Roadtrip à Bali
Bali, l’île des dieux, ses rizières, ses plages, ses volcans (et puis son surf) ! Autant de raisons pour nous de partir à sa découverte ! Mais nous ne voulons pas d’un voyage tout organisé, nous voulons nous débrouiller par nos propres moyens ! Il nous reste environ 10 jours avant de partir vers l’Australie, l’île est assez petite, alors nous nous lançons dans ce projet assez fou : parcourir l’île à scooter !
Les prérequis sont assez simples : nous alléger au maximum : nous laisserons un de nos sacs à l’hôtel de Kuta), louer un scooter (ce que nous avons fait avec l’entreprise de location de ce même hôtel, il nous a seulement fallu laisser une pièce d’identité et la photocopie du passeport), et choisir notre parcours en fonction de nos envies.
Mon rêve : voir un, ou plusieurs volcans !
Quand nous avions discuté de l’Indonésie avec nos rencontres précédentes, une d’entre elles (Rachel, qui nous avait d’ailleurs conseillé de faire un Workaway) nous avait parlé d’un fameux volcan qui « crache des flammes bleues qui s’écoulent comme de la lave ». De mon côté, en faisant des recherches, j’étais aussi tombée sur ce must-do : le Mont Ijen de Java Est ! Alors mon rêve est simple : faire un parcours qui nous amène jusque là-bas (en passant par le nord de Bali), et revenir par le sud de Bali. Pour changer d’île, nous n’anticipons pas vraiment, je vérifie simplement qu’il y a la présence d’un ferry.
Prêt à nous suivre dans ce périple ?!
Jour 1 : En direction du Mont Batur
La case de la checklist : Voir un volcan, aura été rapidement cochée. C’est en direction d’un volcan plutôt célèbre de Bali que nous nous dirigeons pour cette première journée : le Mont Batur. C’est déjà une trotte puisque le GPS nous indique deux bonnes heures pour y aller depuis Kuta. À deux sur le scooter, un gros sac devant, un sac sur les épaules, et le matériel photo dans le coffre, nous nous lançons à l’assaut de la route. Une route qui est déjà en elle-même une source d’émerveillement ! À travers les villages, le bord de la route est parsemé de grands bambous « inclinés » : on les appelle des « panjors ». Ils sont installés à l’occasion de la fête de « Galungan ». La décoration est parfaite !
Avant l’arrivée, un petit embouteillage nous montre que nous ne sommes pas les seuls à venir jusqu’au Mont Batur. Malgré le monde, nous trouvons une place pour observer ce qui ralentit tout ce beau monde. La vue depuis la crête est incroyable ! Le paysage ici est vraiment particulier : le Mont Batur est en réalité un volcan… dans un autre plus gros volcan qui contient aussi un lac. On le voit un peu plus distinctement en regardant la carte sur le GPS. Le Mont Batur a dû entrer en éruption à une période pas si lointaine car on y voit toujours les traces que la lave brûlante a laissées.
Nous nous enfonçons dans le « grand volcan » : nous allons dormir tout au bout du village (la zone la moins touristique), dans une petite maison tenue par un couple absolument charmant qui passera une partie de leur soirée avec nous.
Avant que le soleil ne se couche, nous avons encore un peu de temps pour parcourir les environs. L’après-midi est déjà bien avancée, et nous sommes en pleine saison des pluies. C’est donc sans surprise que la pluie se met à tomber alors que nous montons sur des rochers noircis – par la lave – et faisons le tour du lac. Ce n’est que partie remise !
Jour 2 : Verrons-nous le Mont Agung ?
Aujourd’hui, deux choix s’offrent à nous : faire l’ascension du Mont Batur, ou aller voir le point culminant de Bali : le Mont Agung. Le prix pour le Mont Batur est exorbitant (on se comprend) : au moins 30€ par personne pour 1h30 d’ascension (300m de dénivelés). C’est une mauvaise blague, surtout que la vue à l’arrivée n’est pas garantie : d’après la météo, c’est nuageux ! Ce n’est pas vraiment une manière de voyager qui nous convient. Alors nous préférons remonter sur le scooter pour faire un aller-retour vers le Mont Agung, le plus haut volcan de l’île.
Clairement, ce n’est pas l’idée du siècle : il fait tellement nuageux que, de l’endroit où nous aurions pu avoir une belle vue sur le Mont, nous n’avons qu’un ciel nuageux. Sur le retour, il pleut tellement que nous devons nous arrêter plusieurs fois tant la visibilité est mauvaise ! Dans la bataille, nous perdons le téléphone d’Hicham, malencontreusement noyé dans la poche de son K-Way (heureusement, un sac de riz et une semaine plus tard, nous parviendrons à le ranimer). Seule éclaircie de la journée : la route était quand même plutôt fun et offrait vraiment de beaux paysages (enfin, surtout à l’aller) !
Petite anecdote (Hicham) : pour sortir du volcan côté nord en direction du mont Agung, il faut prendre une route, honnêtement, verticale ! Ici, la montée dans le relief ne se fait pas à coup d’innombrables virages mais bien à coup d’incroyables montées et descentes. On se retrouve donc à deux sur le scooter, sans le sac, à fond les manettes sans dépasser les 15 km/h. La route est étroite, des camions y montent aussi (on n’a toujours pas compris comment) et une fois arrivés en haut, certes la vue est magnifique mais les freins sont au maximum, sans que le scooter ne s’arrête. Je n’aime pas trop ça.
C’est là que l’un des habitants d’un village du sommet du volcan nous interpelle avec sa moto. Il est jeune, pas plus de 16 ans, et roule à nos coté en nous parlant (comme dans fast and furious, mais à 15km/h les freins écrasés au max, bref). Il nous dit que « c’est pas bon tout ça, c’est dangereux, il faut réparer les freins « . Je lui dis bof c’est pas à moi de le faire c’est une location (ce touriste, il s’est cru en France). Mais bon je n’étais pas serein, je lui qu’est-ce que tu proposes. Il me dit » Viens on va voir dans le garage du copain ». Ça sent l’arnaque mais je n’ai pas vraiment de freins là et la descente est comme la montée donc allons voir. Ce beau gosse en plus avec la phrase d’accroche : « c’est mon village ici, c’est ma responsabilité s’il arrive un truc ». Truc de ouf, j’aurais adoré dire ça à un touriste à 15 ans, en anglais.
Une fois là-bas ils me proposent de les réparer pour 50000 Roupies (3 € et quelques). Go ! ça ne va pas faire un trou dans mon budget. Moi, je pensais qu’il allait les changer, mais en fait il les ressert comme je ressers mes freins de vélo. C’est pas grave, au moins je vais pouvoir freiner. Il essaye de me gratter encore un peu de sous à droite à gauche mais désolé, on doit y aller, on a 3h de route à faire pour 70km.
Au retour, un autre groupe de jeune nous fait le coup des freins en montée cette fois, mais bon, là ils marchent bien du coup on comprend alors que c’est une sorte d’arnaque locale, mais qui nous a bien servie étonnamment.
Jour 3 : Vers les 3 lacs de la région de Bratan
Nous poursuivons notre route vers l’ouest, et vers cette autre région de Bali, prometteuse car on peut y voir de nombreuses rizières en terrasse, des cascades, et bien sûr aussi, des lacs ! Deux heures de route pour y arriver, et le temps est à nouveau maussade, mon humeur aussi. Malgré toutes les promesses de la localisation, la saison n’invite pas vraiment à la découverte. Qu’à cela ne tienne, nous mangeons dans un très bon restaurant, tenu par la famille de notre hébergeur, tout en regardant la pluie tomber. Faire une heure de route pour payer la visite de rizières ne nous tente finalement plus beaucoup, surtout que nous avons eu la chance d’en voir pleins sur le chemin !
On passe donc le reste de l’après-midi dans notre petite cabane, la vue sur un des lacs est quand même dingue !
Hicham en profite quand même pour sortir prendre quelques photos.
Jour 4 : Des cascades à la mer (Lovina)
Après un trop bon petit déjeuner, nous attaquons cette journée avec un peu plus d’entrain que la précédente ! La raison est simple : nous allons voir un temple, des cascades, et si tout se passe bien, nous devrions arriver à la mer en début d’après-midi ! Eh oui, vu les après-midis plutôt mitigés, nous repensons notre manière de faire et essayons de programmer un maximum d’activités le matin ! Ce qui nous permet de faire cela, c’est aussi qu’aujourd’hui nous ne sommes qu’à une heure en scooter de notre prochaine destination !
Première étape de la journée : le Pura Ulun Danu Bratan, un temple hindou qui a l’air assez magnifique sur les photos que présentent Google Maps ! Finalement, après un bref arrêt, nous passerons notre chemin : pour sa faible taille et importance, il est plutôt cher et un peu trop touristique dans le mauvais sens du terme. Nous sommes arrivés en même temps que des bus entiers, et parfois, il faut savoir accepter la défaite !
Alors, nous demandons la destination suivante ! Sur la route pour aller à Lovina, il y a de multiples cascades. Nous nous réservons le droit d’aller à une ou deux. Finalement, nous avons la chance d’être sur un site où il y en a quatre : Banyu Wana Amertha Waterfall. Le chemin longe un jardin bien entretenu qui nous emmène successivement auprès des cascades. Celle qui est le plus en bas est la plus impressionnante !
Le lieu n’est pas complètement désert ! Nous n’avons pas mis nos maillots de bain pour nous baigner en bas des cascades, mais d’autres oui et à leur vue, nous regrettons un peu de ne pas avoir eu cette idée.

Après avoir fait le tour, nous nous en retournons pour aller jusque Lovina.
Lovina, c’est une petite ville qui a cherché à tirer profit du tourisme à Bali en organisant des excursions pour aller voir les dauphins. Il faut l’avouer, l’aventure sur le papier n’est pas des plus tentantes : plusieurs centaines de bateaux se lancent tous les matins à la poursuite des dauphins, et cela a un peu rebuté de nombreuses personnes qui ont laissé de mauvais commentaires sur les réseaux sociaux.
Pourtant, lorsque nous arrivons sur place, notre hôte nous recommande d’aller à la « chasse aux dauphins ». Il faut dire que c’est la basse saison, et il y aurait beaucoup moins de monde ! Le rendez-vous est pris pour le lendemain, à 6h (Courage !)
Nous passons le reste de l’après-midi à aller voir la plage de Lovina (pas terrible, on s’est retrouvé assez rapidement abordé et on n’a pas vraiment apprécié), et à profiter de la piscine de notre hébergement. On aurait aussi pu aller aux sources chaudes, mais il a commencé à pleuvoir alors on a préféré rentrer.
Jour 5 : Des dauphins de Lovina à Gilimanuk
Il est tôt, très tôt (plus encore que d’habitude !) quand la journée commence pour nous ce matin-là. Opération dauphins ! La nuit est claire quand nous nous dirigeons vers la plage. Un vieil homme nous attend : le bateau ne sera rien que pour nous. Il fait glisser l’embarcation sur le sable, une embarcation vraiment atypique : le corps du bateau est soutenu de part et d’autre par deux larges arceaux.
Nous prenons la mer, et le spectacle est déjà grandiose : le soleil se lève doucement, colorant le ciel de splendides couleurs. On se sent déjà bien, rien que pour cela, on a bien fait de venir !
Et puis, place à l’observation, on scrute la mer. Avec Hicham, on est déjà ravi de voir quelques poissons volants (barracuda). Quand soudain, toutes les embarcations pivotent d’un même chef. Un dauphin a été repéré ! Alors commence la traque. Tel un essaim d’abeilles, tous les bateaux se dirigent en même temps, dans la même direction. S’il n’y avait pas le bruit des moteurs, ce serait presque beau. Se succèdent alors de longs temps d’attente et de déplacements. On accepte petit à petit la réalité : pour nous, les dauphins ne se montreront pas.
Tant pis, et d’une certaine manière tant mieux, la nature a encore ses droits et ses animaux sont libres ! Alors que l’on s’apprête à rentrer, tout à coup, notre capitaine détecte un signe imperceptible. Il n’écoute que son instinct et nous emporte vers cette étendue d’eau d’où nous verrons surgir un groupe de dauphins. Ils se dirigent vers le large, et n’ont que faire des bateaux et des touristes éberlués comme nous qui les regardent passer. Le moment était bref, mais l’émotion est grande. Nous restons des enfants, prêts à être émerveillé par le spectacle que nous offre la nature. (Lucile et ses envolées lyriques)
Nous souhaiterions presque rester sur cette émotion, mais l’excursion ne s’arrête pas là : le bateau se dirige maintenant vers un spot de plongée. Nous sommes quasiment seuls sur le récif sur lequel il nous lâche. Même après avoir fait du snorkeling en Thaïlande et au Cambodge, le spectacle est toujours aussi magnifique. Nous retrouvons des poissons que nous avons déjà croisés, et d’autres que nous n’avions encore jamais vu. Nous nous amusons à contempler la folle agitation qui règne à quelques mètres de nous. Malheureusement, les coraux sont blancs, ce qui laisse présager un destin funeste.
En attendant, c’est la tête pleine de couleurs et de belles images que nous rentrons prendre notre petit déjeuner, avant de repartir sur la route, toujours plus vers l’ouest…
Et c’est ainsi que nous parvenons tout à l’ouest de l’île, près d’un parc national qui réveille des envies de randonnée, envies assouvies le lendemain.
Tout près de notre logement, il y a une petite plage où de nombreux locaux viennent se baigner. Pour une fois, il ne pleut pas, et nous profitons nous aussi encore une fois de la mer. C’est magnifique, et tellement paisible.
Le soir, après le traditionnel Nasi Goreng, ou était-ce Mie Goreng ?, nous goûtons à ce dessert que nous avons trouvé dans la rue : une louche de yaourt et des fruits, et au-dessus de tout cela, du fromage râpé !?!? (Avis personnel : le fromage râpé n’apporte rien…)
Jour 6 : Du parc national de Bali occidental à Java Est
Aujourd’hui, c’est encore une journée chargée qui s’annonce. Le matin, à 7h, nous avons rendez-vous avec un guide (obligatoire pour entrer dans le parc national d’après ce que nous avons compris). Il devrait nous guider à travers la forêt pour observer (si la chance nous sourit), des singes noirs.
Dans un premier temps, nous le suivons à scooter jusqu’au début du « chemin ». Nous sommes un peu déçus : nous regardons nos téléphones et voyons que nous ne sommes pas tout à fait au niveau du parc national. La moitié de l’argent que nous avions donné devait aller aux droits d’entrée et nous avons comme un doute.
Enfin bon, ce n’est pas très grave : là où ça commence bien, c’est que le guide coupe à travers la forêt : nous ne suivons pas de chemins, et ça, j’avoue que je n’aurai pas osé le faire par moi-même.
Un peu comme les dauphins de la veille, nous ne voyons rien au début. Nous finissons par déboucher sur le point culminant, et la vue est dégagée. Superbe !
Nous continuons notre chemin, et semblons amorcer la descente. Et tout à coup, ils sont au-dessus de nous. Deux espèces de singes, qu’Hicham a remarqué. A partir de ce moment-là, et cela me fait bien rire, notre guide nous emmène pour les suivre, et nous finissons par en voir vraiment beaucoup !
Il y a deux types d’espèces : la première que nous voyons assez souvent est celle de singes à pelage beige ; la seconde, que nous n’avions jamais vu est celle de singes tous noirs, qui sont assez fascinants.
La suite de la journée implique un passage plutôt compliqué : c’est aujourd’hui que nous traversons pour rejoindre Java Est ! Nous anticipons avec crainte le passage sur le ferry, et à raison. Voilà donc comment cela s’est passé.
Jour 6,5 : les rois de la magouille
C’est Hicham qui prend le relais pour l’écriture de cette partie. Cet après-midi c’est direction le ferry pour aller à Java Est. On prie fort pour ne pas avoir d’embrouilles avec la police par rapport à mon permis international où la case scooter n’est pas cochée. On y arrive, avant d’entrer dans le port c’est contrôle de police obligatoire. Je sors permis, passeport et papier du scooter. Ce qui devait arriver arriva, enfin presque.
Le permis c’est bon, mais c’est les papiers du scooter qui bloque. En effet, le loueur ne nous a donné que la photocopie des papiers en réalité (on ne s’est pas douté, elle était plastifiée). Le papier original est jaune, celle-ci est grise, ce n’est pas bon. On reste calme on dit pas de soucis on va appeler le loueur. Mais le policier ne nous le recommande pas, il dit d’attendre au poste il va revenir avec une solution. On dit ok pas de soucis.
La solution c’est de payer une amende pour les papiers pas bons, et avec le reçu je n’aurais pas de soucis à Java, pour y aller comme pour y revenir. 500000 roupies soit 35€ environs. On se dit qu’on va régler ça au téléphone avec le loueur car on n’a pas à payer une amende parce qu’il nous fournit un véhicule pas en règle. Mais le policier nous dit qu’en général, les loueurs n’autorisent pas à sortir de l’île avec leur scooter, donc faudrait peut-être pas le contacter. C’est pas faux c’est pas la première fois qu’on nous le dit. Du coup je lui dis ok on paye, mais c’est cher (juste pour voir sa réaction genre vous êtes gentils on vous laisse passé, lol). Là il dit, ok et prend une feuille et écrit 300000. Je dis ben oui pourquoi pas. Je lui donne les sous et là, la magouille arrive.
Le collègue qui avait rempli la contravention regarde l’échange et, dans le plus grand des calmes, prend une carte, la plaque contre le rebord de la contravention, et hop, il déchire le numéro de contravention qui se trouve sur mon reçu et sur leur carnet. J’ai donc un reçu de contravention sans numéro. 500000 en moins dans la poche de l’état, 300000 à se partager entre flic. C’est plus subtil qu’au bled. Je repense au « Say no to corruption » placardé partout dans l’aéroport. Je veux bien mais bon, je ne m’y attendais pas quoi. On traverse, je garde précieusement le mito reçu et on embarque.
Super traversée, dans le bateau il fait 1000°C mais on peut aller sur le pont. La mer n’est pas très propre mais qui suis-je pour juger. Belle expérience au final (la traversée, pas la corruption).
Nous sommes sur l’île de Java !
Nous montons jusqu’à notre hébergement. Comme la plupart des clients, nous comptons bien aller voir le Mont Ijen le lendemain. Notre hôte nous explique qu’il faudra que nous nous levions à minuit pour prendre ensuite notre scooter. Nous serons escortés afin de nous sentir plus en sécurité. Nous croyons comprendre aussi que si notre scooter a des difficultés pour monter les pentes (nous savons que c’est le cas), Lucile pourra toujours monter à l’arrière d’un scooter. Notre hôte nous prête aussi lampes, masques et lunettes, histoire de nous protéger un maximum des vapeurs de souffre.
Nous passons le reste de l’après-midi/début de soirée à somnoler en attendant l’heure fatidique du départ
Jour 7 : L’ascension du Mont Ijen
00h30, l’heure de partir. Dire que nous n’avons pas beaucoup dormi est un euphémisme. L’angoisse de démarrer une randonnée à cette heure-là nous serre le ventre. Et avant même l’ascension, ce sont nos entrailles qui vont remuer avec les routes en pleine nuit. Comme prévu, nous avons un scooter devant nous, mais il n’y a pas un seul homme dessus, mais deux… Comment allons-nous faire si la pente est trop raide ? Je croyais pouvoir monter sur le premier scooter, mais c’est râpé…
Heureusement, nous arrivons au début de la randonnée sans trop de problèmes, il a juste fallu être patients dans les montées, comme prévu.
Nos accompagnants vont acheter les tickets, puis nous mènent vers le début de la randonnée. C’est là que leur travail s’arrête. Pour nous, il faut juste suivre le chemin dans la nuit. Nous sommes loin d’être les seuls à emprunter cette route, mais cela reste extraordinaire. La montée n’est pas très raide, et nous nous arrêtons souvent : il faut avouer que le spectacle au-dessus de nos têtes est extraordinaire. Loin des lueurs de la ville, les étoiles brillent de mille feux au-dessus de nos têtes.
Nous parvenons sur la crête, bien en avance par rapport au temps que nous avons prévu et la phase de descente s’amorce alors : c’est dans le cratère que nous verrons le souffre et la fameuse « lave bleue ». C’est sur ce chemin que nous croiserons les mineurs qui remontent avec des sacs si lourds remplis de souffre, sans masques pour les protéger des vapeurs qui sentent un relent d’œufs pourris et ne manqueraient pas de nous faire vomir si nous n’étions pas protégés de l’odeur par les masques.
En bas, apparaissant parfois derrière la fumée, nous voyons les fameuses flammes bleues qui descendent de la roche comme s’il s’agissait de la lave bleue. Tout autour de nous, les mineurs frappent la roche avec leurs pioches pour récupérer le souffre. Pour gagner un peu plus d’argent, ils font des petites sculptures qu’ils proposent aux touristes. C’est une atmosphère vraiment étrange.
Après avoir contemplé tout notre soul cet endroit si spécial, nous remontons pour attendre le lever du soleil.
Hélas, la brume nous entoure et autour de nous, des groupes commencent à redescendre, se disant que cela ne sert à rien, il n’y aura pas de spectacle à contempler pour nous. Nous traînons un peu derrière, plutôt réticents à nous dire que c’est fini. Hicham a l’intuition que cela va se lever, mais dans combien de temps ? Alors que nous amorçons la descente, la montagne devant nous se découvre petit à petit. C’est absolument magique et irréel !
Nous remontons en deux trois mouvements, pour avoir la vue d’en haut, et voir le lac acide en bas. C’est le lac le plus acide du monde ! Et c’est vraiment un paysage comme je n’en ai jamais vu de ma vie !
C’est déjà l’heure de rentrer pour nous : nous n’avons pas beaucoup de temps, nous voulons retourner aussi vite que possible sur l’île de Bali, pour être sûr de ne pas manquer notre vol vers l’Australie. (On est large, il nous reste trois jours !)
Voilà comment, nous descendons, récupérons nos affaires et partons prendre le ferry, et commençons une course contre la montre avec la pluie qui nous suit depuis l’île de Java (ça n’a pas loupé, on s’est retrouvé plusieurs fois trempés).
Nous arrivons finalement à notre hébergement à Pulukan, où il nous est arrivé l’histoire la plus incroyable… Nous sommes accueillis par notre hôte, il nous montre notre chambre en nous upgradant (meilleure chambre), on est très content d’être arrivé et on se repose après avoir fait quelques courses. A un moment, nous voulons quand même le Wifi, et j’envoie donc un message à notre hôte pour lui demander le mot de passe. Je reçois une réponse des plus étranges : « Mais, vous n’êtes pas encore arrivés ? » Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Il nous a accueillis il y a peut être deux heures, ne s’en souvient-il pas ? « Vous devez vous être trompés d’endroit, nous sommes juste à côté de là où vous résidez! » Mais… Nous étions attendus par notre hôte, non? Il se trouve finalement que notre hôte attendait bien des invités, mais ce n’était pas nous. Nous, nous étions attendus une maison plus loin… Il est tard, nous avons déjà mangé, mais tant pis, nous refaisons nos bagages pour aller dormir là où nous sommes attendus… On ne comprend toujours pas pourquoi personne ne nous a rien dit…
Jour 8 : Côte sud de Pulukan à Canggu
Les villes de Pulukan et Canggu sont toutes les deux spécialisées dans le surf, mais la force des vagues à Pulukan est bien plus importante qu’à Canggu. Nous allons quand même essayer de surfer à Pulukan, mais bon, c’est assez simple, je ne parviendrais jamais à passer les vagues, ma planche ira frapper le crâne d’Hicham qui se réfugiera sur la plage, pas très bien après ce coup du lapin… Surf à Pulukan : échec ! Décidément cette ville ne nous réussira pas…
Direction Canggu du coup ! Il y a tellement de monde, embouteillage de partout, nous comprenons assez rapidement que Canggu est plutôt touristique. Nous avons de la chance, notre logement est à 10 minutes de la plage à pied. Il y a beaucoup d’activités touristiques autour de cette ville, connue surtout pour le surf.
Nous profiterons de la plage et de ses magnifiques couchers de soleil.
Jour 9 : Visite du Tanah Lot
C’est le temple qu’il faut visiter sur l’île de Bali, car le plus célèbre et un des plus anciens (il date du XVIème siècle !). Son emplacement a été choisi par un sage, impressionné par la beauté naturelle du lieu. Nous y sommes arrivés lors du prélude d’une des nombreuses fêtes hindoues. Le site se pare de toute beauté et les fidèles sont là tôt. Il n’y a pas beaucoup d’occidentaux, et nombreux sont les jeunes indonésiens qui se pressent autour de nous pour nous prendre en photos. Cela ne nous empêche pas de bien admirer le site, un petit Mont Saint Michel à la balinaise.
C’est en rentrant à notre hébergement que nous croisons une femme de ménage qui me dit qu’elle n’oserait pas aller au Tanah Lot : pour elle, ce lieu porte malheur aux couples, et il n’est possible d’y aller que si l’on est célibataire. Une superstition dont je n’ai trouvée trace nulle part ailleurs.
Jour 10 : Retour à Kuta
Dernier jour à Bali, avant de prendre l’avion direction Sydney ! Une dernière fois, on profite de la mer chaude, du surf et du coucher de soleil.
(Petite note de Hicham : le voyage était top malgré la pluie, le portable, et les 1000 km en scooter avec la magouille des flics. Mais le top du top, c’est quand même quand Lucile ne comprenait pas pourquoi j’étais stressé et que je voulais arriver le 28 au plus tard. Elle pensait avoir le temps de tout faire dont le volcan, qu’on a fait au final. Ce n’est qu’à partir du 26, lorsqu’elle me dit qu’on a le temps pour l’avion, qu’on ne part que le 1 mars donc on a encore 4 jours que j’ai compris qu’elle avait oublié que le mois de février avait moins de jours. Coeur coeur Lucile. Du coup après elle a compris pourquoi j’étais inquiet.)



































































