Uncategorized

Roadtrip à Bali

Bali, l’île des dieux, ses rizières, ses plages, ses volcans (et puis son surf) ! Autant de raisons pour nous de partir à sa découverte ! Mais nous ne voulons pas d’un voyage tout organisé, nous voulons nous débrouiller par nos propres moyens ! Il nous reste environ 10 jours avant de partir vers l’Australie, l’île est assez petite, alors nous nous lançons dans ce projet assez fou : parcourir l’île à scooter !

Les prérequis sont assez simples : nous alléger au maximum : nous laisserons un de nos sacs à l’hôtel de Kuta), louer un scooter (ce que nous avons fait avec l’entreprise de location de ce même hôtel, il nous a seulement fallu laisser une pièce d’identité et la photocopie du passeport), et choisir notre parcours en fonction de nos envies.

Mon rêve : voir un, ou plusieurs volcans !

Quand nous avions discuté de l’Indonésie avec nos rencontres précédentes, une d’entre elles (Rachel, qui nous avait d’ailleurs conseillé de faire un Workaway) nous avait parlé d’un fameux volcan qui « crache des flammes bleues qui s’écoulent comme de la lave ». De mon côté, en faisant des recherches, j’étais aussi tombée sur ce must-do : le Mont Ijen de Java Est ! Alors mon rêve est simple : faire un parcours qui nous amène jusque là-bas (en passant par le nord de Bali), et revenir par le sud de Bali. Pour changer d’île, nous n’anticipons pas vraiment, je vérifie simplement qu’il y a la présence d’un ferry.

Prêt à nous suivre dans ce périple ?!

Jour 1 : En direction du Mont Batur

La case de la checklist : Voir un volcan, aura été rapidement cochée. C’est en direction d’un volcan plutôt célèbre de Bali que nous nous dirigeons pour cette première journée : le Mont Batur. C’est déjà une trotte puisque le GPS nous indique deux bonnes heures pour y aller depuis Kuta. À deux sur le scooter, un gros sac devant, un sac sur les épaules, et le matériel photo dans le coffre, nous nous lançons à l’assaut de la route. Une route qui est déjà en elle-même une source d’émerveillement ! À travers les villages, le bord de la route est parsemé de grands bambous « inclinés » : on les appelle des « panjors ». Ils sont installés à l’occasion de la fête de « Galungan ». La décoration est parfaite !

Avant l’arrivée, un petit embouteillage nous montre que nous ne sommes pas les seuls à venir jusqu’au Mont Batur. Malgré le monde, nous trouvons une place pour observer ce qui ralentit tout ce beau monde. La vue depuis la crête est incroyable ! Le paysage ici est vraiment particulier : le Mont Batur est en réalité un volcan… dans un autre plus gros volcan qui contient aussi un lac. On le voit un peu plus distinctement en regardant la carte sur le GPS. Le Mont Batur a dû entrer en éruption à une période pas si lointaine car on y voit toujours les traces que la lave brûlante a laissées.

Nous nous enfonçons dans le « grand volcan » : nous allons dormir tout au bout du village (la zone la moins touristique), dans une petite maison tenue par un couple absolument charmant qui passera une partie de leur soirée avec nous.

Avant que le soleil ne se couche, nous avons encore un peu de temps pour parcourir les environs. L’après-midi est déjà bien avancée, et nous sommes en pleine saison des pluies. C’est donc sans surprise que la pluie se met à tomber alors que nous montons sur des rochers noircis – par la lave – et faisons le tour du lac. Ce n’est que partie remise !

Jour 2 : Verrons-nous le Mont Agung ?

Aujourd’hui, deux choix s’offrent à nous : faire l’ascension du Mont Batur, ou aller voir le point culminant de Bali : le Mont Agung. Le prix pour le Mont Batur est exorbitant (on se comprend) : au moins 30€ par personne pour 1h30 d’ascension (300m de dénivelés). C’est une mauvaise blague, surtout que la vue à l’arrivée n’est pas garantie : d’après la météo, c’est nuageux ! Ce n’est pas vraiment une manière de voyager qui nous convient. Alors nous préférons remonter sur le scooter pour faire un aller-retour vers le Mont Agung, le plus haut volcan de l’île.

Clairement, ce n’est pas l’idée du siècle : il fait tellement nuageux que, de l’endroit où nous aurions pu avoir une belle vue sur le Mont, nous n’avons qu’un ciel nuageux. Sur le retour, il pleut tellement que nous devons nous arrêter plusieurs fois tant la visibilité est mauvaise ! Dans la bataille, nous perdons le téléphone d’Hicham, malencontreusement noyé dans la poche de son K-Way (heureusement, un sac de riz et une semaine plus tard, nous parviendrons à le ranimer). Seule éclaircie de la journée : la route était quand même plutôt fun et offrait vraiment de beaux paysages (enfin, surtout à l’aller) !

Petite anecdote (Hicham) : pour sortir du volcan côté nord en direction du mont Agung, il faut prendre une route, honnêtement, verticale ! Ici, la montée dans le relief ne se fait pas à coup d’innombrables virages mais bien à coup d’incroyables montées et descentes. On se retrouve donc à deux sur le scooter, sans le sac, à fond les manettes sans dépasser les 15 km/h. La route est étroite, des camions y montent aussi (on n’a toujours pas compris comment) et une fois arrivés en haut, certes la vue est magnifique mais les freins sont au maximum, sans que le scooter ne s’arrête. Je n’aime pas trop ça.

C’est là que l’un des habitants d’un village du sommet du volcan nous interpelle avec sa moto. Il est jeune, pas plus de 16 ans, et roule à nos coté en nous parlant (comme dans fast and furious, mais à 15km/h les freins écrasés au max, bref). Il nous dit que « c’est pas bon tout ça, c’est dangereux, il faut réparer les freins « . Je lui dis bof c’est pas à moi de le faire c’est une location (ce touriste, il s’est cru en France). Mais bon je n’étais pas serein, je lui qu’est-ce que tu proposes. Il me dit  » Viens on va voir dans le garage du copain ». Ça sent l’arnaque mais je n’ai pas vraiment de freins là et la descente est comme la montée donc allons voir. Ce beau gosse en plus avec la phrase d’accroche : « c’est mon village ici, c’est ma responsabilité s’il arrive un truc ». Truc de ouf, j’aurais adoré dire ça à un touriste à 15 ans, en anglais.

Une fois là-bas ils me proposent de les réparer pour 50000 Roupies (3 € et quelques). Go ! ça ne va pas faire un trou dans mon budget. Moi, je pensais qu’il allait les changer, mais en fait il les ressert comme je ressers mes freins de vélo. C’est pas grave, au moins je vais pouvoir freiner. Il essaye de me gratter encore un peu de sous à droite à gauche mais désolé, on doit y aller, on a 3h de route à faire pour 70km.

Au retour, un autre groupe de jeune nous fait le coup des freins en montée cette fois, mais bon, là ils marchent bien du coup on comprend alors que c’est une sorte d’arnaque locale, mais qui nous a bien servie étonnamment.

Jour 3 : Vers les 3 lacs de la région de Bratan

Nous poursuivons notre route vers l’ouest, et vers cette autre région de Bali, prometteuse car on peut y voir de nombreuses rizières en terrasse, des cascades, et bien sûr aussi, des lacs ! Deux heures de route pour y arriver, et le temps est à nouveau maussade, mon humeur aussi. Malgré toutes les promesses de la localisation, la saison n’invite pas vraiment à la découverte. Qu’à cela ne tienne, nous mangeons dans un très bon restaurant, tenu par la famille de notre hébergeur, tout en regardant la pluie tomber. Faire une heure de route pour payer la visite de rizières ne nous tente finalement plus beaucoup, surtout que nous avons eu la chance d’en voir pleins sur le chemin !

On passe donc le reste de l’après-midi dans notre petite cabane, la vue sur un des lacs est quand même dingue !

Hicham en profite quand même pour sortir prendre quelques photos.

Jour 4 : Des cascades à la mer (Lovina)

Après un trop bon petit déjeuner, nous attaquons cette journée avec un peu plus d’entrain que la précédente ! La raison est simple : nous allons voir un temple, des cascades, et si tout se passe bien, nous devrions arriver à la mer en début d’après-midi ! Eh oui, vu les après-midis plutôt mitigés, nous repensons notre manière de faire et essayons de programmer un maximum d’activités le matin ! Ce qui nous permet de faire cela, c’est aussi qu’aujourd’hui nous ne sommes qu’à une heure en scooter de notre prochaine destination !

Première étape de la journée : le Pura Ulun Danu Bratan, un temple hindou qui a l’air assez magnifique sur les photos que présentent Google Maps ! Finalement, après un bref arrêt, nous passerons notre chemin : pour sa faible taille et importance, il est plutôt cher et un peu trop touristique dans le mauvais sens du terme. Nous sommes arrivés en même temps que des bus entiers, et parfois, il faut savoir accepter la défaite !

Alors, nous demandons la destination suivante ! Sur la route pour aller à Lovina, il y a de multiples cascades. Nous nous réservons le droit d’aller à une ou deux. Finalement, nous avons la chance d’être sur un site où il y en a quatre : Banyu Wana Amertha Waterfall. Le chemin longe un jardin bien entretenu qui nous emmène successivement auprès des cascades. Celle qui est le plus en bas est la plus impressionnante !

Le lieu n’est pas complètement désert ! Nous n’avons pas mis nos maillots de bain pour nous baigner en bas des cascades, mais d’autres oui et à leur vue, nous regrettons un peu de ne pas avoir eu cette idée.

Après avoir fait le tour, nous nous en retournons pour aller jusque Lovina.

Lovina, c’est une petite ville qui a cherché à tirer profit du tourisme à Bali en organisant des excursions pour aller voir les dauphins. Il faut l’avouer, l’aventure sur le papier n’est pas des plus tentantes : plusieurs centaines de bateaux se lancent tous les matins à la poursuite des dauphins, et cela a un peu rebuté de nombreuses personnes qui ont laissé de mauvais commentaires sur les réseaux sociaux.

Pourtant, lorsque nous arrivons sur place, notre hôte nous recommande d’aller à la « chasse aux dauphins ». Il faut dire que c’est la basse saison, et il y aurait beaucoup moins de monde ! Le rendez-vous est pris pour le lendemain, à 6h (Courage !)

Nous passons le reste de l’après-midi à aller voir la plage de Lovina (pas terrible, on s’est retrouvé assez rapidement abordé et on n’a pas vraiment apprécié), et à profiter de la piscine de notre hébergement. On aurait aussi pu aller aux sources chaudes, mais il a commencé à pleuvoir alors on a préféré rentrer.

Jour 5 : Des dauphins de Lovina à Gilimanuk

Il est tôt, très tôt (plus encore que d’habitude !) quand la journée commence pour nous ce matin-là. Opération dauphins ! La nuit est claire quand nous nous dirigeons vers la plage. Un vieil homme nous attend : le bateau ne sera rien que pour nous. Il fait glisser l’embarcation sur le sable, une embarcation vraiment atypique : le corps du bateau est soutenu de part et d’autre par deux larges arceaux.

Nous prenons la mer, et le spectacle est déjà grandiose : le soleil se lève doucement, colorant le ciel de splendides couleurs. On se sent déjà bien, rien que pour cela, on a bien fait de venir !

Et puis, place à l’observation, on scrute la mer. Avec Hicham, on est déjà ravi de voir quelques poissons volants (barracuda). Quand soudain, toutes les embarcations pivotent d’un même chef. Un dauphin a été repéré ! Alors commence la traque. Tel un essaim d’abeilles, tous les bateaux se dirigent en même temps, dans la même direction. S’il n’y avait pas le bruit des moteurs, ce serait presque beau. Se succèdent alors de longs temps d’attente et de déplacements. On accepte petit à petit la réalité : pour nous, les dauphins ne se montreront pas.

Tant pis, et d’une certaine manière tant mieux, la nature a encore ses droits et ses animaux sont libres ! Alors que l’on s’apprête à rentrer, tout à coup, notre capitaine détecte un signe imperceptible. Il n’écoute que son instinct et nous emporte vers cette étendue d’eau d’où nous verrons surgir un groupe de dauphins. Ils se dirigent vers le large, et n’ont que faire des bateaux et des touristes éberlués comme nous qui les regardent passer. Le moment était bref, mais l’émotion est grande. Nous restons des enfants, prêts à être émerveillé par le spectacle que nous offre la nature. (Lucile et ses envolées lyriques)

Nous souhaiterions presque rester sur cette émotion, mais l’excursion ne s’arrête pas là : le bateau se dirige maintenant vers un spot de plongée. Nous sommes quasiment seuls sur le récif sur lequel il nous lâche. Même après avoir fait du snorkeling en Thaïlande et au Cambodge, le spectacle est toujours aussi magnifique. Nous retrouvons des poissons que nous avons déjà croisés, et d’autres que nous n’avions encore jamais vu. Nous nous amusons à contempler la folle agitation qui règne à quelques mètres de nous. Malheureusement, les coraux sont blancs, ce qui laisse présager un destin funeste.

En attendant, c’est la tête pleine de couleurs et de belles images que nous rentrons prendre notre petit déjeuner, avant de repartir sur la route, toujours plus vers l’ouest…

Et c’est ainsi que nous parvenons tout à l’ouest de l’île, près d’un parc national qui réveille des envies de randonnée, envies assouvies le lendemain.

Tout près de notre logement, il y a une petite plage où de nombreux locaux viennent se baigner. Pour une fois, il ne pleut pas, et nous profitons nous aussi encore une fois de la mer. C’est magnifique, et tellement paisible.

Le soir, après le traditionnel Nasi Goreng, ou était-ce Mie Goreng ?, nous goûtons à ce dessert que nous avons trouvé dans la rue : une louche de yaourt et des fruits, et au-dessus de tout cela, du fromage râpé !?!? (Avis personnel : le fromage râpé n’apporte rien…)

Jour 6 : Du parc national de Bali occidental à Java Est

Aujourd’hui, c’est encore une journée chargée qui s’annonce. Le matin, à 7h, nous avons rendez-vous avec un guide (obligatoire pour entrer dans le parc national d’après ce que nous avons compris). Il devrait nous guider à travers la forêt pour observer (si la chance nous sourit), des singes noirs.

Dans un premier temps, nous le suivons à scooter jusqu’au début du « chemin ». Nous sommes un peu déçus : nous regardons nos téléphones et voyons que nous ne sommes pas tout à fait au niveau du parc national. La moitié de l’argent que nous avions donné devait aller aux droits d’entrée et nous avons comme un doute.

Enfin bon, ce n’est pas très grave : là où ça commence bien, c’est que le guide coupe à travers la forêt : nous ne suivons pas de chemins, et ça, j’avoue que je n’aurai pas osé le faire par moi-même.

Un peu comme les dauphins de la veille, nous ne voyons rien au début. Nous finissons par déboucher sur le point culminant, et la vue est dégagée. Superbe !

Nous continuons notre chemin, et semblons amorcer la descente. Et tout à coup, ils sont au-dessus de nous. Deux espèces de singes, qu’Hicham a remarqué. A partir de ce moment-là, et cela me fait bien rire, notre guide nous emmène pour les suivre, et nous finissons par en voir vraiment beaucoup !

Il y a deux types d’espèces : la première que nous voyons assez souvent est celle de singes à pelage beige ; la seconde, que nous n’avions jamais vu est celle de singes tous noirs, qui sont assez fascinants.

La suite de la journée implique un passage plutôt compliqué : c’est aujourd’hui que nous traversons pour rejoindre Java Est ! Nous anticipons avec crainte le passage sur le ferry, et à raison. Voilà donc comment cela s’est passé.

Jour 6,5 : les rois de la magouille

C’est Hicham qui prend le relais pour l’écriture de cette partie. Cet après-midi c’est direction le ferry pour aller à Java Est. On prie fort pour ne pas avoir d’embrouilles avec la police par rapport à mon permis international où la case scooter n’est pas cochée. On y arrive, avant d’entrer dans le port c’est contrôle de police obligatoire. Je sors permis, passeport et papier du scooter. Ce qui devait arriver arriva, enfin presque.

Le permis c’est bon, mais c’est les papiers du scooter qui bloque. En effet, le loueur ne nous a donné que la photocopie des papiers en réalité (on ne s’est pas douté, elle était plastifiée). Le papier original est jaune, celle-ci est grise, ce n’est pas bon. On reste calme on dit pas de soucis on va appeler le loueur. Mais le policier ne nous le recommande pas, il dit d’attendre au poste il va revenir avec une solution. On dit ok pas de soucis.

La solution c’est de payer une amende pour les papiers pas bons, et avec le reçu je n’aurais pas de soucis à Java, pour y aller comme pour y revenir. 500000 roupies soit 35€ environs. On se dit qu’on va régler ça au téléphone avec le loueur car on n’a pas à payer une amende parce qu’il nous fournit un véhicule pas en règle. Mais le policier nous dit qu’en général, les loueurs n’autorisent pas à sortir de l’île avec leur scooter, donc faudrait peut-être pas le contacter. C’est pas faux c’est pas la première fois qu’on nous le dit. Du coup je lui dis ok on paye, mais c’est cher (juste pour voir sa réaction genre vous êtes gentils on vous laisse passé, lol). Là il dit, ok et prend une feuille et écrit 300000. Je dis ben oui pourquoi pas. Je lui donne les sous et là, la magouille arrive.

Le collègue qui avait rempli la contravention regarde l’échange et, dans le plus grand des calmes, prend une carte, la plaque contre le rebord de la contravention, et hop, il déchire le numéro de contravention qui se trouve sur mon reçu et sur leur carnet. J’ai donc un reçu de contravention sans numéro. 500000 en moins dans la poche de l’état, 300000 à se partager entre flic. C’est plus subtil qu’au bled. Je repense au « Say no to corruption » placardé partout dans l’aéroport. Je veux bien mais bon, je ne m’y attendais pas quoi. On traverse, je garde précieusement le mito reçu et on embarque.

Super traversée, dans le bateau il fait 1000°C mais on peut aller sur le pont. La mer n’est pas très propre mais qui suis-je pour juger. Belle expérience au final (la traversée, pas la corruption).

Nous sommes sur l’île de Java !

Nous montons jusqu’à notre hébergement. Comme la plupart des clients, nous comptons bien aller voir le Mont Ijen le lendemain. Notre hôte nous explique qu’il faudra que nous nous levions à minuit pour prendre ensuite notre scooter. Nous serons escortés afin de nous sentir plus en sécurité. Nous croyons comprendre aussi que si notre scooter a des difficultés pour monter les pentes (nous savons que c’est le cas), Lucile pourra toujours monter à l’arrière d’un scooter. Notre hôte nous prête aussi lampes, masques et lunettes, histoire de nous protéger un maximum des vapeurs de souffre.

Nous passons le reste de l’après-midi/début de soirée à somnoler en attendant l’heure fatidique du départ

Jour 7 : L’ascension du Mont Ijen

00h30, l’heure de partir. Dire que nous n’avons pas beaucoup dormi est un euphémisme. L’angoisse de démarrer une randonnée à cette heure-là nous serre le ventre. Et avant même l’ascension, ce sont nos entrailles qui vont remuer avec les routes en pleine nuit. Comme prévu, nous avons un scooter devant nous, mais il n’y a pas un seul homme dessus, mais deux… Comment allons-nous faire si la pente est trop raide ? Je croyais pouvoir monter sur le premier scooter, mais c’est râpé…

Heureusement, nous arrivons au début de la randonnée sans trop de problèmes, il a juste fallu être patients dans les montées, comme prévu.

Nos accompagnants vont acheter les tickets, puis nous mènent vers le début de la randonnée. C’est là que leur travail s’arrête. Pour nous, il faut juste suivre le chemin dans la nuit. Nous sommes loin d’être les seuls à emprunter cette route, mais cela reste extraordinaire. La montée n’est pas très raide, et nous nous arrêtons souvent : il faut avouer que le spectacle au-dessus de nos têtes est extraordinaire. Loin des lueurs de la ville, les étoiles brillent de mille feux au-dessus de nos têtes.

Nous parvenons sur la crête, bien en avance par rapport au temps que nous avons prévu et la phase de descente s’amorce alors : c’est dans le cratère que nous verrons le souffre et la fameuse « lave bleue ». C’est sur ce chemin que nous croiserons les mineurs qui remontent avec des sacs si lourds remplis de souffre, sans masques pour les protéger des vapeurs qui sentent un relent d’œufs pourris et ne manqueraient pas de nous faire vomir si nous n’étions pas protégés de l’odeur par les masques.

En bas, apparaissant parfois derrière la fumée, nous voyons les fameuses flammes bleues qui descendent de la roche comme s’il s’agissait de la lave bleue. Tout autour de nous, les mineurs frappent la roche avec leurs pioches pour récupérer le souffre. Pour gagner un peu plus d’argent, ils font des petites sculptures qu’ils proposent aux touristes. C’est une atmosphère vraiment étrange.

Après avoir contemplé tout notre soul cet endroit si spécial, nous remontons pour attendre le lever du soleil.

Hélas, la brume nous entoure et autour de nous, des groupes commencent à redescendre, se disant que cela ne sert à rien, il n’y aura pas de spectacle à contempler pour nous. Nous traînons un peu derrière, plutôt réticents à nous dire que c’est fini. Hicham a l’intuition que cela va se lever, mais dans combien de temps ? Alors que nous amorçons la descente, la montagne devant nous se découvre petit à petit. C’est absolument magique et irréel !

Nous remontons en deux trois mouvements, pour avoir la vue d’en haut, et voir le lac acide en bas. C’est le lac le plus acide du monde ! Et c’est vraiment un paysage comme je n’en ai jamais vu de ma vie !

C’est déjà l’heure de rentrer pour nous : nous n’avons pas beaucoup de temps, nous voulons retourner aussi vite que possible sur l’île de Bali, pour être sûr de ne pas manquer notre vol vers l’Australie. (On est large, il nous reste trois jours !)

Voilà comment, nous descendons, récupérons nos affaires et partons prendre le ferry, et commençons une course contre la montre avec la pluie qui nous suit depuis l’île de Java (ça n’a pas loupé, on s’est retrouvé plusieurs fois trempés).

Nous arrivons finalement à notre hébergement à Pulukan, où il nous est arrivé l’histoire la plus incroyable… Nous sommes accueillis par notre hôte, il nous montre notre chambre en nous upgradant (meilleure chambre), on est très content d’être arrivé et on se repose après avoir fait quelques courses. A un moment, nous voulons quand même le Wifi, et j’envoie donc un message à notre hôte pour lui demander le mot de passe. Je reçois une réponse des plus étranges : « Mais, vous n’êtes pas encore arrivés ? » Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Il nous a accueillis il y a peut être deux heures, ne s’en souvient-il pas ? « Vous devez vous être trompés d’endroit, nous sommes juste à côté de là où vous résidez! » Mais… Nous étions attendus par notre hôte, non? Il se trouve finalement que notre hôte attendait bien des invités, mais ce n’était pas nous. Nous, nous étions attendus une maison plus loin… Il est tard, nous avons déjà mangé, mais tant pis, nous refaisons nos bagages pour aller dormir là où nous sommes attendus… On ne comprend toujours pas pourquoi personne ne nous a rien dit…

Jour 8 : Côte sud de Pulukan à Canggu

Les villes de Pulukan et Canggu sont toutes les deux spécialisées dans le surf, mais la force des vagues à Pulukan est bien plus importante qu’à Canggu. Nous allons quand même essayer de surfer à Pulukan, mais bon, c’est assez simple, je ne parviendrais jamais à passer les vagues, ma planche ira frapper le crâne d’Hicham qui se réfugiera sur la plage, pas très bien après ce coup du lapin… Surf à Pulukan : échec ! Décidément cette ville ne nous réussira pas…

Direction Canggu du coup ! Il y a tellement de monde, embouteillage de partout, nous comprenons assez rapidement que Canggu est plutôt touristique. Nous avons de la chance, notre logement est à 10 minutes de la plage à pied. Il y a beaucoup d’activités touristiques autour de cette ville, connue surtout pour le surf.

Nous profiterons de la plage et de ses magnifiques couchers de soleil.

Jour 9 : Visite du Tanah Lot

C’est le temple qu’il faut visiter sur l’île de Bali, car le plus célèbre et un des plus anciens (il date du XVIème siècle !). Son emplacement a été choisi par un sage, impressionné par la beauté naturelle du lieu. Nous y sommes arrivés lors du prélude d’une des nombreuses fêtes hindoues. Le site se pare de toute beauté et les fidèles sont là tôt. Il n’y a pas beaucoup d’occidentaux, et nombreux sont les jeunes indonésiens qui se pressent autour de nous pour nous prendre en photos. Cela ne nous empêche pas de bien admirer le site, un petit Mont Saint Michel à la balinaise.

C’est en rentrant à notre hébergement que nous croisons une femme de ménage qui me dit qu’elle n’oserait pas aller au Tanah Lot : pour elle, ce lieu porte malheur aux couples, et il n’est possible d’y aller que si l’on est célibataire. Une superstition dont je n’ai trouvée trace nulle part ailleurs.

Jour 10 : Retour à Kuta

Dernier jour à Bali, avant de prendre l’avion direction Sydney ! Une dernière fois, on profite de la mer chaude, du surf et du coucher de soleil.

(Petite note de Hicham : le voyage était top malgré la pluie, le portable, et les 1000 km en scooter avec la magouille des flics. Mais le top du top, c’est quand même quand Lucile ne comprenait pas pourquoi j’étais stressé et que je voulais arriver le 28 au plus tard. Elle pensait avoir le temps de tout faire dont le volcan, qu’on a fait au final. Ce n’est qu’à partir du 26, lorsqu’elle me dit qu’on a le temps pour l’avion, qu’on ne part que le 1 mars donc on a encore 4 jours que j’ai compris qu’elle avait oublié que le mois de février avait moins de jours. Coeur coeur Lucile. Du coup après elle a compris pourquoi j’étais inquiet.)

Australie

Coup d’arrêt : le Covid 19 en Australie

Mars 2020 : après l’Indonésie, nous nous envolons vers Sydney ! l’Australie, enfin, symbole d’un mi-achèvement. La moitié du voyage, la moitié du monde traversé, et l’occasion de voir de la famille : la soeur de Hicham vient nous rejoindre sur cette grande île avant de nous envoler ensemble vers la Nouvelle-Zélande. Nous ne prenons pas attention aux signaux lointains envoyés par la Chine sur une maladie extrêmement contagieuse et mortelle pour certains cas, que l’on nomme coronavirus (j’adore comment Lucile a introduit le covid en mode Michael Bay). Nos billets d’avion et nos visas sont donc achetés, le trajet est planifié. Nous n’avons plus qu’à réserver les hébergements et le transport, mais nous attendons de nous retrouver ensemble pour cela. En un mot tout est prêt.

Et puis la rumeur enfle : le coronavirus se propage dans le monde. La soeur de Hicham parvient à prendre un avion pour l’Australie deux jours avant que le gouvernement australien ne déclare une quarantaine imposée de 14 jours, mais c’est tout juste, et en parallèle, la Nouvelle-Zélande fait la même chose. 14 jours sans bouger en Nouvelle Zélande sur un voyage qui devait durer un peu plus de trois semaines… Cela compromet tout… En plus, le coeur n’est plus à la découverte, et c’est même la panique à chaque fois qu’il faut aller faire ses courses… Alors aller prendre l’avion et faire comme si de rien n’était en suivant les plans, c’est niet.

Même si l’on est content de se voir au bout du monde, c’est un peu le stress de la déconvenue qui prend le pas sur toutes nos émotions. On a du mal à se motiver à sortir et on ne se sent pas en droit, surtout qu’en France, tout est à l’arrêt, beaucoup plus qu’en Australie. Avec la soeur d’Hicham, on va quand même voir deux spots emblématiques de Sydney : l’Opéra et Bondi Beach.

De son côté, elle cherche à rentrer, c’est un peu l’incertitude qui règne sur les vols et le prix des billets d’avion explose. Néanmoins, une semaine après nos retrouvailles, elle parvient finalement à prendre un vol. Un peu triste que nous ayons passé moins de temps que prévu ensemble, mais avouons la situation n’était pas propice.

Après son départ, nous nous engageons à nouveau dans le Workaway que nous avions commencé avant son arrivée : remettre en état une maison pour sa vente. Dans notre malheur, nous avons plutôt de la chance car une australienne nous a proposé de loger dans la maison occupée auparavant par sa grand mère, afin de faire du débroussaillage dans le jardin et de passer un grand coup de balais dans la maison. C’est vraiment généreux, car nous avons ainsi une maison pour nous tous seuls, et ce tant que la maison n’est pas vendue.

En cette période de confinement, nous sommes chanceux. Mais le confinement à l’australienne, qu’est ce que ça donne ?

Déjà, avant même que cela ne se passe en France, il y a eu une grosse pénurie de papier toilette. Mais en réalité, c’est la seule chose un peu affolante qu’il s’est passé. Dans la limite du raisonnable, nous étions autorisés à sortir pour « faire de l’exercice » ou « faire nos courses », si bien que nous avons passé beaucoup de temps à nous promener le long des plages, ou dans le « bush ». Par contre si on est dehors sans justification, c’est 1600$ d’amende. Pas d’attestation mais la police n’hésite pas en cas de non respect.

Nous en avons profité également pour faire nos sorties « randonnées » dans les parcs nationaux et poussons même jusqu’à un endroit où nous pouvons apercevoir des kangourous à priori. Évidemment, comme nous sommes des traqueurs professionnels d’animaux, nous en voyons (deux seulement, mais n’allons pas nous plaindre !)

Pendant trois mois, nous nous occupons et retrouvons les petits plaisirs de la vie de sédentaire : la cuisine, le sport, et la facilité pour toutes les petites taches quotidiennes et le côté rassurant de ne passe demander chaque jour où nous allons dormir la nuit suivante.

Nous en profitons aussi pour nous organiser : banque australienne, achat d’une voiture pour se déplacer, etc.

En restant tous les jours en contact avec la famille, on se retrouvait un peu confiné à la française de notre côté. Au final ça a été une grande p ause pour nous aussi , comme tout le monde, on s’est remis au dessin, un peu à préparer le nouveau site hiluworld.com, un peu à apprendre à coder en Python, un peu à préparer le road trip.

Pour nous c’était quand même la belle vie. Quand on suivait les nouvelles en France, c’était terrible, entre les hôpitaux, les masques, le nombre de mort quotidien. On pense à ceux qui on été touché.

Pour finir, voilà quelques photos de nos sorties tout de même!

Inde

Pushkar : sa légende, ses temples et son arnaque.…

La légende de Pushkar

Pushkar est une ville sacrée. C’est un haut lieu de pèlerinage hindou qui compte plusieurs centaines de temples. Mais ce qui fait la particularité de Pushkar c’est son lac et son temple dédié à Brahma.

Il n’est censé y avoir en Inde qu’un seul temple dédié à Brahma, le dieu créateur, et l’explication se trouve dans la légende qui lie Brahma, Pushkar et son lac. Ne connaissant rien de l’hindouisme avant d’arriver sur ce côté-ci de la planète, je vais m’efforcer de ne pas raconter trop de bêtises. J’ai essayé de recouper ce que l’on nous a raconté avec des articles sur internet (les livres c’est moins facile à trouver). C’est une légende parmi d’autre.

Cette légende raconte qu’un démon, Vajranabha attaque les enfants de Brahma. Pour le vaincre Brahma se sert de son arme : un Lotus bleu. En battant Vajranabha, des pétales de lotus tombent sur Terre et donnent ainsi naissance à trois lacs : le plus grand est le fameux lac de Pushkar.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Brahma descend alors sur Terre et décide de réaliser le yajna, un rituel hindou, dans ce lac. Sauf que pour le faire, il a besoin de sa femme Savitri.

Cette dernière est malheureusement retardée, pour une raison que je n’ai pas comprise, mais en tout cas elle ne peut pas être là à temps. Brahma demande alors aux dieux de lui en trouver une qui convient pour l’épouser et accomplir le rituel. Gayatri, une paysanne de Pushkar si j’ai bien compris est désignée : Brahma l’épouse.

Brahma termine alors le rituel, sa nouvelle femme Gayatri à ses cotés lorsque Savitri arrive enfin. Furieuse devant cette scène, elle maudit Brahma et le condamne à ne plus être vénéré nulle part ailleurs qu’à Pushkar.

C’est pour cela que le lac est sacré et qu’il y a exceptionnellement un temple de Brahma à Pushkar.

Voilà, j’aime bien cette histoire. Il y en a beaucoup sur l’origine du lac, avec d’autres personnages et tout. Le temple est bondé dans la journée et même le soir. Cette foule se retrouve aussi au lac pour s’y baigner afin de se purifier, cela fait aussi partie du pèlerinage.

Pour les autres temples, je n’ai pas retenu grand-chose au final. On est allé au temple de Savitri, au sommet d’un magnifique colline, où les pèlerins peuvent monter à pied (les marches ne sont clairement pas de taille standard !) ou en téléphérique. Je me souviens juste qu’il y avait plein de singes menaçants que j’essayais de prendre en photo. Mon appareil m’a lâché à ce temple justement, j’étais plus préoccupé par ça. Dommage, le soir nous allions voir les danses traditionnelles.

La danse traditionnelle

Un soir sur deux, ou tous les soirs je ne me souviens plus, il y avait dans le vieux temple de Rangji un spectacle de danse traditionnelle. Gros coup de cœur. Les danses sont très belles et très techniques. Rien à voir avec les danses de Bollywood, celles-ci étaient religieuses : elles représentaient des combats de dieux hindous et d’autres scènes de leur vie, il n’y avait pas de sous titres c’était un peu dur de comprendre ce qu’il se passait.

Elles dansent avec leur corps, certes, mais aussi avec leurs doigts et leurs yeux. Leurs chorégraphies étaient longues mais pas répétitives, et surtout les danseuses restent synchronisées sur des musiques d’un quart d’heure, voire une demi-heure ! C’était trop bien. Par contre comme tous les sièges étaient pris on était par terre près des enceintes. Et en Inde ils n’hésiteront jamais à mettre à fond. A partir de ce jour on avait quasiment tout le temps des bouchons dans nos sacs.

Voilà un petit exemple des danses, désolé pour la qualité du son :

L’arnaque du lac

Franchement aller en Inde et ne pas se faire avoir au moins une fois c’est pas terrible. Je plaisante. Alors, l’arnaque du lac, ou encore le « Passeport de Pushkar » qu’est-ce que c’est ?

Nous voulons visiter le lac, voir justement les pèlerins en train de prier et de se purifier, si c’est autorisé pour les visiteurs et non hindou. Pour cela qu’un moyen de le savoir, y aller et si ce n’est pas autorisé, demi-tour. Normal.

Le lac est entièrement entouré d’énormes rangées d’escaliers, des gaths. Nous prenons ces marches et nous voyons les indiens retirer leurs chaussures en descendant et les laisser sur les escaliers. On se met alors pieds nus nous aussi. J’avoue, si ça n’avait pas été obligé, je ne l’aurais jamais fait en Inde. Ok avec les mosquées t’as l’habitude de te mettre pieds nus mais y’a de la moquette.Mais bon, en Inde, tu dois regarder où tu marches. Faut pas oublier que les vaches sont sacrées et qu’elles circulent partout, que les offrandes sont souvent à base de riz et le riz ça colle sous les pieds, et pour le reste je veux pas savoir. Bref.

On descend au lac, enfin on descend les marches parce que même pas arrivés à 10m du lac un mec nous stoppe et nous aborde. Il faut un certain rituel avant d’entrée dans la zone du lac. Je lui dit on veut juste voir le lac, on n’est pas hindou, si ce n’est pas autorisé on s’en va et surtout on n’a pas de sous. Il me dit ce n’est pas grave il est prêtre (Lolololololol), il doit prier pour nous. Je dis ok si tu veux mais, on ne va rien payer car on n’a rien demandé, et dans tous les cas on n’a pas pris de sous. Il me dit que c’est bon il va prier et tout, pas de soucis. Mais oui bien sûr. Je le voyais gros comme une maison.

Il nous met du riz dans les mains, des épices, et il prie. Genre il nous souhaite plein de trucs gentils et tout, c’est cool mais on voulait juste voir le lac, et surtout arrêtez de nous souhaiter plein de bébés, c’est cool mais pas pour tout de suite quoi.

Bref. Il nous met des fleurs dans les mains, c’est joli, on doit le jeter dans le lac, pas de soucis, il nous met du riz sur le front, aïe ça me rappelle l’arnaque du Népal ça. Et enfin il noue un bracelet rouge à notre poignet. Le passeport.

« Maintenant, pour cette prière vous devez nous faire une donation, c’est ce que vous voulez, c’est ce que vous pouvez, c’est pour nourrir des familles pauvres à Pushkar. En général les gens donnent 50€. » Et ben voilà ! Je me demandais presque quand ça allait arriver. Bien sûr je lui avais dis qu’avant qu’il ne fasse quoi que ce soit que je n’avais pas d’argent, mais on a remarqué que quand t’es un touriste en Inde ou au Népal, tu peux toujours parler, ils s’en tapent mais complet. – Je n’ai rien. – Mais il faut donner, au moins 20€. – Oui mais bon je n’ai rien. – C’est pour nourrir des familles. – Oh, j’ai 100 roupies dans ma poche !

Je lui tends, il refuse, c’est au moins 20€. C’est ça ou rien, il le prend en continuant de me demander 20€. Parfait il l’a pris. Merci, ciao. Et on se carapate, un peu agacés mais sans plus. C’est dommage mais on savait à quoi s’attendre ici. De ce que j’ai compris de la spiritualité en Inde, ce que je viens de faire viens de plomber mon Karma, du coup Inchallah il ne m’arrivera rien ! (maintenant que j’écris ça je me demande si ce n’est pas justement le lendemain que mon appareil photo m’a lâché…mmmh)

On arrive à l’hôtel, le gérant nous regarde tout sourire « Oh ! vous avez le « Passeport de Pushkar ! » en regardant nos poignets. Eh oui, on est des gros touristes, on s’est fait avoir. Mais au moins on n’hésitera pas à s’en servir pendant tout notre séjour à Pushkar pour aller au lac tranquille. D’ailleurs, à chaque fois qu’on y aller, quand les gros mito-prêtres viennent vers nous (je ne vais pas mâcher mes mots, même le Routard insiste, c’est une arnaque, ce n’est pas pour nourrir des familles pauvres, on ne l’a vu qu’après), on montre le passeport, ils s’en vont en rigolant.

Faut bien vivre, né en Inde, j’aurais sûrement fait la même.

Notre première ville Indienne

Au final passer une semaine à Pushkar aura été une très bonne expérience. A la fois riche en émotion, une très belle ville pour s’immerger dans la culture indienne et le fait de s’y poser nous permet de récupérer de temps en temps.

On n’a pas pu tout mettre mais on a aussi fait le concert d’une célébrité indienne pendant le festival, la femme du gérant a fait essayer les Saris aux filles, on a vu un concours de mariés tout pourri, les gens ont fait plein de selfies avec nous, on a mangé plein de bonnes choses locales, mais on a même trouvé des pizzas au petit dej. Bref on s’est bien amusé.

Inde

Pushkar, et la Pushkar Camel Fair 1/2

Après notre arrivée et nos aventures avec Moutache, nous quittons dès le lendemain Dehli et son infernal boucan pour… Pushkar avec son festival de chameau qui bat son plein. Départ 15h de Dehli pour arriver à 23h à la gare d’Ajmer, grande ville à quelques kilomètres de Pushkar. Première découverte du train couchette indien, ses passagers, ses vendeurs ambulants, ses familles qui sorte des currys de marmite-tupperware dont l’odeur nous affame. Une expérience plutôt sympa en vrai. Pour Coralie et Rachel (loin de nous vu que Moustache n’avait pas géré du tout pour les billets) c’était un peu plus compliqué comme il y avait toute une famille sur leur couchette mais c’était une expérience plutôt conviviale au final.

Arrivés fatigués à Ajmer, nous cherchons un taxi. Pas très difficile à la vue de nos visages pâles et nos gros sacs à dos, ils viennent tous à nous. Nous ne partirons qu’une quinzaine de minutes après le temps de se faire balader à droite à gauche par des chauffeurs qui accepte puis refuse puis accepte puis refuse nos prix, prix sur lesquels nous nous étions renseignés à l’avance. Finalement la meilleure technique de négociation c’est de partir, ils nous rattraperont en général un peu après.

Malgré tout, le taxi ne nous posera qu’à l’entrée de la ville car celle-ci est bouclée et interdite aux voitures pour le festival. Une déambulation nocturne s’impose alors dans les rues de Pushkar, avec appréhension pour ne pas dire peur de l’Inde des premiers jours, les chiens errants… Et quelques poignées de citadins ici et là qui font la fête avec de la grosse musique électro en pleine rue. Nous arrivons à l’hôtel, le gérant nous attendait. Ouf ! Dodo (enfin presque il fallait qu’il fasse une photocopie des passeports, du coup on est parti en moto chez son cousin et après dodo en vrai).

Le concours de moustache

Le gérant de l’hôtel nous fournit une carte avec un programme des activités à Pushkar. A 10h, c’est le concours de moustache à ne rater pour rien au monde, (c’est juste pour ça que je suis venu à Pushkar en plus des chameaux). C’était l’occasion d’apprendre un peu plus à faire des photos pour moi, et d’admirer le folklore de cette première étape indienne (Dehli ne compte pas).

10h donc, après un copieux petit déjeuner avec notre premier lassi en Inde (lassi de la mort qui tue sa race, dédicace à Gaëlle), on file vers la place principale, le Mela. Le Mela est une grande place poussiéreuse entourée de gradins pas très hauts mais qui a son petit charme. Il me rappelle l’arène où Anakin, Obi-Wan et Padmé se battait contre les sauterelles dans Star Wars II. Dès l’arrivée, on est dans l’ambiance du festival avec le chameau décoré, dans la modération indienne bien sûr. Pimp my ride :

Nous nous rapprochons des gradins où une foule de curieux et des photographes s’agglutinent face aux participants du concours. Deux dames en sari, un enfant sale et à moitié nu dans les bras foncent vers Lucile. L’une d’elles essaie de lui vendre un bracelet pendant que l’autre lui attrape la main. En moins de trois secondes elle lui a fait un petit soleil au henné, Lucile retire sa main, la dame demande de l’argent pour le tatouage. Ça va vite ici. Lucile n’en voulait pas d’abord, s’essuie la main et s’en va. Première expérience de la foire, forcée et triste à la fois. On savait à quoi s’attendre.

Le concours de moustache est génial. Tout le monde peut y participer. Deux occidentaux ne s’en prive pas mais bon, il y a du niveau en face. Après leur inscription, les participants s’installent sur des chaises en face du jury dans les gradins. Ces derniers présentent les participants puis le concours commence. Un orchestre arrive et lance les festivités.  La musique est lancée et le premier participant se lève pour présenter sa moustache. Surprise pour les non initiés comme nous, celui-ci la sort de son turban et la déroule ! Elle doit faire un mètre de chaque côté. Les participants défilent un à un, leur prestation consiste surtout à se faire remarquer. Certains font tourner les moustaches (dédicace à Patrick Sébastien), d’autres font une petite danse. Le meilleur show était pour celui qui hurlait de rire tel un méchant dans un film en faisant tourner sa moustache en l’air. On va l’appeler le Fou. C’était génial, du moins pour les participants indiens qui étaient habillés tels des sultans. Les deux touristes occidentaux faisant un peu pitié à côté, qu’on le dise clairement (mais bon qui suis-je pour parler moustache !). Pendant le concours les gens affluaient de partout et notre petite place au calme dans les gradins s’est vite remplie. J’étais debout à l’extrémité des tribunes, à environ 2m de haut, les indiens grimpaient à côté de moi pour pouvoir voir. Ils n’hésitaient d’ailleurs pas à saisir mon pied ou ceux des voisins comme prise d’escalade. J’ai préféré leur tendre la main pour éviter de tomber. C’est convivial l’Inde, c’est marrant.

Le concours se termine, les vainqueurs sont acclamés. Je descends et me retrouve au milieu de la foule avec Rachel pour avoir une bonne photo. J’en profite pour féliciter mon candidat favori, qui s’en fout de mes compliments, et …qui tire sur un gros oinj , oklm dans la foule. Jamila, article à ne pas lire en classe, désolé (ou alors je fais sauter le paragraphe).

Un bonhomme tout violet faisait le show pendant le concours. On aurait dit qu’il était déguisé en dieu hindou. Il était spectaculaire. Lui, on l’appelait le Gros Monstre. Magnifique :

Je me faufile entre les photographes donc, les cameramans de télévision, les journalistes pour avoir quelques bonnes photos. Pendant ce temps Rachel arrive à discuter et à se faire prendre en photo avec le Fou. Il y avait tellement de monde qui se bousculait pour les voir que j’arrivais même pas à les photographier. Une belle matinée en tout cas.

La foire

Le principe de la Pushkar Fair est à la base la vente de chameaux. Plus de 15000 s’y retrouvent en général pour y être vendus. Les habitants nous indiquent que le nombre de chameaux et de participants décroît chaque année. En même temps qui en a besoin ? Nous nous dirigeons donc après le concours de moustache vers les bestiaux. J’imaginais un grand champ avec des milliers de chameaux tous serrés les uns contre les autres, j’imaginais des marchands crier et négocier tout autour de nous. Finalement les chameaux étaient plutôt difficiles à trouver.

En effet, dans les allées de la foire on a tout vu sauf des chameaux. Des chevaux, des boeufs/buffles/zébus/gros monstres et quelque moutons. Les animaux sont impressionnants. Les chevaux sont gigantesques avec des belles oreilles qui pointent vers l’intérieur. En fait les chevaux sont normaux, c’est juste qu’après un mois au Népal, nous nous sommes habitués à avoir des animaux courts sur pattes. Ils étaient vraiment petit là-bas. Les vaches étaient énormes, les gens se prenaient en photo avec.

Après avoir marché un bon quart d’heure on trouve des chameaux. Genre un groupe de 4 pas plus. Les propriétaires étaient allongés sous une tente à discuter. C’était bien calme et excentré donc nous avons continué à chercher.

Une route principale coupait la foire en deux. Elle était bondée mais permettait de marcher assez vite tout de même. Il fallait quand même gérer les voitures, troupeaux et chameaux pour touristes qui passaient très près. Sur la route un petit garçon vient nous dire bonjour, je discute avec lui, il a un anglais nickel. Il me dit qu’il l’a appris avec les touristes. Trop fort. J’en profite comme il n’a pas l’air de faire grand-chose pour lui demander où sont les chameaux. Il nous sert de guide. Il avait mentionné la boutique de souvenirs de son oncle, dans laquelle on ira faire un tour après la ballade. Parfait, je n’avais pas envie de payer un enfant pour la visite, mais un souvenir en remerciement c’est top.

Il nous amène au bout de la route où se trouvent les chameaux. Il semble y en avoir quelques dizaines à droite à gauche, ainsi que d’autres troupeaux éparpillés dans la campagne.

Il me dit que c’est les premiers jours que les chameaux se vendent, il ne reste que les invendus et ceux que les nouveaux propriétaires viendront chercher plus tard. Je le demande pourquoi faire, des chameaux. Les femelles pour le lait, les mâles pour les monter et le transport. D’ailleurs, une femelle coûte plus cher qu’un mâle. Je demande s’ils les mangent aussi, il me dit que non. Dommage, je voulais goûter du chameau. Une femelles coûte dans les 45000 roupies (548 €). Un mâle dans les 30000. La visite se termine sur les photos puis la boutique de l’oncle.

On explique à l’oncle que son neveu est trop cool est bon en anglais. Et que pour le remercier on veut prendre un petit souvenir. Ils fabriquent des superbes petites statues creusées en forme d’œuf, d’éléphant et de tortue. Nous en prenons une petite lui expliquons notre voyage et que notre sac n’a pas de place pour des souvenirs. Rien à faire il va batailler et baisser ses prix pour qu’on en prenne plus. C’est pas grave on a notre éléphant, à plus.

Retour a la maison K.O. pour manger et siester. La suite au prochain épisode.

Le Camel Safari et le chamelier Inde

Le Camel Safari et le chamelier

Le Camel Safari

Lucile m’a dit, essaye de ne pas être trop trop négatif. Donne les points positifs, les faits. V’là la censure quoi ! Je vais faire de mon mieux.

Jaiselmer, la jaune, les portes du désert du Rajasthan, son fort. Au delà de sa forteresse habitée et de ses couchers de soleil majestueux, c’est aussi le lieu d’une activité phare dans cette région : le Camel Safari, ou autrement dit, le tour en chameau (l’autre activité est de compter le nombre d’avions de chasse, eh oui, c’est la frontière avec le Pakistan). Dès qu’on nous en avait parlé , les yeux de Lulu brillaient en me regardant comme une enfant « on peut le faire » . Moi : c’est combien ? Lulu: un peu cher. Moi : combien ? En plus je suis marocain et je ne l’ai jamais fait au bled, c’est une insulte à mon pays ! Lulu : je ne connais pas le prix encore.

Les couchers de soleil de Jaiselmer

De toute manière je savais qu’on allait le faire, on est en tour du monde, c’est pas tous les jours que l’on se trouve perdu à des milliers de kilomètres de la maison avec la possibilité de faire un tour en chameau.

Négociation

Négociation comme d’habitude, les filles sont très enclines à le faire sur 3 jours. Pourquoi pas. Le chamelier arrive à l’hôtel, nous explique le déroulé : visite d’un lac, d’un village fantôme, puis chameau, puis manger, puis chameaux, puis manger, puis dodo à la belle étoile. Deuxième jour à peu près pareil avec visite de village musulman hindou. Belle étoile. Troisième jour au choix avec retour village.

Parfait ça sonne bien ! Combien ? 3000 roupies par personnes, soit 1000 par jour comme on nous l’avait dit. Super ! Non, non. C’était 3000/jour/personne. Ah! (Denis Brognard RPZ)

C’est mort, c’est hors budget. Plus de 200€ pour Lucile et moi, ce n’était pas possible.

Si on veut faire un tour plus touristique (avec plein de gens qui font du bruit et la fête) ça descend à 2000. Ça ne va pas. On lui dit que c’est cher et que l’on doit réfléchir. Il attend devant nous pendant la discussion. Les filles cherchent des tarifs sur internet pour comparer. Personne ne dit plus rien. Je me lance et lui dit que c’est hors budget et de ne pas nous attendre car nous irons en ville pour comparer et prendre la meilleure offre.

Quel est votre prix ? nous demande t’il. Je lui dit que c’est trop bas et que je n’ose pas lui dire. Il me dit d’y aller quand même. Je lui dit 5000 pour la total en non touristiques. Il est choqué, reste calme et fait un non de la tête. Il veut descendre à 7000 au lieu de 9000 pour les 3 jours. Mais je ne négocie pas, les 5000 c’est notre budget max par personne. Je lui dis désolé. Nous passons donc à autre chose.

Du moins, c’est ce que je pensais. Il revient vers moi une minute plus tard et me dit ok si le boss est ok car il ne veut pas perdre un groupe de 4 clients. Quoi ??? Nous sommes tous les quatre étonnés de la réponse. Elles me regardent et je comprends: Négociation Level 3 Completed ! (avec musique de jeu vidéo dans la tête). Le boss est ok, nous partons le lendemain et sommes priés de ne pas dire le prix au couple sensé venir avec nous. Voilà. Préparer des vêtements chauds et longs. C’est tout. A demain. Nickel.

Camel Safari jour 1

Rendez vous à 8h pour démarrer notre périple. Notre chamelier nous annonce qu’il s’occupera du couple qui était sensé être avec nous et que nous le reverrons le soir au campement. Ça sent le changement de plan suite au changement de tarif. Nous verrons. Le 4×4 prend la route direction le désert. Musique à fond dans la voiture, Lucile est assise dans le coffre dans une direction perpendiculaire à la notre. Nous arrivons au premier stop. Le lac est petit, l’arrêt fait un peu : voilà, un lac, prenez des photos. C’est bizarre. Pas d’histoire, de légende… Ou quelque chose, n’importe quoi ! C’est pas grave on va faire le tour du lac ça sera déjà ça.

Bonne surprise au final. Le lac est bondé de grenouilles Jésus. Je les appelle comme ça car elles tapent des sprints sur l’eau quand on approche. Le lac grouille aussi d’oiseaux magnifiques. Une sorte de gros martin pêcheur rouge se pose près de nous. Je regrette tellement la panne de mon appareil photo. D’autres encore avec des crêtes nous survolent. Il y en a partout. Tous magnifiques. Je me dis que je reviendrai un jour pour les photographier. Mais si je le faisais vraiment à chaque fois que je le disais, il faudrait plusieurs vie pour tout revoir. On remballe, Coralie roule un peu le 4×4, la classe. Direction le village fantôme.

Nous arrivons au pied d’une forteresse. Ici des paons nous accueillent à cris de Léon ! C’est beau. Il n’y a rien à voir dans la forteresse à part les paons mais c’est déjà ça . Une fois dans la forteresse il nous demande de regarder par la fenêtre. Là, nous découvrons avec surprise un village en ruine comme si une tempête était passé il y’a des dizaines d’années. Que s’est-il passé nous demandons ?. Prenez des photos et je vous dirais dans le voiture. Ok. En Inde on commence à comprendre leur vision du tourisme. C’est pas grave. Photo. Voiture.

L’histoire de ce village est qu’un jour un pakistanais musulman est tombé amoureux d’une hindi du village. Elle aussi est très amoureuse, ils décident donc de ce marier. Malheureusement entre le système de caste et la religion, rien ne va plus. La famille de la jeune fille est contre. L’homme retourne à son village mais dans son cœur sa décision est prise. Il va l’épouser. Il retourne donc le lendemain au village de la jeune fille pour prendre sa main quoi qu’il arrive.

Quand il arrive, c’est l’effroi. Le village est désert, les maisons et les biens sont abandonnés, tout est resté sur place, sauf la population qui a disparue entièrement en une nuit (dans le but d’empêcher ce mariage?!?). On ne les a jamais retrouvés, tout comme l’homme avec sa dulcinée. On raconte que si on passe la nuit dans ce village, ou pourrait y entendre des voix.

Bof ! On est d’accord. En plus cette histoire a constamment été interrompu par les coups de téléphone de notre chamelier ce qui nous avait bien fait rire.

Prochaine étape les chameaux !

La voiture s’arrête dans un champ. Nous attendons, le conducteur et le chamelier sont au téléphone ils ne nous disent rien. Ça fait scène de film avec des gangster. je fais la mauvaise blague aux filles qu’une autre voiture va arriver et qu’ils vont nous mettre un sac sur la tête pour ne pas voir où on va. Arrête ! Me disent-elles. Je regarde trop la télé.

Il redémarre et se dirige vers notre nouveau chamelier. Bobby. Il est là avec 4 chameaux. En comptant le chamelier nous sommes 5. Nous avons convenu à l’avance que le chamelier ait son chameau et qu’ils soient deux par mesure de sécurité, conseil vu sur le routard. Ça n’arrivera jamais. Passons. On nous donne nos turbans, qui était un de leur argument marketing. V’là la chute de filet synthétique couleur flashy pour turban. Il ne fera pas long feu sur ma tête. Le chamelier récupère l’eau et la nourriture, les place à l’arrière du plus gros chameau et hop c’est le décollage pour nous. C’est littéralement ce qui arrive, le chameau est si haut ! Trop bien.

Nous sommes balancés d’avant arrière c’est très physique je trouve. En plus il n’y a pas d’étriers. Tout mon poids repose uniquement sur l’entrejambe. C’est douloureux. Je tiens bon je pousse sur mes mains sur la selle pour réduire mon poids mais bon. En fouillant sur le chameau je trouve deux cordes qui semblent former des étriers. Je suis sauvé pour les 3 quarts d’heure suivants. Je profite du paysage qui n’est pas très joli : une ou plusieurs pistes, un terrain plutôt plat avec des toutes petites habitations disposées ça et là. C’est une grande campagne aride où l’on fait paître les bêtes avec le peu de végétation qu’il y a. Et surtout, tout au tour de nous à 365°, un champ d’éoliennes. Nous sommes tous silencieux sur nos chameaux. Chacun est dans son moment désert, son moment introspection ou contemplation. Je regarde le désert et pendant ces deux heures de balade silencieuse je pense à l’alchimiste. Il est là tranquille en à admirer et faire partie du paysage. Moment mystique de folie pour lui, il va même se transformer en vent!

Je suis loin de son niveau. J’ai plutôt passé les deux heures à me demander qu’est ce qu’on fait là ? Est ce que c’est ce champs d’éoliennes ce qu’il appelle désert ? C’est pas possible? Et si c’était vraiment ça il faut que j’en profite malgré tout . Facile à dire , j’ai l’impression de mettre fait arnaquer par le premier chamelier. Deux heures à se dire qu’on s’est peut être fait arnaqué mais que maintenant qu’on est là autant en profiter mais quand même … C’était ça principalement, mon moment introspection. Pas terrible.

Le désert

Je ne me suis pas transformé en vent.

Nous nous arrêtons. Bobby installe un camp à l’ombre sous un arbre. Il va vers un autre arbre et installe sa cuisine : légumes, plateau, sucre, sel, épice, et en guise de gazinière, feu de camp. La classe ! D’autres chameliers le rejoignent. J’essaye de rester avec eux pour échanger un peu mais bon après plusieurs réponses courtes à chacune de mes questions je retourne de l’autre côté avec les filles en mode sieste. Bobby est trop cool, il nous apporte des chips, qu’on ne s’est pas privé de critiquer en les comparant à du polystyrène. Mais il les avait réchauffés au feu et nous avions faim, malgré les critiques après 2 minutes il ne restait plus rien. Les fruits arrivent ensuite pour continuer de patienter. Enfin arrive les repas, délicieux. Il nous a fait un petit curry mieux qu’au resto, sur le sol, avec ses 3 bouts de bois. La classe ! C’est trop bon ! Par contre ça ne nous suffit pas, nous prions pour en avoir plus le soir. Prière exhaussée nous n’aurons plus jamais faim pour le reste du séjour. C’est dommage Bobby ne mange pas avec nous.

Comme d’habitude

Pendant le repas nous nous posons les questions sur notre premier ressenti. On est d’accord que ce n’est pas le Sahara mais nous nous accordons tous sur le point positif : ici nous n’entendons pas de klaxons et personne ne vient nous importuner. Conclusion : mal aux fesses, trop d’éoliennes, mais quel bonheur d’être au calme. Je demande au chamelier si c’est ça le désert, il me répond que oui, les éoliennes sont arrivées il y a 3 ans depuis c’est quasiment partout comme ça . Je n’ai jamais été autant déçu de voir des énergies « vertes » proliférer.

Après manger et siester, nous levons le camp direction notre dune pour camper ce soir. Rachel a plus souffert que moi au niveau des frottements du chameau, mais elle va tenir le coup.

Bobby a un chameau, un de ces amis lui en a amené un après que nous lui ayons demandé pourquoi il était à pied. Mais sur quelques centaines de mètres . Il redescend, l’attache au mien. Il nous explique qu’il préfère largement marcher. Tu m’étonnes ! Je commence à hésiter aussi. En fait, la vrai raison c’est qu’après nos trois jours de ballades il va se farcir 40km à dos de chameaux en galopant pour retourner chez lui. Aïe. Je comprends mieux la marche. Il ajoute même que la marche est son moment repos. Difficile à comprendre entre la chaleur, le soleil et la fatigue.

Moins d’éoliennes. Le soleil ne va tarder à se coucher. La ballade se termine sur une dune de sable devant nous qui sort de nulle part . Mais vraiment ! Au milieu de ce champ aride, Paf ! une vrai belle et grande dune de sable. C’est magnifique , notre petit Sahara. Nous nous y arrêtons. Campement. Nous nous posons sur les dunes pour observer le coucher de soleil. Le calme. Enfin presque, l’Inde revient à nous quand deux musiciens avec leurs instruments se posent devant nous pour faire de la musique, il faut bien vivre. Mais nous refusons. Ils s’en fichent et restent nous faire la musique pour  » le son de bienvenue dans le désert » . On se regarde tous avec la même idée. Le son du désert c’est le silence. Il joue une chanson, je racle les poches pour y trouver quelque roupies . Je leur tends et là ils rient, à la limite de me les jeter à la figure. Pas besoin de parler hindi pour comprendre qu’ils le prennent comme une insulte. Ils se lèvent en me faisant comprendre que c’est rien du tout que j’ai donné. Je dis que j’ai rien d’autre, de toute manière nous n’en voulions pas de musique . Ça a eu le mérite de les faire partir, sur un mauvais sentiment, on n’est pas rentable comme touriste . Les filles me remercient de les avoir fait partir.

Coucher de soleil magique , on ne voit plus les éoliennes, masala tea dans les dunes. Le bonheur. Le soir discussion métaphysique autour d’un repas copieux, Bobby à l’écart encore une fois malheureusement. Discussion initiée par un message de mon grand frère qui dit « c’est comment l’Inde ? « . On a du débattre sur ce sujet pendant deux heures autour du feu.

Après le repas, une couverture en dessous contre le sable, une couverture au dessus et voilà notre nuit à la belle étoile, couchés 21h. Le bonheur de s’endormir en comptant les étoiles. Je dors malgré tout difficilement mon sol est penché. Je galère toute la nuit mais je me réveille en forme, comme après chaque nuit que je passe dehors étrangement.

Camel Safari jour 2

Réveil avec le lever du soleil. Parfait timing paysage magnifique. Petit déj plus que complet et petit feu de camp pour me réchauffer ( en fait c’était plus pour jouer que je me suis fait un feu mais bon ). La vie est belle quand on se réveille dans ce désert. D’ailleurs on prend tout à la rigolade ce jour là. Entre les pansements au derrière d’une certaine personne et la recherche des chameaux de Bobby qui a duré très, très longtemps, (ils sont partis se promener loin cette nuit, malgré leur entrave aux pattes), c’était plutôt drôle.

Une fois en route c’est la même rigolade. On voit Bobby faire des zigzags sur la route et les dunes, c’est beau mais on est clairement en train de se faire balader, on est mort de rire. J’essaye de me repérer comme je peux avec le soleil, un coup à droite un coup à gauche, en plus Bobby tient les chameaux en laisse. Il nous balade comme des petits chiens. Ça nous fait délirer et complètement remettre en question le concept de Camel Safari que j’avais en tête : le désert ! Terre d’aventure, 3 jours à le traverser, d’objectif en objectif , survivrons-nous à ses dangers ? Alors qu’en fait on nous promène, nous nourrit, on nous balade. Drôle de sensation.

Quand nous avions réservé ce tour le deuxième jour devait contenir la visite d’un village musulman et d’un village hindou. Nous le disons à Bobby qui l’apprend à cet instant . Il dit ok. Nous emmène dans un village perdu et nous dit : voilà , c’est village musulman allez faire un tour et après on y va. Bon, ok. Encore une fois on n’a pas la même idée du guide entre la France et l’Inde. Mais bon, après le nuit à la belle étoile , on le prend encore à la rigolade. Un enfant vient vers nous. Comme tout les enfants, on leur a appris à demander aux touristes soit des roupies, soit des stylos. Lui c’est les stylos, puis du chocolat. On n’a ni l’un ni l’autre. Chocolat j’aurais bien voulu mais bon on n’en pas trop acheté en Inde.

Deux minutes au village , une photo des greniers et hop on se tire , si rien n’est expliqué ça ne sert a rien. Entre la barrière de la langue et l’absence d’introduction c’est pas évident.

Le soir, c’est une nouvelle dune qui nous attend, un petit abri avec 4 lits de camps sont disponibles, je ne dit pas non. En plus la pluie nous a rejoint la nuit. Mais pas que la pluie.

Tout le monde était parti se coucher vers 21h30 et pour moi une petite pause toilette s’imposait. A mon retour dans le noir total je distingue une grande ombre qui me parle un peu éloigné du campement. C’est Bobby. Il me dit qu’on se couche très tôt. Je confirme. Il veut discuter un peu avec moi. Trop bien ! Enfin ! je suis trop content, après deux jours passés ensemble. Je préviens les filles si elle veulent se joindre à nous. Deux sont déjà en train de dormir la troisième ne sortira pas de sa couette. Soit. Discussion entre hommes.

Notre conversation va m’ouvrir un peu les yeux sur la vie dans cette partie du Rajasthan. Il me demande d’abord dans quel pays il pourrait aller pour gagner assez d’argent pour revenir acheter ses propres chameaux. Cet homme travaille pour les organisateurs de ce type d’excursions, il fait deux à trois sorties comme la nôtre par semaine en pleine saison , mais ni l’entreprise ni les chameaux de lui appartiennent. Il n’est donc pas rémunéré directement par nos tarifs mais a un salaire fixe mensuel pour toutes les excursions qu’il fait de …3000 roupies. Soit un peu plus de 30,€ par mois ! Nous venons de payer chacun 5000 roupies pour ces 3 jours soit 20000 d’un coup, cela veut dire qu’il n’en touchera que 300. Un peu plus de 3€ en 3 jours. Voilà c’est dit.

Il n’a pas eu d’éducation et ne sait faire que chamelier. Donc l’idée est de savoir dans quel pays il pourrait travailler pour avoir assez d’argent pour s’acheter ses propre chameaux. Je n’ai pas de vrai réponse à lui donner. L’Europe, le Canada, l’Australie n’importe de notre côté du monde en fait. En quelque mois ils peut avoir toute une ribambelle de chameaux en fait. A Pushkar un chameau valait maximum 45000 roupies , même pas le prix de mon reflex, un demi Iphone. Je ne sais pas quoi lui répondre. N’importe où si tu arrives à partir en fait. C’est chaud. Notre concept de misère à la française est remis en question. Et encore ! Il fait parti de ceux qui ont un salaire en Inde.

Je lui demande alors comment tu fais pour vivre avec si peu ? Il me répond que dans sa maison avec ses frères, sœurs et parents, il arrive à faire rentrer en tout 9000 roupies dans les bons mois, pour 9 personnes. Il me dit aussi que les légumes sont chers. Qu’il n’en mangeait pas souvent (je pense alors à nos pubs pour les 5 fruits et légumes). Que la base de l’alimentation était le riz et les lentilles. Bien que les lentilles coûtent plutôt cher, il me fait comprendre que quand il n’y a pas assez d’argent, il y a plus d’eau dans la soupe de lentilles. Là c’est la taille de mon estomac qui est remis en question.

C’est la première fois qu’un indien me présente les réalités économiques de la vie. A manger au resto tous les jours et à vivre à l’hôtel, un petit monde nous sépare entre touristes et locaux. Je m’endors donc avec cette pensé, et le bruit du vent qui s’abat sur notre bâche qui nous sert d’abri.

Camel Safari jour 3

Petit déjeuner copieux dans lequel je raconte ma soirée précédente. Retour au 4×4 et au revoir à Bobby, non sans penser à la vie qui va continuer au même rythme pour lui, sans réel espoir de la changer, et à notre vie qui nous attend en France, pas si compliquée au final. Retour à Jaiselmer, au klaxon. C’est l’heure du repos dans un lit moelleux pour nous.

La ballade était sympa. Le safari n’en est pas un, d’autres groupes ont trouvé pour moins cher avec des spectacles et autre sur les dunes. Pour nous ça nous allait. On ne refera pas forcément mais c’est bien de savoir qu’une ballade à dos de chameau, et bien ça fait mal aux fesses.

Inde

Conclusion après 3 mois de voyages, après l’Inde

La famille commence à manquer. Nous sommes partis depuis 3 mois, ce qui est long, il nous en reste encore 15 environ. Certes le temps passe vite mais la famille commence à manquer.

Lassitude

L’Inde m’a fait un peu de mal car ce pays a pas mal remis en question ma manière de voyager.

Visite après visite dans le Rajasthan, j’ai commencé à me lasser. C’est terrible ! Je me suis lassé de visiter des monuments magnifiques de découvrir de nouvelles choses chaque jour. C’est vraiment terrible. Le mec il est là, il a arrêté de travailler pour voir le monde et puis bof en fait. J’ai laissé beaucoup de monde derrière qui rêve de faire ce que l’on fait et puis voir le monde a toujours été mon rêve. Alors qu’est ce qu’il se passe ?

Connexion interrompue

A l’heure où je tape ces mots sur mon portable je suis dans le salle principale du Madpackers hostel à Agra. Je suis donc sur mon portable, Lucile sur le pc, un autre sur son Mac, une autre en train de retoucher des photographies sur son ordinateur et une dernière en train d’envoyer des messages. Nous sommes donc 5, il y a des canapés et fauteuils très confortables, des jeux de sociétés. Tout est fait pour la rencontre mais pas un ne parle. Moi le premier je veux qu’on me fiche la paix. Je confirme c’est un peu caricaturer notre société avec ces écrans partout, black mirror, quinoa, Yannick Jadot…bref. Non, j’ai juste à aller discuter avec ces personnes et c’est réglé, c’est facile de taper sur la technologie tout le temps. Mais bon je suis bien devant mon écran et ce n’est pas ce qui me fait le plus mal au niveau rencontre pendant ce voyage.

Le rapport à l’humain

Depuis le début de notre voyage, nous avons créé des liens fort avec des Français, des Américains, des Canadiens, des Européens, des blancs qui voyagent au final. Des voyageurs. Pourtant, nous venons de faire la Turquie, le Népal, l’Inde. Où sont les Turcs, Népalais et Indiens dans notre liste ? À part 2 ou 3 vraies conversations avec eux, notre rapport aux gens est très, très limité. C’est l’Inde qui me l’a fait comprendre car la relation ici a été exclusivement commerciale avec les indiens. Ceux avec qui nous avons le plus échangé au final, ce sont avec les gérants et employés d’hôtel, mais la transaction avait été réalisée quelque part. M’en rendre compte à créer un blocage. J’ai fait du tourisme pur et dur depuis 3 mois. Je n’ai appris des cultures et des peuples quasiment que par lecture, monuments et édifices religieux et audio-guide. Je ne voyais pas mon voyage comme ça.

J’ai adoré ce que j’ai fait et vu, ça serait mentir de dire le contraire. C’est incroyable de se lever et de voir le Taj Mahal ou la Basilique Sainte Sophie à deux pas. Passer des cols de la mort au Népal ou traverser la route en Inde. Mais je vais faire mon petit cliché, mais le contact humain n’est pas des plus authentique. Je comprends il faut bien gagner de l’argent, c’est clair en venant de France les poches pleines je ne vais pas donner de leçon. Mais n’être vu que comme un portefeuille ambulant ça pique.

Des solutions

Quitter l’Inde ? On part pour la Thaïlande, peut être que nous sommes juste fatigués de l’Inde et qu’un mois c’est suffisant. On reviendra c’est sûr mais j’ai besoin d’une pause de l’Inde.

Rentrer en France ? Non pas tout de suite. On est bien sur la route, on est libre. Et même si je rage sur 320 paragraphes, la vie est belle sur la route. Je suis un humain, j’en veux toujours plus.

Le workaway ? Rachel l’a fait, elle va le refaire. Vivre chez l’habitant, y travailler un peu et échanger un peu plus qu’un billet contre une entrée de musée. Ça sonne bien.

Ou alors faire comme notre ami Canadien Patrick et sa femme, Airbnb pendant une semaine en pleine ville au même endroit, aller toujours au même restaurant et au même endroit pour faire partie du quartier. A voir.

En attendant

L’Inde c’est comme on nous l’a décrit, moins violent quand même, ou alors on s’est habitué à voir certaines choses pas jolies et à passer à côté sans rien dire. Mais ça reste un pays magnifique. Mais dégueu quand même. Mais magnifique. On ne sait pas trop au final.

Turquie

Le Green Tour : le monastère de Selime, le…

Le gérant de l’hôtel nous avait prévenu, les français n’aiment pas ce tour. Ils le trouvent trop rapide. Il n’a pas tort mais nous l’avons quand même apprécié.

Il commence à Göreme, ils viennent nous prendre à l’hôtel (la classe !) puis le guide Mustapha nous raconte la journée qui va passer. Le green tour. Qu’est ce que c’est ? Quand on arrive a Göreme on nous donne une carte.

Carte touristique de la Cappadoce

Ce n’est pas une carte IGN bien sûr elle sert à indiquer les principales villes avec les principaux lieux touristiques à visiter. Neshehir avec Göreme pas loin est au centre et quatre  » tours « autour se dessinent comme un trèfle à 4 feuilles. Il y a un rouge « red », un bleu « blue » , un jaune « yellow » et un vert « green ». Le tour est conseillé car la carte n’est pas du tout à l’échelle: le tour prend la journée et pour aller à chaque point c’est entre une heure et une heure trente de route en voiture, alors que le red tour ce faisait à pied. Pas très facile d’accès sans véhicule donc. Du coup pour 35 euros on voit beaucoup de choses avec un guide. Top!

La première chose que le guide nous demande, c’est : « Savons-nous d’où vient le mot Cappadocia? ». 6 siècles avant J.C, la Cappadoce a été conquise par le peuple perse. Les perses collectaient des taxes dans tout le royaume, taxes que les habitants de Cappadoce payaient avec les chevaux qu’ils élevaient pour la guerre. Le royaume persan était impressionné par la qualité des chevaux qu’ils recevaient : ils ont alors donné pour nom à ce pays « Katpa Tuka » « Pays des magnifiques chevaux ». Ensuite, le mot s’est transformé jusqu’à devenir « Cappadocia »

Première étape , le monastère de SelimeLe guide nous raconte que les chrétiens cherchaient à fuir les persécutions des romains qui étaient païens et n’acceptaient pas les religions monothéistes. Ils ont donc cherché un endroit où ils pouvaient vivre leur religion librement. Ils ont migré vers la Syrie, puis ils sont arrivés en Turquie et ont trouvé la Cappadoce où il était facile de se cacher. Au début, ils ont construit de petites chapelles. Puis Constantin, l’empereur romain, est arrivé sur le trône et a décrété que chacun pouvait choisir de vivre leur religion librement.

Les chrétiens de Cappadoce se sont alors posés la question de répandre leur foi dans le monde. La Cappadoce est alors devenu un centre pour la formation des nouveaux prêtres et des figures importantes de la chrétienté. C’est également le rôle du monastère de Selime. Malheureusement, les fresques de la cathédrale de Selime ont été endommagées par les mongols lorsqu’ils ont envahi la région au XIIIème siècle.

La deuxième destination est la vallée d’Ihlara. le guide est très fier de nous dire que ce canyon est plus beau que le grand canyon aux Etats Unis et que nous allons marcher pendant trois kilomètres. Les raisons de son affirmation sont: il est plus vert, une belle rivière coule dedans, et il en Turquie bien sûr! Il nous demande de ne pas nous arrêter dans les églises et d’avancer directement jusqu’au restaurant où nous mangerons le midi. C’était magnifique, mais nous nous doutons bien que cela n’a rien à voir avec le Grand Canyon aux US.

Après manger, nous arrivons dans la cité souterraine de Derinkuyu. Un grand conduit permet d’amener de l’air pur jusqu’au fond des souterrains. Nous voyons les premiers étages avec des étables, des chambres de réserves, puis des cuisines et des pièces d’habitation. Il y a des pierres roulantes, qui nécessitent quatre hommes pour être poussées et qui permettent de bloquer les ennemis à certains endroits. On voit aussi une église en ces lieux.

Plus bas, où l’oxygène peut venir à manquer, notre guide nous propose d’aller voir par nous même une pièce dans laquelle ils enterraient certainement leurs morts, mais nous demande de ne pas nous éterniser.

Nous visiterons par nos propres moyens, une autre fois, la cité souterraine de Kaymakli, un peu moins profonde. Un guide que nous rencontrerons par la suite (voir article guide allemand) nous dira que selon lui, les cités souterraines attirent du monde, mais historiquement elles ne sont pas très intéressantes : selon lui, elles serviraient surtout à l’armée, qui s’en serviraient comme point de relais. Cela m’étonne un peu, je ne sais pas trop quoi en penser.

Le tour continue ensuite par l’admiration du point de vue de la Pigeon Valley. (Sans être blasés, nous l’avions déjà vue et cela nous a paru être une étape inutile dans ce tour car elle est très accessible depuis Göreme).

La fin du tour était à but plus commercial, mais finalement cela s’est montré plus intéressant que ce que nous avions anticipé. La première chose était l’arrêt dans une boutique de « Turquish Delights » : donc toutes les confiseries turques. L’avantage, c’est que nous avons pu goûter à toutes les sortes (c’était différents types de loukoums), c’était bien bon.

La deuxième chose était l’arrêt dans une bijouterie. là, une personne nous a expliqué que les pierres étaient locales, et il y avait notamment deux types intéressants dans la région : la pierre turquoise. D’ailleurs, le mot turquoise aurait pour origine : « turk quartz », soit le quartz turc. Une autre pierre est la Zultanite : la pierre des Sultans. Nous avons été ébahis car lorsque l’on change la lumière d’exposition la couleur de la pierre change complètement : orange, violet, bleu, rose : nous avons vu toutes les couleurs passer !

En conclusion, ce tour nous a permis de voir des choses que nous ne serions peut être pas aller voir par nous-même car trop loin de notre hôtel et les explications du guide étaient suffisantes pour nous faire voir la magie des endroits visités. Après, forcément, les lieux étaient assez loin les uns des autres, donc les visites étaient assez rapides.

Turquie

Premiers pas dans Istanbul

Byzance, Constantinople, Istanbul, la ville est entré dans notre imaginaire d’enfants alors que nous la découvrions dans nos livres d’histoire. Grecs, romains, ottomans l’ont successivement marquée.

En se posant sur le pont de la station de Haliç, nous avons une vue sur les dômes et les minarets des mosquées qui confèrent à la ville une élégance indescriptible. Le décor est magique et on imagine facilement qu’Istanbul a inspiré Naboo de l’univers Star Wars.

Nous déambulons dans les rues et dans tous les recoins, notre route croise pleins de petits chats. Nous en verrons même un dans la basilique Sainte Sophie, et encore un autre qui gratte à une vitrine. Les habitants sont plutôt sympathiques avec eux et leur donnent les restes des morceaux de viandes.

Nous nous dirigeons vers notre première destination : la mosquée de Soliman Le Magnifique (Suleymaniye). Elle a été construite sur une des sept collines d’Istanbul en sept ans (de 1550 à 1557). C’est tout un complexe bâti sur 63000 m2 avec une mosquée, une madrassa (école coranique), des bains turcs, etc.

Un jardin entoure la mosquée et donne une vue incomparable sur le Bosphore. Loin du bruit de la ville, ce lieu est l’un des endroits les plus spirituels et élégants que nous ayons pu observer.

Pour entrer dans la mosquée, à l’entrée, on nous demande (pour les femmes) de nous couvrir les cheveux avec un voile. Je suis interpelée afin de rectifier le port de mon foulard sur la tête afin d’éviter de montrer ma gorge.

On nous demande aussi de mettre une jupe pour couvrir au minimum les genoux (même les hommes), d’enlever nos chaussures et nous franchissons le seuil de la mosquée. Le tapis rouge est molletonneux. Les visiteurs ne sont pas autorisés à franchir la barrière en bois. Au fond, un homme semble être en train de dormir. Il bouge suite à la demande d’un homme qui passe l’aspirateur. Ils sont deux à faire le ménage, et ce n’est pas de trop vu l’immensité du lieu.

Une petite anecdote qui m’a fait beaucoup rire est l’attente de spiritualité que j’ai de ce lieu confronté aux vrais comportements : légèrement caché par un pilier, un homme a la tête inclinée et semble en méditation. lorsque je m’approche, je le vois en réalité penché sur son téléphone.

Turquie

Arrivée à Istanbul

Nous arrivons à 20h15 à l’aéroport d’Istanbul. Première étape : passer la douane et récupérer les bagages. Nous sommes chanceux, ils arrivent dans les premiers.

Ensuite, il faut que nous rejoignons le Cibali Istanbul Hotel où nous avons réservé 4 nuits.

Nous pensions prendre un taxi, mais à l’accueil, on nous conseille plutôt de prendre le bus Havabus jusqu’à son terminus puis de prendre le métro jusqu’à la station Haliç. On ne marche pas longtemps avant de trouver l’hôtel (merci maps.me)

Le personnel est très accueillant et la chambre très propre, avec trois lits simples. On va vite se coucher pour être en forme demain pour la découverte de notre première ville étape.