Inde
Pushkar, et la Pushkar Camel Fair 1/2
Après notre arrivée et nos aventures avec Moutache, nous quittons dès le lendemain Dehli et son infernal boucan pour… Pushkar avec son festival de chameau qui bat son plein. Départ 15h de Dehli pour arriver à 23h à la gare d’Ajmer, grande ville à quelques kilomètres de Pushkar. Première découverte du train couchette indien, ses passagers, ses vendeurs ambulants, ses familles qui sorte des currys de marmite-tupperware dont l’odeur nous affame. Une expérience plutôt sympa en vrai. Pour Coralie et Rachel (loin de nous vu que Moustache n’avait pas géré du tout pour les billets) c’était un peu plus compliqué comme il y avait toute une famille sur leur couchette mais c’était une expérience plutôt conviviale au final.
Arrivés fatigués à Ajmer, nous cherchons un taxi. Pas très difficile à la vue de nos visages pâles et nos gros sacs à dos, ils viennent tous à nous. Nous ne partirons qu’une quinzaine de minutes après le temps de se faire balader à droite à gauche par des chauffeurs qui accepte puis refuse puis accepte puis refuse nos prix, prix sur lesquels nous nous étions renseignés à l’avance. Finalement la meilleure technique de négociation c’est de partir, ils nous rattraperont en général un peu après.
Malgré tout, le taxi ne nous posera qu’à l’entrée de la ville car celle-ci est bouclée et interdite aux voitures pour le festival. Une déambulation nocturne s’impose alors dans les rues de Pushkar, avec appréhension pour ne pas dire peur de l’Inde des premiers jours, les chiens errants… Et quelques poignées de citadins ici et là qui font la fête avec de la grosse musique électro en pleine rue. Nous arrivons à l’hôtel, le gérant nous attendait. Ouf ! Dodo (enfin presque il fallait qu’il fasse une photocopie des passeports, du coup on est parti en moto chez son cousin et après dodo en vrai).
Le concours de moustache
Le gérant de l’hôtel nous fournit une carte avec un programme des activités à Pushkar. A 10h, c’est le concours de moustache à ne rater pour rien au monde, (c’est juste pour ça que je suis venu à Pushkar en plus des chameaux). C’était l’occasion d’apprendre un peu plus à faire des photos pour moi, et d’admirer le folklore de cette première étape indienne (Dehli ne compte pas).
10h donc, après un copieux petit déjeuner avec notre premier lassi en Inde (lassi de la mort qui tue sa race, dédicace à Gaëlle), on file vers la place principale, le Mela. Le Mela est une grande place poussiéreuse entourée de gradins pas très hauts mais qui a son petit charme. Il me rappelle l’arène où Anakin, Obi-Wan et Padmé se battait contre les sauterelles dans Star Wars II. Dès l’arrivée, on est dans l’ambiance du festival avec le chameau décoré, dans la modération indienne bien sûr. Pimp my ride :
Nous nous rapprochons des gradins où une foule de curieux et des photographes s’agglutinent face aux participants du concours. Deux dames en sari, un enfant sale et à moitié nu dans les bras foncent vers Lucile. L’une d’elles essaie de lui vendre un bracelet pendant que l’autre lui attrape la main. En moins de trois secondes elle lui a fait un petit soleil au henné, Lucile retire sa main, la dame demande de l’argent pour le tatouage. Ça va vite ici. Lucile n’en voulait pas d’abord, s’essuie la main et s’en va. Première expérience de la foire, forcée et triste à la fois. On savait à quoi s’attendre.
Le concours de moustache est génial. Tout le monde peut y participer. Deux occidentaux ne s’en prive pas mais bon, il y a du niveau en face. Après leur inscription, les participants s’installent sur des chaises en face du jury dans les gradins. Ces derniers présentent les participants puis le concours commence. Un orchestre arrive et lance les festivités. La musique est lancée et le premier participant se lève pour présenter sa moustache. Surprise pour les non initiés comme nous, celui-ci la sort de son turban et la déroule ! Elle doit faire un mètre de chaque côté. Les participants défilent un à un, leur prestation consiste surtout à se faire remarquer. Certains font tourner les moustaches (dédicace à Patrick Sébastien), d’autres font une petite danse. Le meilleur show était pour celui qui hurlait de rire tel un méchant dans un film en faisant tourner sa moustache en l’air. On va l’appeler le Fou. C’était génial, du moins pour les participants indiens qui étaient habillés tels des sultans. Les deux touristes occidentaux faisant un peu pitié à côté, qu’on le dise clairement (mais bon qui suis-je pour parler moustache !). Pendant le concours les gens affluaient de partout et notre petite place au calme dans les gradins s’est vite remplie. J’étais debout à l’extrémité des tribunes, à environ 2m de haut, les indiens grimpaient à côté de moi pour pouvoir voir. Ils n’hésitaient d’ailleurs pas à saisir mon pied ou ceux des voisins comme prise d’escalade. J’ai préféré leur tendre la main pour éviter de tomber. C’est convivial l’Inde, c’est marrant.
Le concours se termine, les vainqueurs sont acclamés. Je descends et me retrouve au milieu de la foule avec Rachel pour avoir une bonne photo. J’en profite pour féliciter mon candidat favori, qui s’en fout de mes compliments, et …qui tire sur un gros oinj , oklm dans la foule. Jamila, article à ne pas lire en classe, désolé (ou alors je fais sauter le paragraphe).
Un bonhomme tout violet faisait le show pendant le concours. On aurait dit qu’il était déguisé en dieu hindou. Il était spectaculaire. Lui, on l’appelait le Gros Monstre. Magnifique :

Je me faufile entre les photographes donc, les cameramans de télévision, les journalistes pour avoir quelques bonnes photos. Pendant ce temps Rachel arrive à discuter et à se faire prendre en photo avec le Fou. Il y avait tellement de monde qui se bousculait pour les voir que j’arrivais même pas à les photographier. Une belle matinée en tout cas.



Freddie Mercury is still alive
La foire
Le principe de la Pushkar Fair est à la base la vente de chameaux. Plus de 15000 s’y retrouvent en général pour y être vendus. Les habitants nous indiquent que le nombre de chameaux et de participants décroît chaque année. En même temps qui en a besoin ? Nous nous dirigeons donc après le concours de moustache vers les bestiaux. J’imaginais un grand champ avec des milliers de chameaux tous serrés les uns contre les autres, j’imaginais des marchands crier et négocier tout autour de nous. Finalement les chameaux étaient plutôt difficiles à trouver.
En effet, dans les allées de la foire on a tout vu sauf des chameaux. Des chevaux, des boeufs/buffles/zébus/gros monstres et quelque moutons. Les animaux sont impressionnants. Les chevaux sont gigantesques avec des belles oreilles qui pointent vers l’intérieur. En fait les chevaux sont normaux, c’est juste qu’après un mois au Népal, nous nous sommes habitués à avoir des animaux courts sur pattes. Ils étaient vraiment petit là-bas. Les vaches étaient énormes, les gens se prenaient en photo avec.
Après avoir marché un bon quart d’heure on trouve des chameaux. Genre un groupe de 4 pas plus. Les propriétaires étaient allongés sous une tente à discuter. C’était bien calme et excentré donc nous avons continué à chercher.
Une route principale coupait la foire en deux. Elle était bondée mais permettait de marcher assez vite tout de même. Il fallait quand même gérer les voitures, troupeaux et chameaux pour touristes qui passaient très près. Sur la route un petit garçon vient nous dire bonjour, je discute avec lui, il a un anglais nickel. Il me dit qu’il l’a appris avec les touristes. Trop fort. J’en profite comme il n’a pas l’air de faire grand-chose pour lui demander où sont les chameaux. Il nous sert de guide. Il avait mentionné la boutique de souvenirs de son oncle, dans laquelle on ira faire un tour après la ballade. Parfait, je n’avais pas envie de payer un enfant pour la visite, mais un souvenir en remerciement c’est top.
Il nous amène au bout de la route où se trouvent les chameaux. Il semble y en avoir quelques dizaines à droite à gauche, ainsi que d’autres troupeaux éparpillés dans la campagne.
Il me dit que c’est les premiers jours que les chameaux se vendent, il ne reste que les invendus et ceux que les nouveaux propriétaires viendront chercher plus tard. Je le demande pourquoi faire, des chameaux. Les femelles pour le lait, les mâles pour les monter et le transport. D’ailleurs, une femelle coûte plus cher qu’un mâle. Je demande s’ils les mangent aussi, il me dit que non. Dommage, je voulais goûter du chameau. Une femelles coûte dans les 45000 roupies (548 €). Un mâle dans les 30000. La visite se termine sur les photos puis la boutique de l’oncle.
On explique à l’oncle que son neveu est trop cool est bon en anglais. Et que pour le remercier on veut prendre un petit souvenir. Ils fabriquent des superbes petites statues creusées en forme d’œuf, d’éléphant et de tortue. Nous en prenons une petite lui expliquons notre voyage et que notre sac n’a pas de place pour des souvenirs. Rien à faire il va batailler et baisser ses prix pour qu’on en prenne plus. C’est pas grave on a notre éléphant, à plus.
Retour a la maison K.O. pour manger et siester. La suite au prochain épisode.































