Hagia Sophia (ou la Basilique Sainte Sophie)

Toute rose de l’extérieur, Hagia Sophia bouleverse le visiteur en traduisant à elle seule l’histoire d’Istanbul avec la diversité des cultures qui l’ont habité.

Son histoire commence au 6ème siècle avec l’empereur Justinien qui ordonne sa construction. Sous les regards de deux éminents architectes de l’époque, le monument se construit en 5 ans pour atteindre sa première fonction: celle d’une basilique. Auparavant, au même emplacement il y eut deux autres églises. La première a été construite par l’empereur Constantin en 360 et démolie durant la révolte de 404. La deuxième à été construite par Theodosius II et démolie à nouveau durant la révolte de Nika en 532.

La Basilique s’enrichit de nombreuses décorations et sert d’église pendant 916 ans. En 1453, après la conquête d’Istanbul, le Sultan Mehmet le Conquérant la transforme en mosquée. Elle est aujourd’hui un musée, le site le plus visité d’Istanbul. 

Après avoir pris notre pass pour la visiter, pass qui inclut également le Palais Topkapi et le musée archéologique d’Istanbul (162 TRY par personne), nous entrons dans l’enceinte. Nous achetons l’audioguide pour 45 TRY et nous ne le regretterons pas.

Dans le Narthex (lieu de transition entre l’extérieur et l’intérieur de la basilique), parmi tous les éléments, une anecdote me marque particulièrement. Il s’agit de la plaque en mosaïque de Tughra (signature du sultan), faite à l’occasion de la rénovation du lieu en 1847 par les frères Fossati sur l’ordre d’Abdulmejid. La plaque d’identification est faite de morceaux de mosaïque (tesselles) tombés et recueillis lors de la restauration.

Nous passons ensuite la porte, impressionnante, faite de bois et recouverte de bronze et entrons à l’intérieur de la basilique. Toute la partie gauche est en travaux de rénovation. Le dôme est impressionnant par sa taille. Il est solide grâce au matériau utilisé: des briques du sol de Rhodes. Il traduit le mixte religieux dont il fut l’objet, avec l’inscription d’un verset du Coran. Dans le même esprit, au fond de la basilique, une mosaïque représente  Marie et l’ange Gabriel (chrétien) et juste en dessous il y a le Mihrab (niche qui indique la Qibla, c’est à dire la direction de la Kaaba à la Mecque) qui est légèrement tourné par rapport à la direction de la basilique.

En nous dirigeant vers la sortie, nous sommes intrigués par la file de personnes devant une colonne. Ils mettent tout à tour leur pouce dans un orifice, la main vers le bas et font un tour complet. Plusieurs légendes expliquent cette tradition. Une d’entre elles est que lors de la transformation de la basilique en mosquée, la direction indiquée de l’édifice n’était pas tout à fait la bonne. Suite à un souhait de l’imam, le bâtiment tourna en direction de la Mecque, mais ne put pas tout à fait l’atteindre, un passant l’ayant surpris. Aujourd’hui, les passants (nous compris) font leurs vœux en tournant leur pouce complètement à l’intérieur du trou.

Nous montons ensuite à l’étage. D’ici, nous prenons de la hauteur et faisons face aux énormes disques de bois (levahs) avec la calligraphie arabe des noms sacrés de l’islam: Allah, le prophète Mohammed et les quatre premiers califes: Abu Bakr, Umar, Othman et Ali. Ils sont impressionnants car la calligraphie des lettres est extrêmement bien proportionnée, ce qui est un travail très délicat. Chacun des disques fait 7 mètres de diamètre !

En longeant les rampes, nous voyons, de manière surprenante, que les Vikings sont passés par ici et ont laissé une trace dans la basilique sous forme de runes qui signifient: « Halfdan était ici » (il a tagué la Basilique!)

Après avoir fait le tour et vu une impressionnante porte en marbre et la mosaïque de l’impératrice Zoé, nous finissons la visite en redescendant et en entrant trois fois de suite par la grande porte de la basilique. Nous faisons cela car à chaque fois que nous traversons la grande porte, nous sommes époustouflés . C’est vraiment magnifique!

Premiers pas dans Istanbul

Byzance, Constantinople, Istanbul, la ville est entré dans notre imaginaire d’enfants alors que nous la découvrions dans nos livres d’histoire. Grecs, romains, ottomans l’ont successivement marquée.

En se posant sur le pont de la station de Haliç, nous avons une vue sur les dômes et les minarets des mosquées qui confèrent à la ville une élégance indescriptible. Le décor est magique et on imagine facilement qu’Istanbul a inspiré Naboo de l’univers Star Wars.

Nous déambulons dans les rues et dans tous les recoins, notre route croise pleins de petits chats. Nous en verrons même un dans la basilique Sainte Sophie, et encore un autre qui gratte à une vitrine. Les habitants sont plutôt sympathiques avec eux et leur donnent les restes des morceaux de viandes.

Nous nous dirigeons vers notre première destination : la mosquée de Soliman Le Magnifique (Suleymaniye). Elle a été construite sur une des sept collines d’Istanbul en sept ans (de 1550 à 1557). C’est tout un complexe bâti sur 63000 m2 avec une mosquée, une madrassa (école coranique), des bains turcs, etc.

Un jardin entoure la mosquée et donne une vue incomparable sur le Bosphore. Loin du bruit de la ville, ce lieu est l’un des endroits les plus spirituels et élégants que nous ayons pu observer.

Pour entrer dans la mosquée, à l’entrée, on nous demande (pour les femmes) de nous couvrir les cheveux avec un voile. Je suis interpelée afin de rectifier le port de mon foulard sur la tête afin d’éviter de montrer ma gorge.

On nous demande aussi de mettre une jupe pour couvrir au minimum les genoux (même les hommes), d’enlever nos chaussures et nous franchissons le seuil de la mosquée. Le tapis rouge est molletonneux. Les visiteurs ne sont pas autorisés à franchir la barrière en bois. Au fond, un homme semble être en train de dormir. Il bouge suite à la demande d’un homme qui passe l’aspirateur. Ils sont deux à faire le ménage, et ce n’est pas de trop vu l’immensité du lieu.

Une petite anecdote qui m’a fait beaucoup rire est l’attente de spiritualité que j’ai de ce lieu confronté aux vrais comportements : légèrement caché par un pilier, un homme a la tête inclinée et semble en méditation. lorsque je m’approche, je le vois en réalité penché sur son téléphone.

Arrivée à Istanbul

Nous arrivons à 20h15 à l’aéroport d’Istanbul. Première étape : passer la douane et récupérer les bagages. Nous sommes chanceux, ils arrivent dans les premiers.

Ensuite, il faut que nous rejoignons le Cibali Istanbul Hotel où nous avons réservé 4 nuits.

Nous pensions prendre un taxi, mais à l’accueil, on nous conseille plutôt de prendre le bus Havabus jusqu’à son terminus puis de prendre le métro jusqu’à la station Haliç. On ne marche pas longtemps avant de trouver l’hôtel (merci maps.me)

Le personnel est très accueillant et la chambre très propre, avec trois lits simples. On va vite se coucher pour être en forme demain pour la découverte de notre première ville étape.