et de redescendre pour dormir 500 m plus haut que la nuit d’avant. Si ça ne va pas, on s’arrête, on laisse passer en prenant éventuellement un Doliprane. Si ça ne passe pas, on redescend. Les risques sinon c’est l’oedème pulmonaire ou cérébral ! Il y a un médicament aussi contre le mal des montagnes, le DIAMOX, qui fluidifie le sang (les effets notoires, c’est que ça donne envie d’uriner fréquemment). Il peut se prendre en préventif à raison d’un demi comprimé par jour ou en curatif : deux comprimés par jour. Beaucoup de français nous ont dit toutefois que leur médecin ne voulait pas leur prescrire.
Après ces précieux conseils, nous décidons de monter un peu plus haut, vers la pagode que nous apercevons au dessus de Manang et peut être aussi le temple qui est un peu plus loin à sa droite. A côté du temple, il y a une pagode, et nous voyons des fidèles tourner autour et faite tourner les moulins à prières. Les femmes assez âgées sont contentes et surprises de nous voir là, comme s’il n’y avait pas beaucoup de monde qui osait monter. Elles nous adressent des sourires. En redescendant, le temple que nous pensions aller visiter apparaît être en construction.
L’Annapurna 2 à gauche, l’Annapurna 4 à droite, le temple en dessous
Nous redescendons à la guest house et pour le repas du soir, je craque en prenant un veg cheese burger. La nourriture n’aura rien eu de népalais aujourd’hui. Max et Laure arrivent un peu plus tard, ils ont rencontré une nouvelle personne qu’ils nous présentent : Ludo, en vacances pour trois semaines et qui a prévu de faire deux treks autour de l’Annapurna : le circuit et l’Annapurna sanctuary.
Jour 7 : Jour de « repos » à Manang
Pour nous habituer à l’altitude, nous décidons de faire un petit 1100 m de dénivelé en allant voir l’ice lake, qui est réputé pour être plutôt beau. Ça nous emmènera à 4600m d’altitude tout de même, nous ne sommes jamais allés aussi haut dans notre vie.
Max et Laure le font aussi, ils ont pris un peu d’avance sur nous et nous les voyons au loin en train de monter. Le temps n’est pas idéal, il fait couvert. Nous nous élevons mais c’est dur, la pente est raide. Nous avons une petite fierté quand nous doublons un groupe de népalais de Katmandou qui nous demande comment nous, français, arrivons à avoir un rythme assez soutenu (ou en tout cas plus rapide qu’eux). Sur cette route, je remarque une fleur qui ressemble à une Edelweiss ! Hicham me dit que pas du tout elle est trop moche. Nous vérifions à la Guest house et c’est bien une Edelweiss de l’Himalaya. Prend ça !
Edelweiss de l’Himalaya (je m’en fiche, elle n’est pas jolie)
Au cours de l’ascension, nous croisons un gars qui nous dit que c’est encore très loin et qu’il a fait demi tour car il y a de la neige (?!?) Quand nous montons, nous ne comprenons pas ce qu’il a voulu dire, il n’y a pas la moindre trace de neige ! Nous arrivons au lac dans les temps, comme ce que nous avions prévu : à 12h30.
L’Ice lake
C’est quand même une randonnée assez difficile. Et la vue que nous attendions en récompense… Eh bien était un peu décevante pour nous… Avec les nuages, nous ne voyons pas les sommets aux alentours et le ice lake n’a rien de gelé. L’ambiance est presque un peu lugubre. Alors pour l’acclimatation, nous sommes contents d’avoir fait l’ascension, mais nous ne nous attardons pas plus que cela en haut.
Lorsque nous redescendons, nous nous perdons.. (quand même il faut bien, cela faisait longtemps ?), et sommes obligés de remonter une grande pente raide pendant 5 minutes. Heureusement à cet instant de malchance succède un moment de chance et nous voyons nos premiers « chamois » des Annapurnas ! Il s’agit en réalité de bharals ou blue sheeps (moutons bleus et pas blue ships, bateaux bleus comme je l’avais écrit avant). Hicham est quand même déçu parce qu’il n’a pas pris son appareil photo. Il se jure de le prendre dans toutes les situations pour les prochaines fois. Mais nous voilà obligés de regarder le spectacle uniquement avec nos yeux. Nous suivons en même temps le sentier mais sans faire trop attention et manquons une intersection, nécessitant de notre part un peu d’inventivité pour rejoindre le chemin que nous voyons en contrebas.
On rejoint enfin Manang pour un repos bien mérité pour le reste de la soirée !
Jour 8 : Manang- Letdar
De Manang, nous avons deux options : soit grimper jusque Yak Kharka, qui est à 4050m d’altitude et respecte strictement les 500m maximum de dénivelés préconisés à cette altitude, soit pousser jusque Ledar, à 4200m d’altitude et 700m de dénivelés plus haut. C’est un grand débat, mais nous finissons par choisir Ledar pour être plus proche du camp de base du col de Thorong Phedi.
A la sortie de Manang, la réalité de la montagne et de ses dangers nous rattrapent en plein élan ! Un groupe entoure un homme et les guides n’ont pas l’air très sereins : ils sont en train d’appeler les secours. Plus tôt dans la montée, nous avions vu une femme courir, sans doute pour ramener de l’aide. Lorsque nous passons à côté, j’ai la vision de l’homme bouche et yeux ouverts, inconscient. Sa fille lui tient les jambes en l’air. C’est bref et nous ne nous attardons pas, il y a déjà bien assez de monde, mais je garderai tout le long de l’ascension cette image en tête. Un guide nous apprendra plus tard que l’homme en question est mort. Autant dire que cela nous a un peu traumatisé, et plus que jamais nous sommes attentifs aux signaux envoyés par notre corps.
Nous atteignons assez rapidement Yak Kharka, et revoyons Damien, qui a finalement choisi de s’arrêter à cet endroit.
Nous poursuivons notre route et rencontrons un groupe de quatre français (deux couples, dont un en lune de miel ! : Stéphane et Amanda ; Jean et Stéphanie) et leur guide népalais qui parle français. Ils ont fait appel à une association : »Partages Népal Treks » pour trouver leur guide et porteurs. C’est avec eux que nous voyons à nouveau des bharals, et certains sont même proches ! A force d’observations, nous n’avançons plus beaucoup. Ludo, qui était derrière nous, nous rejoint. C’est à cet instant que le guide népalais nous conseille d’aller rapidement prendre notre chambre à Ledar, car c’est premier arrivé, premier servi. A Ledar, nous allons dans la deuxième guest house que nous croisons, et tout se passe bien : nous avons une chambre individuelle pour nous, Ludo également, et c’est la guest house réservée pour le groupe de quatre français également !
Le grand bharal
Nous sommes arrivés tôt, alors nous allons faire un petit tour de reconnaissance pour voir comment est le chemin plus loin. Il y a une autre guest house, que Max et Laure ont choisi. Ils sont en train de manger des momos au yak cheese et ça a l’air délicieux.
Dans leur guest house, nous croisons également Rachel, que nous avions croisé avec son père à Katmandou lorsque nous avions fait le permis de trek. Ils ont fait le détour par le lac Tilicho, un des lacs les plus haut du monde (à plus de 5100m) mais malheureusement, avec le temps couvert, ils n’ont rien vu des montagnes alentours !
Après ces rencontres, comme il fait tout de même un peu froid, ça finit dans le sac de couchage à la guest house, pour être au chaud. C’est difficile de sortir de là pour aller manger le soir ! Et puis au dodo ! Pour moi, c’est là la première nuit un peu compliquée : la psychologie fait son oeuvre et Hicham me dit que dans mon sommeil, je prends soudainement de grandes inspirations.
Jour 9 : Letdar – Thorong Phedi
Nous ne faisons que 300m de dénivelé de plus aujourd’hui, pour monter à 4500m d’altitude : nous nous arrêtons à Thorong Phedi (base camp), et non au High Camp, situé à 4900m d’altitude (peut être à cause de la psychologie qui ne veut pas que nous dormions plus haut que le Mont Blanc). Nous espérons aussi que le respect en moyenne des 500m de dénivelés par jour nous permettra la nuit prochaine, de bien dormir !
A l’arrivée à Thorong Phedi, il y a encore de la disponibilité (en même temps, il est 10h du matin), et nous avons une chambre pour nous! Après ce que nous avions lu, nous trouvons que c’est une bonne surprise ! Nous n’allons pas dormir dans le réfectoire ! Nous croisons Damien et Coralie, qui se sont arrêtés dans la même guest house que nous ! Ça aussi c’est une bonne nouvelle ! Ils se sont arrêtés ici, car le gérant est le frère de l’homme qui tenait leur guest house à Manang.
Après nous être tous installer, nous nous mettons en route pour le High Camp, histoire de s’acclimater (comme d’habitude) et de rejoindre les copains qui sont plus haut : Max et Laure, Ludo, Stéphane, Amanda, Stéphanie et Jean ! Nous sommes plutôt contents car en 50 minutes nous y sommes. (Et ça y est, nous avons dépassé le Mont Blanc puisque nous sommes à 4900m ! ?)
La France
Juste avant d’atteindre le restaurant de la guest house, nous voyons des espèces de pintades, qui ont l’air d’être protégées ici.
La volaille
Enfin, nous retrouvons et on rassemblons tout le monde autour d’une table. Être en groupe, ça fait du bien, et ça rassure ! Nous prenons un déjeuner tous ensemble et puis nous redescendons avec Coralie et Damien. Comme il est en train de neiger (ce qui me terrifie d’ailleurs), nous trouvons plus sage de ne pas trop attendre.
Nous passons le reste de l’après midi à jouer aux petits chevaux tous les quatre (à priori, c’est un jeu auquel les népalais ont l’habitude de jouer, et qu’ils aiment bien ; on peut même le retrouver imprimer sur des tables de restaurants).
A 17h, nous commandons le repas du soir pour 18h. Objectif dodo à 19h pour un réveil sympa à 3h15 du matin. Nous craquons complètement sur le repas : pizza, burgers, et roasti… Pourtant, nous nous étions promis de ne pas relâcher notre vigilance avant le col, mais voilà, tant pis. Vu comme c’était bon a Manang, nous avons plutôt confiance. Et puis ça fait un peu le dernier repas du condamné ?.
Nous commandons le set breakfast pour le lendemain aussi : à 3h30 !
Il est 19h et nous allons nous coucher. Pour faciliter le réveil, j’ai sur moi les vêtements de base de la journée du lendemain déjà : les sous vêtements techniques, legging en laine mérinos, t-shirt à manche longue en laine mérinos, et ma polaire. La nuit reste agitée mais meilleure pour moi que celle a Ledar. A priori Hicham me dira le lendemain qu’il y a quand même encore des moments où je prends des grandes inspirations. Clairement, mon corps cherche un peu l’air.
Jour 10 : Thorong Phedi- Thorong La Pass – Muktinath
Lorsque le réveil sonne, c’est le moment où mon corps a le plus envie de dormir.. c’est dommage, il faut se lever. Sur la couche de vêtement que je porte déjà, je rajoute un de mes pantalons de trek, ma doudoune, mon k-way, les deux paires de gants (ils sont fins). Nous prenons nos sacs et nous allons petit déjeuner. Il y a déjà du monde et le temps d’être servi et de manger, nous commençons à monter alors qu’il est 4h10.
La veille, pour aller jusqu’au High Camp, nous avons mis 50 minutes. Il nous en faudra 80. La faute aux groupes, devant nous, qui ont un rythme moins rapide. Mais ça va tout aussi bien à Hicham, qui a mal au ventre et des nausées dès la montée. Pour lui, c’est la faute du réveil matinal et du repas (de la veille et du matin) qui ne passe pas. Ou serait-ce le mal des montagnes ?
C’est encore la nuit et voir toutes les lumières des frontales les unes à la suite des autres, donne une ambiance très particulière et chaleureuse (un peu comme lorsqu’on est au ski et qu’on voit la descente aux flambeaux des moniteurs). C’est rassurant d’une certaine manière de voir tout ce monde, surtout qu’il a neigeotait toute la nuit et la neige sur le chemin s’est un peu transformé en glace. Heureusement la couche de neige n’atteint même pas 2cm.
Lorsque nous arrivons au High Camp, nous avons le bonheur de voir que Max et Laure, Rachel et son père ne sont pas encore partis. Nous nous accordons mutuellement sur l’idée de faire le chemin ensemble.
Après l’arrivée au High Camp, l’aube commence à pointer le bout de son nez. Le paysage devient un peu gris d’abord : c’est lunaire, puis les couleurs du matin prennent le dessus. C’est magnifique ! Et heureusement, car c’est long aussi. Hicham ne va pas mieux et pendant toute le montée, nous serons encouragés par nos quatre copains.
Un petit pas pour l’homme…
Le père de Rachel ira jusqu’à prendre de l’avance et aller jusqu’au sommet, déposer son sac pour proposer de porter celui d’Hicham, qui refuse.
Lulu en pleine forme, Hicham en PLS
Nous faisons des pauses assez régulières et nous arrivons finalement au sommet alors qu’il est 8h30. On est tous pris d’une grande émotion, qui s’exprime de manière différente pour chacun! On fait une multitude de photos devant le panneau et les drapeaux népalais. C’est que du bonheur !
We did it !
Et puis il faut redescendre : 1700m de dénivelé pour arriver jusque Muktinath ! C’est raide et long. Nous nous retournons sans arrêt pour voir le paysage près du col ! On l’a fait!
Sur la descente, nouveaux paysages. Un désert enneigé au début prés du col, puis un paysage aride se dégage devant, où se dessine au loin les pics enneigés du Mustang. Nous venons de quitter l’Annapurna.
Avant Muktinath, nous arrivons à des restaurants où nous en profitons pour nous requinquer, avec un coca pour Hicham et puis quelques plats et boissons (ce sera apple pie pour ma part). Les jambes ne sont pas habituées à la descente et le font clairement ressentir. Eh oui, après avoir atteint le point culminant, il faut tout redescendre !
Près de Muktinath enfin! Il y a des immeubles dans cette ville, c’est ce qui me frappe d’abord de loin. Et puis, il y a un temple, qui semble extrêmement important vu le nombre de drapeaux qui l’entourent.
Nous arrivons près des hôtels et guest house et on reconnaît Alisha et Shaw dans l’un : alors nous les rejoignons, avec Rachel, son père, et Ludo. On dit au revoir à Max et Laure qui veulent continuer un peu pour pouvoir prendre un bus le lendemain à Jomson.
Ce soir, on se fait plaisir, ça y est, on l’a mérité notre steak de Yak ! C’est la dernière soirée de trek avec Rachel et son père : ils prennent le bus de Muktinath à Pokhara ; avec Ludo aussi : il va enchaîner avec le trek de l’Annapurna Sanctuary et va donc se diriger en bus ou en taxi vers Jomson.
Et puis Alisha et Shaw vont eux direction en bus vers Tatopani directement.
Après avoir tous eu le même objectif, la vie reprend le dessus, nous avons tous différents plans et nous nous séparons à nouveau.
Jour 11 : Muktinath – Jomson
Muktinath et son temple notamment nous intrigue suffisamment pour que nous prenons la demi journée pour y monter et essayer de comprendre les coutumes religieuses.
C’est un grand lieu de pèlerinage, à la fois pour les bouddhistes (il y a un Bouddha géant) et pour les hindouistes (le temple et la purification sous 108 fontaines d’eau). Pour ces derniers, nous les voyons courir tout en dessous des fontaines, avant de plonger dans un bassin. Ils se purifient ainsi de leurs pêchés.
A 11h, nous quittons ce lieu chargé de foi, nous retournons à l’hôtel faire nos affaires.
Pour l’itinéraire, nous décidons de passer par le col de Lubra Pass et la ville de Lupra. Ça nous fait monter de 200m de dénivelé et redescendre de 1200m, mais nous permet d’éviter la route. Nous sommes contents de la vue au col, c’était vraiment bien, avec toutes les montagnes enneigées. Le chemin sur lequel nous marchons est entouré par des buissons rouges et toutes ces couleurs chaudes rendent un effet sublime, c’est comme un grand feu au niveau des couleurs. Nous observons un grand troupeau de yaks, plus loin dans la montagne.
Nous traversons un village (Lupra) et puis nous suivons une route au bord de la rivière plutôt que le chemin de trek qui monte et descend. Nous arrivons alors sur la route principale qui mène à Jomson. Là, c’est l’enfer, du vent, du vent, du vent! Nous sommes contents d’avoir les cache-cou que nous pouvons mettre sur notre bouche et les lunettes de soleil. Chaque passage de véhicule soulève énormément de poussière et ce n’est vraiment pas agréable.
A Jomson, nous avons du mal à trouver les guest house. Nous faisons demi tour après avoir traversé un pont suspendu qui ne menait à rien (ou alors le quartier administratif, mais rien pour nous). C’est lorsque nous nous dirigeons vers l’aéroport que nous voyons les premières guest house. La première que nous approchons nous demande 2500NPR! QUOI! Ici, les prix proposés nous ont toujours permis de trouver à moins de 1000NPR. La guest house suivante nous propose 1000NPR : hotel sunrise. C’est un peu mieux. Pas moyen de négocier un discount. Heureusement, sur la carte, la nourriture n’est pas chère. Mais là encore, sentiment de se faire avoir : pour une commande de momos, on nous donne 8 pièces au lieu des 10 de d’habitude… Donc ce n’est pas terrible. Mais bon, c’est très bon et puis, nous avons la douche chaude dans la chambre.
Pour le programme du lendemain, nous décidons de prendre le bus, pour ne pas avoir à refaire la même route que la veille à pied et pour aller directement à Tatopani où nous pourrons nous relaxer puisqu’à priori il y aurait des sources chaudes là bas.
Jour 12 : Jomson – Tatopani (bus)
Nous ne faisons rien de spécial en ce jour. Le propriétaire nous emmène acheter nos tickets de bus et nous avons RDV à 12h pour le prendre (il va s’arrêter devant l’hôtel)
A 12h, comme prévu, nous descendons. Pour sortir de la ville, le bus fait deux arrêts très long, si bien que nous ne démarrons vraiment qu’à 14h. Comme c’est une période de fête et que beaucoup de monde va jusqu’à Muktinath et en revient en passant par Jomson, le bus est bondé et nous nous retrouvons dans la cabine du chauffeur, sur une banquette à 4, assez serrés. La route est… impressionnante et je ne sais pas comment le chauffeur fait pour éviter les accidents (Que ce soit lorsqu’on croise d’autres véhicules ou à cause de la route tellement étroite et bossue). C’est un peu dur. Le bus fait des arrêts brefs dans les villages, le temps de balancer des sacs de nourriture commandés (pommes, farine, riz).
A un arrêt, une mère et sa fille monte dans la cabine avec nous, et pour les accueillir, le chauffeur rajoute une banquette. On ne peut quasiment plus poser le pied par terre alors la mère est assise en tailleur ou accepte d’avoir la porte de la cabine qui se ferme sur ses jambes, et la petite fille s’allonge sur le gros pouf /banquette qui entoure le levier de vitesse.
Après quelques temps, le chauffeur met de la musique. Les népalais connaissent les chansons par coeur et les chantent. Je garderai toujours en souvenir cette chanson que toute la cabine a entonné ! Ça transforme le trajet de bus en une superbe après midi passée.
Nous arrivons à Tatopani la nuit ? Nous voyons au loin un hôtel qui nous capte le regard et décidons d’y aller: Old Kamala Hotel. La chambre est très au calme, assez spacieuse, alors c’est bon, nous posons nos affaires. Nous allons rester deux nuits ici, car le lendemain, notre destination, ce sont les hot springs!
Nous mangeons bien ici aussi, c’est un peu épicé quand même !
Jour 13 : Tatopani
Aujourd’hui, c’est pause, alors nous prenons notre temps. Nous faisons notre lessive le matin, traînons un peu.
Lorsqu’il est midi, nous allons aux hot springs. Là, nous revoyons Ron, notre américain sexagénaire cycliste préféré. Il a aussi pris un bus pour Tatopani et profite des hot springs. C’est un lieu privilégié pour les népalais et ça défile ! Au début, comme il y a deux bassins, une vieille dame dit à Hicham qu’il y a séparation des hommes et des femmes. Nous sommes donc séparés et je suis toute seule, pendant que Hicham discute bien avec Ron. L’eau chaude fait quand même du bien et c’est drôle, parce que si c’est facile pour moi de rentrer dans l’eau, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Les népalaises poussent des petits cris en rentrant dans l’eau (comme pour nous quand l’eau est trop froide), et rentre orteil par orteil. Puis, elles jouent dans l’eau en s’éclaboussant. Je sors de l’eau parce que ça y est, elle est trop chaude, et le soleil tape lui aussi ! Hicham me rejoint sur un banc avec Ron. Ce dernier part bricoler un peu son vélo et pour notre part, nous restons dans l’endroit, manger des fried noodles et un lassi.
Puis nous retournons à l’eau, ça y est, plus personne pour nous dire que les hommes et les femmes sont séparés alors je rejoins Hicham dans son bassin.(Je le fais surtout parce que je vois qu’une femme népalaise est dans le bassin des hommes et cela ne semble pas gêner outre mesure)
Nous faisons la rencontre d’un canadien, Patrick Falconer. Nous l’interpellons alors qu’il a le courage de prendre un livre dans l’eau. Il fait un petit trek avec sa femme Valérie un guide et un porteur (qui est le portrait craché de Rami Malek).
Sa philosophie est intéressante : fais des changements déjà chez toi avant de vouloir faire des changements chez les autres. Elle est appliquée au centuple de leur part puisque sa femme était prof d’anglais appliqué pour les femmes réfugiées au Canada et lui même était consultant pour apporter un support aux associations et au gouvernement. De plus c’est un héro en Espagne pour ces antécédents de hockey sur glace.
Nous les retrouvons le soir pour manger et passons un très agréable moment.
Jour 14 : Tatopani – Gorepani
Ce matin, nous avons une bonne surprise, Coralie est devant notre hôtel. Elle a fait tout le chemin en marchant jusque là. Et maintenant, c’est bien, nous allons pouvoir faire la suite de la route ensemble!
Et quelle route : on remonte de 2000m de dénivelé aujourd’hui, ça va être dur! Tout ça pour voir un lever de soleil à Poon Hill… Mais il paraît qu’il est grandiose
Nous rencontrons quelques difficultés pour trouver le chemin pour prendre la bonne direction vers Gorepani à la sortie de Tatopani. Nous nous faisons arrêter à plusieurs check points : un pour montrer le permis de trek et ensuite un quart d’heure plus tard, c’est un autre pour la carte de permission de l’Annapurna.
Là encore, comme au début, nous voyons la jungle laisser place aux conifères. C’est super mais 2000m de dénivelé c’est long ! 8h de montée !
vue du Dhaulagiri
Sur la fin, nous croisons des femmes et enfants népalais. Ils cherchent à ce que nous venons chez eux alors nous prenons un peu nos distances pour avoir de la liberté de choisir notre guest house.
Nous prenons une des premières guest houses que l’on croise : la Mountain View Lodge. Et là, lorsque nous allons commander, qui est-ce que nous revoyons ? La femme qui nous proposait que nous venions chez elle. Quelle coïncidence! Pas de discount possible de sa part, mais elle nous offre quand même un thé chacun. Tout le monde se met autour du poêle et c’est très agréable.
Nous n’allons pas nous coucher très tard, demain c’est réveil à 4h pour voir le lever de soleil ☀️
Jour 15 : Gorepani – Birethanti
4h30 du matin : nous nous levons (un peu en retard). Heureusement que Coralie était là pour nous motiver à aller voir le lever de soleil, sinon nous nous serions peut être recouchés ! Nous prenons la route vers Poon Hill directement, et le petit déjeuner sera sur le retour, comme nous sommes obligés de passer par là de toute façon.
Sur le chemin, nous ne sommes pas tout seuls, il y a pleins de monde. Nous marchons dans le noir, à la frontale.
Nous payons des droits d’entrée de 100NPR par personne.
Nous sommes dans les premiers à atteindre le sommet, si bien que nous pouvons choisir une place de choix pour admirer le spectacle. Il y a une plateforme qui permet de s’élever un peu, mais nous n’y allons pas, préférant nous asseoir au bord de la « falaise » et prendre quelques risques avec nos téléphones. Il fait un peu froid, nous sommes contents d’avoir les gants, les bonnets et la doudoune.
En haut, il est inscrit que c’est interdit de prendre sa thermos, mais il y a un vendeur de thé et café pour ceux qui rêvent d’une boisson chaude.
Il y a quelques nuages en contrebas, du côté où le soleil se lève. Ils rosissent avant que l’on voit le soleil à proprement parler. Le Dhaulagiri est à notre gauche, majestueux, et en face de nous, il y a l’Annapurna 1, qui malgré sa taille, semble petit à côté de l’Annapurna south plus en avant par rapport à nous. Le Machapuchare tout à droite reste dans notre imaginaire, montagne en forme de queue de poisson, interdite d’ascension. Les couleurs sont… magiques et finalement nous avons une assez bonne lumière pour avoir le beau spectacle attendu.
Dhaulagiri
Centre Annapurnas South, à sa gauche Annapurna 1, à sa droite le Machapuchare
Rassasié des yeux, nous descendons petit déjeuner avant d’entamer notre vraie journée de marche : 2000m de dénivelé mais dans l’autre sens que la veille. Ce qui nous marque clairement par rapport aux autres journées de trek, ce sont les marches ! Du début à la fin, sans interruption! C’est à nouveau dur pour les jambes, mais cette fois ce sont les genoux qui prennent !
Sur le chemin, nous voyons un serpent avec une grenouille dans sa gueule, précisément au moment où Coralie nous racontait une anecdote à propos de ces reptiles.
Nous croisons aussi un groupe d’étudiants népalais qui viennent de Katmandou et profitent des vacances pour aller voir le lever de soleil à Poon Hill comme nous.
Nous nous arrêtons finalement à Birethanti et dès la minute où nous nous posons, c’est compliqué de se relever ! C’est Coralie, plus courageuse qui arrive à se relever pour initier la douche.
A chaque fois que nous nous levons, nous avons l’impression d’être des vieux pépés et mémés qui perdent leur capacité de marcher : chaque pas est une souffrance! Décidément, maudites marches ! Heureusement, la nuit fera passer tout cela!
Le lendemain, nous finissons à Nayapul, pour prendre un bus. Sur place, une floppée de taxis nous aborde pour nous emmener à Pokhara ! Mais nous voulons vraiment avoir l’expérience du bus! Jusqu’à… Jusqu’à ce qu’un taxi nous propose 900NPR : 300 par personne alors que le bus en coûte 150… Tout bien considéré, après concertation, nous acceptons. Nous avons sans doute bien bien fait : en une heure et demi, et avec du confort, nous sommes à Pokhara.
Bye bye Machapuchare, bye bye Annapurna
Nous retrouvons chacun notre guest house et nos affaires ont été bien gardées !
Nous rentrons à Istanbul le 6 octobre au soir, pour prendre l’avion le lendemain à 21h45 et commencer un très long vol qui finira le surlendemain à 18h à Katmandou.
Dernier jour à Istanbul, nous disons au revoir à la ville en passant par la mosquée de Solimane le Magnifique, notre coup de cœur pour sa beauté et sa tranquillité. Nous rencontrons lors de notre ballade un belge d’origine turc très sympathique qui nous décrit un peu les beautés de son pays. Parmi les expériences que nous avions manquées, il nous conseille fortement d’aller manger du poisson frit en sandwich, une spécialité que l’on trouve le long de la Corne d’or. Ne ne partirons pas sans y avoir goûter !
Quand nous lui parlons de la mosquée Solimane le magnifique, il nous annonce que justement, son père l’avais nommé Siman en hommage à l’architecte de ce monument. Il nous fait part de nombreuses anecdotes sur cet homme comme par exemple dans les mosquées, il y aurait des coquilles d’œufs d’émeu dont les araignées auraient peur, ce qui éviterait qu’elles construisent leurs toiles en ces lieux religieux. Nous n’avons pas trouvé de confirmation de cette anecdote.
Après avoir pris notre sandwich au poisson, c’est déjà l’heure d’aller chercher nos affaires gardées dans le Airbnb que nous avons loué, et nous nous dirigeons vers l’aéroport en prenant le même Havabus qu’à l’aller, au même endroit : en bas de la place Taksim.
Franchement, c’est bon
A l’aéroport, on passe le check in, on dépose les bagages et c’est parti pour Katmandou. 4h25 pour le premier avion jusque Dubaï, on arrive là bas à 3h du matin heure locale. On installe nos sacs de couchage dans la salle d’attente de l’aéroport et on s’endort jusque 7h du matin. Ensuite on patiente jusque 11h20, heure de l’embarquement. Encore 4h15 de vol et nous arrivons à 18h (heure locale) à l’aéroport de Katmandou.
C’était beau au dessus de l’Iran
Et là, nous pensons voir la fin du voyage…mais non, c’est sans compter que nous arrivons au moment de la fête de Dashain et donc en période de jours fériés… tout cela en combinaison avec l’arrivée massive de touristes qui viennent comme nous profiter de cette période privilégiée pour faire du trek.
Nous n’avions pas rempli le formulaire pour le visa sur Internet, nous commençons donc par cela. Il y a déjà de l’attente. Nous patientons, trouvons des français dans la file et discutons de nos différents plans de voyage au Népal. Ensuite, il faut payer. Les espèces de nombreux pays sont acceptées, nous ne sommes donc pas obligés de payer en roupies népalaises et pouvons payer directement en euros : 80€ et on nous rend 4$.
Après avoir payé, il faut maintenant attendre pour passer la frontière. Et là c’est le drame, il y a 4 guichets ouverts, et c’est lent, très lent ! A la fin, nous sortirons 4h après notre arrivée, soit à 22h !
Fatigués, nous prenons le taxi au guichet de l’aéroport : prepayed taxi car les prix sont affichés, et pour le quartier de Thamel, c’est 700 NPR. Nous paierons finalement 900 NPR car apparemment nous ne sommes pas tout à fait dans le quartier de Thamel. Mais en réalité, depuis l’aéroport, nous en avons pour 10 minutes de taxi jusqu’à la Guest House : Elbrus home. Tout est fermé car c’est férié et nous n’avons pas mangé. La personne qui nous accueille à l’hôtel nous promet pour le lendemain un bon petit déjeuner qui nous remettra sur pied.